Note : 8 ouvrages sur le sujet trois en français et cinq en anglais vous sont offerts à la fin de ce livre





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titreNote : 8 ouvrages sur le sujet trois en français et cinq en anglais vous sont offerts à la fin de ce livre
date de publication28.05.2017
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TRADUCTOLOGIE
Note : 8 ouvrages sur le sujet – trois en français et cinq en anglais – vous sont offerts à la fin de ce livre.

* Introduction
La traductologie est une démarche réflexive sur la traduction, sur les processus qui la gouvernent.
On distingue 2 grands types de traduction, à savoir la pragmatique et la littéraire, dont les fondamentaux des processus traduisants se déclinent.
Cette science a été instrumentalisée à des fins didactiques, notamment pour le « besoin de médiation des sociétés ».
Pluralité linguistique.
Il n’existe pas plus de modèle unique que de modèle idéal pour une traduction.

Une œuvre peut avoir 5 traductions véridiques.
La traduction renvoie une image infidèle, traître, peu respectueuse, sélective ; et le traducteur passe couramment pour un « tâcheron » secondaire.

Un article de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel sur le sujet, faisant référence au statut des traducteurs, s’intitulait Die Wasserträger der Literatur (soit « les porteurs d’eau de la littérature »).
Aussi, Montesquieu, dans ses Lettres persanes :

- Vous ne m’entendez pas, reprit l’autre : c’est une traduction de cet ancien auteur, que je viens de mettre au jour : il y a vingt ans que je m’occupe à faire des traductions.

- Quoi ! Monsieur ! dit le géomètre, il y a vingt ans que vous ne pensez pas ? Vous parlez pour les autres et ils pensent pour vous ? 
Ou encore l’adage italien bien connu « Traduttore, traditore » (traducteur, traître).
A l’inverse, l’interprète jouit d’une image positive, d’une image valorisée voire suscitant la fascination.
La traductologie est une discipline à part entière qui existe depuis une cinquantaine d’années, mais elle est en fait un agrégat de plusieurs matières, possédant un spectre large et utilisant une approche scientifique. C’est un carrefour entre la linguistique, la sociologie, la sociolinguistique, la psychologie.
L’histoire des échanges culturels est surtout une histoire de traductions. La traduction recouvre par conséquent une réalité sociale, elle a transmis le savoir dans des domaines tels que la médecine, les sciences, les religions…
La traduction est une activité réalisée par des professionnels.

On en distingue 2 types : la « pragmatique » (ou « technique », plus normalisée) et la littéraire.
La traduction implique le décalage.

Nous sommes tous consommateurs de traductions (modes d’emploi au premier chef). Cela permet une transmission cohérente des informations.
Saint Augustin « les Confessions » (traduction française du titre d’un ouvrage, depuis des siècles), mais il y a 2 ans : nouvelle traduction, et l’ouvrage fut rebaptisé « Les Aveux » (ce qui n’a pas tout à fait la même signification ni les mêmes connotations !)

« Les originaux ne vieillissent pas mais les traductions, oui ! » (Walter Benjamin)

La traduction permet un transfert culturel.

Chapitre introductif : Le paysage de la traduction et la traduction littéraire

Chapitre 2 : Traduction et traductologie

Chapitre 3 : Traduction littéraire

Chapitre 4 : Traduction, opération linguistique

Chapitre 5 : Pluralité des traductions littéraires

Chapitre 6 : Analyse traductive du texte

Chapitre 7 : Projet/stratégie de traduction

Chapitre 8 : Equivalence

Chapitre 9 : Evaluation/critique des traductions

Synthèse

Chapitre introductif : Le paysage de la traduction et la traduction littéraire

La traduction renvoie une image négative.

Réalités méconnues et sous-estimées.

Les traductions apparaissent comme des réalités complexes, méconnues, occultées.

C’est pourtant une réalité contemporaine majeure, mais placée sous le signe du paradoxe.
Jugement public sur la traduction :

1) La traduction est une activité nécessaire, utile mais de 2nd ordre, activité de l’ombre. Il ne s’agit pas de production (le traducteur n’est pas un créateur). Ambiguïté.

La plupart des personnes ne sont pourtant pas qualifiées pour juger.

2) Binarisme (mode binaire) : traducteur ou interprète ?

Traduction technique ou littéraire ?

Perception ambivalente.
Interprétariat = action noble, « de haut vol » ;

Traducteur = second ordre, etc.
Jugements variables, changeants.
Traduction technique : tâcheron ! Litote : « pas au même niveau ».

Traduction littéraire : rare ! Exception !
Champs professionnalisés : organismes de traduction, bureaux, etc.
Perception peu positive : perte, infidélité, approximation (surtout en littéraire : version aplatie, affadie…)
Série d’adages (collectionnées par Störig)

« Universel traître »… ?

Quichotte : traduction = envers du tapis.
Phénomène majeur, enjeux pas anodins. Omniprésente (cinéma, publicité, TV, livres, internet…)
Des agences traduisent pour la Süddeutsche Zeitung, El Pais, Le Monde -> traduction journalistique.

Choix diversité linguistique de l’UE : impose système technique polyvalent.
Déjà au XIXe siècle : ateliers de traduction (« ouvrages triviaux »).
Aujourd’hui, activité inchiffrable, certainement des dizaines de centaines de milliers de pages. Dans certains pays, 30 à 40% des livres proviennent d’une autre langue.
Depuis longtemps : depuis contact intercommunautaire.

Processus de traduction au cœur des avancées intellectuelles.
Anecdotes : la littérature latine venait en grande partie de la grecque, on pratiquait déjà (demandez à Cicéron) la traduction massive.
Renaissance : récupération de textes antiques plus ou moins oubliés, surtout en grec, par 2 canaux de l’histoire : Reconquista (1492) – centre traduction à Tolède, de littérature arabe (issue elle-même de littérature grecque).
Byzance, Turcs : conservatoire culture antique (grecque), exode du savoir culturel. En latin, puis italien puis dans tout l’Occident.
Phénomènes culturels importants. Génèrent aussi réflexion sur traduction.
Etienne Dolet, humaniste et traducteur, (comment traduire une langue à l’autre, 1530).

Martin Luther, 5 ans après…
Importance primordiale dans l’histoire des religions (encore plus dans le christianisme).

Bible : hébreu et araméen à la base (au passage : les originaux ne comptent plus beaucoup).
Religions intimement liées à la traduction :

A l’époque, le grec avait une situation dominante comme l’anglais d’aujourd’hui, et c’est ainsi que la première bible traduite le fut en grec : « Bible des Septante ». Naissance de l’orthodoxie.
Catholicisme : Bible de Saint Jérôme (en latin),

Traduction en vieux slavon, pour les Russes : orthodoxie aussi.

Calvinisme en anglais,

Protestantisme en allemand d’époque (1522, Ancien et Nouveau Testament).
Pas de simples actes religieux mais politiques (théologiques) : Luther employait la traduction comme « machine de guerre ».

Cela constituait en fait aussi un moyen de développer la langue, de l’enrichir.
D’autant plus que la Bible est d’un genre à la frontière entre technique (théologique) et littéraire (poétique).
Traduction orale : créer alliances avec les locaux en Amérique du sud, pour les espagnols avec les indiens et cela contre les Aztèques, aspect politique.
L’Organisation Mondiale de la Santé (via sa directrice Margaret Chan), lança un message à propos d’une mauvaise traduction (trop alarmiste), procédant à une mise au point mondiale et officielle.
Au Moyen-Orient : version anglaise : « occupied territories », Israël devait se retirer.
Traduction = activité vitale pour les sociétés développées.

Une société qui n’échange pas, qui se ferme sur elle-même, risque de se scléroser.
Note : il existe aussi de l’ « intra traduction », par exemple du Rabelais écrit en français du XVe siècle vers du français du XXIe.
Traduction orale = interprétariat (simultanéité).
Quid de la traduction philosophique ? (plutôt technique)
**

Impact social, historique, intellectuel.

Diversité formes de traduction.

Traduction consécutive, doublage de film…
L’unité dans l’adversité tient de : « tous les phénomènes de traduction ont en commun l’acte de reformulation, on entend réexpression d’un message sous une autre forme ».
(en fait, reformulation + changement de code linguistique)
Phénomène majeur à l’image négative :

Suspicions sur le traducteur, infériorité comparé à l’original, mal identifiée, rémunérée…
Une personne qui parle une langue étrangère
n’est pas nécessairement capable de traduire.

La traduction ne peut ni ne doit être identique. Il y a phénomène de décalage.

« Transplantation » dans un climat différent, acclimatation.
Une traduction est révélatrice de la richesse d’un texte :

Elle apporte de nouveaux aspects, montre de nouvelles facettes.

Walter Benjamin : « La somme des traductions révèle une œuvre à elle-même ».
Logique traductologique.
Date de l’après deuxième guerre mondiale : de 1945 à 1955.

Premier réel questionnement sur la traduction.
Dans ces années, ce sont les linguistes qui s’intéressent à la traduction.

Pionnier : Georges Mounin : Les Belles Infidèles, 1955. Etude historique sur la manière dont on traduisait aux XVII-XVIIIe siècles.
Lance réflexion sur ce phénomène langagier.
Edmond Cary, La traduction dans le monde moderne, 1956.
Dès lors : vraie césure : institutionnalisation de la traduction.

Filières universitaires, chair (Saarbrücken), écoles de traduction.

Tissu qui va porter cette nouvelle science.
(En fait : réflexion bien plus ancienne) mais de type « pratique » : certains traducteurs ayant bien auparavant déjà pris de la distance pour théoriser ce qu’ils faisaient.
Déjà des écrits avant, comme par exemple le corpus constituant la préhistoire de la traduction, dès l’Antiquité, par Cicéron.
Il comprend que la traduction mot-à-mot est impossible, il fait aussi le constat que le passage d’une langue source à une langue cible nécessite des manœuvres.
Saint Jérôme : du grec en latin, la traduction doit être efficace, intelligible pour tous. Conscient de la nature variable.
Lettre à Eustochium : fidélité à la parole « divine » mais nécessité d’en faire comprendre le sens.
Au XVIe siècle, Martin Luther, pionnier de la théorisation, et théologien, tenait à la fidélité.

Traductions politique et religieuse contre l’église catholique.
Traduction plurielle, éthique du traducteur (l’auteur doit assumer).

Etienne Dolet (écrivain, humaniste, imprimeur) développe parallèlement des théories.
Importance de l’oration.
La traduction est aussi un moyen de développement, affinement d’une langue (ordonnance de Villers-Cotterêts fait du français la langue officielle du royaume).
XVII-XVIIIe siècles : Comment enrichir sa propre culture avec des œuvres extérieures tout en gardant son identité patrimoniale ?

Jeu d’écriture. Jeu littéraire. On réécrit un texte dans sa langue.
Etape charnière, fondamentale : réflexion de la fin du XVIIIe siècle dans le pays.
On relie la langue à la culture. Traduire revient à ouvrir sa culture.

Cela n’a de sens que si cela vise à respecter l’originalité de l’œuvre de base.
La « confrontation de cultures » est une fonction radicalement différente.
Schleiermacher thématise les réflexions.

Walter Benjamin « Aufgabe des Übersetzers » (La tâche du traducteur).
Remarques sur l’émergence de la traductologie :

Pas hasardeux.
Convergence de plusieurs facteurs : forte impulsion.

- besoins concrets, résultat de l’après-guerre : occupations territoriales (USA en RFA, etc.)*, réunions, discussions, rassemblements sur le sujet,

- besoins pour l’espionnage (guerre froide survient peu après, invention de traducteurs automatiques du russe par l’armée américaine),

- malgré cela : dictatures, censures : entraves dans la traduction.
*Au demeurant, la première école de traduction date de cette époque, et se situe à Gommersheim (sud-ouest de l’Allemagne).
Il y a donc un besoin « de rattrapage », envie, désir, dynamisme des échanges.

La philosophie y donne aussi un coup d’accélérateur.
Contextes idéologique et philosophique favorables.

Années 50 : science toute jeune, à la mode, influe sur le « structuralisme ».

Centres d’intérêts, discussions.
Traductologie = sous-discipline de la linguistique.
Symptôme direct : stylistique comparée (années 60),

D’abord pour l’anglais, l’allemand puis l’italien…
Définir « couples » inter langues, manuel de styles comparés.

Stratégies, pratiques de bonne traduction.
**

Périmètre de la traduction littéraire.

Düsseldorf, pionnière.

Objectif : former de mieux en mieux les traducteurs de demain.

Réseaux internationaux, revues de traduction, associations de traducteurs.
La traductologie n’est pas une collecte de « trucs et astuces » de traduction !

Mais elle étudie toutes les facettes (sociologiques, historiques, psychologiques…) pour en comprendre le fonctionnement.
Analyse précise de la méthodologie des traducteurs professionnels.
Depuis les années 70, pôle de recherche sur travail des interprètes en conférence (à l’ESIT, Paris 3).

Le constat fait part de notes « étranges » : seuls quelques mots de liaison, des dates, chiffres, quelques mots-clés. (Dates et chiffres car la mémorisation est plus difficile).

Les traducteurs ne prennent pas le contenu dans leurs notes !
Dans tous les processus de traduction il y a déverbalisation, c’est-à-dire qu’on essaye d’oublier la forme originale.
Edmar Tophoven : Comment rendre l’expérience d’un traducteur transmissible ?

Il voulait conserver, archiver le savoir-faire personnel pour les autres. Pour ne pas réinventer l’eau tiède. Il écrivait des « possibilités de solutions de traduction » ainsi que la motivation du choix.

Traduire, c’est faire des choix, mais dans tous les cas ceux-ci doivent être explicables.
Anecdote :

Dans le roman « Mercier et Camier », de l’écrivain franco-irlandais Samuel Beckett, se trouve un passage dans lequel 2 clochards chantent à tue-tête « Un kilomètre à pied, ça use ça use, un kilomètre à pied, ça use les souliers »… rythme propre à une langue, sur un air de comptine.

Tophoven la traduisit en allemand par „ein Kilometer noch, das freut sich…“ (cordonnier, chaussure, trou… retrouver la phrase exacte…). Ce n’est pas du tout la même trame rythmique, mais peu importe à vrai dire : l’important est de mentionner qu’il est question de souliers qui s’usent et surtout d’imaginer un rythme analogue à la langue de Goethe.
Relation dialectique entre traduction et traductologie (celle-ci en modifiant la pratique).
Qu’est-ce qu’une traduction réussie ?
Cela fait apparaître l’évaluation, la critique, l’analyse des traductions.

Cela implique une stratégie, une méthode de traduction, cohérence/cohésion, fonctions, objectifs.
Auto-évaluation, contrôle, le traducteur lui-même se remet en question.
Définition traduction littéraire ?

Quelles méthodes ?
Une des formes parmi d’autres. Statistiquement pas la plus importante.

Mais elle jouit d’un prestige, on reconnaît volontiers sa qualité d’écriture.
Critère d’évaluation des instruments de la littérature :
Textes « littéraires » = poésie, roman, théâtre, pamphlet, satire…
Q1 : traduction religieuse = littéraire ?

Pas proprement dit, elle présente d’autres caractéristiques – mais il est vrai qu’elle a des points communs.
Q2 : texte philosophique = littéraire ?

Frontière floue.
Q3 : sociologie, psychologie, histoire : sciences associées à la littérature…
Q4 : quid des journaux, des articles « de grandes plumes » ? sujets économiques, politiques, mais style littéraire.
Inversement : roman = littéraire ? Vraiment ?
On constate donc de nombreuses transgressions de frontières !

Conséquences : la définition de la traduction littéraire ne se calque pas précisément sur des styles d’écriture particuliers. Que fait au fond la qualité littéraire d’un texte ?
Cf. texte d’examen. Changements de paragraphes, importants ?
Quels indices nous font savoir qu’il s’agit de littérature ?

  • Eléments de fictionnalité,

  • Phrase isolée : « elle fut sondée »  un auteur intervient (intervention de l’auteur). Effet d’attente, qui ironise le reste.

    • Répétitions délibérées, insistantes,

    • Rythme très variable,

    • Mise en scène.

Les structures linguistiques apportent des informations mais avec des « jeux » sur la forme. Effets de sens. …puis conclusion paradoxale.
(Filigrane ? parataxique ?)
Le texte procède à une leçon d’écriture profondément subjective. Canaux, mises en scène…
- Présence auctoriale (« style d’auteur », auctorialité),

- Juxtaposition (remercia, nota, parti). Transcriptions d’oralité (« moindre des choses »)

Jeux sur la langue, mise en forme particulière et non conventionnelle.

- Jeux sur l’implicite : ne dit pas tout. « … ». Dérange le lecteur. Espace à l’interprétation personnelle. Pas un sens unique, plusieurs dimensions, ouverture. Cela demande une interprétation plus poussée. Mariage du texte (auteur) + lecteur (son histoire, sa perception intime).
Moins le genre en lui-même que la somme de ces 3 points.

« Texte personnel », s’adresse non pas à la collectivité, mais à une somme d’individus.

Non conventionalité, le sens n’est pas donné a priori. Il y a des marches interprétatives.
2 autres critères : 1-fictionnalité : texte littéraire non lié aux activités de la vie courante. (Il n’est ni question de météo, de mode d’emploi, de communiqué de presse…)

Littérature = « grand jeu des adultes »
2-intertextualité.
**

Passage de frontières (fluctuantes) (tristes tropiques, Claude Lévi-Strauss)
Notion de style : vague, acceptions différentes, image du langage qu’elle renvoie.

Ecriture journalistique, pub… littéraires ?
3 paramètres pour définir qualité littéraire :

1, écriture/travail sur la langue.

Littérature si la langue n’est pas utilisée à des fins conventionnelles. La langue est le matériau. L’écrivain utilise la langue pour une mise en forme. Forme oralité, répétitions, rythmes, assonances, etc. métaphores, images, … structures syntaxiques déviantes !
Décalage par rapport à l’usage habituel.

Notion d’écriture = travail sur la langue.
Chevalier/Deport : horlogerie de saint Jérôme.

« Orthonymie » (= point juste d’expression).

Norme consensuelle plus ou moins implicite.

Qualité littéraire = orthonymie décalée. Celle-ci doit être prise en compte pour la traduction !!
Forme linguistique, dès 1920 Walter benjamin : die Aufgabe… liée à l’esthétisme !
Ici, la forme ne sert pas d’ornement, mais bien à fournir la signification.
2, dimension interprétative. Par opposition à la traduction technique (sens explicite, formulation conventionnelle). Fondamentalement, le texte n’est pas…
Signification « cachée », jeu avec les mots. Ouvre les choses, interprétation personnelle. Mix entre l’idée de l’auteur et l’interprétation du lecteur – qui dépend de son bagage de connaissances, de l’expérience qu’il a de la vie d’ailleurs.
On lit et interprète Shakespeare ou Don Quichotte différemment de nos jours qu’à l’époque dont ils étaient les contemporains. Sens recrée, et chaque traduction fait revivre un texte, elle le transforme.

Texte singulier, identité propre, original.
3, paramètre auctorial. Dimension subjective, énonciateur unique. Une seule voix s’adresse à plusieurs individualités. Expression d’une individualité, porte l’empreinte, la patte, de l’auteur.
**

Traduction littéraire ne se juge pas à la qualité, ni à une énumération de styles littéraires, ni à un « genre ».
Caractères déjà évoqués.

(…..)

Littérature = subjective, pragmatique = stable.
Double catégorisation, 2 méthodologies, 1 pour chaque type.
Toute fiction ne relève pas obligatoirement du style littéraire ! Relations étroites mais pas d’automaticité. De même, un discours politique peut être de style littéraire.
Concernant la dimension auctoriale : le traducteur doit « récupérer » cette voix, le traducteur est donc auteur ! Un « second auteur ».
1ère manière : essayer de faire aussi bien que l’auteur. Conserver l’originalité. Traducteur-écrivain, superposition d’auteurs, œuvre de recréation. Chateaubriand a traduit Milton.
2ème : voix artisanale. Traducteur en retrait. Il identifie les signes et marques pour les retranscrire. « Démarche plus modeste ». Fait nécessairement partie du transfert. Priorité.
- L’empreinte subjective.
Traits de subjectivité. Organisent suivant rythme, imagerie particulière.

Analyse stylistique. Pour le traducteur : être attentif aux données formelles de la langue, puis construire des « systèmes d’équivalence ».
- Travail sur la langue.
Il faut rééditer ce décalage. Ne pas les affaiblir, les exagérer. Bouger les lignes. Il y a en fait « transgression ». Jusqu’à récemment, traducteurs « moyens » (non connus) n’osaient pas, n’étaient pas audacieux, étaient timides, timorés, laissant de fait l’originalité de côté.
- Dimension interprétative.
Signification pas aléatoire, gratuite, mais ouverte ! Nombreuses interprétations possibles. Plus il y en a (de traductions), plus l’œuvre est susceptible d’être de qualité.*
Traduire un texte, c’est d’abord l’interpréter !

1ère étape : interpréter, comprendre, le texte original. Analyses, références linguistiques, balisage.
Attention : la traduction littéraire n’est pas un recodage, ni décalquage.

Déverbalisation du texte puis reverbalisation. Ne pas oublier retour pour contrôle puis ajustements.
*Conditionne possibilité de retraduction (caractère pluriel).
Benjamin : originaux : uniques. Traductions : plurielles.
Evolution des langues, des sciences aussi.
Exemple : un jeune paysan s’apprêtant à quitter sa campagne, parle à sa mère, mourante sur son lit et dit « madre,… ». Une ancienne traduction donnait « mère,… », tandis qu’une nouvelle donne désormais « maman, … »
Note : question de retraduction dans la traduction pragmatique ne se pose pas.
Borchert (années 50) :
Das hohle Fenster in der vereinsamten Mauer.

Pas de raison d’enjoliver, l’écriture originale est déjà brute.

(Cf. les versions proposées ! la fenêtre vide dans le mur solitaire littéralement).

Fenêtre béante au milieu de cette façade ouverte.
**

Objet traduction : texte (et non les mots !)
Interprétation va avec compréhension.

Conséquence ?
Traduction = processus fondamentalement appliqué à des textes.

Objet 1er traduction : pas les langues, ni les mots mais le produit !
Résultat concret, particulier, original.
« Unité » (texte). Traits, forme globale.
Caractériser texte, formes linguistiques (Sprachform).
Traduire une donnée/séquence, garder en tête l’horizon (immédiat, plus large, et ultime (=texte))
Tote  Les morts  cadaveres  dead people.
En allemand, c’est le premier mot (il y a « focalisation », mot focalisé) ; pourquoi ? Anodin ? Non.

Poids particulier, macro-structurel (≠ microstructure). Le travail de traduction consiste d’ailleurs en un va-et-vient entre ces 2 structures.
En espagnol : on voit les corps (des morts), au-delà des mots, il y a reconstitution de la scène. On l’imagine, on s’en fait une image.
Ensuite, mot archaïsant, pas d’équivalent dans langue cible, alors ? Peut-être l’occasion se représentera-t-elle, logiques de compensation.
« Les morts, on les voit pas ». Oralisation. Enchaînements lâches.

L’original allemand ne le fait pas !

Mais le contexte s’apparente à une situation familière (discussion devant une télévision). D’autres indices viennent s’ajouter par la suite.
Contraintes : va-et-vient : 2 niveaux d’intervention donnent des « marges d’initiative », techniques de compensation, « déplacement ».
Choix précis, calculés ! Validés dès qu’ils sont explicables (rationnellement).

Traduire c’est recréer, recomposer un texte analogue, équivalent.
(Matériau = langage)
4 grands ensembles :

1, textes mettant accent sur contenu (« textes informatifs », visée = interaction « quotidienne »).

Forme d’après conventions, décisif, transformation d’informations.
2, textes mettant accent sur forme ; dimension esthétique. Pas simplement vecteur d’informations, mais agencement lui confère un certain sens. Exemple : tableau de Van Gogh (chaise, qui n’a en fait l’intérêt que de révéler son environnement…)
N’opposons pas forme et fond ! Le sens de la forme est la forme elle-même !
Allemand « vacillantes », français « qui vacillent », reverbalisation.

Jeu d’enfant ? Ou pour enfant ? (traduction de Kinderspiel).

Le français préserve oralité et rythme.
3, question interprétation ? Traduire, c’est avant tout comprendre, globalité.

Puis construire compréhension, cohérence, unité. Tout cela d’après la personnalité de l’auteur.
4, le traducteur est lui aussi un lecteur particulier :

- regard extérieur sur le texte,

- obligations en tant que médiateur (pas de sélectivité !), après plusieurs lectures de décryptage,

- limiter la subjectivité.

Ce document n’est qu’un ensemble de notes quelque peu disjointes.

Notez toutefois que même si cela n’est pas notifié au fil du cours, au moins la moitié des chapitres indiqués dans le programme sont étudiés.

Dès que possible il sera complété et substantiellement amélioré.
Pour ceux que le domaine de la traductologie et plus généralement de la linguistique séduit, 8 ouvrages sont à disposition.


Pour télécharger un livre, cliquez sur son image tout en maintenant la touche Ctrl.

Cours de linguistique générale – 520 pages (fichier zippé)
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Avec la reproduction de l'édition originale de 1916 établie par les élèves de Saussure d'après leurs notes, le lecteur trouvera un appareil critique complet dû à Tullio de Mauro, dont une biographie de Saussure et des notes. Les commentaires sont particulièrement instructifs, car ils font apparaître les violentes critiques qui ont suivi la publication du Cours, ainsi que l'influence considérable qu'il a exercée et continue d'exercer. Ce livre peut être lu sans connaissances préalables en linguistique.

Tristes tropiques – 504 pages (PDF)
Tristes tropiques fut publié en 1955 dans la collection « Terre humaine », créée par l'ethnologue Jean Malaurie dans le but de diffuser un nouveau genre de livre, à mi-chemin entre l'essai littéraire et l'ouvrage savant : il s'agissait par là de sensibiliser un large public à la démarche anthropologique, en permettant à l'ethnologue de sortir du registre scientifique habituel pour endosser la peau d'un écrivain et livrer impressions, souvenirs et états d'âme. Tristes tropiques, qui s'inscrivait pleinement dans cette ligne éditoriale, fut aussitôt un gros succès de librairie.
Qu’est-ce que la littérature ? de Jean-Paul Sartre – 117 pages (PDF)




Ecriture et lecture sont les deux faces d'un même fait d'histoire et la liberté à laquelle l'écrivain nous convie, ce n'est pas une pure conscience abstraite d'être libre. Elle n'est pas, à proprement parler, elle se conquiert dans une situation historique ; chaque livre propose une libération concrète à partir d'une aliénation particulière... Et puisque les libertés de l'auteur et du lecteur se cherchent et s'affectent à travers un monde, on peut dire aussi bien que c'est le choix fait par l'auteur d'un certain aspect du monde qui décide du lecteur, et réciproquement que c'est en choisissant son lecteur que l'écrivain décide de son sujet. Ainsi tous les ouvrages de l'esprit contiennent en eux-mêmes l'image du lecteur auquel ils sont destinés.
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In this book, both beginning and experienced translators will find pragmatic techniques for dealing with problems of literary translation, whatever the original language. Certain challenges and certain themes recur in translation, whatever the language pair. This guide proposes to help the translator navigate through them. The book's hands-on approach should make it accessible to translators of any background. A significant portion of this "Practical Guide" is devoted to the question of how to go about finding an outlet for one's translations.





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