E siècle, est un siècle de bouleversements littéraires. Les arts et la littérature reflètent enfin autre chose que la vie des grands. Tout le monde, y compris





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titreE siècle, est un siècle de bouleversements littéraires. Les arts et la littérature reflètent enfin autre chose que la vie des grands. Tout le monde, y compris
date de publication14.07.2019
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Le XIXe siècle, est un siècle de bouleversements littéraires. Les arts et la littérature reflètent enfin autre chose que la vie des grands. Tout le monde, y compris les couches les plus basses de la population, peut faire l’objet d’une représentation, qu’elle soit picturale ou littéraire. Le poème « Mélancholia », apparaît dans le recueil des Contemplations, au livre III, dans la section « Les luttes et les Rêves », écrit et publié par Victor Hugo en avril 1856. Le poète romantique et engagé dans les causes sociales de son époque, dénonce dans ce texte le travail des jeunes enfants, soumis à la folie des hommes cupides. Comment rend-il efficace cette dénonciation. Nous Verrons que l’auteur tente tout d’abord de toucher le lecteur en ancrant son poème dans le registre pathétique. Nous étudierons ensuite l’argumentation indignée du poète.

              Dans un premier temps, le lecteur est fortement ému à la lecture du poème. Le registre pathétique est ainsi dominant .C'est une stratégie de la part du poète afin de faire prendre conscience de l'inhumanité qui règne en France dans une société dite évoluée, et bien sûr révolter le lecteur.

L'auteur fait, pour cela, le portrait physique des jeunes enfants et souligne leur affaiblissement. Ainsi aux vers 1 et 2 « pas un seul ne rit//la fièvre maigrit », les deux hémistiches brossent un rapide portrait qui permet au lecteur de s’imaginer l’état physique des enfants; de même il est fait mention de leur « pâleur », et de leur fatigue extrême, l'adjectif « las » répondant à l'exclamation impuissante « hélas » à la fin du vers suivant. Hugo rapporte au discours direct les paroles des enfants qui s’adressent à Dieu : « Petits comme nous sommes… », disent-ils, l’adjectif « petit » venant insister une fois de plus sur leur fragilité. Hugo est même précis quant à l’âge de ces petits travailleurs comme le montre l’expression : « Ces filles de huit ans ». Les effets du travail sur le corps des enfants éclate au vers 18 avec « Rachitisme ! » L’exclamation de ce nom commun qui constitue à lui seul une phrase et en outre placé en tête de vers fait ressortir l’extrême maigreur des corps. L’auteur cherche donc à émouvoir le lecteur en faisant visualiser ces enfants et en mettant en évidence les conséquences sur leur corps.

Le pathétique naît aussi de l’évocation des souffrances morales des enfants. Si l’expression « pas un seul ne rit » nous montre des visages fermés, c’est également une périphrase qui exprime de façon hyberbolique leur tristesse. Le vers 2 signale qu’ils sont « pensifs », ce qui laisse le lecteur imaginer à quoi songent les enfants. La solitude apparaît comme une autre souffrance morale. Celle-ci est mise en valeur au vers 3 : alors qu’on a un pluriel dans le premier hémistiche « ces filles de huit ans » qui laisse d’abord imaginer un groupe, le poète termine son vers par l’adjectif « seules ». Hugo fait entendre la détresse des enfants en rapportant leur plainte : « Petits comme nous sommes,/ Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »Cette mise en scène de la parole des enfants est d'ailleurs frappante car Dieu, le destinataire ne répond pas, et la plainte des enfants devient de fait dérisoire et inutile. Tous ces détails contribuent à mettre en scène des êtres faibles, qui ne peuvent qu'apitoyer le lecteur, brisés par le supplice éternel du travail qui revient sans cesse.


Enfin, pour toucher le lecteur, Hugo montre combien ces enfants sont des victimes à plaindre. On l’a vu, il ne cesse de rappeler leur jeunesse et leur fragilité. Il signale également leur innocence à plusieurs reprises : ils sont « doux » au vers 2. Il les désigne ensuite au début du vers 9 par l’adjectif substantivé « innocents » et au début du second hémistiche du même vers par la métaphore « anges ». Notons que ces deux mots qui rappellent qu’ils n’ont fait aucun mal viennent former deux antithèses puisque ces innocents et ces anges se retrouvent dans des lieux de punition : « un bagne » et « un enfer ». On avait déjà, quelques vers plus haut, cette métaphore de l’emprisonnement d’innocents avec l’expression du vers 6 « dans la même prison ». On a ici l’idée que ces enfants que l’on fait travailler, subissent une punition qu’ils n’ont pas méritée. On entend alors le poète les plaindre à travers les phrases exclamatives que l’on a repérées plus haut, mais également à travers l’interjection « Hélas ! », située à la fin du vers 14.
Hugo décide donc avant tout de s’adresser aux sentiments de ses lecteurs, à les interpeller en faisant appel à leur compassion. Le texte lui permet également de montrer toute l’horreur du travail.
Si Hugo tente tout d’abord d’émouvoir son lecteur, il cherche également à faire naître chez lui d’autres sentiments : la colère, la révolte, l’indignation. Pour cela, il brosse un tableau du monde industriel très sombre.

Rappelons-le, les endroits où travaillent les enfants sont assimilés à des lieux de pénitence ainsi que la métaphore filée étudiée plus haut. Cette idée d'enfermement d'où personne ne peut sortir est exprimée dans le vers 6 où l'allitération de la consomme « m » crée une sensation d'alourdissement du temps, qui se répète et se répète. Le caractère répétitif est exprimé dans les vers 5 et 6 : « Ils vont de l’aube au soir, faire éternellement /Dans la même prison le même mouvement » : les deux compléments circonstanciels de temps du vers 5 et la répétition de l’adjectif « même » au vers 6 viennent signifier cet éternel recommencement. Enfin la construction symétrique du vers 9 « jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue », avec l'insistance sur la césure de la conjonction de coordination « et », achève de peindre l'atmosphère oppressante d'un cercle infernal. 
            Un autre moyen est utilisé par Victor Hugo pour rendre repoussant le travail des enfants  c'est la métaphore. En effet, aux vers 7 et 8 apparaît un « monstre » de fer carnivore, inquiétant qui « mâche on ne sait quoi dans l'ombre ». Le champ lexical du vivant l'anime d'une folie meurtrière inouïe, comme on le voit au vers 23 « qui prend l'âge tendre en sa serre ». C'est l'incarnation du Diable (référence à l'Enfer v.9) «  dont le souffle étouffant ( …) tue », v.18 et 19. La meule ainsi personnifiée prend l'allure d'un ogre avide de chair fraîche. Les champs lexicaux de l'humain et de la machine s'affrontent pour évoquer un monde où les valeurs sont inversées.
            Hugo montre que ce travail agit contre la nature, qu’il est mauvais pour l’humanité, qu’il va à l’encontre de ce qui devrait être. Les antithèses marquent bien cette inversion : ce n'est plus l'homme qui est le maître mais la machine. Aussi le métal est il acteur dans ce texte, de nombreux verbes d'action lui sont attribués : « défait ce qu'a fait Dieu », v19, « ferait (…) D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin », v.21 et22. Les repères sont anéantis : celui qui incarne la beauté, Apollon, devient laid, celui qui incarne l’intelligence, Voltaire, devient idiot, et ce à cause de ce « travail mauvais ». Pis le progrès est accusé  grâce à une autre antithèse : « qui produit la richesse en créant la misère » v.24, et l’on voit dans cette dernière expression : « Qui donne, en somme /Une âme à la machine et la retire à l'homme. »(v.26 et 27), que l’on donne plus d’importance à la machine qu’à l’homme, qui en est venu à servir celle-ci, au lieu du contraire.Cette série d'antithèses peint un monde qui marche à l’envers, déshumanisé (l'enfant est un « outil » v.25) dont la source des maux est l'industrialisation.
            Enfin, la colère de Hugo se manifeste directement dans ce  texte et passe par des expressions d'une rare violence. L'utilisation du vocabulaire religieux est à cet égard très révélateur. La haine est martelée par l'anaphore de l'adjectif « maudit » aux vers 30 et 31, annoncé au vers29 et repris au vers 32. Les mots » opprobre », « blasphème » et « vice » donnent une connotation immorale au travail , en désaccord avec l'œuvre de Dieu. Les expressions « mauvais », « servitude infâme », « œuvre insensée » propose une vision manichéenne du monde entre le travail odieux, diabolique et le travail « vrai, sain, fécond, généreux ». Il s'agit d'un combat entre deux forces contraires : la liberté et la servitude, combat cher au poète qu'il mettra souvent en scène dans ses oeuvres. 

Conclusion  

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