Soirées Littéraires à Asnelles





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l’association « Littérature à voix haute » présente
Soirées Littéraires à Asnelles
les 28 et 29 décembre 2010

- lectures de textes littéraires par des comédiens ou par les auteurs -

- histoire de la littérature & critique littéraire-

Si je lisais abondamment, c'était pour mon seul plaisir, afin d’approfondir mon intime sentiment d’existence charnelle, et non pour accroître mes connaissances scolaires […]. Certains livres me permettaient d’exister dès maintenant au-delà de moi-même.

Claude Vigée, Un panier de houblon, (tome I, ‘la verte enfance du monde’).

« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c’est la littérature. »

Marcel Proust, A la Recherche du Temps Perdu, Le Temps retrouvé.
« La poésie n’est pas seulement ni principalement vivre de jouissance, elle nous fait accéder à la jouissance de vivre. »

Edgar Morin, La Méthode, L’Humanité de l’humanité.

Ces « Soirées Littéraires à Asnelles » se proposent, comme leur nom l’indique, de faire entendre des textes qui ressortissent à la littérature – un vaste domaine ; à l’image du monde.
Aussi, cette première programmation s’attache-t-elle, d’emblée, à en refléter –tant soit peu- la variété. « C’est le fonds qui manque le moins », disait La Fontaine ; et, en effet, le champ est infini.

Mais éclectisme ne rime ni avec confusion, ni avec indifférenciation. Alors, si aucune idéologie à proprement parler ne préside à ces choix présents et à venir, demeure commun à tous ces textes, le vecteur, la pertinence du fait littéraire.
Mais qu’est-ce que la littérature ? Qu’entendre, en effet, par ce mot ?

Qu’elle soit en prose ou en vers, la littérature nous semble Poésie. Une poésie écrite. Méditée ou spontanée, elle est une expression composée, et puisée au large de l’écriture fonctionnelle – qui est de surface.
Irréductible à l’analyse, aux systèmes ou aux canons forgés par chaque époque, cette poésie transcende ce que la pensée académique a appelé le « style ». Disons que, plus qu’on ne peut la définir, l’expérience la reconnaît –quelle qu’en soit la forme. On la reconnaît en ce qu’elle nous apporte de jouissance, « la jouissance de vivre » dont parle Edgar Morin, par sa consistance, par la plénitude de langage qu’elle atteint.

Ainsi, Racine se meut-il comme naturellement sur l’aire de cette « plénitude », mais nous avons oublié Quinault ; qui aussi, et avec la même langue pourtant, mettait en scène des rois et des reines passionnés. Ainsi, nous nous délectons des poèmes de Baudelaire mais non plus de ceux de l’attachant Pétrus Borel ; lequel partageait pourtant avec son ami un même sentiment de révolte, et le goût de la rime et de la provocation.

(C’est jeu facile que de tirer ces exemples de l’Histoire -le temps a fait son œuvre, et on ne cherchait là qu’à se faire comprendre).

Et c’est ainsi, pour la même raison, que nous pouvons aimer la lecture d’auteurs dont les options philosophiques divergent : encore une fois, Baudelaire, qui ne croyait guère au Progrès, et Tchékhov qui, a contrario, fondait de grands espoirs dans le développement de la machine à vapeur…
Notre projet est de donner à entendre conjointement la littérature la plus actuelle, celle qui est en train de s’écrire, avec celle des plus grands classiques, faisant ainsi avec les spectateurs le pari d’un cheminement vers la reconnaissance de la Littérature dans sa permanence.

mardi 28 décembre, à 20h30

Charles Dickens, Un chant de Noël, histoire de fantômes pour la Noël,

par Thomas Sacksick
« Nous savons qu’il y a de bons côtés chez nous tous –si seulement nous savions où ils se trouvent chez certains d’entre nous […]. », L’héritage de Mme Lirriper, Dickens.

 

Charles Dickens ( 1812 – 1870 ), au rebours d’un Baudelaire, est l’un de ces auteurs qui semblent avoir rencontré d’emblée son public. Et de quelle façon !

Qu’on en juge plutôt : l’épisode inaugural de son premier roman, Les Papiers posthumes du Pickwick Club (d’abord publié dans un journal), fut tiré à 400 exemplaires ; et le dernier épisode à 40 000 ! Ou encore, quelques années plus tard : dans Le Magasin d’Antiquités, la mort de ‘la petite Nell’ (une sorte de Cosette) fut ressentie dans toute la Grande Bretagne comme un jour de deuil national ; et à New York, où les publications anglaises arrivaient avec quelques semaines de décalage, des lecteurs impatients vinrent au débarcadère pour interpeller les marins -qui déchargeaient les publications- sur le sort de l’héroïne !
D’aucuns ont pu croire que Dickens avait captivé ses contemporains par l’habile application qu’il faisait des vieilles recettes sentimentales (Richardson), par le ton humoristique (Sterne) chers à la littérature britannique du 18ème siècle, et par le plein usage du mélodrame auquel ni un Hugo ni un Tolstoï n’ont su échapper. Pourtant, aujourd’hui que ces ressorts nous semblent définitivement épuisés (voir James Joyce qui s’en moque dans Les Gens de Dublin), aujourd’hui que nous en voyons ‘les ficelles’, avec le philosophe Alain « sans fatigue, nous lisons et relisons Dickens ». Que se passe-t-il ?

C’est que Dickens, qui –on aime à le rappeler- a su s’insurger contre les errements d’un capitalisme délirant, a su surtout, quel qu’en soit le terrain, ne pas être dogmatique et regarder à hauteur d’homme (avec plus de foi peut-être qu’un Tchekhov) tous les aspects de la vie (fussent les plus modestes), et nous dire avec souffle qu’elle peut avoir bon goût.

Au demeurant, avec une saine et sympathique confiance (dans cette épigraphe placée en tête d’une édition populaire), Dickens s’en remet à nous, ses lecteurs : 

« C’est au peuple anglais que je dédie cette édition à bon marché ; si mes livres sont vrais, son jugement les fera vivre ; s’ils sont faux, il en perdra rapidement le souvenir. »
Ce serait peu de dire qu’un Un Chant de Noël connut, comme les titres évoqués plus haut, une large audience !

Très vite devenu en Grande-Bretagne une véritable institution, c’est à présent un texte canonique (dont on ne compte plus le nombre de traductions ni d’adaptations -la dernière en date, Le Drôle de Noël de M. Scrooge par Walt Disney). Ainsi, à titre d’exemple, Scrooge, le nom du protagoniste, est entré dans le dictionnaire anglais des noms communs : « qui désigne une personne avare, rabat-joie ».

Un Chant de Noël est donc l’histoire de Scrooge ; et celle de sa métamorphose, de sa conversion. Histoire christique en somme de la renaissance d’un vieil homme, du Vieil Homme, qui « acquiert la force créatrice, capable à elle seule de refaire le monde1 ».

Thomas Sacksick, qui fréquente Asnelles depuis l’enfance, proposera dans sa maison ‘Douce Souvenance’ la lecture de larges extraits de ce Chant de Noël.


mercredi 29 décembre, à 20h30

Les ancrages normands de Guy de Maupassant

conférence de Gérard Pouchain

précédée de la lecture d’une nouvelle de Guy de Maupassant par Thomas Sacksick

« J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même. » Le Horla (seconde version), Maupassant.

Toute sa vie, Guy de Maupassant n'aura cessé de manifester son attachement à la Normandie : « J'aime cette terre, j'y ai mes racines », se plaît-il à répéter.

Sa production littéraire  - nouvelles, chroniques, contes, romans, poèmes, lettres - en témoigne.
L'écrivain qui a l'art de saisir en quelques mots les caractéristiques d'une valeuse entre deux falaises, d'une cour de ferme, des habits d'une paysanne, d'une plage de galets, nous a laissé des pages définitives sur notre région, et ces pages ne sont pas sans présenter des traits communs avec certains tableaux impressionnistes.

Agrégé de Lettres Modernes, chercheur associé à l’Université de Rouen, auteur de nombreuses publications, lauréat de plusieurs prix littéraires, fin connaisseur de la vie et de l’œuvre de Victor Hugo, Gérard Pouchain est avant tout connu pour sa biographie consacrée à Juliette Drouet.
Outre son minutieux travail d’exégète, Gérard Pouchain a rassemblé, au fil des années, une collection de caricatures originales évoquant la vie politique et littéraire de Victor Hugo de 1835 à 1885. Depuis 2002, cette collection ne cesse de circuler à travers le monde.
Il travaille actuellement à l’édition de lettres inédites de Juliette Drouet adressées au poète, qui viennent d’être retrouvées aux Etats-Unis.


1 Christine Huguet, Un chant de Noël, Le Livre de Poche, p.28




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