Une évocation réaliste et précise de la charogne





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titreUne évocation réaliste et précise de la charogne
date de publication30.04.2017
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SEQUENCE 3 : la poésie de la modernité
« Une charogne »

Les Fleurs du Mal, XXIX, BAUDELAIRE

INTRODUCTION :

  • L’auteur : A faire à la maison

  • L’œuvre : idem

  • Le poème : 29ème de la section « Spleen et idéal » (titre à expliquer : prép. Pour le 25.02))



  1. UNE DECLARATION D’AMOUR ?

  1. présentation d’un couple

  • Dès le début du poème, présentation de 2 protagonistes, le poète et la femme aimée : il s’adresse directement à elle par :

  • L’emploi du pronom « vous »

  • L’impératif « rappelez-vous » 1 « dites » 45

  • L’utilisation d’apostrophes : « mon âme », v1, « ô ma beauté » 45

  • A la fin, le narrateur se distingue par l’emploi du pronom « je » mais dans l’ensemble du poème, il emploie le pronom « nous » v. 1 et 34: image d’un couple uni

  • Par ailleurs, lexique associé à la femme est très valorisant : elle est idéalisée par le poète :

  • Métaphore des astres : « Etoile de mes yeux, soleil de ma nature ». insistance car occupe le vers entier, parallélisme de construction et les mots portent l’accent

  • Emploi du vocatif 2 X : « ô la reine des grâces » 42, « ô ma beauté » 45

  • Amour marqué par l’emploi de l’adjectif possessif « mon », « ma » associé à terme très fort : « passion » 40 . mise en valeur par place à la rime, fin de strophe et diérèse : passi-on




  1. une promenade amoureuse ?

  • Image d’une promenade donnée par l’évocation du « sentier » v.3

  • Importance de la nature qui donne une atmosphère bucolique au poème : «  nature » 11, « ciel » 13, « fleur » 14, « l’eau courante et le vent » 26, « rochers » 33 , « l’herbe et les floraisons grasses »43

  • De plus, la nature semble propice à l’amour, elle est montrée de façon très positive. « le soleil rayonnait » 9 , « ce beau matin d’été si doux » ( adj. valorisant + adverbe d’intensité)


Ainsi, le poème semble s’inscrire à première vue dans la tradition des poèmes amoureux. Le poète et la femme aimée se promènent dans une nature accueillante. Pourtant, cela n’est qu’une apparence puisque les deux personnages vont découvrir un tableau horrible : celui d’un cadavre en décomposition, ce qui ca créer un décalage saisissant avec la 1ère impression donnée.


  1. UNE DESCRIPTION MACABRE

  1. une évocation réaliste et précise de la charogne

  • effet de surprise d’abord car aspect inattendu de la découverte. Le poème est le récit de cette anecdote :

  • marqueur temporel précis « ce beau matin d’été ». mais impossible à situer pour le lecteur. Jour qui fait partie de l’expérience commune du poète et de la femme

  • choix du titre : « une charogne » / « l’objet » : un élément particulier

  • emploi du passé simple « nous vîmes »

Donc un moment particulier mais qui s’est prolongé : cf. emploi de l’imparfait ( v.33 : une chienne les « regardait ») qui donne une impression de durée, ce qui explique que la description, à l’intérieur du récit, soit si longue ( v. 3 à 32) Quels éléments mis en valeur ?

  • précision de l’évocation : emploi de nombreux mots synonymes de « charogne » : « pourriture » 9, « carcasse superbe » 13 , « squelette », 35, « ordure » 37 . Insistance par la place à la rime et aussi par la diérèse pour « infection » 38

  • réalisme de l’évocation  par l’insistance sur :

  • le processus de la décomposition : « bataillons / De larves » : horreur soulignée par le rejet et l’enjambement matérialise bien l’action de « couler comme un épais liquide »

  • les odeurs : « suant les poisons »6, « plein d’exhalaisons »8, « ventre putride »17 ( à la rime », « la puanteur était si forte » 15

  • horreur de la vision accentuée par l’évocation des sentiments éprouvés (par la femme vraisemblablement). Cf. emploi de termes à connotation négative : « charogne infâme »( à la rime), « cette horrible infection » 38 : ici, mise en valeur par antéposition adj. et diérèse. + « vous crûtes vous évanouir », mais ici, ton un peu précieux en décalage avec la réalité macabre et atroce.


2. le souffle épique

  • La description dépasse le simple réalisme et devient une vision épique ( registre utilisé pour raconter les exploits d’un héros ; utilisation de l’amplification)

  • Image guerrière des « bataillons »18

  • Emploi du pluriel ds la strophe 5 et de termes collectifs : « tout cela » 21, « ce monde » 25

  • Animation des éléments de la charogne : emploi de verbes de mouvement « les mouches bourdonnaient » 17, « sortaient », « coulaient ». PUIS la charogne elle-même semble s’animer. Cf. v. 20 « de ces vivants haillons » ( insistance par l’antéposition) et vers 23-24 : mise en valeur du verbe « vivre » par l’enjambement

  • Utilisation répétée des comparaisons qui tend à transformer la réalité : v. 19, 21 (comme une vague) 23, 27-28

- Donc, la description dépasse la simple observation de la réalité. Le poète l’amplifie jusqu’à ce que la charogne devienne une hallucination, une vision onirique. Cf. négation restrictive du v. 29 « les formes n’étaient plus qu’un rêve »
Ainsi, Baudelaire rompt avec la tradition poétique en mettant au cœur de son poème, non pas la femme aimée, mais une horrible charogne, symbole de la laideur et de l’ignominie. Toutefois, il ne s’agit pas seulement pour le poète de narrer une anecdote, il cherche surtout à en tirer une morale.


  1. LES LEÇONS DU POETE

  1. une réflexion sur le temps qui passe et sur la mort

  • la mort est un thème récurrent du poème, aussi bien par le titre et la longue description de la charogne que par la fin du poème qui crée une mise en relief du thème : derniers sacrements, ossements, vermine, décomposés = rimes des 2 dernières strophes.

  • Leçons du poète ?

  • La mort nous attend tous : cf. emploi des futurs de certitude (vous serez, vous mangera)

  • La mort entretient la vie  + symbiose avec la nature (thème baroque de la métamorphose) : comparasion avec la « fleur » ( césure v.14), symbole de vie et référence à des éléments marquant le mouvement : eau, vent + vbs monter, descendre (21). Eléments vitaux réunis : l’eau, l’air, le feu (avec le soleil) et la terre ( avec le semeur)

  • Thématiques classiques de poésie baroque : MEMENTO MORI ( souviens-toi que tu vas mourir) et de la poésie pétrarquiste CARPE DIEM ( profite du jour). A travers le discours à la femme aimée du vers 37 à 48( cf. apostrophes, emploi de l’impératif et du futur pour donner des conseils), B. rappelle que la mort détruit la beauté . il propose une réflexion sur la condition humaine.




  • Mais décalage par rapport à la poésie traditionnelle :

  • alternance entre alexandrins (utilisés ds la poésie classique pour traiter de sujets graves, sérieux) et octosyllabes ( aspect + léger) donne une légèreté de ton

  • comparaisons surprenantes et violentes entre la femme et la charogne. Ecriture provocatrice, dimension érotique et horrible. Cf. comparaison v.5 et « sur un lit », « jambes ouvertes »

  • métaphore « manger de baisers » qui se rapporte à la vermine !

  • oxymore « la carcasse superbe » 13 ( allitérations en [s] ds le vers qui montrent ? ?) et association charogne à une fleur : laideur et beauté mêlées

  • antithèse ds le style des vers37-40 : style prosaïque s’oppose à lyrisme plus classique ds 2 derniers vers. Fort décalage accentué par mots à rime (et diérèse) : infection/passion. Montre bien l’aspect parodique de la déclaration d’amour. la poésie classique sublime la beauté de la femme, ici, le poète, cruel, lui annonce sa déchéance future !




  1. la puissance de l’art

  • le poète est un être à part :

  • pronom « je » qui l’isole du reste de l’humanité

  • la femme est associée à des verbes au futur, lui à des vbs au passé composé (« j’ai gardé » 47) ou au présent (« achève ») . donc, signe d’une permanence. Il n’est pas soumis aux lois du temps, à la mort. Il oppose donc de manière cynique la condition mortelle de la femme à la sienne.

DONC : il est un être supérieur : grâce à lui, les acteurs de cette histoire, même morts, subsisteront dans ses œuvres. Cf champ lexical de l’art : « ébauche », « toile ». il est bien comparable à Dieu. Cf. « essence divine » à la rime ( et qui s’oppose de manière provocatrice à « vermine » ( associée à la femme ). Apologue de la création poétique
- Autre force de la poésie : créer de la beauté à partir de la laideur. Cf. strophe 8.
( ordre des idées à revoir …)
CONCLUSION :

  • volonté de choquer, écriture provocatrice pour le lecteur.

  • Image de la modernité : « tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or ». baudelaire illustre ds ce poème le titre du recueil. Il arrive à partir de la misère, de l’horreur, du mal à créer la beauté, « une fleur ». La poésie est une fleur rare qui fait naître une forme nouvelle de beauté . poète = alchimiste qui transforme le laid en beau. = NOUVEL ART POETIQUE, tournant ds l’hre de la poésie.

  • Elargissement : RONSARD. Il conseille à la femme de profiter du temps qui passe et de l’immortalité que peut lui offrir le poète. Ici B. insiste surtout sur l’immortalité du poète ( fin du poème) et est plus cruel avec la femme, qui, simple mortelle, n’a pas d’espoir de salut. Force de B : renouveler thèmes classiques.


NOTES :

  1. Lubrique : impudique, vicieux, ayant un goût immodéré des plaisirs sexuels

  2. Cynique : qui se plaît à ignorer délibérément la morale, les convenances. Sans scrupules.

  3. Exhalaison : gaz, odeur, vapeur qui s’exhale, se répand .

  4. Putride : en putréfaction, en voie de décomposition

  5. Van : panier large et plat permettant de trier et de nettoyer les grains de blé

  6. Ebauche : première forme d’une œuvre d’art, d’un ouvrage, qui contient déjà en germe les caractéristiques de la production finale.

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