Recherches : lacan lettres et traductions





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1953 LACAN A PERROTTI

Lettre au Professeur N. Perrotti, publiée dans « La scission de 1953 » (Supplément à Ornicar ?), n° 7, 1976 pp. 117-118.

 1953-07-14 :      Lettre au Professeur Niccolo Perrotti (2 p.)

(117)Mon cher Ami,

 

Comme le Professeur Lagache vous en a fait part, un certain nombre de nos collègues dont moi-même, se sont séparés de la Société psychanalytique de Paris [SFP] pour fonder une Société française de psychanalyse [SFP]. Cette décision a été prise dans l’esprit de nous conformer aux devoirs que nous avons envers nos élèves.

La destination donnée à l’Institut nouvellement fondé par la petite équipe qui l’avait prise en main, ne nous a pas paru pouvoir être approuvée, et les conflits survenus entre la Direction de cet Institut et les élèves, rendaient d’extrême urgence que nous ne laissions pas leurs espoirs à l’abandon, – c’est-à-dire que nous leur assurions l’atmosphère de confiance qu’ils exigeaient pour leur travail.

C’est en effet avec la grande majorité de ceux-ci que nous allons poursuivre notre tâche et c’est eux que vous verrez nous suivre à Rome.

Lagache m’a fait connaître en effet que vous aviez tenu à cœur de maintenir ouverte votre invitation à l’égard de tous ceux qui en étaient depuis l’an dernier l’objet.

Croyez que nous avons tout fait pour éviter qu’un tel conflit éclatât avant une réunion internationale que nous aurions voulu tenir hors du débat. La vérité nous oblige à dire que nous n’avons rencontré qu’indifférence à ce point de vue chez ceux qui nous étaient opposés : nous ne nous en croyons pas moins tenus à vous présenter des excuses au nom de tous.

Vous avez proposé pour la situation nouvelle la solution la plus élégante. Je suis disposé quant à moi à vous donner mon rapport dès la fin du mois d’août, [RAPPORT DE ROME] et à le prononcer dans une réunion autonome au Congrès.

Je mettrai à ce rapport tous mes soins et vous savez mieux que personne, par le dialogue qui m’est resté précieux, de notre rencontre à Amsterdam, qu’il est au cœur des problèmes qui me préoccupent le plus et auxquels j’ai donné depuis un grand développement dans mon enseignement.

Beaucoup de nos élèves vont s’inscrire qui avaient retardé jusqu’à présent leur adhésion. C’est pourquoi je pense que vous voudrez bien prolonger pour eux les délais d’inscription.

(118)Nous allons leur demander la même cotisation. Le Dr Fulvia Pontani-Mayer voudra-t-elle bien se mettre en rapport avec M. Didier Anzieu, 7 bis, rue Laromiguière, Paris (5e), Secrétaire de la Société française pour le Congrès de Rome, pour toutes les questions pratiques : telles que distribution conjointe du rapport du Professeur Servadio et du mien, avantages réservés aux congressistes, programme du Congrès, jour de notre réunion (car il faudra bien prolonger le Congrès d’un jour), etc.

Je souhaiterais pour moi que le jour d’ores et déjà prévu pour mon rapport me fût conservé, soit, si j’ai bien compris, le deuxième jour. J’accepterais pourtant ce que vous jugerez le meilleur.

Je ne puis vous quitter sans vous prier de transmettre mes amitiés au Professeur Servadio, et de m’excuser pour mon silence. Dans les heures que nous avons traversées, j’étais peu porté à des épanchements qui n’eussent pu éviter les difficultés en cours. Je vais lui écrire maintenant. [ ???]

 

Croyez, mon cher Ami, à mon attachement de toujours.

 

J.L.

1956 LACAN HEIDEGGER Traduc. Logos

Traduction d’un texte de Martin Heidegger « Logos » paru dans La psychanalyse 1956 n° 1, pp. 59-79.

(59)LOGOS par Martin HEIDEGGER
Traduit par Jacques Lacan[1]

 

Il est long le chemin le plus nécessaire à notre pensée. Il conduit à cela de simple qui sous le nom de Logos demeure ce qu’il nous faut penser. Il n’est encore que peu de signes pour indiquer ce chemin.

Dans ce qui suit l’on tente, par une réflexion libre, autour du fil tendu d’une parole d’Héraclite, de faire quelques pas sur ce chemin. Puissent ces pas nous rapprocher du lieu, d’où à tout le moins cette parole entre toutes nous parle assez pour nous valoir de l’interroger plus encore :

oék ¤moè ŽllŒ toè Lñgou Žkoæsantaw õmologeÝn sofñn ¤stin ˆEn P‹nta



Parmi les traductions qui, à tout prendre, s’accordent, l’une est ainsi conçue :

Si ce que nous avez entendu n’est pas de moi, mais du sens,

Il est sage aussi de dire pareillement à ce sens : l’Un est Toutes Choses. (SNELL.)

Cette parole parle d’Žkoæein, ouïr et avoir oui, de õmologeÝn ὁῖ dire la chose qui est pareille, du Logos, la parole et ce qui se dit, d’¤moè, le penseur lui-même à savoir comme l¡gontow, celui qui parle. Héraclite médite ici sur une affaire (60)d’ouïr et de dire. Il formule ce que le Logos dit, : °ˆEn P‹nta, “E ά l’Un est Toutes Choses. La parole d’Héraclite, sous quelque aspect qu’on la regarde, paraît aller de soi. Pourtant tout y demeure sujet à caution et au premier chef ce qui allait sans dire, à savoir notre supposition que ce que dit Héraclite dût s’éclaircir immédiatement pour ce bon sens que nous autres tard-venus mettons à l’usage de tous les jours. Alors que c’est là une exigence qui probablement n’a même jamais été remplie pour ceux qui vivaient au temps d’Héraclite et logeaient à la même enseigne que lui.

Nous répondrions mieux pourtant à sa pensée en reconnaissant que ce n’est pas seulement pour nous, non plus au reste que ce n’était déjà pour les Anciens, mais bien plutôt dans la chose pensée elle-même que demeurent les énigmes au nombre de quelques-unes. Nous serrerions celles-ci de plus près à prendre du recul à leur endroit. D’où il appert que : pour voir l’énigme en tant qu’énigme, il est avant tout besoin de tirer au clair ce que veut dire Logos, ce que veut dire l¡gein έ.

Depuis l’Antiquité, la glose a sollicité le Logos d’Héraclite vers des acceptions diverses : comme Ratio, comme Verbum, comme Loi du Monde, comme ce qui est logique et l’ordre nécessaire de la pensée, comme le sens, comme la raison. Il y a toujours eu une voix à s’élever pour faire appel à la raison comme à la mesure qui nous dirige dans nos faits et gestes. Mais que peut la raison, si, tout comme l’irraison, voire la déraison, elle se maintient au même niveau d’une négligence pareille à la leur, en oubliant aussi bien de revenir sur l’émergence essentielle de la raison que de suivre le fil de son avènement ? De quoi nous sera la logique, la science du Logos, logik®(¤pist®mh), de quelque espèce qu’elle soit, si nous ne commençons pas par porter attention au Logos et par nous soumettre à son essence telle qu’elle est à son origine ?

Ce qu’est le Logos, nous le recevons du l¡gein έ. Que veut dire l¡gein έ? Nul ne l’ignore qui a l’usage de la langue : l¡gein έ signifie dire et parler ; Logos a le sens du verbe l¡gein έ en tant qu’il énonce, de l’objet verbal legñmenon en tant qu’il est l’énoncé.

Qui songerait à nier que dans la langue des Grecs, l¡gein έ a dès l’origine le sens de discourir, de dire, de raconter ? Seulement ce n’est pas moins tôt, mais de façon plus radicale encore (61)(et par là déjà et tout autant dans le sens précité) qu’il s’emploie dans le sens qu’on met dans notre lèguer homophone, avec ce que le legs[2] implique quant à déposer et à proposer. C’est le ressort du fait de ramasser, le champ du legere latin, soit de colliger au sens de récolter et de ramasser. Proprement l¡gein έ vise ce qui est de déposer et de proposer pour distribuer soi et l’autre. Usité au déponent,l¡gesyai veut dire : déposer ses armes dans la recollection du répit ; l¡xow , c’est le lit de repos ; lñxow c’est l’embûche où quelque chose est relégué sous ce qui est allégué. [On pourrait aussi s’arrêter ici à méditer sur le vieux mot qui disparaît après Eschyle et Pindare :Žl¡gv (a copulativum) : quelque chose m’incombe, cela m’occupe[3]].

Pourtant ceci demeure sans conteste : l¡gein έ a d’autre part aussi le sens qui même est prévalent, s’il n’est pas exclusif, de dire et de parler. Devrons-nous pour autant, en faveur de cet emploi prédominant et courant, qui peut encore multiplier ses modulations, jeter au vent le sens propre du mot, celui de l¡gein έ selon qu’ici il se dégage comme : mettre-à-reposer ? Pouvons-nous en aucun cas oser chose pareille ? Ou bien n’est-il pas temps que nous nous engagions dans une question qui va sans doute décider de beaucoup de choses ? Cette question est ainsi conçue :

Jusqu’à quel point le sens propre de l¡gein έ mettre-à-reposer, en arrive-t-il à signifier ce qui se dit et se prononce ?

Pour trouver le joint pour une réponse, il s’impose de revenir sur ce qui gît proprement dans le l¡gein έ en tant que mettre-à-reposer. Mettre-à-reposer veut dire : porter à gésir. En quoi mettre-à-reposer veut dire aussi bien mettre-à-reposer l’un (62)contre l’autre, soit mettre ensemble à reposer. Mettre en ce lit est donner à lire. La lecture qui nous est la plus connue, à savoir celle d’un écrit, reste, si prégnante qu’elle soit, n’être qu’un des modes de colliger, au sens de ramasser-en-présentant. Quand on glane, on relève le fruit du sol. Quand on vendange, on émonde le ceps de sa grappe. Ce que l’on relève et émonde va au tas où on le porte. Pour peu que nous nous en tenions aux aperçus de l’habitude, nous sommes enclins à prendre ce ramassage déjà pour la moisson et même pour son achèvement. Moissonner est pourtant plus que le pur fait d’amonceler. II fait partie de la moisson de rentrer la récolte. C’est ici le ressort de sa mise à l’abri, qui lui-même relève de sa mise en réserve. Cet « en-plus » qui dans la moisson dépasse la rafle qui s’en empare, ne vient pas seulement s’y ajouter. Il n’en est pas différemment de l’entrée en jeu du moment où elle se ferme. La mise en réserve de ce qui doit être rentré a déjà marqué sa prise sur les démarches de la moisson dès leur départ et sur leur ensemble dans l’intrication de leur suite. Nous fixons-nous seulement sur le tour à tour de ces démarches, alors au relevage et à l’émondage succède le ramassage, à celui-ci la rentrée de la récolte, à celle-ci la mise à l’abri dans des récipients et resserres. Ainsi se maintient l’illusion que la conservation et la mise en réserve n’appartiennent plus à la moisson. Pourtant que reste-t-il d’une cueillette qui n’est pas marquée du dessein fondamental de la sauver, et même portée par lui ? Ce qui est de sauver est premier dans la structure essentielle de la cueillette.

Pourtant le fait même de sauver ne consiste pas à sauver le tout-venant, qu’il surgisse n’importe où et n’importe quand. Le rassemblement qui proprement prend son départ du fait de sauver, soit la cueillette, est en soi d’emblée un assortiment de ce qui requiert sauvegarde. L’assortiment d’autre part est déterminé par ce qui, au sein de ce qui s’offre à son choix, s’indique comme lui étant dévolu. Ainsi c’est du tout ce qui vient en premier dans le plan essentiel de la cueillette que jeter le dévolu, où le choix s’articule qui se subordonnera tout ensemble ramassage, rentrée et mise à l’abri.

L’ordre selon lequel la marche des opérations de la moisson se succède ne recouvre pas le mouvement d’atteinte et la marche portante qui sont les traits où se retrouve l’essence de la cueillette.

(63)Toute moisson comporte également que ceux qui vont cueillir se rassemblent, qu’ils répartissent leur action en vue de ce qu’il y a à sauver et qu’ils ne moissonnent qu’à partir de ce moment de recueil. La cueillette exige de soi et pour soi ce recueillement. Le rassemblement pour la moisson est du ressort d’une recollection primordiale.

La collation qu’il nous faut ainsi penser, ne se tient pourtant nullement à côté du fait de mettre-à-reposer. On ne peut même pas dire que l’une accompagne l’autre. Bien plutôt la collation est déjà logée dans le fait de mettre-à-reposer. Ce qui s’y lit est déjà lit de la reposée, et tout lit de la reposée est de soi-même ce qui se lit dans ce qu’on collige. Que veut dire en effet mettre-à-reposer ? Le fait de mettre-à-reposer porte au gîte, dans lequel il laisse au-devant se présenter ce qui est ensemble. Trop facilement prenons-nous le verbe laisser au sens de laisser passer, laisser courir. Mettre-à-reposer, porter à son gîte, laisser se présenter signifieraient dans ce cas : passer outre à ce qui a été reposé quand il se présente, et ne plus s’en occuper. Seulement le l¡gein έ, mettre-à-reposer, signifie, en ce qu’il laisse au-devant se présenter ce qui est ensemble, précisément ceci que ce qui se présente nous concerne et par conséquent nous regarde. Au fait de mettre à reposer en tant qu’il laisse se présenter ce qui est ensemble, il est inhérent de retenir ce qui a été reposé comme ce qui se présente [(« Legi » veut dire en alémanique le barrage qui dans le courant déjà se dresse au-devant : du torrent liquide)[4]].

Le fait de mettre à reposer qu’il nous faut maintenant penser, le l¡gein έ, a renoncé d’avance à la prétention, qu’il n’a à vrai dire même pas connue, de se charger lui-même de porter ce qui se présente en son site. Au fait de mettre à reposer qu’est le l¡gein έ, il appartient uniquement de laisser ce qui est ensemble de soi-même pour au-devant se présenter, comme ce qui se présente dans le refuge dans lequel il demeure pour y avoir été reposé. Quel est ce refuge ? Ce qui est ensemble pour se présenter devant nous est colloqué dans le dévoilement. Il y est retiré, il y est ravi, il y est relégué, c’est-à-dire il y est sauvegardé. Au l¡gein έ en ce qu’il a recueilli ce qu’il laisse au-devant se présenter, adhère cette face sauvegardée de ce (64)qui se présente dans ce qui est dévoilé. Le xeÝsyai, ῖ  le pour-soi de la présentation de ce qui est ainsi relégué, du êpokeÛmenon [ú POKEMON][5] n’est ni plus ni moins que l’être de la présence de ce qui se présente dans le dévoilement. Dans ce l¡gein έ du êpokeÛmenon ú, le l¡gein έ du choix et de la collation demeure serti. C’est parce qu’au l¡gein έ en tant qu’il laisse ce qui est ensemble au-devant se présenter, adhère de façon unique la face sauvegardée de ce qui se présente dans le dévoilement, que ce qui se lit dans la collation qui requiert un tel lit, est d’avance déterminé par la mise en réserve.

L¡gein 
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