Voyage au bout de la nuit”





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CÉLINE
Voyage au bout de la nuit”
(1932)

Roman de 500 pages
En France, en 1914, Ferdinand Bardamu a vingt ans et est étudiant en médecine. À la suite d’une discussion animée avec un camarade et, un peu par hasard, parce qu'un régiment passe devant la terrasse du bistrot où il discute, il court s'engager. Mais, au front, sur une route de campagne qu'arpente nerveusement son colonel sans prendre garde aux Allemands qui mitraillent, il réalise qu'il ne veut pas mourir, qu'il préfère fuir pour rester vivant. Envoyé en reconnaissance, il rencontre Léon Robinson, un déserteur qui souhaite se constituer prisonnier. Ils n'y arrivent pas et il faut qu’il soit blessé pour pouvoir revenir à Paris où il rencontre Lola, une Américaine bien en chair et peu avare de sa personne, venue en France se dévouer auprès des pauvres soldats pour lesquels elle façonne puis goûte les beignets des hôpitaux. Une fin d'après-midi, alors qu'il contemple les restes d'une baraque foraine, le “Tir des Nations”, il est subitement frappé de terreur, « voit » des soldats ennemis embusqués partout et est embarqué vers un hôpital psychiatrique. Il se lie avec une violoniste, Musyne, qui, cependant, lui préfère des Argentins.

Enfin réformé, il s'embarque pour l'Afrique à bord de l'”Amiral Bragueton”. Passé le Portugal, la chaleur et l'alcool aidant, les passagers non payants (fonctionnaires et autres militaires), à force d'ennui, conçoivent les plus noirs soupçons vis-à-vis de ce «payant». À moins de fuir quelque horrible passé, quelle autre raison aurait pu pousser ce passager à quitter l'Europe? Peu à cheval sur l'amour-propre, il se tire du mauvais pas in extremis en invoquant l'esprit patriotique et la grandeur de la France.

Débarqué précipitamment à Bombola-Fort-Gono, il est embauché par une compagnie coloniale qui l'envoie dans un comptoir de la brousse, via Topo où il tombe sur de frénétiques militaires : le lieutenant Grappa qui exerce la justice à coups de triques ; le sergent Alcide qui entretient un petit commerce de tabac avec ses douze miliciens nudistes. Puis Bardamu remonte le fleuve à la recherche du comptoir qui n’est qu'une vieille case délabrée. Il voit son prédécesseur, en qui il reconnaîtra plus tard Robinson, s'enfuir après avoir tout volé. Atteint de malaria, rongé par les fièvres, il est vendu par les indigènes à une galère espagnole en partance pour New York.

Embauché au port pour l'incroyable capacité qu'il développe à dénombrer les puces, il retrouve Lola et, après lui avoir soutiré quelque argent, gagne Détroit où il travaille dans les usines Ford. Il se lie avec Molly, une prostituée proche de la sainteté tant son amour et son désintéressement sont grands. Un soir, il croise Robinson à présent nettoyeur de nuit.

Il repart pour l'Europe et, après avoir achevé ses études de médecine, s'établit en banlieue, à La Garenne-Rancy. Trop compatissant, gêné d'avoir à réclamer des honoraires, il vivote. De Bébert, le neveu de la concierge, à la fille du cinquième qui mourra des suites d'un avortement, il se traîne au milieu de ses malades qu'il décrit sans complaisance. Les Henrouille lui proposent de le payer pour qu'il fasse enfermer la vieille mère qui les empêche de faire des économies. Il refuse mais les visite régulièrement. Robinson reparaît, accepte d'assassiner la vieille Henrouille mais prend en pleine figure la charge de chevrotines qu'il lui destinait. La famille se retrouve avec la mère et son assassin, devenu aveugle, sur les bras. L'abbé Protiste, moyennant finance, trouve le moyen d'envoyer Robinson et la vieille à Toulouse.

Une fois cette épine hors du pied, Bardamu attrape un rhume tenace qui précipite sa décision d'abandonner Rancy. Il est figurant au théâtre Tarapout jusqu'au jour où, une fois de plus, il part. À Toulouse, Il rejoint Robinson qui va se marier avec Madelon, la fille de la vendeuse de cierges. Au moment où Bardamu va prendre le train pour Paris, il apprend que la mère Henrouille «s'est tuée» dans un escalier. Il fuit de nouveau, rencontre un certain Parapine qui, chercheur à l'Institut Bioduret, a perdu son emploi et travaille à présent dans l'hôpital psychiatrique du docteur Baryton où il fait entrer Bardamu. La vie s'y écoule tranquillement jusqu'au soir où Baryton se targue d'apprendre l'anglais. Bardamu joue au professeur, et les progrès de l'élève sont tels qu'après trois mois, Baryton se décide à tout plaquer pour courir l'aventure au nord ! Nommé directeur de l'asile par intérim, Bardamu s'accommode de la situation jusqu'au retour de Robinson qui ne veut plus épouser sa Madelon. Elle arrive et le poursuit de ses assiduités. Robinson lui avoue sa lassitude des hommes et des sentiments, la vie le dégoûte. Madelon le tue de trois balles de revolver. La police emporte le corps, Bardamu finit dans un bistrot, près d'une écluse ; un remorqueur passe, emportant les péniches, le fleuve, la ville entière et tous les personnages du voyage.

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Notes

(la pagination est celle de l’édition Folio)
Page 3 : «Élisabeth Craig » : Élisabeth Craig était la danseuse américaine, née en 1902, que Céline avait connue à Genève en 1927 et avec laquelle il vécut à Paris de 1927 à 1933, en une liaison très libre qui était interrompue par les séjours qu'elle faisait aux États-Unis. En 1933, elle ne revint pas et Céline profita de son voyage aux États-Unis de l'été 1934 pour tenter de la convaincre de revenir en France. Mais elle avait décidé de rompre. Il ne fait pas de doute qu'elle a été la femme à laquelle il a été le plus attaché et qui avait, plus qu'aucune autre avant elle, joué un rôle dans sa vie.
Page 4 : “la Chanson des Gardes suisses” : elle a été composée, au cours de la campagne de Russie de Napoléon, devant la Bérésina, par «les soldats d'un régiment suisse qui, sur le point de mourir, auraient repris le début d'un cantique qu'ils auraient adapté et prolongé.
Page 7

- «carabin» : étudiant en médecine.

- «le Président Poincaré» : le président de la République élu en 1913.
Page 8

- « “Le Temps” » : journal qui «n'avait nullement les positions racistes, nationalistes ou revanchardes qu'Arthur Ganate lui prête ici.

- «les mignons du Roi Misère» : par allusion aux mignons du roi Henri III, ses favoris.
Page 9 : «rouspignolles» : testicules (création de Céline).
Page 12

- «coffret» : poitrine et, par métonymie, la personne.

- «Déroulède» : écrivain et homme politique français représentant du patriotisme à caractère nationaliste et revanchard.
Page 13 : «en plein bidon» : en plein ventre.
Page 14

- «croisade apocalyptique» : guerre fanatique inspirée par la peur d'une fin du monde telle que celle décrite dans “l'Apocalypse”.

- «puceau» : garçon, homme vierge.

- «mariole» : qui fait le malin, l'intéressant.

- «carne» : viande de mauvaise qualité.
Page 15 : «pépère» : propre aux grands-pères, donc tranquille.
Page 16

- «Bélisaire» : général byzantin du VIe siècle qui, après avoir sauvé Constantinople, fut «victime de l'ingratitude de l'empereur Justinien et, aveugle, aurait été obligé de mendier dans les rues de la capitale en tendant aux passants son propre casque.

- «foirer» : évacuer les excréments à l'état liquide.
Page 18 : «colon» : «colonel» en argot militaire.
Page 19

- «Flandres» : région du Nord de la France et de Belgique où les Allemands attaquèrent en août 1914.

- «l'Alhambra» : music-hall parisien dont une des vedettes était le chanteur Harry Fragson.
Page 20 : «bidoche» : viande.
Page 21

- «étouffer quelque chose» : faire disparaître, voler subrepticement.

- «aloyau» : région lombaire du bœuf.
Page 22 : «gastritique» : qui souffre de maux d'estomac.
Page 23 : «former les faisceaux» : appuyer les fusils les uns contre les autres en pyramide (= se mettre au repos).
Page 24 : «garenne» : étendue boisée où les lapins vivent à l'état sauvage.
Page 25 : « poser sa chique » : mourir (car la chique, étant gardée continuellement dans la bouche, devient symbole de la continuité de la vie même).
Page 26

- « vétillard » : qui s'attache à des vétilles, à des détails (page 423 : « vétilleux »).

- « canard » : cheval.
Page 27

- « couillon » : imbécile.

Page 28 : « Les Ardennes » : région montagneuse et forestière à la frontière entre la France et la Belgique.
Page 31 : « troussequin » : arcade postérieure relevée de l'arçon de la selle.
Page 32

- « Brandebourgeois » : soldats du Brandebourg, province de Prusse, les plus terribles des soldats allemands.

- « l'active » : armée active, par opposition à la réserve.
Page 33 : « rabiot » : supplément dans une distribution à des soldats.
Page 34

- « coltiner » : porter quelque chose de lourd.

- « bazarder » : se débarrasser de quelque chose.

- « fourrier » : sous-officier chargé du cantonnement des troupes.

- « roupiller » : dormir (d'où, page 407, « roupillon » : petit somme).
Page 35

- « bousillé » : abîmé, détérioré.

- « juteux » : adjudant en argot militaire.
Page 36

- « cuistance » : cuisine.

- « Noirceur-sur-la Lys » : village imaginaire; mais la Lys est une rivière réelle de France et de Belgique dont les rives ont été le théâtre de nombreux combats depuis le Moyen Âge, les rois de France ayant même choisi, comme emblème, la fleur qui y pousse (la fleur de lys, à ne pas confondre avec le lis).

- « potin » : bruit, vacarme.
Page 38 : « bouclés » : enfermés.
Page 40 : « douteux » : qui doutent.
Page 41 : « se faire paumer » : se faire prendre.
Page 42

- « se débiner » : s'échapper, s'enfuir.

- « les mettre » (« mettre les bouts » [= les jambes], « mettre les voiles ») : partir.

- « piston » : capitaine (déformé en « capiston » puis réduit en « piston »).

- « barda » : équipement du soldat (le nom « Bardamu » aurait pu être créé à partir de ce mot).
Page 43 : « travailler pour la galerie » : agir pour impressionner les autres.
Page 44 : « permission » : congé plus ou moins long accordé à un militaire.
Page 48 : « dare-dare » : vite, promptement, en toute hâte, précipitamment.
Page 49 : « se dessaler » : devenir moins niais, plus déluré.
Page 50

- « roublardise » : astuce, ruse, habileté.

- « s'embusquer » : se faire placer à un poste sans risque.
Page 51

- « le “Mayflower” » : le bateau qui transporta de l'autre côté de l'océan les premiers colons anglais (en fait, à Plymouth et en 1620).
Page 53 : « souffler une femme (à quelqu'un) » : la lui enlever.
Page 54 : « orientalo-fragonarde » : qui évoque la sensualité des femmes telle qu'on la trouve dans les œuvres du peintre français du XVIIIe siècle, Fragonard, et dans celles (par exemple, de Delacroix) représentant des femmes d'Orient (en fait, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient).
Page 55

- « avoir au boniment » : convaincre quelqu'un par un discours rusé.

- « “Le Petit Journal“ » : quotidien de grande diffusion qui se caractérisait par son militarisme, son nationalisme et son antisémitisme.

- « faire des politesses » : faire l'amour
Page 58 : « la baraque d'un tir » : dans les foires, emplacement aménagé pour s'y exercer au tir à la cible.
Page 59 : « chez Duval » : il y a avait à Paris non pas un mais une trentaine de "Bouillons Duval" considérés comme offrant à leur clientèle à des prix raisonnables une cuisine simple mais de bonne qualité. 
Page 62

- « Conseil de guerre » : tribunal militaire.

- « Spahis » : corps de soldats nord-africains de l'armée française.

- « Génie » : service technique de l'armée.
Page 63

- « en instance de Conseil de guerre » : classification administrative, employée ici comme un nom accompagné de l'adjectif « vague ».
Page 64

- « mouchards » : délateurs, dénonciateurs.

- « Biribi » : compagnie disciplinaire d'Afrique du Nord, bagne militaire.
Page 69

- « Carnot » : révolutionnaire français, surnommé l'Organisateur de la victoire.

- « Danton » : révolutionnaire français.

- « pour les prunes » (habituellement : « pour des prunes ») : pour rien.

- « drapeautique » (création de Céline) : qui a le culte du drapeau national.

- « Dumouriez » : général des armées de la Révolution.

- « Valmy » : victoire des Français (1792) contre la Prusse ; Gœthe, écrivain allemand qui y avait assisté, avait écrit : « D'aujourd'hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l'histoire du monde ».

- « étripailler » : variation sur « étriper ».
Page 70

- « Barrès » : écrivain français nationaliste du début du siècle.

- « la cavalière Elsa » : personnage du roman de Pierre Mac Orlan, “La cavalière Elsa”, qui est une sorte de Jeanne d'Arc du communisme choisie par les dirigeants soviétiques pour galvaniser leurs troupes au moment où elles se lancent à la conquête de l'Europe occidentale.

- « fadé » : réussi dans son genre (en se moquant).

- « mirliton » : sorte de flûte rudimentaire sur laquelle étaient écrits de mauvais vers (vers de mirliton).
Page 72

- « l'Olympia » : établissement qui comportait un restaurant et, au sous-sol, une salle de danse; la musique ne pouvait pas y être le jazz que semble bien désigner l'épithète “négro-judéo-saxonne” car sa diffusion ne s'est faite en Europe qu'après la guerre ; en reprenant l'idée d'une prétendue collusion entre la tradition noire et l'influence de la communauté juive américaine, Céline révélait son racisme. 

- l'Impasse des Bérésinas (plus loin, le Passage des Bérésinas) : transformation du nom du « Passage des Panoramas » et allusion au passage de la Bérésina qui fut très meurtrier pour les soldats de Napoléon lors de la retraite de Russie.

- bipède : l'être humain ramené à son état d'animal marchant sur deux pattes.
Page 73

- « gaudriole » : ici, relations sexuelles amusantes.
Page 74

- « partouzards » : amateurs de « partouses », activité sexuelle collective dont le voyeurisme accepté est l'élément essentiel.

- « Watteau [...] Cythères » : le peintre français Watteau a peint ‘’L'embarquement pour Cythère’’, l'île des amours.
Page 75

- « la matérielle » : ce qui assure la vie quotidienne (l'argent).

- « vie picoreuse » : faite de petits profits et de petites dépenses prudentes, à la façon dont les oiseaux piquent leur nourriture.

- « officiers à pécule » : qui, pour leur fonction, disposent d'une somme d'argent qu'ici ils dépensent pour la débauche.

- « goûteuses » : femmes qui, au milieu de l'après-midi, prennent des
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