Devoir commun seconde mai 2015 lycée pablo picasso





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DEVOIR COMMUN SECONDE MAI 2015 LYCÉE PABLO PICASSO

Texte 1.

« Je ne fais que transcrire, mot pour mot, ce que publie ce matin le Journal national :

La construction de l’Intégral sera achevée dans 120 jours. Une grande date historique est proche : celle où le premier Intégral prendra son vol dans les espaces infinis. Il y a mille ans que nos héroïques ancêtres ont réduit toute la sphère terrestre au pouvoir de l’État Unique, un exploit plus glorieux encore nous attend : l’intégration des immensités de l’univers par l’Intégral, formidable appareil électrique en verre et crachant le feu. Il nous appartient de soumettre au joug bienfaisant de la raison tous les êtres inconnus, habitants d’autres planètes, qui se trouvent peut-être encore à l’état sauvage de la liberté. S’ils ne comprennent pas que nous leur apportons le bonheur mathématique et exact, notre devoir est de les forcer à être heureux. Mais avant toutes autres armes, nous emploierons celle du Verbe.

Au nom du Bienfaiteur, ce qui suit est annoncé aux numéros de l’État Unique :

Tous ceux qui s’en sentent capables sont tenus de composer des traités, des poèmes, des proclamations, des manifestes, des odes, etc., pour célébrer les beautés et la grandeur de l’État Unique.
Ce sera la première charge que transportera l
’Intégral.
Vive l’État Unique. Vive les numéros. Vive le Bienfaiteur ! »
Eugène Zamiatine, Nous autres, 1920

Texte 2.

« Une Nouvelle Théorie de la Biologie — tel était le titre du mémoire dont Mustapha Menier venait de terminer la lecture. Il demeura assis quelque temps, les sourcils froncés méditativement, puis il prit sa plume et écrivit en travers de la page du titre : « La façon dont l'auteur traite mathématiquement la conception de fin est neuve et hautement ingénieuse, mais hérétique, et, en ce qui concerne l'ordre social présent, dangereuse et subversive en puissance. Ne pas publier. » Il souligna ces mots. « L'auteur sera maintenu sous une surveillance spéciale. Son transfert à la Station Biologique Marine de Sainte-Hélène pourra devenir nécessaire. » Dommage, songea-t-il, tandis qu'il signait. C'était un travail magistral. Mais une fois que l'on commence à admettre des explications d'ordre finaliste, hé quoi, on ne sait pas où cela peut conduire. C'est ce genre d'idée qui pourrait facilement déconditionner les esprits les moins solidement arrêtés parmi les castes supérieures, qui pourrait leur faire perdre la foi dans le bonheur comme Souverain Bien, et leur faire croire, à la place, que le but est quelque part au-delà, quelque part au-dehors de la sphère humaine présente ; que le but de la vie n'est pas le maintien du bien-être, mais quelque renforcement, quelque raffinement de la conscience, quelque accroissement de savoir... Chose qui, songea l'Administrateur, peut fort bien être vraie, mais est inadmissible dans les circonstances présentes. Il reprit sa plume, et sous les mots « Ne pas publier », tira un second trait, plus épais, plus noir, que le premier ; puis il soupira. « Comme ce serait amusant, musa-t-il, si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur ! » »


  1. Huxley, Le Meilleur des mondes, trad. J. Castier, Plon, 1932.

Texte 3.

« Le système scolaire produisant de plus en plus de coureurs, sauteurs, pilotes de course, bricoleurs, escamoteurs, aviateurs, nageurs, au lieu de chercheurs, de critiques, de savants, de créateurs, le mot "intellectuel" est, bien entendu, devenu l'injure qu'il méritait d'être. On a toujours peur de l'inconnu. Vous vous rappelez sûrement le gosse qui, dans votre classe, était exceptionnellement "brillant", savait toujours bien ses leçons et répondait toujours le premier tandis que les autres, assis là comme autant de potiches, le haïssaient. Et n'était-ce pas ce brillant sujet que vous choisissiez à la sortie pour vos brimades et vos tortures ? Bien sûr que si. On doit tous être pareils. Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l'image de l'autre, comme ça tout le monde est content ; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison. Conclusion! Un livre est un fusil chargé dans la maison d'à côté. Brûlons-le. Déchargeons l'arme. Battons en brèche l'esprit humain. Qui sait qui pourrait être la cible de l'homme cultivé ? Moi ? Je ne le supporterai pas une minute. »

R. Bradbury, Fahrenheit 451 (1953), trad. J. Chambon et H. Robillot, Paris, Denoël, 2010, (Coll. « Folio SF »), p. 86-87.

Texte 4.

« C'est une belle chose, la destruction des mots. Naturellement, c'est dans les verbes et les adjectifs qu'il y a le plus de déchets, mais il y a des centaines de noms dont on peut aussi se débarrasser. Pas seulement les synonymes, il y a aussi les antonymes. Après tout, quelle raison d'exister y a-t-il pour un mot qui n'est que le contraire d'un autre ? Les mots portent en eux-mêmes leur contraire. Prenez « bon », par exemple. Si vous avez un mot comme « bon » quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme « mauvais » ? « Inbon » fera tout aussi bien, mieux même, parce qu'il est l'opposé exact de bon, ce que n'est pas l'autre mot. Et si l'on désire un mot plus fort que « bon », quel sens y a-t-il à avoir toute une chaîne de mots vagues et inutiles comme « excellent », « splendide » et tout le reste ? « Plusbon » englobe le sens de tous ces mots, et, si l'on veut un mot encore plus fort, il y a « double-plusbon ». Naturellement, nous employons déjà ces formes, mais dans la version définitive du novlangue, il n'y aura plus rien d'autre. En résumé, la notion complète du bon et du mauvais sera couverte par six mots seulement, en réalité un seul mot. Voyez-vous, Winston, l'originalité de cela ? Naturellement, ajouta-t-il après coup, l'idée vient de Big Brother. […] « Les prolétaires ne sont pas des êtres humains, dit-il négligemment. Vers 2050, plus tôt probablement, toute connaissance de l'ancienne langue aura disparu. Toute la littérature du passé aura été détruite. Chaucer, Shakespeare, Milton, Byron n'existeront plus qu'en versions novlangue. Ils ne seront pas changés simplement en quelque chose de différent, ils seront changés en quelque chose qui sera le contraire de ce qu'ils étaient jusque-là. Même la littérature du Parti changera. Même les slogans changeront. Comment pourrait-il y avoir une devise comme « La liberté c'est l'esclavage » alors que le concept même de la liberté aura été aboli ? Le climat total de la pensée sera autre. En fait, il n'y aura pas de pensée telle que nous la comprenons maintenant. Orthodoxie signifie non-pensant, qui n'a pas besoin de pensée, l’orthodoxie, c'est l'inconscience. »

G. Orwell, 1984, Paris, Gallimard, 2009, (Coll. « Folio »), p. 75.

Objet d’étude : le roman dystopique au début du XXe siècle.


  1. Question sur corpus. Une dystopie est une utopie qui tourne au cauchemar. En vous aidant de cette définition, vous prouverez que les quatre textes proposés appartiennent bien au genre dystopique.




  1. Vous traiterez ensuite un des trois sujets au choix :




  1. Commentaire de texte : Vous réaliserez le commentaire du texte d’Orwell (texte 4).




  1. Dissertation : La littérature est-elle l’ennemie du bonheur ?

Vous répondrez à la question en vous servant des textes et œuvres que vous avez lus.


  1. Sujet d’invention : Comme les auteurs du corpus, vous imaginerez un monde duquel les livres ont disparu après avoir été interdits par un pouvoir totalitaire.

Vous respecterez scrupuleusement les méthodes étudiées en cours.
Vous utiliserez un brouillon.
Vous vous relisez.
Vous ne trichez pas.
BON COURAGE ! 

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