Représentations de l’âge classique investies par les fictions littéraires du XXI





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Représentations de l’âge classique investies par les fictions littéraires du XXIe siècle

Colloque international,Bordeaux, 24 et 25 mai 2018, organisé par le CEREC (Centre de Recherche sur l’Europe Classique, EA 4593 CLARE Cultures Littératures Arts Représentations Esthétiques, Université Bordeaux Montaigne)
Appel à communication

Date limite : 30 novembre 2017

Ce colloque veut interroger les modes d’appropriation de l’histoire et des cultures des XVIIe et XVIIIe siècles par les fictions de ce début du XXIe siècle.

Ces représentations résultent certes d’un travail de sélection orienté par des nécessités de cohérence liées à l’époque et au lieu où se déroule l’intrigue, mais aussi, et c’est sur ce point que nous souhaiterions réfléchir, par des modes personnels d’utiliser les archives ou les documents de seconde main, de sélectionner des éléments renvoyant aux structures politiques, sociales et mentales, ainsi que d’appréhender des œuvres littéraires et picturales.

À travers des récits de querelles scientifiques, religieuses ou philosophiques, des références à des usages et des coutumes, des portraits de contemporains, des tableaux de ville et de campagne parfois dévastées par la guerre, des aperçus synthétiques sur des complots, des intrigues politiques, des modes de pensées qui révèlent une éthique et des principes de vie, les auteurs idéalisent ou désacralisent le passé.

La force d’une passion, le déroulement d’une enquête, le fil pseudo-biographique sont autant de lieux de l’intrigue travaillés par la force d’authentification des représentations historiques qui deviennent des constituants fictionnels.

La fiction intuitive joue avec les silences de l’histoire, les auteurs reconfigurent une enfance, un parcours, une persona, ils font d’une querelle scientifique un élément central de la fiction, d’un anti-héros un personnage principal, d’une vie minuscule le cœur d’une intrigue.

La fiction ludique s’appuie sur des realia (monnaie, costume, objets, œuvres d’art), joue sur les données référentielles (date, nom) afin de transporter son lecteur dans un ailleurs, voire un univers parallèle comparable à l’époque classique tout en introduisant des écarts, des jeux qui ne modifient en rien la cohésion de la fiction, mais introduisent ce que l’on peut appeler « le trouble référentiel ». S’agit-il d’un phénomène consistant à « donner une forme d’existence au non existant » comme le dit Françoise Lavocat (dans Fait et fiction, Paris Seuil, 2016, p. 415) ou inversement, par la contagion de la fictionnalisation, d’un phénomène attribuant une forme de non existence à ce qui appartient à l’existant ? Interroger cette tension met en question la pertinence de nos représentations et contribue à les transformer.

Du point de vue lectoral, qu’ils soient perçus comme des digressions ou qu’ils se mêlent intimement au récit, ces éléments historiques modèlent nos représentations, corrigent, confirment ou transforment notre horizon d’attente et notre manière de percevoir le passé mais aussi de comprendre l’autre.

On pourra réfléchir sur des œuvres qui s’inspirent des tableaux de Vermeer, de Lubin Baugin, de Georges de La Tour, comme par exemple La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier (1999), Vermeer, entre deux songes de Gaëlle Josse (2017) ou qui imaginent des vies d’artiste comme celle du graveur Meaume dans Terrasse à Rome de Pascal Quignard (2000).

À travers ces fictions de peintres et de peintures que sont les romans Maîtres et serviteurs (1990) de Pierre Michon (présences de Watteau et de Goya), Le Cousin de Fragonard (2006) de Patrick Roegiers (qui met également en scène Diderot et David) et Couleur du temps (2006) de Françoise Chandernagor (roman d’un portrait de famille dépassé et biographie imaginaire de Baptiste V***), la littérature contemporaine explore et interroge la métaphore qui a fait corps avec le XVIIIe siècle des jeux des ombres et des « Lumières », d’ailleurs propice à l’imaginaire de la littérature policière, aussi bien chez Eric Marchal (La Part de l’aube, 2013) que chez Thierry Maugenest (La Cité des loges, 2016).
On pourra s’interroger sur les représentations du jansénisme, de la Fronde et de la Chine dans La blessure et la soif de Laurence Plazenet (2009), sur la désacralisation du Grand siècle dans Le Montespan de Jean Teulé (2008), sur le rôle du conflit entre Guy Patin et Renaudot, dans 1658 L’Eclipse du roi-soleil de Jean-Michel Riou (2011). On pourra apprécier le jeu de fictionnalisation du siècle de Richelieu ou de Louis XIV dans des cycles de fantasy comme Les Lames du cardinal de Pierre Pevel (2007-2010), la construction du personnage de Racine dans l’ouvrage de Nathalie Azoulay, Titus n’aimait pas Bérénice (2015), ou encore la présence poétique du XVIIe siècle  dans La Folie Dartigaud (2015) de Christian Jouhaud.
Du côté de la mise en fiction des Lumières, on songera au dialogue de Kundera avec Vivant-Denon dans La Lenteur (1995) auquel Philippe Sollers fit écho avec Vivant Denon, Le Cavalier du Louvre (1995), avant de partir en quête de Casanova dans Casanova l'admirable (1998). On pourra également penser à la présence de Rousseau, figure fascinante de l’écrivain-philosophe vénéré et honni, dans Jean-Jacques de Frédéric Richaud (2008) ou encore Fils unique de Stéphane Audeguy (2006). Les représentations de la Révolution nourrissent également les fictions, notamment à travers la mise en scène de la fuite de la famille royale dans Les Adieux à la Reine (2006) de Chantal Thomas où le personnage d’Agathe-Sidonie Laborde se souvient des derniers jours de Marie-Antoinette à Versailles. Elles se prolongent dans la vision de l’enfermement et de la déchéance du dauphin Louis-Charles de France chez Françoise Chandernagor, La Chambre (2002) et dans l’invention d’un tableau représentant le Comité de salut public, organe de la Terreur, magistralement orchestrée par Pierre Michon dans Les Onze (2009).
En quoi les représentations des siècles classiques sont-elles de véritables tremplins pour l’imagination de l’auteur et du lecteur ? Quelles représentations symboliques ou idéologiques de l’homme et du monde autorisent ces reconfigurations historiques ? Quelles sont les images du XVIIe siècle ou du XVIIIe siècle promues dans ces œuvres ? Peut-on dégager des topoï, des personnages, des scénarios romanesques propres à l’âge classique ? Quels sont les enjeux esthétiques, idéologiques de ces représentations ?
À quoi répond donc cette présence dans la littérature contemporaine du Grand Siècle et des Lumières ? Quel imaginaire véhicule-t-elle ? Que nous dit-elle, aussi, de nos contemporains ? Si les Lumières nous éclairent encore, comme « conscience du présent » (Anne Coudreuse), quel lien tisse la fiction entre passé et présent, entre littérature, Histoire et événement ? Et surtout, comment s’opère la conversion, de la connaissance historique, théorique et critique, à la libre invention créatrice ?
Ces questions ne sont que des pistes de réflexion parmi d’autres.
Les propositions de communication (500 mots) ainsi qu’une courte bibliographie sont à envoyer avant le 30 novembre 2017 aux deux adresses suivantes :

myriam.tsimbidy@u-bordeaux-montaigne.fr et cerec2018@gmail.com
Comité scientifique :
Anne Coudreuse, Université Paris XIII

Christian Jouhaud, GRIHL-EHESS

Olivier Leplatre, Université de Lyon 3

Laurence Plazenet, Université Paris-Sorbonne

Myriam Tsimbidy, Université Bordeaux-Montaigne
Organisation et contact : équipe CEREC (Centre de Recherche sur l’Europe Classique),

EA 4593 CLARE cerec2018@gmail.com


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