Un moment poétique à Château Rauzé





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Canet, le 03 10 2011

Un moment poétique à Château Rauzé
M. B. : Nous sommes le lundi 3 octobre 2011. Je reviens de Bordeaux où j’avais été appelé à la clinique de Château Rauzé. Je fais un bref rappel de ce qu’est la clinique de Château Rauzé. Il y a une quarantaine d’années plusieurs neurologues, neurochirurgiens, etc., ont commencé à voir arriver dans leurs services des personnes qui avaient été victimes d’accidents de la route, et qui leur étaient amenées par le SAMU, et des personnes qui étaient dans des états qui avaient été peu observés. Le phénomène commençait à devenir massif dans les services, des états végétatifs et des longs comas, et François Cohadon s’est déplacé en Europe, en particulier en Angleterre, pour voir comment les établissements prenaient en charge les végétatifs. Dans son service ils ont essayé de mettre en place les premiers types de soins spécifiques, jusqu’au moment où Cohadon a demandé à Edwige Richer de prendre les blessés lorsqu’ils ne nécessitaient plus de soin de relative urgence, de les prendre dans une clinique qui était à l’origine une clinique psychiatrique
C’était la première clinique de ce genre qui s’ouvrait en Europe, et Edwige a commencé à inventer les soins, à élaborer une pensée de ce qui s’y passait. À l’époque ils ne prenaient pas encore de végétatifs mais des personnes qui étaient sorties du coma et de l’état végétatif, ils ont pu observer des choses très différentes.

Il y a un peu plus de vingt ans Edwige a décidé de prendre des végétatifs et de créer un service d’éveil, de recevoir les personnes qui sont en éveil de coma, — qui ne sont plus dans le coma parce qu’elles ont ouvert les yeux, mais qui ne réagissent à aucune sollicitation externe —, à condition que l’équipe soit suivie. On s’est rencontrés et elle m’a proposé de venir suivre l’équipe pour lui permettre de tenir le coup. Cela fait donc un peu plus de vingt ans que j’y travaille régulièrement avec entre autres ; actuellement, l’équipe d’éveil, la clinique, les UEROS.

La clinique se trouve à Cénac sur la rive droite de la Garonne, un peu en amont de Bordeaux.
Sur le plan institutionnel c’est très intéressant aussi puisque dès le début Edwige a compris qu’elle devait avoir les mains libres à la fois dans le travail le plus précis qui soit, et dans le travail le plus général qui soit, qu’elle devait la possibilité d’intervenir dans tous ces champs.

Et pour cela, elle a donc conclu un accord avec le directeur de l’époque, qui était suffisamment astucieux pour accepter l’oukase d’Edwige : vous, le directeur, vous vous occupez de l’administratif, et uniquement de l’administratif ; quant à moi, je m’occuperai de tout ce qui touchera au soin, quand bien même cela chevaucherait de l’administratif.
À partir de ce moment elle a pu créer ce qu’elle voulait, et demander au directeur d’assurer administrativement la suite ; et quand il s’agissait de monter des dossiers, ils les établissaient ensemble. Ce sont là des choses toutes simples mais qui n’ont pas cours actuellement dans la plupart des établissements.
Les choses continuent à être claires malgré le changement de directeur qui voudrait imposer tout ce qui est maintenant dans l’air du temps. Mais Edwige ne travaille pas seule, elle est secondée par Marie-Madeleine Deliac.

Le nouveau directeur ne peut pas faire ce qu’il veut parce qu’Edwige monte au créneau chaque fois, parce qu’elle ne laisse absolument rien passer. Je donnais l’exemple d’une erreur commise dans l’administration des médicaments. Edwige l’apprend, et dit à l’infirmière on fait comme d’habitude, on va essayer de corriger le tir.

Mais aujourd’hui il est impératif de notifier un élément indésirable, ce qu’avait fait l’infirmière. Le dit « élément indésirable » est rapporté aussitôt au directeur, qui décide de convoquer l’infirmière qui a commis une faute pour lui signifier la faute, même si elle n’est pas sanctionnée.

Par chance, Edwige l’apprend par la cadre infirmière, et de foncer dans le bureau du directeur pour l’enjoindre à ne pas la convoquer. Elle exige cela parce que, dit-elle, « nous avons un accord avec les infirmières. Quand elles se trompent, elles viennent immédiatement me voir, et on règle immédiatement l’affaire ; si les infirmières apprennent qu’il y a un risque de sanction, elles ne viendront plus me dire qu’elles se sont trompées, et à partir de là on prend le risque d’avoir des blessés qui en pâtissent. »
Il s’agit là d’une chose toute simple mais essentielle, et ça, c’est une bataille de tous les jours, et pour tout.
Quant au directeur, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Il parle très bien, il est d’accord avec tout le monde, il séduit absolument toutes les équipes, il intervient toujours de façon intelligente, sauf qu’il fait passer sa marchandise, qui est la marchandise actuelle qui est distribuée à tout le monde.

Évidemment, on voit bien ce que cela coûte pour le médecin : c’est une bataille qu’il lui faut mener constamment.

Les équipes essaient de jouer sur tout ça, parce qu’il n’y a pas un accord absolu autour du soin, et malgré tout, malgré les équipes, Edwige maintient le cap.

Ceci fait partie des choses importantes, et je les trouve rassurantes, parce que cela veut dire qu’on peut quand même faire pièce à tous ces obstacles.

Par exemple, ils préparent tous ensemble l’accréditation, il s’agit là d’éviter le « blâme », et cela nécessite des ruses de Sioux pour parvenir à trouver des arguments qui permettent de passer…
Voici le genre de choses que concoctent ces gens-là, qui pensent pour tout le monde, et qui voient d’emblée les solutions, voici un exemple de solution qu’ils proposent :

pour qu’on ne se trompe plus dans l’administration des médicaments, chacun aura un code barre, et l’infirmière disposera d’un scanner pour lire le code barre qui sera gravé sur la peau du blessé, d’un scanner qui va vérifier les médicaments sur le plateau repas sur lequel un code barre aura été posé par le cuisinier.
L’erreur ne sera plus possible, sauf si l’appareil tombe en panne parce que personne n’aura pris la précaution de retenir les différentes choses.

Ça repose sur une technologie suffisante et suffisamment fiable. Les gens doivent pouvoir oublier ce qu’ils ont appris.

L’argument principal qui est avancé en faveur de ces techniques, c’est d’offrir la possibilité de se consacrer entièrement au soin, à part que le fait de donner les médicaments en fait partie.

On fait comme si c’était séparable du soin.
Je me souviens que lorsque j’essayais de travailler à l’école d’infirmières, j’essayais d’expliquer aux professeurs que lorsqu’ils font une injection, ils ne peuvent pas faire comme s’il s’agissait toujours de la même. Parce qu’à chaque fois ça se passe dans des circonstances particulières, c’est reçu particulièrement, cela dépend de leur regard, de leur attitude, etc., que c’est d’une grande complexité.

Ils allaient dans mon sens pour mieux oublier mon discours dès que j’étais parti.
La question est là. On peut dire que Château Rauzé comme tous les établissements de soin subissent de plein fouet toute la connerie de la LBI, la langue bureaucratique industrielle, qui triomphe actuellement avec toutes les procédures.

À propos des procédures, on a pu en débattre lors de la réunion de toutes les équipes du vendredi soir avant notre départ, et la question qui était posée était la suivante :

l’équipe dite d’éveil qui s’occupe des pauci-relationnels, et notamment de les préparer à la sortie de la clinique, se demandait ce qu’il fallait faire face à un jeune qui manifestait une certaine violence

En arrère-fond il y avait l’existence d’une procédure qui dirait ce qu’on doit faire.

Les mots contention, exclusion, sont sortis. Il s’agit d’homogénéiser les situations, c’est-à-dire des catégories. On homogénéise non pas sur le développement de la personne mais sur l’état observé.
Dans cette équipe on sait qu’arrivent des gens qui ont telle et telle caractéristique sur le plan de leur développement et de ce que l’on peut attendre de la suite des événements. Mais si l’on dit « nous ne mettons dans cette équipe que les gens qui sont atteints, et tous les types remuants sont exclus », là on catégorise.
On ne s’en rend pas compte, mais on vit avec ces a priori. Ce qui fait que je me bagarre depuis des années contre la catégorisation les adolescents, par exemple.

Parce que toutes ces catégories sont utilisées pour pouvoir envisager les grandes masses, qui sont traitées au sens de la LBI

Et même devant des micro-phénomènes comme celui de vendredi dernier, on se trouve devant quelque chose de cette nature, la nécessité de catégoriser : d’abord regrouper les calmes, puis regrouper les violents.
À un moment où ça battait un peu de l’aile, on a commencé à voir des catégories se former. Il y avait les « jeunes du mur », qui étaient toujours adossés au mur, ceux-là c’étaient les voyous, des types qui fumaient, qui dealaient le cannabis, une catégorie.

« Comment peut-on s’occuper d’eux ? » Il n’y a pas de « eux », et c’est toute la question.
Si vous avez lu Paroles de Hélène Chaigneau, vous avez pu lire qu’elle dit : enfin ! je n’ai pas entendu « nous et eux ! » Parce que sinon on est réglés par « nous et eux ».

On catégorise, et à ce moment-là on a l’impression de résoudre un problème, mais c’est une erreur que de le croire.

On harmonise des choses qui sont incohérentes dans notre tête, mais c’est notoirement insuffisant pour assurer un soin réel auprès de personnes singulières.

Certes, certaines catégories sont autorisées, mais il importe de ne pas déduire des catégories un comportement envers la catégorie. Parce que la catégorie était formée par autre chose que la question du soin immédiat à apporter.

Or, quand il s’agit de vivre ensemble, on sait bien que le métissage, le fait que chacun soit relativement étranger à l’autre, d’avoir des autruis, au moins des êtres singuliers, peut présenter un intérêt. Là il est question de l’opacité.

S’imaginer qu’on a tout compris des schizophrènes laisse à penser qu’on est sauvé, et dès lors que la personne est rangée dans une catégorie, elle peut disparaître, ça ne nous gêne pas.
Pendant la discussion on dit que c’est un problème, et je leur dis qu’il faut d’abord nettoyer le terrain, c’est-à-dire se dégager de toute idée de procédure, et plus généralement de l’idée qu’il puisse exister un traitement a priori.
Évidemment, vous seriez rassurés d’entendre qu’il existe un type de procédure qui dit que chaque fois qu’un patient est violent avec les soignants, il est contenu, lié, voire exclu.
Je leur dis aussi que le fait de pouvoir s’appuyer sur les procédures ne libère pas de la culpabilité.

Parce que si quelqu’un trouve que la contention est injuste, et proteste, ça cause de la culpabilité.

Côté surmoi, ça va, mais comme le surmoi n’est pas contenu entièrement dans les ordres des procédures puisqu’il y a aussi ce que l’on s’est forgé soi-même, on peut se sentir être vaguement coupable.

Il s’agit là d’éviter la culpabilité publique, c’est-à-dire celle qui consisterait à être puni pour quelque chose qu’on a laissé faire, et c’est de cela qu’il est question : s’il esquinte l’un des blessés, est-ce que nous n’en sommes pas responsables ?

Ceci signifie que s’il existait une procédure, ils ne seraient plus responsables.
En somme, ce système est un système de haute déresponsabilisation dans lequel on n’a plus à répondre de ses actes puisque ces actes ont été décidés et fabriqués ailleurs que dans moi-même.

Sur le plan de l’éthique, c’est la catastrophe absolue.

Voilà un bel exemple de différence entre morale et éthique.

L’éthique, c’est on est responsables ; la morale, c’est on m’a rendu responsable de l’application de la morale. Et si vous respectez la morale, elle est sauve, et vous aussi.
La question, c’était comment peut-on se colleter avec cette situation sans avoir des a priori ?

Alors on regarde :

- quel jour ça s’est passé ? parce que ça ne se produit pas tout le temps ;

- « il le fait de temps en temps »

- « mais quel jour ? »

- « eh bien, pas plus tard qu’hier »

on demande alors au nursing : « comment il était hier ? »

- « quand il s’est levé, moi j’ai senti que ça n’allait pas fort »

- « vous en avez parlé avec la rééducation ? »
Ce genre de questions pour essayer de suivre réellement le trajet de quelqu’un non pas dans une suspicion a priori mais simplement dans la dimension du soin.
« Il ne va pas bien » : comment va-t-il alors assumer de se retrouver au rez-de-chaussée au milieu du bruit, puisque plusieurs équipes travaillent dans la pièce, et puisque l’on sait qu’il pourrait y avoir des réactions paradoxales chez certains qui sont en difficulté.
On s’aperçoit que si l’on suit de près l’évolution de la chose, on pourra alors peut-être permettre que quelqu’un se dédie un peu plus à ce jeune homme pour l’entourer, et pas pour le contenir.
Tout ceci pour vous donner idée du genre de choses qui peuvent se passer quand même, avec cette révélation qui a eu lieu lors de la réunion du vendredi après-midi, c’est qu’il est possible de dire tout ça, que les équipes le reçoivent avec beaucoup de grâce, discutent, répliquent, dans une atmosphère… puisque personne n’est venu rappeler la nécessité d’être protégés.
Quand on parlait de responsabilité… « oui, on sait bien… »

Au demeurant, c’est là le fruit de tout un travail, puisque Edwige s’y attelle depuis trente ans, et avec la même exigence pour elle-même que pour les autres ; d’ailleurs, c’est chez elle que en dernière instance les blessés viennent pleurer, et de convoquer les autres, puisque Edwige se montre pugnace pour obtenir le respect absolu de chaque blessé.
Pour moi, la réunion du vendredi matin est une réunion faible ; à une époque elle était sympa cette réunion parce que les blessés y assistaient. Elle a lieu dans les appartements, où les blessés vivent une sorte de collectivité à trois ou quatre. Actuellement tous les services confondus traitent environ six cent personnes sur l’agglomération de Bordeaux, l’Aquitaine, et là, par chance, ils étaient en vacances, ce qui fait qu’on a pu voir des situations.
Anna travaillait dans un supermarché à la manutention, et elle a reçu des cartons sur la tête ; à partir de là, elle a entamé une descente aux enfers puisqu’elle s’est retrouvée avec des problèmes d’aphasie, et qui culminent aujourd’hui par une mutité totale
On décide donc de voir Anna tous ensemble, nursing et rééducation confondues.

La particularité de Anna, c’est qu’elle répond en écrivant.

Sur le plan neurologique les atteintes ne permettent pas d’expliquer cette dégradation progressive…
Francesca Caruana : Petit à petit elle a renoncé à la parole.
M. B. : Elle ne parle pas.
Florence Fabre : L’orthophoniste a expliqué devant Anna qu’en fait chez elle tout fonctionnait normalement comme chez quelqu’un qui parle, et ça posait un problème à toute l’équipe dans son ensemble.
M. B. : Il s’agit de ce qu’on appelle habituellement un symptôme de conversion hystérique.
Laurence Fanjoux-Cohen : Pourquoi est-ce que c’est Edwige qui s’en occupe ?
M. B. : Parce qu’elle a rencontré Edwige à un moment dans son parcours et qu’Edwige lui a proposé de venir à Château Rauzé.
Les symptômes hytériques, c’est toujours une difficulté, surtout dans le milieu médical. Dès qu’on dit fonctionnel, c’est une condamnation à mort ; c’est l’équivalent de vas-t’en te faire foutre !
Notez d’emblée le fait qu’Edwige ne recule pas devant les symptômes hystériques, ce qui importe c’est qu’il s’agit d’une personne qui ne parle pas, qui s’occupe de ses enfants, qui a des problèmes avec son mari qui veut lui prendre les enfants.

Et pourtant on peut se demander pourquoi elle est à Château Rauzé ?

Mais elle n’est pas la seule dans ce cas. Il y a toujours eu des gens qui ne rentrent pas dans la catégorie des châteaurauzéiens. On est là dans une illogique, si je puis dire, par rapport aux catégories, et c’est quelque chose de fort.
Je pense à Fabrice par exemple qui avait eu son accident à l’âge de quatorze ans. Il avait lui des lésions graves du cervelet, des difficultés pour marcher. Il était passé dans sept centres différents, parce qu’il se faisait virer chaque fois, parce qu’il n’était pas dans la norme.

Il en faisait trop, autrement dit il tapait sur tout le monde. Au septième centre, par chance, les types connaissaient Edwige. À peine arrivé à Château Rauzé, un mouton : parce que les gens ne l’ont pas considéré à l’aune de son curriculum vitæ.

Edwige connaît les curriculum vitæ de chacun, et l’état des cerveaux de chacun, mais elle sait aussi que cela n’a rien à voir avec le soin.
Quant à Cohadon, quand il assiste aux réunions, il a du mal à l’oublier, parce qu’il dit que malgré tout ce symptôme est un symptôme classique dans cette atteinte neurologique.

Lui qui a dû opérer leurs cerveaux a pu dire un jour : ce que j’ai vu, ce cerveau-là ne peut pas l’avoir fait.

Ceci pour dire qu’il se rend compte qu’il peut y avoir des écarts entre les limites imposées par les lésions et la réalité de ce que font les personnes.
Pour en revenir à Fabrice il arrivait à dresser la table, et personne ne jugeait opportun de lui proposer de l’aider.
Anna arrive donc avec un symptôme hystérique, même si le mot n’est pas prononcé… et les équipes aussi, les équipes sont sympas ; et elles ont un surmoi edwigéen, elles savent qu’elles n’ont pas intérêt à dire des conneries, et à accepter les choses, sinon elle se feront tacler par Edwige ; il me semble sentir cela dans l’ambiance.

Anna arrive devant nous avec un tableau blanc et un effaceur pour qu’elle puisse faire son travail de discussion, et l’on discute.
La question, c’était comment être elle ? simplement, sans histoires, pour qu’elle puisse, si elle en a envie, parler en écrivant.
Je trouve que le travail analytique est formidable parce que c’est très pratique.

Parce que je m’adresse aux équipes essentiellement, et de temps en temps à Anna, je passe de l’un à l’autre, et puis j’ai senti que Anna avait quelque chose d’important à lâcher, et là nous sommes entrés dans un moment de poésie.

Et quand je vous parle de la poésie du soin… il y avait au sein de l’équipe une douceur pour accueillir ce qu’elle était en train de nous présenter.

Il faut bien se présenter, mais sans ostentation, c’est un drôle de truc, ça se fait tout seul ; et à un moment donné, je posais des questions sur le moment de l’accident, sur ce qui l’environnait.

Elle nous a parlé de son mari qui la battait, de ses enfants. Elle était caissière au départ dans ce supermarché, et elle venait de passer à la manutention, et à un moment donné, ça c’est le genre de production qui peut se faire, de la poiesis, elle dit « j’étais un aigle ».

Elle était un aigle qui survolait le monde

Le mot aigle était venu naturellement.
S’il y avait eu la moindre visée curative, ce n’était même pas la peine de commencer à parler. Simplement, on partage quelque chose pendant une heure, on ne sait pas quoi, rien n’est écrit, et là, petit à petit, elle en arrive à la question de l’aigle.
J’ai dit : ah mais oui, vous êtes un aigle, vous dominez tous ceux qui parlent en vous imposant le silence comme les moines dans leurs monastères. Et là c’était magnifique, son visage était radieux. Et toute l’équipe sentait que c’était ça : cette femme s’était imposé une règle monastique.

Elle avait fait vœu de silence, ce qui l’empêchait pas de s’occuper de ses enfants, même si sa mère s’en occupait aussi, mais c’était cette partie-là qui demandait à être partagée, et qui ne pouvait pas l’être jusque-là.
Florence Fabre : Et c’était fort parce qu’à aucun moment on ne sentait qu’elle ne parlait pas en fait…
M. B. : Voilà, c’est ça, exactement !
F. F. : On discutait librement, et elle, elle discutait avec tout le monde.
M. B. : En écrivant.
F. F. : C’est-à-dire qu’à aucun moment on avait le sentiment qu’elle était mutique, quoi ! C’était saisissant.
M. B. : On a parlé de simulation à propos de l’hystérie, mais là c’était impossible de simuler, elle se serait pris les pieds dans… Il s’agit là vraiment d’une décision fondamentale prise à un niveau qu’on ne peut même pas savoir, et au niveau justement de la position où elle est un aigle, ce qui fait qu’elle peut ne pas parler.

Un aigle n’a pas besoin de parler, il écrit avec ses ailes. Et ces images sont venues dans le travail qu’on a fait ensemble, dans ce qu’on a pu partager ensemble.

Là on voit bien la position du poétique dans le travail. Si l’on n’avait pas pu saisir tout à coup ce « je suis un aigle », et s’apercevoir qu’effectivement elle était dans les hauteurs que nous ne savions pas atteindre, puisque nous étions nous obligés de parler…
F. F. : Elle a écrit : « Il y avait l’histoire de l’aigle, j’ai voulu être un aigle comme ça au travail, et ça allait très bien, ils ont tué l’aigle, l’accident l’a tué ! »
Public : Être manutentionnaire dans une grande surface, c’est quand même une position inférieure à celle de caissière…
M. B. : Pour elle, elle était au plus haut.
Francesca Caruana : Il y a aussi l’histoire de porter avec les serres…
M. B. : Oui, c’est sûr, tout à fait, c’est pour ça que quand elle a dit…
F. F. : Elle a parlé aussi de la relation avec les gens en tant que caissière, elle en avait marre, et elle avait envie d’être…
M. B. : Elle se sentait être celle qui amène le travail aux autres, celle qui porte.
F. F. : Après, elle a rajouté : « L’accident a tué l’aigle, j’ai échoué, mon cerveau m’a trahi, je fais quoi voir toutes ces couleurs dans ma tête, comme ça tu peux faire la peinture, j’adore les arbres, j’ai envie de les dessiner… »
M. B. : C’est ça, j’ai embranché sur la peinture à ce moment-là, mais la question c’était l’aigle, le point nodal. Parce qu’on voyait bien qu’au fond c’était ça qu’elle avait en elle, et elle l’était toujours.

Elle voit bien toutes les difficultés qu’elle a, et ce qu’elle ne pouvait pas assumer avec les autres, il n’empêche qu’elle a ça au fond d’elle : elle est toujours cet aigle-là.

Ensuite, plusieurs personnes de l’équipe sont venues me parler, elles étaient enthousiasmées par le fait de la découvrir comme ça.
C’est d’une simplicité… il s’agit d’avoir simplement une position poétique, de dire qu’on construit ensemble un poème.

Ce n’est pas systématique, mais il y a des moments où ça vient, et dans ces moments il ne faut pas reculer.
Je dois dire ici que c’était la première fois que les choses se présentaient de cette façon à Château Rauzé, c’était la première fois qu’on s’occupait de quelqu’un qui était présenté pour un symptôme hystérique.

Il y en avait déjà eu, mais en général c’était moi qui mettait l’accent sur cet aspect.
Après elle m’a demandé quelle était sa maladie, je lui ai dit que c’était l’hystérie, et que c’était une belle chose qui peut arriver à un humain.
Je me souviens d’une femme qui arrive dans un état on va dire pauci-relationnel, je vois un regard, extraordinaire, l’hystérie dans toute sa splendeur, anorexique au dernier degré.

Et chaque fois que je disais hystérique pour des personnes dont le cerveau était abimé, ça faisait râler Cohadon.

Je lui disais qu’on trouve spontanément des moyens de réalisation qui sont ceux de tout un chacun : l’hystérie et l’obsession.

Il peut y avoir plus ou moins de symptômes, mais ce n’est pas tellement la question des symptômes qui importe.
Après, on a vu Jimmy, qui était censé être hystérique, mais qui ne l’était pas.
Georges Perez : L’histoire de l’aigle me fait penser à l’histoire de ce gars qui va consulter à Delphes, l’oracle lui dit votre maison va s’écraser sur votre tête, et le type décide alors de vivre hors les murs ; à un moment donné un aigle passe qui portait une tortue dans ses serres, et il lache la tortue qui tombe sur sa tête…
M. B. : C’est Sophocle.

Pour en revenir à Jimmy, il avait un souvenir intégral de sa vie jusqu’à l’accident, et il s’est retrouvé avec une perte de mémoire absolue à partir du moment de l’accident, c’est-à-dire que pour lui chaque jour est un nouveau jour. Et la question du contact se posait, pouvoir entrer en contact avec lui, parce qu’il était très méfiant. C’était un type extrêmement intelligent, qui ne s’en laissait pas compter, avec un grand sens de la répartie. 

Là, c’était avec l’équipe que ça se jouait.

Première chose : on ne connaissait absolument personne autour de lui, il était toujours seul, il a toujours été seul.

On s’est aperçu à un moment donné qu’il y avait un cahier de liaison.

Et grâce à ce cahier on a appris qu’il avait des parents, qui habitaient assez loin de là, et qui l’avaient vu, puisqu’ils avaient écrit quelque chose sur ce cahier, mais ce n’était pas passé dans l’équipe. Je dis « cloisonnement, cloisonnement de l’équipe », nous sommes là dans la névrose obsessionnelle.

Des choses étaient sues par un bloc, et pas par le bloc d’à côté.

Lui-même était un cloisonneur. Parce qu’actuellement il a de grands amis qu’il n’a jamais présenté à personne. Il a des parents, il avait une fiancée, et une grand-mère, et tout ça était cloisonné à l’intérieur de lui.

Je lui dis « vous êtes hyper cloisonné », il me dit « « vous avez vu votre cloisonnement au sein de l’équipe, là ! »

La contagion était extraordinaire, il avait réussi à poser son cloisonnement sur l’équipe.
Je leur ai alors proposé de faire du Chaigneau, de l’historial, à partir de l’accident, cela fait qu’Edwige a proposé de s’en occuper avec Marie-Madeleine.

Et pour lutter contre le cloisonnement, il y a un moyen extraordinaire, et c’est justement l’historial, parce qu’on fabrique une histoire avec.
Je vous rappelle que l’historial est une histoire qu’on fabrique à laquelle tout le monde peut croire, c’est-à-dire une histoire qui doit être tissée entre des personnes qui vont se mettre d’accord sur l’histoire actuelle.

Ça, c’est un travail qui va être fait maintenant pour réussir à réajuster tout ça, autrement dit le fait de le mettre dans une perspective de l’histoire va permettre de lutter contre les cloisonnements à l’intérieur de l’équipe.
La question qui se présentait chaque fois, c’était comment fabriquer une certaine ambiance dans l’équipe qui soit une ambiance distincte pour chacun ?
On ne peut pas recevoir Anna comme on reçoit Jimmy. Il faut que chacun puisse saisir dans l’équipe, même les problématiques intérieures, comme Jimmy l’a fait en disant « vous avez vu votre cloisonnement ! »

Je me dis que c’est quelque chose qu’on ne fait pas beaucoup et qu’on a tort de ne pas utiliser, Et dans une mise en scène.

Il ne s’agit pas de favoriser l’hystérie mais d’installer une ambiance qui soit suffisamment marquée par la personne dont il est question à ce moment-là pour faire en sorte qu’elle se reconnaisse dans cette ambiance.
Et quand on présente quelqu’un comme ça, la première question c’est : pourquoi il ou elle est là ? ceci afin que l’équipe puisse dire quelque chose à ce moment-là, et dire à quel niveau elle se situe elle-même par rapport au blessé. Et l’on peut alors commencer à tisser des choses.

Mais pour faire ce travail il faut déjà avoir repéré les points de brisure, les trous, pour pouvoir faire un padas, pour pouvoir ramender, du verbe français ramender — le problème, c’est que dans la plupart des dictionnaires on nous propose « amender la terre à nouveau » ; dans les autres ça on nous propose repriser, et en particulier ramender les filets.
Public : En catalan c’est ramendaïres
M. B. : C’est pour cette raison que j’utilise toujours les ramendaïres. Mais il y a le verbe français ramender, donc je pourrais peut-être me permettre de parler français.

Cette question-là se pose chaque fois, et j’y songeais à propos de ce que je racontais les deux fois précédentes.

Tout ça est ennuyeux parce que je suis obligé de dire que c’est moi qui fais les choses, et j’aimerais bien que ça ne soit pas le cas.

C’est pour cette raison que j’ai fait un fromage de l’histoire des croissants, parce que c’était Edwige qui avait tout fait. À cette occasion j’ai pu me libérer de cette contrainte idiote. En fait, ce n’est pas moi qui parle.

Dans ce moment-là je suis présent mais on n’en a rien à faire parce que les paroles sont dictées par l’ambiance.

Dans ce moment-là il y a quelque chose qui se passe mais qui est d’une autre dimension que celle de la parole.
F. C. : C’est un duende.
M. B. : Exactement, mais dans le duende on met l’accent sur un certain rapport entre la danseuse ou le musicien et le public, et je crois que ce n’est pas ça.

Il faut bien raconter quelque chose. Quand on lit le texte de Garcia Lorca, c’est magnifique…
F. C. : C’est pas la question de le lire, c’est le vivre quand on est dans une ambiance… et cette chose qui arrive est sentie par tout le monde. On ne sait pas qui la provoque mais ça se prend, quoi.
M. B. : Mais quand tu le décris, tu es obligée de décrire la situation. Le duende est intransportable, mais comme toutes les choses, et c’est pour cette raison que la question de la poésie est tout à fait essentielle parce que c’est une tentative de maintenir à flot quelque chose.

Et pour en revenir à ce que je disais la dernière fois, la question du référent en poésie est une question vide.

Je vous lis ce que notre ami Benveniste écrit :

« Dans le langage ordinaire il y a un rapport nécessaire de la langue au monde et un consensus nécessaire sur cet accord, les signes ont donc une référence et les phrases en ont une aussi qui est l’état de choses, la situation à laquelle le sens global de la phrase se réfère, mais dans la langue poétique les relations sont tout autres, c’est une langue que le poète est le seul à parler, une langue qui n’est plus une convention collective mais expression d’une expérience toute personnelle et unique, cette langue n’est donc pas connue a priori, celui qui l’entend ou la lit, le rôle de la lecture est immense peut-être plus important que celui de l’audition, doit s’y former, l’apprendre, et accéder par cet apprentissage à l’intenté du poète. Or, le discours poétique n’a pas de référence objective. »
Ça sonne comme une dénégation, ça, une dénégation théorique. S’il avait dit « n’a pas de référence », ça passerait, mais dire « n’a pas de référence objective » c’est déjà trop dire.

Et l’on voit arriver le « sinon » tout de suite :
« sinon l’expérience intime du poète ; là est la référence du discours poétique. »
M. B. : Vous voyez qu’il se contredit tout le temps.

Dans le langage un peu sophistiqué des sémioticiens, on peut dire que l’icône est icône d’elle-même.
F. C. : Mais c’est aussi un peu comme le musement parce que on ne peut savoir ça que une fois sorti…
M. B. : Après coup. Mais pendant cette opération il n’y a ni référence, ni référence attendue. Il y a quelque chose, c’est tout ce que l’on peut dire.

Avec la notion sémiotique de l’icône, qui est le seul signe qui peut se référer à lui-même, ce qui signifie ne pas avoir de référence, on dispose d’un moyen de le dire.

D’un point de vue pratique, cela signifie que quand on parle dans le duende ou dans des choses qui sont des duende dégradés…

Il y a eu des moments magiques, en particulier avec Anna…
F. F. : Et avec Christelle, qui ne faisait que répéter ce que disaient les gens, et dont toute l’équipe se plaignait parce qu’elle n’avançait pas. À un moment donné tu as saisi quelque chose, et c’est devenu quelque chose d’autre à un niveau, on s’est rendu compte qu’en fait elle avait de la mémoire.
M. B. : Elle a prononcé la première syllabe d’un mot, et je lui ai dit « vous ne vous souvenez pas, mais vos phrases se souviennent ».

C’était un grand moment de sémiotique. Elle n’a pas de mémoire, c’est réel, en revanche avec les phrases elle réussit à se fabriquer de la mémoire.

Un événement dont elle ne se souvenait pas, elle a pu le dire en phrases ; et elle était tellement surprise de ce qu’elle était en train de dire qu’elle a arrêté après avoir prononcé la première syllabe. C’était inouï.

Donc, ne croyez pas que j’y sois moi pour quelque chose, ça se passe, et ça se passe du fait d’un certain type de présence des personnes, ça se fait.
J’ai le souvenir de cette histoire qui m’est arrivée il y a longtemps. Je reçois une dame qui avait beaucoup de difficultés pour parler, elle me racontait qu’elle ne pouvait pas passer les examens oraux, et au bout d’une heure elle m’a dit « je n’ai jamais autant parlé de ma vie ». Elle était très contente, et je croyais que c’était moi qui avais fait ça

Quand elle est revenue, on s’est regardés, c’était fini, c’était fichu, parce que j’avais cru que c’était moi qui avais fait ça

Ceci pour dire qu’on n’a pas intérêt à être dans cette position, jamais, et si ça nous échappe ça veut dire…

Je suis obligé de dire je parce que je décris une situation, mais ce n’est pas comme ça que ça se passe.
Il y a beaucoup de termes qui ont été dévoyés par les lacanoïdes, notamment « ça parle », il y a de ça dans cette histoire, mais dire « ça parle » aujourd’hui est tellement connoté qu’on ne peut plus l’utiliser.

Et tout notre travail peut être rapproché de celui du travail qui ne sait pas ce qu’il écrit.

Cela fait des années que je parle du scribe, de la fonction scribe, eh bien, cette fonction scribe est là, c’est-à-dire dans le travail du poète.
Si je reprends la situation d’Anna, où le duende était présent, tous les autres étaient là, chacun y allait de son mot, Anna y allait de son écriture, des mouvements avaient lieu, il s’y passait beaucoup de choses.
D’ailleurs, je suis en train de me rappeler du début de l’histoire d’Anna et de Jimmy, lors des réunions on a visionné un film qui présentait les exploits de l’une et de l’autre, et leurs exploits étaient les mêmes.

Freud disait que la névrose obsessionnelle était un dialecte de l’hystérie, et là, à Château Rauzé, c’était très clair.

On visionne un petit film, en présence d’Anna, où l’on pouvait voir qu’elle perdait l’équilibre tout le temps, sauf au moment où elle montait un escalier, et au moment où elle devait aider quelqu’un à reculer un tapis.

Et même chose pour Jimmy. Il y avait ce paradoxe de deux positions contradictoires, ce qui signe en principe les symptômes hystériques.
On avait donc au départ les deux mêmes situations ; évidemment, ça se divisait.
Si l’on était dans l’objectivation des symptômes, on pourrait dire que c’est la même chose, mais dès qu’on commence à causer, même avec quelqu’un qui ne cause pas, on peut se rendre compte que ça n’a rien à voir.
L’atmosphère que permettait Anna et celle que permettait Jimmy étaient différentes. On était là dans deux univers qui n’avaient rien à voir l’un avec l’autre, pas simplement dans la singularité mais aussi dans la structure de l’équipe à ce moment précis.
J’avais dit à Edwige que ce qui va être essentiel, que ce qu’il faudra faire c’est surtout de pouvoir lire dans l’équipe ce qui se passe, parce que c’est avec l’équipe qu’on pourra savoir ce qui est en train de se tramer, et l’essentiel dans le premier c’était de pouvoir permettre à l’équipe d’accéder à l’idée qu’elle était en train de fréquenter un aigle, parce que quand j’ai dit vous avez fait vœu de silence elle n’a pas protesté, ses yeux sont partis vers les cieux, c’était vraiment extraordinaire.
F. F. : Et plus ça allait, plus elle… elle n’avait plus du tout les mouvements…
M. B. : À la fin elle était superbe, elle était érigée, telle un phallus.
Et dans la continuité de ce que je vous raconte, il me paraît important de mettre l’accent sur le fait qu’il s’agit de rendre compte c’est de la fonction scribe dans sa dimension la plus essentielle qui est la dimension poétique, et c’est le point nodal dans notre travail, ce que toutes les personnes qui ont cette pratique sentent.
Je me souviens que quand on faisait nos études avec Sylvie et Georges on se disait quand même ils parlent toujours de la critique du savoir mais enfin ils sont là pour nous foutre du savoir dans la tête, et qu’est-ce qu’on va en faire de tout ça, et ils nous a fallu vite comprendre que ça n’a rien à voir.
Cela dit, une chose assez étonnante c’est que j’ai pu parler d’Anna alors que je pourrais très peu parler de Jimmy, cela veut dire qu’elle a produit du savoir en moi, ce qui est un caractère typique de l’hystérie.
F. C. : Ou de la poésie…
M. B. : Ou de la poésie… De la poésystérique peut-être…

On peut s’arrêter là !





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