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Courants littéraires :
L'Humanisme
XVIe siècle

L'humanisme, mouvement d'idées qui culmina en Europe au XVIe siècle, et position qui place au-dessus de toutes les valeurs la personne humaine et la dignité de l'individu.

L'humanisme en tant que mouvement visant à renouer avec certaines valeurs de l'Antiquité fait partie intégrante de la Renaissance. Il prit naissance au XIVe siècle en Italie, avec Pétrarque, Boccace, et prospéra au XVe siècle avec Marsile Ficin, mais il se développa partout en Europe, notamment en France, où il se nourrit en particulier de la pensée de l'école de Chartres.

En Italie, des érudits comme Coluccio Salutati (1331-1406) et le Pogge diffusèrent des œuvres d'auteurs romains, tandis que d'autres, comme Guarino Veronese (1374-1460) et Francesco Filelfo (1396-1481) révélèrent à leurs contemporains des auteurs grecs de l'Antiquité. Des poètes néo-latins remirent au goût du jour les formes de la poésie latine et des philologues comme Lorenzo Valla inaugurèrent la critique philologique des textes bibliques. Parmi les savants humanistes admirés pour leur érudition et leur esprit de liberté figure Pic de La Mirandole, qui publia neuf cents thèses à débattre par des philosophes et des théologiens. À Florence se développa une Académie dès le XVe siècle (à laquelle succédèrent d'autres académies, telle l'académie Crusca en 1582); véritable creuset de l'humanisme italien et européen, elle reçut une forte impulsion des érudits byzantins qui s'y fixèrent après la prise de Constantinople par les Turcs en 1453. Opposée à l'aristotélisme, réintroduit en Europe par des philosophes arabes tels qu'Averroès et Avicenne puis repris par Thomas d'Aquin et en faveur dans de nombreuses universités, en particulier celle de Padoue, l'académie de Florence opéra un retour à la philosophie de Platon. Le promoteur de ce néoplatonisme humaniste fut Marsile Ficin, qui, sous l'égide de l'homme d'Etat florentin Cosme de Médicis, rassembla les humanistes de Florence et entreprit avec Pic de La Mirandole une collaboration parfois orageuse. Il influença même des théologiens en les incitants à la tolérance, comme l'Allemand Nicolas de Cuse, auteur de la Docte Ignorance (1440).

Le début de l'Humanisme français fut marqué par le philosophe et théologien Jean de Gerson et ses amis du collège de Navarre, fondé en 1304 sur l'emplacement de la future école Polytechnique sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris. Comme dans le reste de l'Europe, le développement des imprimeries (celle de la Sorbonne fut installée vers 1470 sous l'impulsion de Guillaume Fichet) facilita l'enseignement du grec (propagé par Guillaume Budé) ainsi que du latin et de l'hébreu.

Le même engouement humaniste pour la culture et la tolérance se répandit en Allemagne, notamment avec Johannes Reuchlin, qui s'était rendu à Florence et qui avait connu Pic de La Mirandole et Ficin. Au nom de ces idéaux et contre l'avis de l'empereur germanique Maximilien Ier, qui voulut détruire tous les textes hébraïques hors la Bible, comme le Talmud et les écrits de la Kabbale, Reuchlin défendit la thèse selon laquelle ces écrits faisaient partie d'un héritage précieux pour l'humanité. La lecture critique des textes sacrés dans l'esprit de liberté se prolongea en Allemagne au XVIe siècle avec les défenseurs de la Réforme, notamment Mélanchthon, qui tenta d'apaiser certaines querelles théologiques entre catholiques et réformés.

En France, Jacques Lefèvre d'Etaples reprit, sous l'influence de Reuchlin, l'enseignement de l'hébreu qu'il considéra comme élément de la culture humaniste. L'humanisme prit un nouvel essor avec la création par François Ier du Collège des lecteurs royaux (futur Collège de France). La traduction des ouvrages d'auteurs anciens, mise en valeur par Etienne Dolet, permit la large diffusion d'un platonisme christianisé, fortement revendiqué par les humanistes français, qui marqua au milieu du XVIe siècle les poètes de la Pléiade comme Ronsard et Du Bellay. En philosophie, Montaigne, tout en soutenant que la raison n'est qu'une « raison déraisonnable » qui ne permet pas d'établir les lois de la nature ni de constituer une science universelle, accorda à la raison le pouvoir de libérer l'homme des idoles et des vérités « toutes faites » issues de la scolastique. Par l'autonomie de la raison, Montaigne affirma également l'autonomie de l'homme.

Dans le reste de l'Europe, l'humanisme marqua les débuts de la Réforme; il se répandit notamment grâce au Hollandais Erasme, qui écrivit, après avoir séjourné chez Thomas More en Angleterre, Eloge de la folie (publié à Paris en 1511). Son ouvrage parvint également en Angleterre, où l'humanisme fut implanté à l'université d'Oxford par les érudits William Grocyn (1446-1519) et Thomas Linacre (v. 1460-1524), tous deux maîtres de Thomas More. L'humanisme exerça une influence décisive sur la littérature anglaise et marqua en particulier le théâtre élisabéthain.

L'Humanisme, parti d'un retour aux textes et à certaines valeurs de l'Antiquité, s'est adjoint tout naturellement l'esprit de liberté et d'indépendance à l'égard des dogmes trop rigides et constitua incontestablement un courant qui, grâce à la Réforme, permit une nouvelle libération des hommes et l'apparition d'un esprit de tolérance nourri de ce que le Don Juan de Molière manifestera à l'égard du pauvre homme qui lui indiquait son chemin, l'« amour de l'humanité ».

L'Humanisme de la Renaissance s'est maintenu dans le monde occidental jusqu'à la rupture opérée par Nietzsche avec la morale judéo-chrétienne : déclarant la « mort de Dieu », il ouvrit la voie à l'humanisme athée. La référence à l'Homme comme sujet universel, qui agit au nom des valeurs, disparut complètement avec certains mouvements idéologiques du XXe siècle et des philosophies très diverses, dont celles de Heidegger en Allemagne ou de Foucault en France donnèrent la mesure.


Courants littéraires:

La Pléiade

XVIe siècle

La Pléiade est avant tout un mythe : un mythe organisé et orchestré par un groupe de jeunes poètes — et tout particulièrement par Ronsard — désireux de se présenter comme l'avenir de la poésie dans une France dépourvue de tradition littéraire. Mythe au demeurant fragile, car, en dépit d'un certain nombre de points communs, les membres de la Pléiade ont des personnes très différentes et s'engagent assez tôt sur des voies divergentes, donnant orientation particulière à l'ambition initiale.

À l'origine, il y a deux groupes : celui du Collège de Coqueret, et celui du Collège de Boncourt ; dans les deux établissements, des jeunes gens ambitieux apprennent le grec et s'imprègnent des théories humanistes. Le groupe Coqueret, rassemblé autour de Ronsard et Du Bellay, se donne d'abord le nom de « Brigade », se reconnaissant par là comme la nouvelle génération poétique. Puis, Ronsard se plaira à y distinguer une « Pléiade » de poètes, c'est-à-dire un groupe privilégié de sept individus censés se partager les divers genres poétiques. Mais cette liste des « étoiles » évoluera...

Le grand principe sur lequel repose la théorie littéraire que s'efforcent mettre en place les membres de la Pléiade est celui de l'« imitation » des lettres antiques, pour lesquels tous nourrissent un véritable culte. Il faut lutter contre le « monstre ignorance », en s'imprégnant des textes de l'Antiquité, aussi bien que des poètes contemporains, italiens et néo-latins, et en les imitant librement. Les poètes de la Pléiade s'imitent également entre eux, et presque tous viendront à imiter avant tout Ronsard...

Il ne s'agit pas de se laisser enfermer dans le cadre d'une culture figée, mais de faire revivre la littérature que l'on étudie, et d'en explorer toutes les possibilités: la Pléiade aborde tous les genres, de l'épopée aux formes brèves, tous les styles (sublime, moyen, bas), et tous les tons (du tragique au familier). On ne s'approprie le texte d'autrui que pour mieux le re-créer, plus beau, plus parfait, plus proche de l'idéal — de l'Idée de la poésie. Car, à l'origine du moins, le platonisme est encore présent dans la conception nouvelle de la littérature que mettent en place les jeunes poètes.

L'inspiration est l'une des clés de voûte des théories de la Pléiade : alors que toute cette génération de poètes consacre une grande attention au travail de langue et du vers, et ne se fie pas à la nature, son maître-mot reste l'« enthousiasme », la « fureur » divine à laquelle le poète est censé s'abandonner s'il veut composer une œuvre de mérite. Cette conception nouvelle de la création poétique souligne l'importance des poètes dans la société, et va de pair avec l'idée qu'ils se font du métier d'écrivain : ce qui est en jeu pour tous, c'est la gloire, c'est l'immortalité que l'on ne peut acquérir que grâce à l'œuvre poétique.
Le Baroque littéraire

XVIIe siècle

Plan de la page:

I- L'héritage de la Renaissance et la quête de la modernité

II- La notion de baroque

III- Les poètes « baroques »

Espace des Liens Utiles...

I- L'héritage de la Renaissance et la quête de la modernité

Au seuil du XVIIe siècle, la poésie est encore largement inspirée par La Pléiade qu'avait brillamment illustré Ronsard : une poésie qui s'abandonne aux fastes de l'imaginaire et de la mythologie antique. Les enthousiasmes de la Renaissance continuent à animer les cercles poétiques constitués autour du roi Henri IV ou de Marguerite de Valois. Les grands poètes de cette époque s'appellent encore d'Aubigné (qui meut en 1630), Desportes (1546-1606) ou même Du Bartas (mort en 1590) qui connut une gloire européenne.

Avec la venue de Malherbe (1555-1628), la poésie se tourne vers une esthétique résolument moderne, qui annonce les exigences du classicisme (raison, clarté et naturel) ; mais le renouveau ne s'effectue pas du jour au lendemain. Pendant les premières décennies du siècle (au moins jusqu'à 1630), les doctrines poétiques les plus variées coexistent.

II- La notion de baroque

Pour définir les deux tendances de cette inspiration poétique, on a inventé au XXe siècle la notion de baroque, par opposition au classicisme ; le mot baroque désigne à l'origine une perle de forme irrégulière. L'histoire de l'art l'utilisait à propos de la peinture, de l'architecture et de la sculpture, pour caractériser une esthétique où dominent l'irrégularité, le mouvement, la métamorphose et les contrastes de formes ; cette esthétique repose sur l'imagination, elle utilise volontiers les discours figurés et codés (symboles, allégories, etc.). Par extension, la notion de baroque a semblé pouvoir être utilisée aussi pour définir une esthétique poétique, qui repose sur les mêmes effets et les mêmes procédés : antithèses, images, énigmes et métaphores.

Ce que dit le TLFI à propos du mot « baroque »

« Baroque » était pris au XIXe siècle dans un sens péjoratif. Il qualifie en général un style caractérisé en architecture et en peinture par la profusion de l'ornementation, la recherche de l'effet de masses, l'emploi de la ligne courbe ; en littérature et en musique par un goût de l’emphase, du contraste, une recherche du mouvement et de la fantaisie qui s'oppose au caractère plus statique et à la rigueur de l'art classique.

Étymologie et historique du mot « baroque » (extrait)

Le « baroque » est emprunté au portugais barroco « rocher granitique » et « perle irrégulière », attesté depuis le XIIIe siècle sous la forme barroca, d'origine obscure, probablement préromane en raison du suffixe -ŏccu très répandu sur le territoire ibérique. L'espagnol barrueco ne peut être à l'origine du mot français, étant donné que le mot espagnol n'a pas le sens de « perle irrégulière » que depuis 1605.

Le « baroque » est issu de la première étymologie probablement croisé pour le sens avec le latin médiéval baroco, créé artificiellement au XVIIIe siècle par les scolastiques pour désigner une forme de syllogisme et qui, employé ensuite par moquerie par les adversaires de la scolastique, contribua à donner à baroque le sens de « bizarre, inutilement compliqué ».

Voir « baroque » dans le Trésor de la Langue Française informatisé.

III- Les poètes « baroques »

L'école « baroque » ne s'est pas constituée selon des règles et un corps de doctrine fixés par tel ou tel poète de l'époque. C'est la critique moderne qui a employé le mot « baroque » pour caractériser la diversité et la richesse d'une poésie qui se cherche et s'invente dans les années 1600-1630. Quatre poètes illustrent bien tout ce que peut recouvrir cette notion : Mathurin Régnier (1573-1613), qui s'est distingué dans le genre satirique , Théophile de Viau (1590-1626), qui a poursuivi, entre autres, la tradition de l'ode, Malherbe, le plus âgé de tous, mais aussi le plus « moderne », qui, sans ignorer les tentations du baroque dans sa jeunesse, en a ensuite tempéré les excès en formulant un ensemble de règles strictes qui posent les bases de la future esthétique « classique ». Saint-Amant (1594-1661) achèvera ce tour d'horizon ; en effet son premier recueil d'Œuvres (1629) marque un aboutissement de la poésie baroque, par la variété des tons et la diversité des genres qu'il pratique ; il annonce aussi la génération suivante, celle de la préciosité et de la galanterie, dont il demeurera un des brillants représentants.
Le Classicisme

XVIIe siècle

Plan de la page:

I- Présentation

II- Classicisme et Baroque

III- L'idéal classique

IV- Les « Phares » de la littérature classique

V- Le déclin et les survivants

VI- Conclusion

Espace des Liens Utiles...

I- Présentation :

Le classicisme, courant esthétique regroupant l'ensemble des ouvrages qui prennent comme référence esthétique les chefs-d'œuvre de l'Antiquité gréco-latine.

Le terme a une définition esthétique mais aussi historique, puisqu'en France l'« époque classique » est la période de création littéraire et artistique correspondant à ce que Voltaire appelait « le siècle de Louis XIV » ; il s'agit essentiellement des années 1660-1680, mais en réalité la période classique s'étend jusqu'au siècle suivant. Le classicisme en France est un cas singulier : cette période a été appelée classique parce qu'elle se donnait comme idéal l'imitation des Anciens, mais aussi parce qu'elle est devenue une période de référence de la culture nationale.

C'est aussi Versailles qui forge, vers 1660, l'idéal de « l'honnête homme » qui se caractérise par une élégance à la fois extérieure et intérieure, signe distinctif d'une société qui a érigé la discipline et l'urbanité en principes de vie.

Au-delà de ces définitions historique et esthétique, le sens du terme « classique » a été étendu jusqu'à désigner tout écrivain dont l'œuvre semble propre à être étudiée dans les écoles pour y servir de modèle. Dans un sens encore plus large, est classique toute œuvre culturelle qui est devenue une référence: on dit ainsi couramment de tel film qu'il est un classique.

Chaque littérature a ainsi ses écrivains classiques. Il existe par ailleurs des périodes littéraires qualifiées de classiques : « classicisme de Weimar » en Allemagne (du voyage en Italie de Goethe en 1786 à la mort de Schiller en 1805), « âge » de Dryden et de Pope en Angleterre, par exemple.

Nous parlerons ici du classicisme du Grand Siècle.

II- Classicisme et baroque :

Heinrich publia en 1898 un livre sur l'art italien du XVIe et du XVIIe siècle, l'Art classique, dans lequel il opposait Classicisme et Baroque : d'un côté la ligne droite, la noblesse et l'équilibre, de l'autre la courbe, le mouvement et le foisonnement. D'un côté Raphaël et Poussin (les classiques), de l'autre Michel-Ange et Bernin (les baroques).

La notion de baroque ne sera introduite que plus tard dans l'histoire littéraire française; elle permettra de nommer et de redécouvrir la période historique située entre la Renaissance et le classicisme, période placée sous le signe de l'irrégularité, du spectaculaire, de la métamorphose, de l'éphémère, de l'illusion et de l'identité vacillante.

Voir le Baroque littéraire.

La Querelle des Anciens et des Modernes.

Biographie des auteurs du XVIIe siècle.

Les genres littéraires.

Historique et règles de la tragédie.

La règle des trois unités.

III- L'idéal classique :

Au XXe siècle, André Gide rappelle combien les règles imposées aux écrivains classiques constituent le « cadre » propice à la maturation d'œuvres harmonieuses, dans lesquelles forme et contenu se fondent en une parfaite unité.

Les grands auteurs de l'époque, tels Corneille, Racine, Molière, La Fontaine, s'inspirent des Grecs, Euripide, Aristophane, Théophraste, Ésope et des Latins, Plaute, Térence, Virgile, Horace et Sénèque. La Bruyère s'inquiète, à la première page des Caractères, que tout soit dit : « En ce qui concerne les mœurs, le plus beau et le meilleur est enlevé ; l'on ne fait que glaner après les Anciens et les habiles d'entre les modernes ». Cependant cette imitation considérée comme une loi fondamentale de l'esthétique classique ne doit pas être confondue avec le plagiat. Les « disciples » conservent dans leurs œuvres cette part caractéristique de leur époque qui leur permet de faire autre chose que du « Plaute ». de l'« Ésope » ou de l'« Euripide », tout en gardant à ces derniers leur admiration. Dans ce sens, La Fontaine affirme dans son « Épître à Huet » :

« Mon imitation n'est point un esclavage [...]

Je ne prends que le sens et le tour et l'idée

Tâchant de rendre mien cet air d'antiquité ».

Le culte des Anciens se double du souci d'instruire et de plaire. Pour accéder à cet idéal, il faut remplir certaines conditions que les théoriciens définissent. L'art s'apprend et se maîtrise et une œuvre accomplie est l'aboutissement d'un long travail. C'est à ce prix que les Classiques créent la beauté. La Fontaine reconnaît dans la « Préface » de Psyché : « Mon principal but est toujours de plaire ». Cet objectif est atteint quand l'écrivain se plie aux règles des différents genres littéraires, qu'il apprend à en dominer les contraintes et, à travers elles, à conquérir l'art de communiquer clairement ses idées. L'Art poétique de Boileau (1674) inspiré de la Poétique d'Aristote rend compte de cette perfection qui permet d'allier la vérité d'une pensée et la justesse de son expression. Cet accord du fond et de la forme ne se distingue pas de la beauté.

À ce précepte s'ajoute l'attachement au naturel, vertu classique par excellence, qui régit l'expression littéraire aussi bien que les comportements humains. La prédominance du naturel ne peut être séparée d'un idéal de clarté qui exige, à la fois, une pensée suffisamment limpide pour être totalement communicable, et un langage suffisamment précis pour communiquer cette pensée. À ce propos, Boileau écrit : « Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement ».

Cet idéal littéraire coïncide avec un idéal humain de mesure et d'équilibre. Une fable de La Fontaine, intitulée « Rien de trop », illustre bien ce précepte dont Montaigne au XVIe siècle, avait fait sa règle de vie. Molière fait dire à Philinte dans Le Misanthrope : « La parfaite raison fuit toute extrémité ». Ainsi, les Classiques condamnent toute forme d'excès.

Donc, à la stricte étiquette de la Cour et à une hiérarchie sociale nettement définie, correspond l'ordonnancement des idées et de l'expression, harmonieusement fondues. L'harmonie est le maître-mot qui sous-tend l'idéal classique: harmonie entre l'éclat du règne et celui des arts, harmonie d'une langue limpide au service d'une pensée lumineuse.

IV- Les « phares » de la littérature classique :

C'est dans le genre théâtral que se manifeste, dans son plus grand éclat, le génie classique. Molière fait de la comédie un instrument d'analyse de la société et des travers de l'homme. Le Cid de Corneille (1636) est le point de départ pour l'application d'un code théâtral à partir duquel les dramaturges élaboreront les règles qui contribuent à la perfection du genre. La tragédie classique s'inspire essentiellement de l'Antiquité gréco-latine. Elle est régie par la règle des trois unités qui impose une action unique, concentrée en un jour, en un seul lieu, sans épisodes superflus. À cette cohésion, s'ajoute une exigence de rigueur formelle puisque la tragédie comporte cinq actes, écrits en vers alexandrins; le respect des bienséances et le souci de la vraisemblance participent également du code de l'écriture théâtrale. Rien de choquant ne doit être représenté sur la scène : ainsi, la mort de Cléopâtre dans Rodogune de Corneille, se déroule dans les coulisses ; le récit de Théramène, dans Phèdre, relate l'épisode de la fin violente d'Hippolyte.

Le XVIIe siècle voit aussi la résurgence, après une longue éclipse, de genres littéraires hérités de l'Antiquité : la fable, la satire, les lettres, les maximes et les portraits. La Fontaine illustre magnifiquement le premier dans ses Fables (1668-1678). Boileau, émule d'Horace, écrit des Satires (1666-1668) qui trouvent un grand succès. Mme de Sévigné (1626-1696) mêle dans ses Lettres les « potins » de la Cour et des réflexions morales. Les Maximes de La Rochefoucauld (1664) et Les Caractères de La Bruyère (1688) donnent à la critique sociale une pulsion nouvelle et la transforment en satire. Ces deux ouvrages ouvrent la voie à l'esprit de réforme du siècle suivant.

En revanche, l'époque classique semble se désintéresser de la poésie lyrique. On peut, cependant, relever que, chez Racine, le dilemme tragique s'exprime en un lyrisme d'une grande pureté, que Corneille a utilisé les « stances », strophes où les héros exposent leur situation avec une profonde émotion et que La Fontaine lui-même, au détour d'une fable, ose, de temps à autre, une confidence.

La France du XVIIe siècle connaît encore le multilinguisme, avec des parlers ou des accents régionaux et sociaux très contrastés. Cependant, le français n'y est plus perçu comme une langue « vulgaire » par rapport au latin, comme c'était encore le cas au siècle précédent.

Reste à en fixer le bon usage, c'est-à-dire « la façon de parler de la plus saine partie de la cour, conformément à la façon d'écrire de la plus saine partie des auteurs du temps », comme l'écrit Vaugelas dans ses Remarques sur la langue française (1647). De nombreux ouvrages paraissent à la suite du sien, comme celui de Ménage, Observations sur la langue française (1672). La fin du siècle voit paraître deux grands dictionnaires de la langue française (Richelet, 1680 ; Furetière, 1690) avant celui des Académiciens (1694).

V- Le déclin et les survivants :

Vers la fin du XVIIe siècle, les défaites militaires et la misère du royaume ternissent l'éclat des dernières années du règne de Louis XIV. Les problèmes politiques et sociaux l'emportent désormais sur l'idéal de l'âge classique. La Bruyère et Fénelon critiquent la monarchie absolue. L'autorité de la religion est remise en question par Bayle et Fontenelle. De nombreus signes annoncent, dès la fin du siècle, l'avènement de l'esprit nouveau.

La Querelle des Anciens et des Modernes, vers 1680, souligne la rupture entre les tenants de l'art classique, qui préconisent l'imitation des écrivains de l'Antiquité, et les Modernes qui trouvent les Anciens « sans goût et sans délicatesse », comme l'affirmait sentencieusement Boisrobert en 1635.

Cependant, l'idéal classique survit au XVIIIe siècle à travers des œuvres rigides et formalistes, comme les tragédies de Crébillon (1674-1762) ou celles de Voltaire, grand admirateur de Racine. Mais l'auteur de Zaïre (1732) compense la pauvreté de l'analyse par les effets scéniques. En accordant une grande place au pathétique extérieur, il ouvre la voie au drame romantique.

De Lamartine à Baudelaire, en passant par Vigny et Hugo, les poètes du XIXe siècle respectent les codes de la prosodie classique. C'est avec Rimbaud que l'art poétique connaîtra une véritable révolution dont se réclameront les poètes surréalistes.

Mais l'idéal classique trouvera des défenseurs passionnés même au XXe siècle avec André Gide, François Mauriac, Georges Bernanos et Julien Green, héritiers d'une tradition inaugurée quelque trois siècles plus tôt par le merveilleux roman de Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves (1678).

Spotlight: La Querelle des Anciens et des Modernes.

VI- Conclusion :

À partir du classicisme, la réflexion intellectuelle, la recherche de la perfection formelle et la vie sociale cessent d'apparaître comme des sphères séparées. Bien plus qu'un mouvement esthétique, le classicisme apparaît comme une véritable vision du monde, où « tout n'est qu'ordre et beauté ».

C'est, finalement, à un critique contemporain, Jean-Claude Tournand, qu'on peut emprunter ce jugement sur le Grand Siècle: « Dans la mémoire des Français, le XVIIe siècle joue un peu le rôle d'une référence par rapport à laquelle on juge tout le reste, comme, avant le classicisme, on jugeait tout par rapport à l'Antiquité. Cela tient peut-être au fait que, par rapport aux siècles qui l'ont précédé, il inaugure les temps modernes. Mais on peut croire aussi qu'en dépit des luttes qui ont marqué son histoire il évoque la pensée d'une certaine cohésion: l'approche, par différentes avenues, d'un commun idéal de perfection ».
Le siècle des Lumières
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