Oe : Le roman et ses personnages : visions de l’homme et du monde





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Albert CAMUS, L’Etranger, II, 4, 1942

Séquence 2 – Séance 5 : LA n°3 : le procès de Meursault

Problématique : comment le plaidoyer de son avocat provoque-t-il le détachement de Meursault ?

  1. Un plaidoyer caricatural




  1. Les caractéristiques du plaidoyer

  • Position adoptée : l’avocat de Meursault plaide coupable (l.3) avec « circonstances atténuantes » (l.27).

  • Manière dont l’avocat s’y prend :

  • Il adopte le point de vue de l’accusé (« Je », l.3) et interpelle les jurés pour les impliquer dans son propos (« Messieurs », 14)

  • Il cherche à atténuer la responsabilité de M en parlant de « provocation » de la part de l’Arabe (l.8), ce qui contredit l’idée de préméditation défendue par le procureur

  • La majeure partie du plaidoyer s’intéresse en réalité au caractère de M, à la question de sa moralité (répétition du mot « âme », 8, 9, 18…), en réponse au réquisitoire du procureur : il fait un portrait élogieux de M en évoquant ses rapports au travail, puis ceux avec sa mère (termes mélioratifs l.11-12), ce qui montre qu’il remet en cause la « monstruosité » de son client ; il ne parle pas de l’enterrement, sans qu’on sache pourquoi : cela nuirait-il à M en rappelant son insensibilité ce jour-là?; il conclut sa prestation (« pour finir », 25) par l’évocation du caractère non prémédité du crime (« une minute d’égarement », 26), ce qui l’amène à demander que la vie de M soit épargnée ; il met en évidence le « remords éternel » de ce dernier comme étant déjà un « châtiment » suffisant.

  • Il essaie d’attirer la compassion, la bienveillance des jurés, de rendre M humain. Mais son discours est maladroit et stéréotypé.




  1. Les points faibles, voire le ridicule de ce plaidoyer

  • Discours indirect (4-5) et discours direct (5-6) signalent une conversation entre M et un gendarme : ce dernier lui indique que le discours de son avocat n’est en rien original, mais qu’il est stéréotypé, donc peut-être pas très convaincant…

  • L’avocat se montre arrogant : il déclare qu’il peut lire dans l’âme de M « à livre ouvert » (métaphore l.10-11), alors même qu’il ne fait pas de doute aux jurés et au lecteur que M demeure un personnage opaque, difficile à comprendre.

  • Il emploie un vocabulaire maladroit car dépréciatif à propos de la mère de M (« vieille femme » l.13-14), alors qu’il essaie de faire passer M pour un « fils modèle ».

  • Son discours est ponctué d’hyperboles (« infatigable », « aimé de tous », « fils modèle », 11-12 ; « dont je traînais déjà, comme le plus sûr des châtiments, le remords éternel » 27-28) qui le rendent caricatural : il n’est pas adapté à la personnalité de M. L’avocat dit des choses qui manquent de justesse sur M, pour le faire rentrer dans une norme acceptable par la société qui le juge. Or M refuse de s’y soumettre (il n’a jamais manifesté de remords envers son crime, et affirme d’ailleurs ne pas le regretter).

  • Par le biais de l’alternance entre le discours direct (paroles de l’avocat) et la focalisation interne (pensées de M), Camus montre que M ne se reconnaît pas dans ces propos : il insiste sur le fait que c’est l’opinion de son avocat « pour lui » (l.12). il signale alors lui-même la médiocrité de son avocat (« ridicule », 8), et le dévalorise par rapport au procureur (comparaison l.8-9). Enfin, il signale les oublis de la plaidoirie : « j’ai senti que cela manquait dans sa plaidoirie », l.17).




  1. Une vaste mise en scène

On a l’impression que le procès n’est qu’une une mise en scène vidée de sens :

  • Discours stéréotypé de l’avocat, qui fait écho à celui, tout aussi erroné, du procureur

  • Attitude mécanique des jurés avec leurs éventails : Camus semble souligner ironiquement cet aspect mécanique, à l’aide d’une antithèse (« grands ventilateurs » VS « petits éventails » l.1-2) et de l’expression « brasser l’air » qui peut évoquer le caractère superficiel du procès. D’ailleurs, les jurés agitent leurs éventails dans le même sens, ce qui pourrait laisser entendre qu’ils incarnent la société qui condamne de manière homogène un individu comme M qu’elle ne parvient pas à comprendre.

  • Félicitations finales des autres avocats  rapportées au discours direct (l.29-30): elles semblent n’avoir aucun lien avec la prestation réelle, mais apparaissent comme un rituel ponctué de paroles convenues, voire choquantes pour l’accusé (« Hein ? », l.29).


C’est cette impression d’absurdité qui explique la réaction de M et l’évolution de ses sentiments au fil du texte.


  1. Meursault étranger à son procès




  1. L’impression d’être exclu

  • L’avocat se substitue à lui, parle à sa place (« Je »), ce qui étonne M > incompréhension et méconnaissance qui indiquent le fait qu’il n’est pas familier de l’univers judiciaire.

  • M interprète cela comme une volonté de le réduire à néant (gradation l.6-7), et il n’est pas loin de la vérité, comme l’indique l’ordre que lui donne le gendarme (« il m’a dit de me taire », l.5).

  • Il exprime alors un sentiment tragique d’impuissance : il a l’impression que son destin lui échappe (« une vie qui ne m’appartenait plus », 22) > parallèle avec ses propos au début du chapitre IV (p.149-150)

  • Cela explique le malaise (« vertige » 19, « m’est remonté à la gorge » 24) qui s’empare du personnage, et la comparaison qu’il emploie (« tout devenait comme une eau incolore » 19 : impression de se vider de sa substance).




  1. Le manque d’intérêt de M pour son procès

  • Plusieurs raisons : le sentiment d’exclusion, la mise en scène, mais aussi la chaleur (l.1) et la longueur du discours de l’avocat (2-3 ; 5 ; 13 ; accumulation 17-18).

  • Le détachement du personnage est exprimé par certains passages du texte : « A un moment donné, cependant, je l’ai écouté », 3 ; « je me souviens seulement que… », 20 ; « c’est à peine si j’ai entendu », 25).

  • Il manifeste assez virulemment sa volonté d’en finir avec ce procès (l.24-25).




  1. Le refuge dans le souvenir

  • L’attention de M est détournée par un bruit venant de l’extérieur (« la trompette d’un marchand de glace », l.21), qui incarne la vie en liberté. Cela explique qu’il déclenche les souvenirs du personnage (l.21-23).

  • Souvenirs associés à des sensations, qui correspondent à des plaisirs simples et quotidiens (énumération l.23). on remarque l’attachement de M à marie.

  • Ce bref passage suffit en réalité à contredire l’accusation d’insensibilité qui pèse contre M, et confirme l‘humanité de ce dernier. Il montre que et le procureur et l’avocat, donc la société tout entière, sont passés à côté de la vérité de ce personnage qui vit dans l’instant.


Ainsi, le caractère peu convaincant et très maladroit de l’avocat de M donne au lecteur un sentiment d’absurdité, que vient confirmer le détachement de celui qui est censé être le principal intéressé, à savoir l’accusé lui-même. Il apparaît que M est condamné davantage pour ce qu’il est, et non pour le crime qu’il a commis. Il ne correspond pas aux normes sociales, et c’est pour cela qu’on va le condamner à mort.

Séquence 2 – Séance 6 : LA n°4 : l’épilogue de L’Etranger

Lui parti, j'ai retrouvé le calme. J'étais épuisé et je me suis jeté sur ma couchette. Je crois que j'ai dormi parce que je me suis réveillé avec des étoiles sur le visage. Des bruits de campagne montaient jusqu'à moi. Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes. La merveilleuse paix de cet été endormi entrait en moi comme une marée. À ce moment, et à la limite de la nuit, des sirènes ont hurlé. Elles annonçaient des départs pour un monde qui maintenant m'était à jamais indifférent. Pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai pensé à maman. Il m'a semblé que je comprenais pourquoi à la fin d'une vie elle avait pris un « fiancé », pourquoi elle avait joué à recommencer. Là-bas, là-bas aussi, autour de cet asile où des vies s'éteignaient, le soir était comme une trêve mélancolique. Si près de la mort, maman devait s'y sentir libérée et prête à tout revivre. Personne, personne n'avait le droit de pleurer sur elle. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre. Comme si cette grande colère m'avait purgé du mal, vidé d'espoir, devant cette nuit chargée de signes et d'étoiles, je m'ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l'éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j'ai senti que j'avais été heureux, et que je l'étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine.

Albert CAMUS, L’Etranger, II, 5, 1942

Séquence 2 – Séance 6 : LA n°4 : l’épilogue de L’Etranger

Situation de l’extrait: dans le chapitre V de la deuxième partie, Meursault reçoit la visite de l’aumônier, qui tente de le convertir à la foi en Dieu en invoquant la peur qu’inspire la proximité de la mort. Mais Meursault affirme qu’il ne croit pas en Dieu, qu’il n’a aucun espoir en une vie après la mort et que toutes les vies, tous les êtres se valent, étant donné que rien n’a d’importance, puisque la vie est absurde. Après s’être révolté violemment contre les propos de l’aumônier et s’en être pris physiquement à lui, Meursault se retrouve seul dans sa cellule, la nuit précédant son exécution.

Problématique : comment, à travers ce monologue, Meursault accède-t-il à la paix ?

  1. Un passage lyrique




  1. La quiétude enfin retrouvée




  • En cette fin de roman, M semble livrer pleinement ses sentiments et sensations personnels au lecteur, comme le montrent les expressions « montaient jusqu’à moi » (l. ), « rafraîchissaient mes tempes » (l. ), « entrait en moi » (l. ), « je me suis senti » (l. ), « j’ai senti » (l. ), dans une sorte de monologue où la première personne est associée à des verbes de perception.

  • Le premier sentiment qu’il exprime est alors un sentiment d’apaisement, dû au départ de l’aumônier, et au fait qu’il se soit retrouvé seul : « Lui parti, j’ai retrouvé le calme » (l.1). Le déchainement verbal et pulsionnel auquel il s’est livré semble l’avoir vidé de toute animosité (« j’étais épuisé », l.  ; « Comme si cette grande colère m’avait purgé du mal, vidé d’espoir » l. ), de sorte qu’il s’endort (« Je crois que j’ai dormi », l. ). On a l’impression que ce sommeil, en plus d’être réparateur, symbolise une sorte de renaissance du personnage, qui se réveille calme et tous les sens en éveil, dépourvu de toute crainte liée à sa mort prochaine.

  • Le cadre temporel est d’ailleurs favorable à cette quiétude : il fait nuit («étoiles », l. ; « à la limite de la nuit », l. ; devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles », l. ), et M, lorsqu’il parle de sa mère, présente ce moment comme celui privilégié d’« une trêve mélancolique » (l. ).




  1. La fusion lyrique avec le monde




  • Bien qu’enfermé dans sa cellule, Meursault semble entrer en communion avec la nature, comme le montre le fait que chaque évocation de la nature est rattachée à la personne de M, à son corps (« avec des étoiles sur le visage », l. ; « Des bruits de campagne montaient jusqu’à moi », l. ; « Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes », l. ; la comparaison l. ). L’attachement du personnage aux sensations transparaît bien ici : on note la référence à des sensations visuelles (l. ), auditives (l. ) et olfactives (l. ), comme si, au moment de mourir, la vie prenait une importance inédite, comme si chaque chose acquérait une certaine valeur.

  • Il semble ne faire plus qu’un avec le monde, et se livre entièrement pour la première fois, comme le souligne l’emploi du verbe pronominal « s’ouvrir » : « je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde » (l. ). L’oxymore « tendre indifférence » signale que le personnage accepte l’absence de sens, l’absurdité de l’existence et qu’il l’envisage comme salvatrice.




  1. Le lyrisme de l’écriture




  • Le lyrisme est renforcé par le style de Camus qui, aux nombreuses comparaisons (l. , , …), allie des répétitions (« pourquoi », l. et ; « si pareil… si fraternel », l. et ) et des anaphores (« Là-bas », l. ; « Personne », l.  ; « pour que », l.), ce qui accentue l’intensité des sentiments exprimés par M.

  • En outre, l’usage dominant de l’imparfait semble faire durer de manière indéterminée ce sentiment de plénitude (l. , , , …). L’instant présent s’étire pour Meursault, voire se mêle au passé (souvenirs de la fin de vie de sa mère).


Ainsi, ce monologue lyrique témoigne de l’apaisement de Meursault, ce qui va transparaître dans l’évocation de sa mort et de celle de sa mère.


  1. L’acceptation de la mort et la revendication de son étrangeté




  1. Le détachement par rapport à la mort




  • Un bruit rappelle l’imminence de la mort (« des sirènes ont hurlé », l. ). Mais M ne perd pas son calme (qui m’était indifférent », l. ). D’ailleurs, la mort est évoquée à l’aide de périphrases (« Elles annonçaient des départs pour un monde », l. ) et d’euphémismes (« où des vies s’éteignaient », l. ), qui peuvent signifier qu’elle a perdu son caractère effrayant pour M et qu’il l’accepte, voire qu’il lui trouve une dimension bénéfique.

  • Cette mort, tout d’abord, réveille en lui le souvenir de sa mère : ce fait exceptionnel est souligné par l’expression « pour la première fois » (l. ).En effet, c’est la première fois que M l’évoque longuement, après l’annonce froide de sa mort dans l’incipit et le refus d’en parler au procès. L’épilogue du roman fait donc écho à l’incipit.

  • L’expérience imminente de la mort en prison rapproche enfin M de sa mère, qui a connu l’attente de la mort à l’asile (« là-bas aussi », l. ; « moi aussi », l. ). L’incompréhension cède la place à la compréhension (« je comprenais pourquoi à la fin d’une vie elle avait pris un « fiancé », pourquoi elle avait joué à recommencer », l. ; « Si près de la mort, maman devait s’y sentir libérée et prête à tout revivre », l. ). Ainsi, M laisse entendre que c’est la vie terrestre seule qui importe, que la proximité de la mort l’avait fait comprendre à sa mère et que c’est pour cette raison qu’elle avait décidé de profiter de tous ces instants de bonheur qui s’offraient à elle (fiancé). C’est donc la mort qui donne, rétrospectivement, toute sa valeur à la vie.

  • Cette pensée du bonheur de sa mère le déculpabilise, de sorte qu’il délivre son propre sentiment sur la question de sa culpabilité concernant la mort de sa mère et son insensibilité : elle avait été heureuse avant de mourir, de sorte que « personne n’avait le droit de pleurer sur elle » (l. ). Ce mot « personne » englobe les autres, mais aussi M lui-même, qui se révèle alors comme un bon fils, puisqu’il n’a pas pleuré.




  1. Un homme étranger mais heureux




  • La colère et la révolte de M face à l’aumônier ont eu une dimension thérapeutique pour le personnage (« m’avait purgé du mal, vidé de tout espoir », l. ) car elles ont débouché sur une certaine sérénité, sur la prise de conscience de son amour de la vie, de son appartenance intégrale au monde et de son bonheur passé mais aussi actuel (« j’ai senti que j’avais été heureux et que je l’étais encore », l. ).

  • Sa dernière pensée, très paradoxale, témoigne alors du fait qu’il assume sa vie et qu’il revendique sa différence avec les autres, sa fameuse « étrangeté » qui donne son titre au roman : les « cris de haine » qu’il souhaite renvoient au rejet, à l’exclusion dont il a été victime tout au long de son procès de la part du reste de la société. Or, ici, loin de se considérer comme une victime, il décide d’y faire face courageusement lors de ses derniers instants. Dès lors, l’anti-héros que M était, semble se muer, par la confrontation avec la mort, en véritable héros qui assume ses actes mais aussi ce qu’il est : il assume enfin un destin qu’il a d’abord vécu sans le vouloir.
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