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Paru dans 24 heures

Le clown Dimitri fait rimer mime et poésie

Par Katia Berger. Mis à jour le 17.11.2014

En pleine tournée, le clown qui passe par Pully et Monthey, en plus d’exposer à Montreux, révèle ce qu’il a dans le coffre.

Ah ça, il a du chien, Dimitri! Si les 79 ans qu’il affiche au compteur ont quelque peu rétréci sa charpente, on est frappé, en lui serrant la main, par une prestance hors du commun. Une élégance naturelle qu’il cultive en assortissant son pull au vert gris de ses yeux, en arborant une énorme bague qu’il tient de son sculpteur de père, en portant l’ongle long — «pour la guitare» — mais surtout en donnant à ses traits une expression infailliblement racée. Qu’il écoute, observe ou cherche ses mots, dans un français qu’on sent acquis sur le tas.

«Vous êtes plus beau que je ne l’imaginais!» ne peut-on étouffer juste après les présentations, dans le foyer du Théâtre de Carouge. L’artiste y a proposé en octobre Dimitri Clown, un récapitulatif de ses facéties qu’il présente cette fin de semaine à Pully puis à Monthey. «Ah? Merci pour le compliment!» chante-t-il dans un accent qui marie Verscio et Rapperswil. Et puis, ni une ni deux, le clown embraie sur la énième interview de sa carrière.

– Vous avez toujours su que vous vouliez devenir clown. Qu’est-ce qui vous attirait, enfant, dans cette voie?

J’ai toujours eu l’envie de faire rire. Les enfants passent souvent pour comiques aux yeux des adultes, à cause de leur maladresse, de leur innocence. Chez moi, c’était un peu plus poussé. A 7 ans, on n’a peu conscience de soi. Mais je déduisais que je devais être drôle si les gens rigolaient. Et faire rire les autres m’a toujours donné du plaisir. Quand, à ce même âge, j’ai vu le clown chez Knie, j’ai compris qu’on pouvait en faire un vrai métier.

– Quel genre de choses vous fait rire? Plein. De Charlot au petit chat maladroit qui s’amuse. L’innocence sous toutes ses formes. Si le handicap est un phénomène triste, les obstacles, la maladresse font énormément rire. Mais il faut prêter l’œil. A force, on développe une antenne. Et quand les situations comiques viennent à manquer, on en invente spontanément.

– Etre clown, c’est conjuguer la musique, le  théâtre, la danse, le mime, l’acrobatie… Un art total? On peut appeler ça comme ça, oui. Mais en gardant à l’esprit qu’il existe toutes sortes de clowns différents. Des qui parlent, même si on ne peut les assimiler aux comiques. Des qui miment en silence. Des funambules, d’autres instrumentistes, dont les gags se fondent sur la musique. Ceux qui touchent un peu à tout s’approchent de l’art total, du Gesamtkunstwerken allemand. Est-ce mon cas? J’ai bien un rêve, le désir de réaliser quelque chose. Mais je n’ai jamais marqué de volonté particulière, je n’ai jamais visé un objectif précis. Mon idole, le grand maître Grock, me servait de modèle. J’ai marché dans ses traces. Après, il faut surtout s’adapter à son propre talent. Mon rêve, je cours encore après, même si je l’ai réalisé en partie.

– L’art du clown a-t-il évolué au fil des siècles ou reste-t-il hors du temps? C’est clairement un art atemporel. On y décèle des modes, qui penchent plus ou moins vers le stand-up comedy ou le slap-stick. Les artistes qui le pratiquent aujourd’hui sont très agressifs, très rapides, parfois très spirituels. Mais ça n’a rien à voir avec la poésie du clown. Je ne suis pas contre, c’est juste une tout autre voie. Le clown à proprement parler n’a pas évolué. Il faut peut-être le regretter: il n’évolue jamais. Si on voit la poésie se faire abstraite, rompre avec le rythme, la rime, sa substance poétique, demeure la même. Les émotions auxquelles elle fait appel sont éternelles. Les Grecs de l’Antiquité ne sont-ils pas tombés amoureux comme nous, n’ont-ils pas souffert pareillement? Les sentiments voyagent dans le temps. Et le savoir-faire.

– Quelle est votre définition du  clown? Henry Miller dit du clown que c’est «un poète en action». Je trouve ça très joli. Le poète tient sa plume, pianote sur son ordinateur pour écrire. Mais le clown émeut par l’acte, le corps. L’essentiel, bien sûr, est qu’il soit drôle. Le nez rouge, les grosses chaussures, la perruque ne suffisent pas. Il doit se montrer poétique, artistique, original, surprenant. Enfin, il doit éveiller la sympathie. On doit pouvoir l’aimer tout de suite.

– Comment résumeriez-vous votre apport principal à la clownerie? Je fais partie d’une famille de clowns bien plus vaste que ma personne. Mais j’ai peut-être permis une chose: j’étais le premier à venir du théâtre, et non du cirque, au tout début des années 70. Cela a innové le style et rendu la frontière plus perméable entre cirque et théâtre. D’ailleurs, il s’est ensuite passé la chose inverse. Dans mon théâtre et mon école, au Tessin, j’ai créé les premières pièces dans lesquelles on introduisait des éléments du cirque — clowneries, acrobaties, jonglage… Bref, je pense avoir contribué à l’échange qui s’est développé depuis entre ces deux disciplines.

– Vous êtes également peintre. Que transmettez-vous par ce médium? Tout ce qui n’est pas possible sur scène l’est par le dessin. Comme balancer un éléphant dans l’espace. Même au cirque, c’est compliqué. Hercule n’y arriverait pas. Par la peinture, en revanche, je jette facilement l’éléphant en l’air! (et de montrer des reproductions au style rappelant Chagall.)

– Que souhaitez-vous qu’on dise de vous dans cinquante ans? On dira de moi ce qu’on voudra. J’ai d’autres désirs pour l’avenir. Je rêve de paix, de tolérance, d’amour.

© Tamedia Publication Romande SA

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