Son goût pour la culture française





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Mais qui est Atiq Rahimi ?

...Oui, qui est donc ce romancier et réalisateur

de double nationalité,

française et afghane,

lauréat du Prix Goncourt 2008 ?
Atiq RAHIMI est né à Kaboul, en Afghanistan, le 26 février 1962, d’un père germano-afghan et d’une mère afghane, dans une famille aisée, libérale et occidentalisée, très attachée à la littérature classique perse.

Il fait ses études dans la ville de sa naissance, au lycée franco-afghan Estiqlal (1) et il a commencé à écrire très jeune : « Dès l'âge de douze ans, et mes premiers poèmes ont été publiés dans des magazines de jeunesse ». (2).

Son goût pour la culture française

A quatorze ans, il découvre Les Misérables de Victor HUGO, en traduction persane : « J'étais fasciné par Jean Valjean, par ces quarante pages consacrées aux égouts de Paris ! » (3).

Il poursuit ses études à l'Université de Kaboul, en section Littérature et découvre, au Centre Culturel, La Nouvelle Vague, Jean-Luc GODARD, « Hiroshima mon amour », et les films de Claude SAUTET... Mais dans son pays en crise, en particulier depuis l'invasion soviétique en 1979, la guerre fait des ravages ; la terreur et la censure règnent : « A la fac, un exposé sur CAMUS m'a valu d'être convoqué par le Comité de Jeunesse : « Il est interdit de parler des intellectuels bourgeois », m'a t-on signifié. (Rires). Comme, après l'université, on devait faire quatre ans de service militaire, j'ai choisi l'exil». (3).

L'exil

Atiq RAHIMI se décide donc à quitter son pays en 1984, en pleine guerre afghano-soviétique et, après neuf jours et neuf nuits de marche avec d'autres résistants, il parvient clandestinement au Pakistan. « Il régnait une ambiance très lourde dans les milieux de la résistance. Les services secrets pakistanais recrutaient les gens en fonction de leurs convictions religieuses, les Afghanes exilées devaient porter le voile. Je ne voyais pas ma place là-dedans ». (3)Alors, il demande et obtient l'asile politique en France où il arrive en 1985, « par amour de la littérature et soif de lire. » (4). 1/5

En France

Il est d'abord hébergé dans un centre d'accueil pour réfugiés, dans l'Eure, à Gaillon, et, même si son français est « livresque », il ne se sent pas étranger. Toutefois, poursuivre ses études supérieures en France s'avère pour lui bien difficile, du moins, au début :

«J'étais horrifié : je ne comprenais rien, tout le monde parlait vite. Ma première matière à l'Université où j'étais auditeur libre a été le Nouveau Roman... Mais je me suis accroché. Cette année-là a paru L'Amant, de Marguerite Duras. Un livre cher pour ma petite allocation de réfugié, un investissement même. Mais je l'ai acheté et je l'ai lu avec Le Petit Robert à côté de moi. Ce premier livre acheté en France a été ma première aventure littéraire. » (4).

Il suit donc des études universitaires de Lettres dans notre pays, d'abord à Rouen, puis à Paris. Il y prépare une Maîtrise de Communication audiovisuelle (son mémoire de Maîtrise de sémiologie du cinéma porte sur « Le champ / Contre-champ dans la Nouvelle Vague ») et il étudie « La fin dans les films ». A la Sorbonne nouvelle, il soutient sa Thèse de Cinéma sur « La psychologie du spectateur » et obtient son Doctorat en audiovisuel...

Après l'Université, il est embauché dans une société de communication et de production de films publicitaires institutionnels. Puis il réalise divers documentaires pour ARTE.

Son premier livre ?

« En 1996, les taliban sont arrivés au pouvoir. Le silence du monde face à cette catastrophe m'a choqué (...). J'ai compris qu'après le départ des Russes, nous n'avions pas fait notre deuil, exactement comme ma famille n'avait pas fait celui de mon frère aîné, tué du côté communiste, en 1991 (5). Chez nous, au lieu de faire son deuil, on se lance dans la vengeance. D'où cette guerre de 1992-1996 entre factions, dont ont profité les taliban.» (3).

Et Atiq RAHIMI écrit ainsi son premier roman, Terre et cendres, pendant l'occupation de son pays natal par les taliban, « pour faire le deuil de (s) on frère tué à la guerre. » (4). Il l'écrit dans sa langue maternelle, le persan... En 2000, son amie traductrice, Sabrina NOURY, le traduit et l'envoie aux Editions P.O.L. Le livre est accepté. Aussitôt publié, il rencontre un véritable succès en France et à l’étranger...

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette œuvre romanesque et/ou sur son adaptation cinématographique, n'hésitez pas à ouvrir le fichier joint : Terre et cendres.

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D'autres oeuvres ?

  • Oui, deux autres romans, écrits eux aussi en persan, traduits et édités chez P.O.L. :

Les Mille Maisons du rêve et de la terreur, publié en 2002.

Le Retour imaginaire, en 2005.

  • Un livre de photographies qui raconte ses premières retrouvailles avec l'Afghanistan, où il vient réaliser un film pour ARTE en 2002. « Pendant trois jours, je ne suis pas parvenu à reconnaître mon pays. Je ne croyais pas à la réalité de cette ville détruite, à cette misère, cette violence. » (3).

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces œuvres, n'hésitez pas à ouvrir les fichiers joints : Les Mille Maisons du rêve et de la terreur et/ou Le retour imaginaire.



  • Des documentaires pour ARTE



  • Et aussi un long métrage : en 2003, un an après la chute des taliban, et trois ans après la publication de son premier roman, Terre et cendres, Atiq RAHIMI choisit de tourner le film à l'endroit même où il a situé son histoire, dans une mine de charbon au nord de l'Afghanistan... En 2004, son film est présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, dans la section « Un Certain Regard ». Il y obtient le Prix du Regard vers l'Avenir, avant de recevoir d'autres récompenses pour cette adaptation cinématographique : le Grand Prix et le Prix du Meilleur Acteur au Festival du Film de Saint-Jean de Luz. Ce film a également été présenté en ouverture du Festival des trois Continents, à Nantes.



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Son rapport avec son pays natal ?

Quelques jours après avoir été consacré par les Académiciens Goncourt pour son quatrième roman, Syngué sabour, Pierre de patience, écrit, celui-là, en français, sa langue d'adoption, Atiq RAHIMI confiait qu'il retournait en Afghanistan « un mois sur deux » :

« Je soutiens une chaîne de télévision indépendante, comme consultant et formateur. J'ai lancé un sitcom, intitulé Le secret de cette maison, dont la deuxième saison est en cours. Tout se passe autour d'une demeure dont le propriétaire a fui aux Etats-Unis, comme un million d'Afghans. Il revient récupérer cette demeure qui, entre temps, a été réquisitionnée par les communistes, puis par les taliban. C'est un prétexte pour prôner la liberté, dénoncer la corruption (...). C'est une sorte de Dallas à l'afghane avec, en plus, une histoire d'amour... » (6).

Aujourd'hui âgé de quarante - six ans, Atiq RAHIMI partage ainsi régulièrement sa vie entre la France et l'Afghanistan. Dans son pays natal, il est actuellement Directeur artistique d'une chaîne de télévision privée, « Télétolo » (Aube) et donc aussi concepteur d'une « Star'ac » afghane. « La série n'a pas de tabous : difficultés des jeunes, la corruption, la drogue, l'amour... et fait un tabac - notamment chez les femmes et les adolescents. Du coup, Rahimi a créé un atelier d'écriture de scénario qui produit deux à trois épisodes par semaine, et qu'il aide même lorsqu'il est à Paris, grâce à ... Skype et YouTube. Le Secret de cette maison vient d'être primé au Séoul Drama Festival, en Corée. (6).

« S'il y a quelque chose à sauver en Afghanistan,

c'est par la culture et l'éducation ». (6)
Si vous souhaitez en savoir plus sur

l'Afghanistan, ouvrez le fichier joint :

L'Afghanistan,

le pays natal d'Atiq RAHIMI.


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Notes :
(1). La France avait des relations privilégiées avec l'Afghanistan dans le domaine de l'éducation. Ainsi, en 1968, le Président Georges POMPIDOU s'est rendu à Kaboul pour poser la première pierre du nouveau lycée franco-afghan Estiqlal (qui signifie Liberté). Cet Etablissement a envoyé ses meilleurs bacheliers étudier en France, qui était alors la référence et le modèle pour les universités de Droit et de Médecine.
(2). Propos tirés de l'entretien réalisé par Laurence BERGER pour l'émission de cinéma, « Champs/Contre-champs » diffusée sur Radio Libertaire, le 2 janvier 2005, article intitulé « Atiq RAHIMI, le cinéaste ».
(3). Propos extraits d'un entretien accordé à François DUFAY pour le magazine L'Express, daté du 13 novembre 2008 (article intitulé « Atiq RAHIMI, le passeur pachtoun »).
(4). Propos tirés de l'article de Lucie CAUWE, « Le cri d'une Afghane », suivi d'un entretien daté du 17 octobre 2008 (Site Internet : http://archives.lesoir.be/le-cri-d-8217-une-afghane)

(5). Atiq RAHIMI n'apprendra d'ailleurs la mort de son frère, communiste, qu'un an après son assassinat. Ses parents vivent aujourd'hui aux Etats-Unis, avec l'une de ses sœurs. L'autre est restée à Kaboul...

(6). Propos extraits d'un entretien avec Ariane CHEMIN, publié dans le dossier spécial sur Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008 paru dans BibliObs du 11 novembre 2008, article intitulé « Deux ou trois choses que je sais d'Atiq Rahimi ».
Autres sources de documentation :


  • Le Nouvel Observateur, n°2296, du 6 au 12 novembre 2008.




  • Le Monde, extrait de l'article d'Alain BEUVE-MERY, « Le Goncourt au

Franco-Afghan Atiq RAHIMI », publié le 12 novembre 2008 ( page

« Culture & vous », Actualités).


  • Internet, Wikipédia : Atiq Rahimi.



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