Mémoires d’un fou





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Alfred de Vigny

Loches (Indre-et-Loire), le 27 mars 1797

Naissance d’Alfred de Vigny

Il est le fils d’un capitaine Léon-Pierre de Vigny, ancien soldat de la guerre de Sept Ans, et de Jeanne-Amélie de Baraudin, plus jeune de vingt ans que son mari.

La famille s’installe à Paris, à l’Élysée-Bourbon­ 1798

1799-1804 LE CONSULAT

1804-1814 L’EMPIRE

Il entre à la pension Hix et au Lycée 1805

Bonaparte. 1811 B. Constant, Cécile

Il entre au Corps des Mousquetaires rouges. 6/7/1814

1814-1830 LA RESTAURATION

Vie de garnison : Strasbourg, Pau. 1816-1827

Il achève deux tragédies. 1817

Il rencontre Victor Hugo. Collabo­ration à La Muse Française. 1820

Les Poèmes [antiques et modernes]. 1822

Il commence ses carnets intimes. 1823

Mariage avec Lydia Bunbury. 1825

Cinq-Mars (roman historique). 1826

Réforme militaire définitive. 1827 Hugo, préface de Cromwell

1830-1848 LA MONARCHIE DE JUILLET

Il se tourne vers le théâtre : Roméo 1827-1833

et Juliette, Othello, La Maréchale 1832-1836 Stendhal rédige les Souvenirs

d’Ancre, Quitte pour la peur. d’égotisme et La Vie de Henry Brulard

Début de sa liaison passionnée et 1833

malheureuse avec Marie Dorval. 1833-1838

Triomphe de Chatterton (drame), dont 1835

il a tiré le sujet de Stello (1832).

Servitude et grandeur militaires.

Mort de sa mère. 1837

Il réside au Maine-Giraud. 1838 Flaubert, Mémoires d’un fou

Séjour en Angleterre. 1839

Article dans la Revue des deux mondes 1841 Villemain dépose un projet de loi sur ce pb

sur la propriété littéraire.

Élection à l’Académie Française après 1845

cinq échecs.

Il est reçu par Louis-Philippe. 1846

Rédaction de mémoires de famille. 1847

1848-1851 LA IIe REPUBLIQUE

Il réside surtout au Maine-Giraud. 1848-1849

Rédaction des Poèmes philosophiques. 1852-1870 LE SECOND EMPIRE

1854-1855 Sand, Histoire de ma vie

Correspondance avec Augusta Bouvard. 1859

Premières atteintes d’un cancer de l’estomac. 1861

Mort de Lydia, sainte protestante. 1862
Paris, le 17 septembre 1863

Mort d’Alfred de Vigny, à 66 ans
Publications posthumes : un recueil poétique, Les Destinées (1864), Journal d’un poète (1867) et les Mémoires inédits (1958).

Journal d’un poète



Journal et autobiographie



Dès le 16 mai 1832, Vigny songe à donner au public un récit autobiographique sous forme de mémoires.
Les importunités des biographes qui bon gré mal gré veulent savoir et imprimer ma vie et ne cessent de m’écrire pour avoir des détails que je me garde de leur donner ; la crainte du mensonge, que je hais partout, celle surtout de la calomnie ; le désir de n’être pas posé comme un personnage héroïque ou romanesque, aux yeux du peu de personnages qui s’occuperont de moi après moi ; voilà ce qui me f ait prendre la résolution d’écrire mes mémoires.

J’irai de ma naissance à cette année, puis je commencerai un journal qui ira jusqu’à ce que la main qui tient une plume cesse d’avoir la puissance d’écrire.
Les Mémoires ne seront jamais terminés, tandis que le journal est tenu régulièrement. De 1823 à sa mort, Vigny a rempli soixante-dix carnets de pensées et de notes diverses. Soucieux de ne publier que des textes polis avec soin, il ne détruisait rien de ce qu’il avait écrit. Son exécuteur testamentaire, Louis Ratisbonne, réunit les carnets aux papiers intimes et aux « petits agendas », classa le tout selon un ordre chronologique et y choisit arbitrairement la matière d’un volume riche surtout de notations d’art pour le publier en 1867, sous le titre Le Journal d’un poète. Plusieurs pages narratives, rédigées en vue de l’autobiographie, restèrent dans le Journal.
Le contenu du Journal d’un poète
On trouvera dans Journal d’un poète la mention d’événements de la vie privée et publique, tels que la maladie de Lydia, la liaison et la rupture avec Marie Dorval, la lente agonie et la mort de Mme de Vigny. Durant les Trois Glorieuses, Vigny note les événements, se déclare prêt à intervenir si le gouvernement lui confie une mission, puis regrette l’occasion perdue et déplore la ruine du libéralisme.

Le poète consigne dans ces feuillets les commentaires inspirés par les oeuvres achevées (Chatterton, Servitude et grandeur militaires) et des projets d’œuvres futures : plans, notes, objectifs, thèmes et symboles. Ayant l’intention de donner une suite à Stello dans une Deuxième Consultation du docteur noir, il accumule les matériaux, notamment les synthèses de vastes lectures axées sur l’étude comparée des doctrines religieuses.
En critique exigeant et sévère, Vigny juge ses propres oeuvres et celles de ses confrères. Il apprécie Benjamin Constant, mais il s’en prend avec aigreur au grand aîné, Victor Hugo, qui depuis qu’il est au monde, a passé sa vie à aller d’un homme à un autre pour les écumer, tire de lui une foule de connaissances qu’il n’avait pas. Ce jugement malveillant émis en 1829 ne sera pas désavoué par la suite. Il prend aussi plaisir à se souvenir des rencontres qui l’ont marqué, telle celle de Walter Scott.
Il confie surtout à ses carnets sa réflexion philosophique. Attentif aux menaces que le progrès risque de faire peser sur l’intelligence, il lutte contre la pente du siècle, la facilité, la vanité, la vulgarité, il affirme sa volonté de rester libre. Il s’interroge sur les enrichissements progressifs de la morale humaine apportés par les religions, il défend la raison contre le scepticisme. Il définit enfin une éthique dont les deux pôles sont la pitié pour la pauvre espèce humaine et la résolution de s’élever par un silence stoïque au-dessus de la souffrance.
La lecture du Journal pourra être complétée par celle de la correspondance, qui révélera d’autres facettes de Vigny : le gentleman farmer (Lettres à Philippe Soulet), l’homme de salon (Lettres à Lagrange), l’amant (Lettres à Louise Colet et celles à Augusta Bouvard publiées sous le titre «Lettres d’un dernier amour »).

Les pensées secrètes d’un homme réservé



Par nature autant que par fierté aristocratique, Vigny répugne aux longs épanchements, et ce transfuge du romantisme a toujours refusé de dévoiler sa vie intime, même dans ses poèmes lyriques. Dans ses carnets, il livre au contraire quelques confidences amoureuses, et surtout ses blessures et ses déceptions, ses convictions et ses illusions, ses pensées secrètes : Mon sentiment intime, profond, inné, c’est le déplaisir et le dégoût de la vie. Mais il ne succombe pas au désespoir, même quand, à la mort de sa mère, la nuit envahit son cœur, et s il garde une vision tragique de la destinée, il surmonte ce pessimisme lucide par une immense pitié pour les hommes. Le Journal reflète sa lutte, ses doutes et une volonté constante de garder sa dignité. Il contient le portrait moral d’un homme qui savait que son combat intérieur ne cesserait qu’avec sa vie : Si j’étais peintre, je voudrais être un Raphaël noir : forme angélique, couleur sombre.
Les fragments d’un livre intérieur
Dans le silence de la sainte solitude, Vigny obéit à ce mouvement intérieur de la pensée que d’autres nomment l’inspiration.
Je ne me sens pas maître de ne pas écrire. Nuit et jour, même à travers le sommeil, j’écris un livre intérieur. Le tracer sur le papier est un repos, quelque chose comme une saignée.
À parcourir ce Journal d’un poète, le lecteur pénètre dans les arcanes de la création littéraire, car Vigny avait l’habitude d’esquisser en prose le canevas de ses poèmes et des symboles qu’il y développe. Voici l’ébauche de «la prosopopée de la Nature» dans une note de 1835 :
J’aime l’humanité. J’ai pitié d’elle. La nature est pour moi une décoration dont la durée est insolente, et sur laquelle est jetée cette passagère et sublime marionnette appelée l’homme.
Et voilà les vers immortels de La Maison du Berger, poème commencé en 1838 et achevé en 1843 :
Elle me dit: « Je suis l’impassible théâtre

Que ne peut remuer le pied de ses acteurs (...)
Je n ‘entends ni vos cris ni vos soupirs ; à peine

Je sens passer sur moi la comédie humaine ».
Refusant l’approximatif et le flou, tirant la pensée de l’état de nébuleuse vers la conscience claire, Vigny ne note ses impressions et ses réflexions que sous une forme élaborée et les condense souvent en maximes, frappées comme des médailles : L’art est la vérité choisie ou L’honneur, c’est la poésie du devoir.

L’extase morale



Les hasards de l’histoire ont amené Vigny à passer de l’épée à la plume, mais c’est surtout par nécessité intellectuelle qu’il cherche une retraite où l’âme puisse se recueillir en elle-même, puisse jouir de ses propres facultés et rassembler ses forces pour produire quelque chose de grand (1832). Ce contemplatif, fasciné par le travail de la pensée, trouve ses joies les plus pures dans l’exercice de la pensée ou étude — mot récurrent dans le Journal — quand il s’envole sur les ailes de l’esprit et qu’il atteint les cimes de la poésie ou de la philosophie dans l’extase morale. Cette expression de 1834 aura pour équivalent en 1853 l’exaltation calme, définie comme l’état dans lequel la mémoire et l’imagination cherchent (...) en priant les vérités inconnues et les saintetés ineffables. Vigny l’agnostique rejoint ainsi les mystiques : sa méditation n’est autre qu’une oraison profane. S’il a fait de la religion son sujet de prédilection, c’est parce que l’absence de Dieu le préoccupe. Devant le silence de Dieu, le poète va prendre les hommes en pitié, il se préoccupe de leur avenir et, tout simplement, il les aime. La quête de l’esprit pur ne l’entraîne pas dans de stériles spéculations métaphysiques, mais le pousse à donner, sinon une leçon, du moins l’exemple d’une grande élévation morale.

Citations

EVA. — Lettre CII. Elle a pris toute mon âme pendant sept années. Elle a bu tout mon sang comme un vampire. Elle s’est fait des idées avec les pensées de mon âme, des sentiments avec les battements de mon cœur et comme tout cela était trop grand et trop fort pour elle, elle n’a pas pu contenir ce qui n’était pas venu d’elle et elle a donné, jeté à droite et à gauche, ces idées qui ne lui appartenaient pas. (31.10. 1838)
La partie d’échecs que j’ai jouée contre la destinée toute ma vie, je l’ai toujours gagnée jusqu’ici. Je lui ai arraché ma mère deux fois, elle devait mourir; je l’ai reprise et conservée cinq ans jusqu’à ce que les forces vitales fussent éteintes en elle entièrement. Avec un beau-père trois fois millionnaire, j’ai vécu honorablement sans rien lui demander jamais une fois pendant treize ans, et sans faire de dettes. (21 .7. 1840)
Une rêverie perpétuelle, que l’action et la parole dérangent, voilà quelle a été ma vie et quelle elle doit être jusqu’à mon dernier jour. C’est le rêve qui est ma vie réelle, et la vie en est la distraction. (21.8. 1851)
Je suis le premier célèbre et le dernier de mon nom. Mon nom, comme le cygne, chante en expirant. (8.5. 1856)
On ne comprend pas la cause de mon silence: si je l’expliquais aux faibles têtes des parleurs de salon qui me demandent toujours cette cause, ils ne comprendraient pas et leur faible vue ne pourrait soutenir et regarder cette clarté du foyer intérieur de l’art et du travail philosophique dans l’imagination. (11.3. 1860)

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