Théodore de banville





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date de publication01.05.2017
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Seq 5.1 les réécritures : la mythe de de Salomé lectures analytiques


Théodore de BANVILLE - Les Princesses (1874)
« Hérodiade »
«Car elle était vraiment princesse :

c'était la reine de Judée, la femme d'Hérode,
c

elle qui a demandé la tête de Jean-Baptiste».


Henri Heine, Atta Troll.
Ses yeux sont transparents comme l'eau du Jourdain.


Elle a de lourds colliers et des pendants d'oreilles ;


Elle est plus douce à voir que le raisin des treilles,


Et la rose des bois a peur de son dédain.


Elle rit et folâtre avec un air badin,


Laissant de sa jeunesse éclater les merveilles.


Sa lèvre est écarlate, et ses dents sont pareilles


Pour la blancheur aux lys orgueilleux du jardin.


Voyez-la, voyez-la venir, la jeune reine !


Un petit page noir tient sa robe qui traîne


En flots voluptueux le long du corridor.


Sur ses doigts le rubis, le saphir, l'améthyste


Font resplendir leurs feux charmants : dans un plat d'or


Elle porte le chef sanglant de Jean-Baptiste.

APOLLINAIRE – Alcools (1913) 
« Salomé »
Pour que sourie encore une fois Jean-Baptiste


Sire je danserais mieux que les séraphins


Ma mère dites-moi pourquoi vous êtes triste


En robe de comtesse à côté du Dauphin


Mon cœur battait battait très fort à sa parole


Quand je dansais dans le fenouil en écoutant


Et je brodais des lys sur une banderole


Destinée à flotter au bout de son bâton

Et pour qui voulez-vous qu'à présent je la brode


Son bâton refleurit sur les bords du Jourdain


Et tous les lys quand vos soldats ô roi Hérode


L'emmenèrent se sont flétris dans mon jardin


Venez tous avec moi là-bas sous les quinconces


          Ne pleure pas ô joli fou du roi


Prends cette tête au lieu de ta marotte et danse


N'y touchez pas son front ma mère est déjà froid


Sire marchez devant trabants marchez derrière


Nous creuserons un trou et l'y enterrerons


Nous planterons des fleurs et danserons en rond


Jusqu'à l'heure où j'aurai perdu ma jarretière


          Le roi sa tabatière


          L'infante son rosaire


          Le curé son bréviaire

Poème d'abord publié en 1905 avant d'être intégré dans le recueil Alcools

Gustave FLAUBERT – Trois contes (1877)- « Hérodias »
La danse de Salomé


Mais il arriva du fond de la salle un bourdonnement de surprise et d’admiration. Une jeune fille venait d’entrer.

Sous un voile bleuâtre lui cachant la poitrine et la tête, on distinguait les arcs de ses yeux, les calcédoines de ses oreilles, la blancheur de sa peau. Un carré de soie gorge-pigeon, en couvrant les épaules, tenait aux reins par une ceinture d’orfèvrerie. Ses caleçons noirs étaient semés de mandragores, et d’une manière indolente elle faisait claquer de petites pantoufles en duvet de colibri.

Sur le haut de l’estrade, elle retira son voile. C’était Hérodias, comme autrefois dans sa jeunesse. Puis, elle se mit à danser.

Ses pieds passaient l’un devant l’autre, au rythme de la flûte et d’une paire de crotales. Ses bras arrondis appelaient quelqu’un, qui s’enfuyait toujours. Elle le poursuivait, plus légère qu’un papillon, comme une Psyché curieuse, comme une âme vagabonde, et semblait prête à s’envoler.

Les sons funèbres de la gingras remplacèrent les crotales. L’accablement avait suivi l’espoir. Ses attitudes exprimaient des soupirs, et toute sa personne une telle langueur qu’on ne savait pas si elle pleurait un dieu, ou se mourait dans sa caresse. Les paupières entre-closes, elle se tordait la taille, balançait son ventre avec des ondulations de houle, faisait trembler ses deux seins, et son visage demeurait immobile, et ses pieds n’arrêtaient pas.[ …]

Puis ce fut l’emportement de l’amour qui veut être assouvi. Elle dansa comme les prêtresses des Indes, comme les Nubiennes des cataractes, comme les bacchantes de Lydie. Elle se renversait de tous les côtés, pareille à une fleur que la tempête agite. Les brillants de ses oreilles sautaient, l’étoffe de son dos chatoyait ; de ses bras, de ses pieds, de ses vêtements jaillissaient d’invisibles étincelles qui enflammaient les hommes. Une harpe chanta ; la multitude y répondit par des acclamations. Sans fléchir ses genoux en écartant les jambes, elle se courba si bien que son menton frôlait le plancher ; et les nomades habitués à l’abstinence, les soldats de Rome experts en débauches, les avares publicains, les vieux prêtres aigris par les disputes, tous, dilatant leurs narines, palpitaient de convoitise.

Ensuite elle tourna autour de la table d’Antipas, frénétiquement, comme le rhombe des sorcières ; et d’une voix que des sanglots de volupté entrecoupaient, il lui disait :

— Viens ! viens !

Elle tournait toujours ; les tympanons sonnaient à éclater, la foule hurlait.

Mais le Tétrarque criait plus fort :

— Viens ! viens ! Tu auras Capharnaüm ! la plaine de Tibérias ! mes citadelles la moitié de mon royaume !

Elle se jeta sur les mains, les talons en l’air, parcourut ainsi l’estrade comme un grand scarabée ; et s’arrêta, brusquement.

Sa nuque et ses vertèbres faisaient un angle droit. Les fourreaux de couleur qui enveloppaient ses jambes, lui passant par-dessus l’épaule, comme des arcs-en-ciel, accompagnaient sa figure à une coudée du sol. Ses lèvres étaient peintes, ses sourcils très noirs, ses yeux presque terribles, et des gouttelettes à son front semblaient une vapeur sur du marbre blanc.

Elle ne parlait pas. Ils se regardaient.

Un claquement de doigts se fit dans la tribune. Elle y monta, reparut ; et, en zézayant un peu, prononça ces mots, d’un air enfantin :

— Je veux que tu me donnes dans un plat, la tête...

Elle avait oublié le nom, mais reprit en souriant :

— La tête de Iaokanann !

Le Tétrarque s’affaissa sur lui-même, écrasé.


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