Vivre (Un poème pour) de Benoît jacques, Benoît Jacques Books, 2011





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date de publication24.04.2017
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VIVRE (Un poème pour) de Benoît JACQUES, Benoît Jacques Books, 2011

Document conçu par Nicole FRAGA, CPC TOUL dans le cadre de l’opération TOuLiPo & TIC

contact : Nicole.fraga@ac-nancy-metz.fr


Réflexion sur le titre : à quelle occasion écrire un poème pour vivre ?

→ une ode à la vie pour tous et chacun

→ à quelqu’un qui n’a plus de goût à rien, qui est déprimé

→ à quelqu’un qui ne sait plus ce que vivre veut dire ?

→ à quelqu’un qui va mourir ?

→ à ses enfants, pour leur transmettre une recette de vie ?

→ etc.
La couverture : des fleurs bleues….


Le myosotis :

  • « ne m’oublie pas » en langage des fleurs

  • Symbole de la société Alzheimer

  • Symbole de « Child Focus » : enfants disparus

  • Emblème maçonnique : souvenirs de ceux qui ont souffert car ils étaient francs-maçons






Présentation du recueil à partir de la comparaison de deux images




dénotation

connotation

1ère image : elle ouvre le recueil 

seconde image, dernière double-page

Parallèle, comparaison à construire 

Situation de départ

Situation à l’arrivée

que s’est-il passé entre les 2 images ?

Arbre vert : printemps, été

Arbre nu, hiver

Vers l’hiver… vers la fin, le dépouillement, vers la mort…

Jour

Nuit

De la lumière aux ténèbres…

Même composition : un arbre et

deux oiseaux séparés par le tronc de l’arbre

Malgré le changement, le tronc est toujours là, organisant les deux espaces et agissant comme une séparation

oiseaux dos à dos

oiseaux regardant dans le même sens, vers la gauche

Désaccord, incompréhension puis entente ?, regard tourné dans le même sens. La partie gauche de l'image indiquant le passé proche ou le présent et la partie droite, le futur : les deux oiseaux regardent vers le passé, se souviennent ?


Oiseau de gauche penché, dépité ? Oiseau de droite plus bas

Oiseaux redressés, dans une posture équivalente et se situant à la même hauteur

Décalage en hauteur des deux oiseaux dans l’arbre : deux générations ?

En tout cas, quelque chose a redonné un équilibre à leur relation et a permis à l’oiseau de gauche de se redresser



Feuilletons ensemble le recueil, découvrons le texte inséré au milieu des illustrations.

Revenons ensuite sur le texte :



Analyse du texte au milieu de l’ouvrage

- La silhouette du texte

Le kakemono : peinture ou calligraphie sur soie ou sur papier qui se déroule verticalement

Le texte se présente au milieu du livre et s’apparente à un kakemono.
Travail sur le texte : une ou deux lectures pour bien se le mettre en tête
Observations et réactions spontanées :

  • la ponctuation : une seule majuscule au début et un point à la fin

  • l’impératif 2ème personne du singulier sous forme de liste (pourquoi une liste d’ordres ou de conseils ? Quand écrit-on une liste d’ordres de conseils ? A quelles occasions ? Quelqu’un qui ne sait comment faire, qui oublie ?)

  • à qui s’adressent ces verbes à l’impératif ? une mère (blottie, savoure cette fraîche gorgée de vin blanc, prépare un poulet rôti pour ton fils)

  • le monde référent : contemporain (ordinateur, cinéma de Miyazaki, la Hulotte - revue qui a commencé il y a 41 ans-), rural (animaux à nourrir (chevaux, moutons, oiseaux ; feu à l’âtre ; pommes du jardin), des références asiatiques (thé vert dans théière écarlate, commode repeinte en doré, Miyazaki, un kimono, le rossignol, les savates chinoises, le texte en kakemono)

  • En réseau, on pense immédiatement à « La 1ère gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » de Delerm, ou en littérature jeunesse à cet album d’Élisabeth Brami « Les petits riens qui font du bien et qui ne coûtent rien. »

  • Si on tente de classer les phrases, on obtient ceci :

    • S’habiller

    • Se mouvoir

    • Nourrir

    • Sentir, toucher, écouter, goûter, regarder (les 5 sens)

    • Se souvenir

Quelque chose centré sur le vital et l’émotionnel, la vie en somme
La question centrale est qui est le narrateur (qui est ce « je », même s’il n’est jamais écrit, le « tu » présuppose forcément un « je »), qui est cette mère à qui le narrateur s’adresse ?

Pour identifier le « je », il ne faut évidemment pas confondre auteur et narrateur. Pourtant, la nécessité vitale du poète à écrire, la forme de l’écriture (le tutoiement, la liste hétéroclite mais précise des plaisirs partagés), nous invitent à penser que l’adresse de ce texte serait assez intime, tout en lui reconnaissant une portée plus universelle.
Si on résume ce qu’on a pu construire :

  • des références à la mère (on commence par nourrir, la danse du ventre…)

  • une liste de plaisirs, de sensations, de secrets à ne pas oublier

  • une ode à la vie

  • la mère aime la nature et vit à la campagne en compagnie d’animaux, utilise l’ordinateur, traduit des textes en italien, doit faire attention à son alimentation, aime le thé vert, le chocolat aux écorces d’orange, le vin blanc, sait coudre à la machine, aime lire (table de chevet et abonnement à La Hulotte) et voir les films de Miyasaki , porte des bottes en plastique bariolé, un kimono, peut parler des chevaux des heures durant….


Cette femme serait-elle la mère du poète, sa femme, sa fille ?

Examinons les 3 hypothèses et les éléments qui plaident plutôt pour l’une ou l’autre :

Le texte serait adressé à sa fille qui est à son tour mère : le texte s’inscrit alors dans l’idée d’une transmission générationnelle du goût de vivre. La première phrase convoque immédiatement une idée d’enfance « tes petites bottes en plastique bariolé », mais aussi la filmographie de Hayao Miyasaki qui a réalisé beaucoup de films pour la jeunesse, mais pas seulement.

Le texte serait adressé à sa femme : cette liste de tout ce qui est précieux et important pour elle est conçue pour tirer ses pensées (peut-être envahies par une situation délicate) vers le vital. On aurait pu attendre une désignation de l’enfant du type « notre fils », mais qui aurait conféré moins de littérarité et d’universalité au texte. On pourrait aussi y voir plus simplement un choix d’écriture plus emprunt de pudeur.

Le texte serait adressé à sa mère :

Je pencherais pour cette idée, plus littéraire : le narrateur s’adresserait à sa mère qui perd la mémoire et lui donnerait un tas de conseils pour continuer à vivre. Quand on a la charge de personnes âgées qui perdent la mémoire, la famille est souvent dans l’obligation d’écrire des listes pour organiser leur vie, l’impératif prend alors un sens nouveau. La fin du texte « Prends-le dans tes bras » serait en fait « prends-moi dans tes bras », car ton fils dont je te parle, même si tu ne me reconnais pas, c’est moi… Viens que je te console, qu’on se reconnaisse et qu’on continue à partager tout ce que l’on a partagé jusqu’ici… 

L’illustration peut alimenter encore cette interprétation :  

- le retour sur les deux images des oiseaux qui ouvrent et ferment l’album prennent alors tout leur sens : deux êtres séparés dont l’un semble mal en point… A la fin, ils sont toujours séparés, mais les mots prodigués font qu’ils regardent ensemble tous leurs souvenirs, un équilibre précaire s’étant instauré dans l’hiver de la vie….

- le myosotis de couverture (qui symbolise un « ne m’oublie pas ! »), les deux doubles-pages de dessins de fleurs archétypales renverraient à l’idée que les personnes dont la mémoire vacille, sont aussi affectées au plan du dessin : nul détail pour préciser quelle fleur est évoquée, retour à un dessin primaire en quelque sorte….
Finalement, les interprétations, même respectueuses des droits du texte et de la conception générale de l’œuvre dépendent sans doute de ce que l’on peut vivre et de ce que l’on peut y projeter de personnel. Mais je crois résolument que c’est vraiment un livre magnifique qui parlera aux enfants  !!
Si nous recherchons dans la langue du texte ce fait écart au langage ordinaire :

- le projet d’écriture en lui-même : écrire une ode à la vie…. à l’impératif !

  • l’absence de ponctuation,

  • la mise en page, (double-page, mais aussi place du texte dans l’album)

  • l’occultation du narrateur et de l’adresse du texte (à qui écrit-il ?)

  • l’abondance d’adjectifs qualificatifs pour dire sa vision du monde

  • les références aux cinq sens

  • le titre, de façon plus pragmatique

  • la demande de coopération au lecteur

Pour les élèves dont les représentations sur le texte poétique sont souvent étroites (ça rime, le sens est secondaire par rapport à la forme voire incompréhensible, etc.), la fréquentation de ce recueil peut leur permettre d’étendre leur conception de la poésie.

Propositions de lectures avec les élèves

  • Feuilleter, lire et relire, laisser s’exprimer

  • Pour les élèves déjà lecteurs, intervenir sur le texte pour faciliter la lecture (barres séparant les propositions, verbes à surligner, interventions en traitement de texte pour mieux faire apparaître la liste)

  • Faire des classements des « phrases » en constituant des listes à partir des idées des élèves (objets, animaux, manger, sentir, danser, etc.) ne pas repousser les classements hétérogènes : l’activité en elle-même permet de nombreuses relectures

  • A qui s’adresse le texte ? qui est ce « tu » qui n’est pas nommé ? souligne les indices qui peuvent t’aider à répondre.

  • Que peut-on dire de la relation entre le fils et sa mère ?

  • Pourquoi écrire un poème pour vivre à une mère ?


Lire une critique de Claude André de la librairie « L’autre Rive » de Nancy :

Benoît Jacques a changé d’habits : veillant à se surprendre et réussissant à nous surprendre il a troqué le noir profond qui habilla souvent ses livres et « … s’est vêtu de broderie, de soleil luisant, clair et beau… » La couleur ici s’impose : jaquette habitée de fleurs bleues, pages d’intérieur envahies elles aussi de prairies fleuries, de prés verdoyants et de fleurs, colorées encore et encore. Fleur bleue ce magnifique petit livre ? Oui, mais du côté de Raymond Queneau. Juste en son cœur, il recèle une surprise, un petit poème en prose, caché au milieu des fleurs comme le sont d’habitude les fleurs séchées qu’on glisse entre les pages d’un livre, poème glissé là comme son énoncé l’est entre deux parenthèses sur la page de titre : Vivre (un poème pour).

Ce petit poème ne laisse pas de nous interroger. À qui s’adresse Benoît Jacques dans cette invocation à l’impératif de petits faits plaisants à accomplir, tissant ainsi une véritable geste du quotidien ? À bien des interlocutrices et interlocuteurs connus de lui seul en même temps qu’à lui, et bien sûr à nous, nous incitant à savourer le temps présent. Ce « carpe diem » réconforte. En témoignent les deux oiseaux que nous découvrons sur la première double page, oiseaux perchés au cœur d’un arbre vert alors qu’un jour printanier se lève, mais oiseaux qui n’en ont cure et se tournent le dos, l’œil morne. Sur la dernière double page l’arbre a perdu ses feuilles, la neige approche, la nuit va tomber, mais les deux volatiles regardent cette fois dans la même direction, leur regard est devenu vif et ils sourient du bec.

Le plaisir de lire ce livre-poème appelle la répétition, il nous donne envie de répondre à l’appel sensible et sensuel de ses planches colorées en enfouissant le nez dans ses pages comme dans un bouquet.

Vivre (un poème pour) est une ode à la renaissance, au plaisir de vivre et d’être, et il est à offrir à toutes et tous.

Claude André, L’Autre Rive
Propositions d’écriture :

    1. Choisis une personne que tu aimes particulièrement, avec laquelle tu as partagé beaucoup de choses.

Ecris-lui un poème à la manière de Benoît Jacques (impératifs, présentation du texte –pour une fois, tu peux oublier la ponctuation…-)

    1. Dressons la liste de tout ce que nous partageons de beau, de bien à l’école et adressons cette liste à la maîtresse ou au maître…

    2. Ton doudou, comme Pinocchio, veut devenir vivant : adresse-lui ta dose de conseils pour qu’enfin son souhait se réalise….



Pour les illustrations, choisir une thématique d’ensemble et une technique pour des images pleine page :

  • le jardin

  • le sport

  • la ville

  • la chambre (doudou)

  • etc.


Lors de la création du Didapages, on pourra démarrer la lecture du poème écrit collectivement dès la page de garde et défiler les illustrations en écoutant le texte dit par la classe, lequel, comme dans l’album de Benoît Jacques sera inséré au milieu de la production.
Si vous vous lancez dans ce travail, n’hésitez pas à me faire part de vos idées, de vos réalisations….

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