Vu de France, le théâtre italien se réduit trop souvent à Romeo Castellucci et Pippo Del Bono





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date de publication30.04.2017
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PRESENCES ITALIENNES

10-24 janvier

Vu de France, le théâtre italien se réduit trop souvent à Romeo Castellucci et Pippo Del Bono,

auxquels on adjoint, pour le juste poids, quelques îliens dialectophones comme Spiro Scimone /

Francesco Sframeli (Messine) et Emma Dante (Palerme).

La Péninsule ne manque pourtant pas de scènes à découvrir. D’autant que son cinéma est porté

pâle, reportant sur le théâtre le soin de rendre toutes ses couleurs à la contemporanéité. Le théâtre

est devenu le lieu par excellence où une humanité dépossédée de sa fraternité peut espérer se

confier. Paesaggio con fratello rotto, écrit par Mariangela Gualtieri et mis en scène par Cesare

Ronconi, aussi bien que Cinema Cielo (d’après Notre-Dame-des-Fleurs, de Jean Genet), mis en

scène par Danio Manfredini, offrent des refuges à ceux qui ont perdu confiance. Les deux metteurs

en scène se posent une seule et même question : comment survivre dans un monde sans amour ?

Contre la compassion, soldée au système marchand, leur théâtre entend restaurer la passion, celle

qui donne la vie. En réinventant du rituel, du masque et du jeu, du rythme et du verbe. L’amour

court toujours au bord du poème.

Jean-Louis Perrier
DANIO MANFREDINI

Depuis presque 20 ans, Danio Manfredini produit des spectacles rares où il joue souvent seul,

construits sur un travail personnel exigeant, un perfectionnisme maniaque, une grammaire

dramaturgique et gestuelle complexe, raffinée et de perception immédiate : on peut citer entre

autres La crociata dei bambini de Bertold Brecht (1984), Miracolo della rosa de Jean Genet

(1988), La vergogna (1990), Tre studi per una crocifissione (1997) et Al presente (1999).

Danio Manfredini (Casalbuttano, 1957) s’est formé avec César Brie et Iben Nagel Rasmussen ; il a

évolué dans un environnement de centres sociaux, a travaillé pendant longtemps aussi dans des

structures psychiatriques.

Il a récemment collaboré avec Raffaella Giordano comme dramaturge et Pippo Delbono (Il

muro / Il silenzi), comme acteur et chanteur. On retient une participation mémorable à Parsifal du

Teatro Valdoca (99).

« Dans le théâtre italien, Danio Manfredini représente une exception lumineuse. Son parcours

artistique est excentrique, ses oeuvres ne sont pas des produits plus ou moins réussis mais des

organismes vivants qui naissent, grandissent et puis –peut-être- meurent, quand l’auteur perçoit que

l’énergie qui l’animait s’est éteinte ou bien a pris une autre direction et a besoin d’une nouvelle

forme. Son théâtre n’est pas seulement théâtre mais la découverte - presque le « miracle » - d’un

des théâtres possibles. C’est de la peinture, parce que dans ses gestes minuscules et inéluctables se

condensent ensemble la trajectoire de la main qui trace le signe et le signe lui-même. C’est de la

danse par le rythme et la succession des mouvements, par l’occupation de l’espace. C’est de la

poésie dans la réflexion sur la marginalité et la différence qui constitue peut-être le fil rouge de tout

son parcours : endurée et jamais exhibée, loin de tout sentimentalisme et de toute banalité.

Si pourtant vous parlez avec de nombreux artisans ou passionnés du nouveau théâtre italien, vous

découvrirez que Danio est un maître secret qui par ses séminaires a marqué de nombreuses

carrières artistiques : pour sa rigueur, son expérience, sa sagesse et évidemment une compétence

acquise durant des années de répétitions, d’improvisations et de recombinaisons dramaturgiques.

Mais c’est surtout son intégrité d’artiste qui est un exemple et un point de référence pour tous. »
Oliviero Ponte di Pino

critique théâtral, éditeur

10, 23, 24 janvier PRESENCES ITALIENNES

théâtre Garonne

sam 10 à 20h, ven 23 à 22h, sam 24 à 19h30
Danio Manfredini

AL PRESENTE

Création et jeu Danio Manfredini

Création lumières Lucia Manghi

Collaborations Andrea Mazza, Luisella del Mar, Lucia Manghi, Vincenzo del Prete

Travail inspiré de quelques textes d’Alberto Giacometti

Spectacle en italien surtitré en français

Durée 1h00

« Si tu savais combien j’ai peur, que veux-tu, j’ai peur, oui, j’ai peur de disparaître, de m’en aller »

En scène, un homme dans un espace blanc, univers froid et impersonnel qui rappelle celui des lieux

institutionnels, couloirs d’hôpitaux, instituts psychiatriques... C’est un homme divisé : une part

immobile, passive, traverse l’existence dans un état d’attente, à la merci du monde, de ses

événements, sans pleurer et sans rire. C’est un mannequin. L’autre partie est un homme épouvanté,

parcouru par les empreintes charnelles des personnes qui ont compté dans sa vie, traversé par les

images, les éclats du passé. Dans un dialogue ininterrompu, il retourne ses pensées intérieures, ses

inquiétudes, assumant les postures et les voix d’hommes, miroirs déformés de lui-même. Entre une

pensée et l’autre, un souvenir et l’autre, derrière la solitude et l’immobilité de façade, bouillonne un

être complexe qui continue à se mouvoir, du désir à la résignation. Un homme invisible, jeté sous

les sunlight. Visible et sous les yeux de tous. Une boule de billard en folie.

Fruit d’une longue recherche, Al Presente a valu en 1999 à Danio Manfredini, le Prix Ubu du

meilleur acteur, la plus haute distinction théâtrale en Italie.

« Al Presente a comme inspiration des textes de l’artiste Alberto Giacometti :

« Quand je suis devant un modèle, je vois qu’il voyage avec ses pensées, avec son imagination. Je

ne peux pas l’en empêcher, je ne peux que le cueillir dans sa fugue. » (A. Giacometti)

Je me suis mis moi-même en scène comme modèle sous la forme d’un mannequin : c’est l’être qui

pense, qui imagine, qui se souvient des personnes, des faits qui ont un lien avec sa vie et avec le

monde qui l’entoure. C’est un voyage dans l’esprit, une tentative de cueillir une de ses traversées

possibles. Ce spectacle est né après 12 ans passés comme éducateur dans une communauté

psychiatrique. J’ai emprunté aux patients la dynamique corporelle, les comportements,

l’immédiateté du langage qui exprime la condition humaine et ses états d’âme. »
Danio Manfredini

Du 15 au 17 janvier PRESENCES ITALIENNES

théâtre Garonne

jeu 15 à 20h, ven 16 et sam 17 à 20h30
Danio Manfredini

CINEMA CIELO

Idée, mise en scène et scénographie Danio Manfredini

Avec Patrizia Araldi, Vincenzo del Prete, Danio Manfredini, Giuseppe Semeraro

Assistante à la mise en scène Patrizia Araldi

Création lumières Maurizio Viani

Création sonore Marco Olivieri

Production Emilia Romagna teatro

Spectacle en italien surtitré en français

Durée 1h20

Le Cinema Cielo est l’un des ces nombreux cinémas pornographiques qui ont fleuri dans les années

70. C’est dans cette salle mythique de Milan aujourd’hui fermée, que Danio Manfredini a imaginé

transposer l’univers carcéral du roman de Genet, Notre-Dame-des-Fleurs. S’y presse une faune

hétéroclite : prostituées, transsexuels, célibataires et hommes mariés, adolescents curieux, couples

dévergondés... Des êtres mus par la recherche du plaisir, mais aussi en quête de chaleur et

d’affection. Les personnages du roman de Genet - Louis que tous appellent Divine, ses amants et

Notre-Dame-des-Fleurs - sont évoqués par la bande son du film qui passe. En entremêlant la

partition sonore avec la vie d’un cinéma porno, Manfredini fait coexister dans une atmosphère

d’intense poésie les ombres du livre et ceux qui se réfugient dans la pénombre de la scène.

« Notre-Dame-des-Fleurs raconte l’histoire d’un jeune homme, Louis Culafroy, qui fugue et se

retrouve à Paris. Il fréquente des mendiants, des voleurs, des maquereaux et trouve son identité

sous la forme d’un travesti nommé Divine. La vie de Divine a des accents lyriques comme La

Bohème.

J’ai voulu cueillir les typologies des personnages de Genet et voir comment elles se manifestaient

aujourd’hui. J’ai choisi un lieu où pouvaient affleurer ces figures considérées comme les

déchets de la société.

J’ai choisi le Cinema Cielo, une salle de cinéma porno où est projeté le film inspiré de l’histoire de

Divine. La réalité du cinéma est vue à travers les yeux d’un travesti qui regarde ce monde comme

un rêve, une vision enchantée et infernale et comme le personnage de Divine poursuit sa mission

avec la dévotion d’une sainte qui se propose de donner de l’amour à quiconque en aurait besoin.

Il n’est pas dans mon intention de scandaliser. Je souhaite plutôt explorer les zones d’ombres,

celles qui nous échappent et ne sont pas reconnues. Les êtres humains qui les révèlent sont souvent

marginalisés. Je voudrais passer outre ces jugements superficiels et y reconnaître quelque chose qui

me regarde, moi et plusieurs autres. Réussir à provoquer la pensée, l’imagination, l’émotion, la

réflexion… Voilà le type de provocation qui m’intéresse.

Je ne crois pas que le spectateur soit en position de voyeur parce que ce n’est pas l’action sexuelle

qui compte dans la pièce, mais la dynamique relationnelle entre les personnages. Pour moi, Cinema

Cielo est le portrait d’une humanité qui, pour diverses raisons – la solitude, le besoin d’argent, le

travail – aboutit dans ce trou qu’est le cinéma porno. On retrouve dans ce microcosme les mêmes

dynamiques relationnelles qu’à l’extérieur. J’espère que le public pourra suspendre son jugement

pour aller au-delà des apparences, reconnaître l’humanité des personnages et se reconnaître luimême.

»
Danio Manfredini

« L’ART DIFFICILE ET DELICAT DE L’ACTEUR »

Conversation avec Danio Manfredini (par Oliviero Ponte di Pino)

extraits

« Le théâtre est un art dur » conclut Danio avec la voix à peine voilée de la fatigue. « qui passe par

des taudis noirs, dans lesquels le corps te pèse et tu ne peux plus bouger »

Ses spectacles naissent toujours de voyages longs, douloureux, dispendieux dans « cette contrée mienne que j’ai appelée Espagne » comme dit Jean Genet dans la dernière phrase du Journal du Voleur.

C’est une méthode de travail dans laquelle le hasard donne forme à la nécessité, à travers de continuelles improvisations, annulations, montages et remontages, doutes et remises en question ;

(…) Même Cinema Cielo naît d’un acte de désamour à l’égard du théâtre, d’une trahison. Il est le fruit du désir de prendre le roman Notre-Dame-des-Fleurs de Genet - un auteur que Danio aime et sur lequel il a souvent travaillé – et d’en faire un film. Puis à un certain moment pendant qu’il travaillait avec deux acteurs Patrizia et Giuseppe il s’est aperçu que ce projet ne l’intéressait plus et que probablement le film ne se ferait jamais, parce qu’il aime le théâtre et non le cinéma et que peut-être après dix ans d’écriture et de réécriture était venu le moment d’utiliser ce matériel, cette expérience pour réaliser un spectacle théâtral qui part de ce monde là et de cette atmosphère. Un nouvel amour, un nouveau voyage. Comme d’habitude c’est un parcours long et tortueux. Après un an de travail et de répétitions, en se demandant quels rôles devaient jouer sur scène Genet et son roman.

Danio explique «Notre-Dame-des-Fleurs se passe dans les années 40 mais ce n’est pas une reconstruction historique ou d’atmosphère qui m’intéresse, c’est le présent.»

Danio nourrit un grand respect pour les acteurs du cinéma porno : « Je ne supporte pas ceux qui en parlent comme des acteurs sans dignité. Au fond, ils ne font que juger des acteurs qui offrent peut-être inconsciemment la part la plus délicate d’eux-mêmes. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, les corps de ces acteurs dansaient leurs étreintes sur l’écran du cinema Cielo, une de ces salles qui ont prospéré entre la libération sexuelle et l’arrivée des videocassettes. Aujourd’hui, il est fermé, on le dénigre. Mais c’était un monde fascinant, celui des cinémas porno. Des personnes très différentes y allaient : l’homme marié, le gay, le trans en recherche de clients, le garçon curieux, quelques prostituées et parfois un couple un peu étrange. Aujourd’hui ces salles ont été remplacées par des clubs privés, où inévitablement on trouve une faune plus sélectionnée. » Ces spectateurs, Danio les a étudiés comme un anthropologue qui rend visite à une tribu en voie d’extinction au fond d’une forêt équatoriale. Il a inventé une trentaine de personnages qui animent la salle mais aussi le hall avec la caissière, et les toilettes… C’est là, dans cette humanité mélangée, marginale, qu’affleure le vécu, la contemporanéité.

Au début il y avait une grande quantité de notes, de propositions, de mondes, d’idées. Puis il a fallu comme d’habitude voir « si la scène te répond ou pas ». Parce que le travail de Manfredini n’est pas celui d’un dramaturge qui écrit et puis met en scène. Il n’y a jamais un texte (ou une partition gestuelle) à représenter, un scénario à suivre mais des matériaux et des impulsions à ordonner après avoir été expérimentés, forgés, affinés sur la scène. Après avoir trouvé leur vérité dans l’action théâtrale, dans le geste.

Le parcours ne peut être linéaire. Les solutions ne sont jamais faciles car elles doivent paraître nécessaires. Ainsi à la fin il y a deux couples très différents : celui dont nous sommes partis et celui auquel nous sommes arrivés après un an de travail.

« Par exemple que faire de Genet et de sa présence dans le roman comme narrateur et moteur des événements, comme témoin et carburant lyrique ? Si on enlève la présence de Genet, le roman s’appauvrit. Au fond les autres personnages sont caractérisés par très peu de traits et de faits et ce sont les mots de Genet qui donnent la complexité et la densité au roman. »

C’est un monde complexe que celui de Genet, aussi complexe que celui de Danio, chargé d’influences et d’obsessions personnelles qui se mêlent dans un langage théâtral très articulé. Leur rencontre produit d’autres stratifications, de nouveaux parcours.
Du 22 au 24 janvier PRESENCES ITALIENNES

théâtre Garonne

jeu 22, ven 23 et sam 24 à 20h
Cesare Ronconi / Teatro La Valdoca

PAESAGGIO CON FRATELLO ROTTO

1ère partie : Fange qui devient lumière

Mise en scène Cesare Ronconi

Texte Mariangela Gualtieri

Avec Marianna Andrigo, silvia Calderoni, leonardo Delogu,

Elisabetta Ferrari, Dario Giovannini et Muna Mussie

Musique Dario Giovannini

Échantillonnages Aidoru

Décor Stefano Cortesi

Costumes Patrizia Izzo

Organisation Valentina Baruzzi, Morena Cecchetti et Roberta Magnani

Avec le concours du Ministère Italien des Biens et Activités Culturels, la Région Emilia-Romagna, la Province de Forlì-Cesena et la Mairie de Cesena

Spectacle en italien surtitré en français

Cesare Ronconi et Mariangela Gualtieri, metteur en scène et poétesse, ont fondé le Teatro Valdoca en Romagne en 1983. Leur dualité produit sur le plateau des oeuvres fortes, au jeu stylisé, enrichi de textes poétiques puissants. En 2005, Cesare Ronconi présente une oeuvre démesurée, une trilogie

qui mêle dans une splendeur baroque, le théâtre et la musique à la poésie incantatoire de Mariangela Gualtieri. Trois années de travail intense avec de jeunes acteurs qui ont grandi au sein de la « Scuola Nomade » de la compagnie ont été nécessaires pour mener à terme ce Paesaggio con Fratello Rotto. Une fresque composée de trois « paysages contemporains » avec, au coeur, la figure emblématique d’une humanité contradictoire : le fratello rotto, ce frère rompu, « qui donne la blessure et la guérison, qui connaît la main tendue et la main offensée ».

Seule la première partie du triptyque, Fange qui devient lumière, est présentée sur le plateau de Garonne. Elle dévoile des personnages inquiétants, danseurs pourvus de têtes d’animaux, boucher, barde et oracle, qui semblent célébrer un rite mystérieux. Dans sa quête de l’absolu, l’homme apparaît dans toute sa fragilité et sa solitude. Pris en étau entre la crainte et le désir, c’est un être de chair et de plaisir, de boue et de lumière. La force de la mise en scène est d’embrasser dans une unité picturale, les images, les costumes, la musique live, le texte inédit de Mariangela Gualtieri, riche de réflexions, né sur le vif des répétitions.

Les mots sont visionnaires. Les images dures et impressionnantes. La musique, le chant et les nombreux symboles qui emplissent la scène, tout s’efforce de parler à quelque chose qui n’est pas

l’intelligence.
Mariangela Gualtieri

Les deuxième et troisième volets de la trilogie - Chant de fer, À ceux qui hésitent - sont présentés

sous forme de vidéoprojections, commentées par le metteur en scène.
Samedi 24 janvier à 16h

Vidéoprojections des deuxième et troisième volets de la trilogie : Chant de fer, À ceux qui hésitent

commentées par le metteur en scène.

« “Dans cette oeuvre, il y a le portrait, l’instantané de quelque chose d’actuel et d’invisible.

Il y a une douleur qui semble concerner surtout l’occident : la cassure meurtrière entre nous et

l’âme du monde, l’énergie qui nous garde en vie, dont nous avons l’intuition mais que nous

trahissons toujours.

Cette “ âme du monde ”, sur laquelle la science se tait avec un sentiment de supériorité, cette âme

rabougrie par la religion en un corpuscule taché, ridiculisée par la rationalité, rendue rhétorique et

bête par la langue courante, etc., ce bout de braise cosmique qui brûle dans la terre et dans chacun

de nous, voilà ce que l’on photographie gauchement dans ce premier paysage.

On y photographie aussi la distance entre ce que nous ressentons et la façon dont nous vivons, entre

notre dedans et notre dehors, pour dire les choses simplement.

“ Comme nous nous sommes éloignés de ce qui nous garde en vie ! ”, crie la philosophie.

C’est justement cet éloignement qui est ici photographié.

Nous n'avons pas arrêté de croire en la force de la poésie, de penser à un spectacle qui soit aussi un

acte de résistance contre la Seigneurie Actuelle. Ce qu'est cette Seigneurie Actuelle, en partie, nous

le savons tous, et en partie nous ne le saurons jamais: une force, en tout cas, qui essaie de faire de

nous une bergerie muette, d’abattre notre vitalité, d'imposer sur nos dos des poids écrasants. Nous

regardons autour de nous et nous apercevons partout des signes invasifs de cette force

affaiblissante. Quelques kilomètres plus loin, nous la voyons aux prises avec ses morts tués et

bombardés.

Voici, c'est une envie d'exhortation qui nous pousse, une peur, une pitié. Surtout l’envie de nous

tenir bien éveillés, de prononcer des mots trop longtemps tus, de chanter et danser avec la

puissance désarmée des enfants. »
Mariangela Gualtieri

Le Teatro Valdoca est né en 1983 à Cesena, en Romagne, fondé par le metteur en scène Cesare

Ronconi et la dramaturge Mariangela Gualtieri.

Leurs deux premiers spectacles, Lo spazio della quiete (1983) et Le radici dell'amore (1984), sans

parole, d’une veine stylistique très nette, les propulsent sur la scène européenne. Ruvido umano

(1987) initie une recherche dramatique proche de la parole poétique, recherche qui aboutit avec la

trilogie Antenata (1991/93). Pendant ces années, la Compagnie crée une Ecole de Poésie à laquelle participent les plus importants poètes italiens, parmi eux Luzi, Fortini, Bigongiari, Conte, De Angelis, Loi, Maiorino, Cucchi, etc. La Compagnie lance ensuite un travail pédagogique sur l’acteur en organisant des rencontres avec de jeunes élèves ; cette véritable ‘Scuola Nomade’ (Ecole Nomade) débouche sur deux grands spectacles : Ossicine (1994) et Fuoco Centrale (1995), dans lesquels la musique sur scène, le chant et la danse contribuent à donner de la force et de la complexité à une parole poétique qui demeure la caractéristique du travail de la Compagnie. En1997, Nei leoni e nei lupi réunit sur scène les acteurs principaux du théâtre Valdoca et des élèves de la ‘Scuola Nomade’.

Parsifal Piccolo (1998) et Parsifal (1999), produits ensemble au festival de Santarcangelo, proposent pour la première fois une nouvelle version d’un texte issu de la tradition. Chioma (2000) donne vie à un personnage féminin puissant, proche du mythe. L’année suivante, la Compagnie réalise Predica ai pesci, (2001) opérette magique et populaire pour deux acrobates, une cantatrice et une actrice. En 2002, son activité est dediée à l’Ecole d’art dramatique et à “NON-splendore rock”, concert de rock et poésie.

En 2003, les vers pour le théâtre de Mariangela Gualtieri sont publiés par Giulio Einaudi Editore.

Parallèlement, l’oeuvre chorale Imparare è anche bruciare (2003) naît de l’Ecole d’art dramatique.

Fango che diventa luce (2004) est la première partie d’une trilogie, Paesaggio con Fratello Rotto,

une oeuvre hors-norme qui nécessite trois ans de travail, et réunit dix interprètes et de la musique

live.
Samedi 17 janvier à 16h PRESENCES ITALIENNES

théâtre Garonne

Antonella Amirante
PAROLE IN ANTEPRIMA

Textes de Tino Caspanello, Erri de Luca, Laura Forti

Mise en lecture Antonella Amirante

Avec Antonella Amirante, Fatou Ba, Andrea de Luca, Bruno La Brasca, Vittoria Scognamiglio

Lumière et plateau Benoît Foulquié

Un événement produit par les Instituts Culturels Italiens de Marseille, Lyon et Strasbourg

Production déléguée Théâtres du Shaman

Avec le soutien à Toulouse de COM.IT.ES (Comité des Italiens à l'Etranger - Midi-Pyrénées), L'Italie à Toulouse, la revue "RADICI"

Et le Consulat d’Italie

Antonella Amirante, comédienne italienne vivant en France, propose trois auteurs à découvrir,

révélateurs de la nouvelle dramaturgie italienne. Des lectures dirigées et interprétées en français par

des comédiens bilingues qui pourront au détour d’une phrase, passer d’une langue à l’autre, et nous

donner à entendre la sonorité des textes dans leur version originale.

Textes lus :

Mers de Tino Caspanello (40’)

traduction Bruno La Brasca

Né en 1960 près de Messine en Sicile, Tino Caspanello est auteur, acteur et metteur en scène pour

la compagnie Pubblico Incanto. Mers a recu le prix spécial du jury, Premio Riccione en 2003.

Dialogue musical entre un homme et une femme que l’auteur dédie à tous ceux qui s’aiment sans

se parler. C’est un adieu, au bord de la mer, entre un homme, anxieux de rester seul à pêcher, et sa

femme qui retarde le moment de le quitter.

Le dernier voyage de Sindbad de Erri de Luca (40’)

traduction Daniel Valin

Écrivain italien, ayant participé au mouvement d'extrême gauche Lotta Continua, dont il devint l'un

des dirigeants à la fin des années 1960, Erri De Luca a exercé divers métiers en France et en

Afrique. Il a écrit une vingtaine de romans et de recueils de poésie - Montedidio (prix Femina «

étranger » 2002), Trois Chevaux, Au nom de la mère

Thérapie antidouleur de Laura Forti (60’)

traduction Carlotta Clerici

Jeune auteur de théâtre, lauréate de plusieurs prix, actrice et metteur en scène, Laura Forti déploie

une écriture sensible, lucide, à l’humour ravageur. Les nuages retournent à la maison a reçu le Prix

spécial de la critique en 1998, Pesach/Passage (Prix Betti 2001) a été monté par Lukas Hemleb en

2004, Nema problema sera monté à la Comédie Française en 2009.

Le père est à l’hôpital, il a un cancer. Ses deux filles et son fils se réunissent autour de son lit et

confrontent leur vie, à l’ombre de sa mort. Mais le temps des regrets et des reproches s’embrouille

quand apparaît une jeune kosovare, maîtresse inattendue et enceinte.

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