Texte 1 : extrait de L’ «introduction», lecture analytique





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3. Lecture d’extraits :
Texte 1 : extrait de L’ « INTRODUCTION », lecture analytique

Les sources d’inspiration
Dédicace: A mes filles NENOU ET DEDEE

Pour qu’elles apprennent et n’oublient pas que l’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la Terre nourricière
Baké, tu dors?

Oui, grand-mère!

Tant que je répondais ainsi, grand-mère savait que je ne dormais pas, et que, tremblant de frayeur, j'écoutais, de toutes mes oreilles et de tous mes yeux fermés, les contes terrifiants où intervenaient les Génies et les Lutins, les Kouss aux longs cheveux ; ou que, plein de joie comme les grands qui écoutaient aussi, je suivais Leuk-­le-Lièvre, madré et gambadant, dans ses intermi­nables aventures au cours desquelles il bernait bêtes et gens au village comme en brousse et jusque dans la demeure du roi.

Quand je ne répondais plus à la question de grand-mère, ou quand je commençais à nier que je dormisse, ma mère disait: «Il faut aller le cou­cher », et grand-mère me soulevait de la natte qui se rafraîchissait dans l'air de la nuit et me mettait au lit après que je lui eus fait promettre, d'une voix pleine de sommeil, de me dire la suite le lendemain soir, car en pays noir, on ne doit dire les contes que la nuit venue.

Grand-mère morte, j'eus dans mon entourage d'autres vieilles gens, et, en grandissant à leur côté, «j'ai bu l'infusion d'écorce et la décoction de racines, j'ai grimpé sur le baobab ». Je me suis abreuvé, enfant, aux sources, j'ai entendu beaucoup de paroles de sagesse, j'en ai retenu un peu.

J'ai vu et j'ai entendu les derniers MBanda­katts (clowns chanteurs et danseurs); j'ai entendu les Ritikatts sur leur violon monocorde, qui n'était qu'une calebasse tendue d'une peau de lézard, faire parler, rire et pleurer un crin de cheval. J'ai entendu les Lavankatts réciter d'une traite le Coran tout entier, et, pour se délasser de leur exploit, mêler aux versets sacrés la satire aux dépens des jeunes filles laides et des vieilles avari­cieuses.(…)
Lorsque je retournai au pays, n’ayant presque rien oublié de ce qu’enfant j’avais appris, j’eus le grand bonheur de rencontrer, sur mon long chemin, le vieux Amadou Koumba, le Griot de ma famille.

Amadou Koumba m’a raconté, certains soirs – et parfois de jour, je le confesse – les mêmes histoires qui bercèrent mon enfance. Il m’en a appris d’autres qu’il émaillait de sentences et d’apophtegmes où s’enferme la sagesse des ancêtres. (…)
Si je n'ai pu mettre dans ce que je rapporte l'am­biance où baignaient l'auditeur que je fus et ceux que je vis, attentifs, frémissants ou recueillis, c'est que je suis devenu homme, donc un enfant incom­plet, et partant, incapable de recréer du merveil­leux. C'est que surtout il me manque la voix, la verve et la mimique de mon vieux griot.

Dans la trame solide de ses contes et de ses sen­tences, me servant de ses lices sans bavures, j'ai voulu, tisserand malhabile, avec une navette hési­tante, confectionner quelques bandes pour coudre un pagne sur lequel grand-mère, si elle revenait, aurait retrouvé le coton qu'elle fila la première; et où Amadou Koumba reconnaîtra, beaucoup moins vifs sans doute, les coloris des belles étoffes qu'il tissa pour moi naguère.
(1) Griot: Terme du vocabulaire colonial franco-africain = Diali au Soudan, Guéwèl au Sénégal (de l'arabe Qawwal réci­tant de la secte Soufi): conteur, chanteur, généalogiste, déposi­taire de la tradition qui est uniquement orale.
Birago Diop, Les Contes d’Amadou Koumba, éditions Présence Africaine, 1961
Questions de préparation (données à faire à la maison puis corrigées en classe dans le cadre de la lecture analytique) :


  1. Quel rôle a joué la grand-mère de Birago Diop pendant son enfance?

  2. Son expérience d’enfant était-elle unique ?

  3. Quel rôle a joué Amadou Koumba dans sa volonté de devenir écrivain?


Conduite de la lecture analytique : le texte étant long, seuls deux passages, le début et la fin feront l’objet d’une analyse littéraire. La partie centrale sera résumée oralement.
a) Première étape : lire les 4 premiers paragraphes et leur donner un titre (une enfance africaine, souvenirs d’enfance etc.). Ne pas oublier d’expliciter au préalable le vocabulaire qui n’est pas compris, et les mots-clés du passage.
1.Quels souvenirs Birago Diop garde-t-il de son enfance africaine ? (relisez les 4 premiers

paragraphe).

* rôle de la grand-mère

* enfance protégée et heureuse
2. Comment comprenez-vous la phrase : « j’ai bu l’infusion d’écorce et la décoction de

racines, j’ai grimpé sur le baobab ? ». A quoi vous fait penser l’image de la boisson ? A

quoi vous fait penser l’image du baobab ?

* image de la nourriture, des apprentissages de l’enfance

* image de la grandeur, de la sagesse
3. Dans le paragraphe 4, comment Birago Diop suggère-t-il par son écriture le rythme des chants et des danses ? Relevez les répétitions des verbes conjugués au passé composé ; relevez les verbes à l’infinitif.

* répétition anaphorique de « j’ai entendu » (3 fois) qui structure le paragraphe et met

l’accent sur l’importance de la tradition orale dans la culture africaine

* emploi de 3 verbes (rythme ternaire) qui servent à évoquer, en la personnifiant, la mélodie réalisée sur les archets par les Rittikatts (« faire parler, rire et pleurer un crin de cheval »).

b) Deuxième étape : faire résumer oralement les paragraphes suivants, en corrigeant et en exploitant les réponses des questions 2 et 3 données à faire à la maison. Ne pas oublier d’expliciter au préalable le vocabulaire qui n’est pas compris, et les mots-clés du passage. Titre possible: l’importance de cette culture orale pour l’écrivain et pour l’ensemble de ses compatriotes africains.
c) Troisième étape : lire les 2 derniers paragraphes et leur donner un titre (la vocation de l’écrivain, sa conception de l’écriture, etc.)
4. Comment se manifeste la modestie de l’écrivain ? Montrez l’originalité de la définition qu’il donne de l’adulte : « je suis devenu homme, donc un enfant incomplet ». Peut-il égaler, en tant qu’écrivain, son vieux griot ?

* image idéalisée de l’enfance

* hommage rendu au vieux griot de son enfance

5. Quelle est l’image employée dans le dernier paragraphe pour définir l’écriture ?

* l’image du tissage d’une étoffe exprime le travail de l’écriture

* Birago Diop rend hommage à sa grand-mère et à son vieux griot Amadou Koumba en

leur offrant ses contes, comparés à un boubou et à des étoffes.
6. Lire la dédicace : Pourquoi, selon vous, Birago Diop a-t-il dédié son ouvrage à ses filles ? Que signifie la métaphore de l’arbre qui plante ses racines dans la terre nourricière ?
Exercices d’écriture :
a) Un bilan ponctuel : La réponse à la question 6, après avoir été travaillée oralement en classe, peut faire l’objet d’un exercice d’écriture donné à faire à la maison.
b) Une rédaction : On peut également demander aux élèves de s’appuyer sur les deux paragraphes « J’ai vu et j’ai entendu…et des vieilles avaricieuses » (page 10) et « D’autres enfants, pareils à celui que je fus…qu’enveloppe la veste nuit » (page 11), pour décrire un cercle d’enfants écoutant les histoires racontées par un griot. Ils pourront également s’inspirer d’une séance de lecture de conte au collège, si un projet de ce type est monté dans l’établissement.
Travail de préparation en classe :
- Il comprendra une relecture des deux paragraphes et une étude précise du lexique, notamment pour l’évocation de la musique et des sentiments éprouvés par le public d’enfants.

- Il pourra aussi comporter une recherche documentaire (et un possible travail avec le professeur de musique) sur un ou deux instruments de musique africains (comme la kora ou le balafon)
Les consignes :
En vous inspirant des deux passages du texte cités (et éventuellement de la séance de lecture de conte à laquelle vous avez assisté), vous décrirez la scène dans laquelle un griot/une conteuse raconte des histoires devant un public d’enfants.

Vous serez, au choix, Birago Diop enfant ou vous-même, et vous raconterez cette expérience à la première personne et au présent.
Votre devoir suivra le plan suivant:

- premier paragraphe : présentation du cadre spatio-temporel (place du village, le soir ou espace-lecture du CDI) et du griot (ou de la conteuse).

- deuxième paragraphe : récit de la séance de lecture et description des émotions et des sentiments ressentis par vous et par les autres enfants.
Votre devoir comportera des passages de récit et de description mais pas de dialogue. Pour décrire vos émotions (ou celles de Birago Diop enfant) et celles des autres jeunes auditeurs, vous réutiliserez le vocabulaire employé dans le texte de Birago Diop.
Texte 2 : extrait du chapitre « LES MAMELLES », (début), lecture analytique
Quand la mémoire va ramasser du bois mort, elle rapporte le fagot qu'il lui plaît...

L'horizon bouché m'encercle les yeux. Les verts de l'été et les roux de l'automne en allés, je cherche les vastes étendues de la savane et ne trouve que les monts dépouillés, sombres comme de vieux géants abattus que la neige refuse d'ensevelir parce qu'ils furent sans doute des mécréants...

Mauvais tisserand, l'hiver n'arrive pas à égrener ni à carder son coton; il ne file et tisse qu'une pluie molle. Gris, le ciel est froid, pâle, le soleil grelotte; alors, près de la cheminée, je réchauffe mes membres gourds...

Le feu du bois que l'on a soi-même abattu et débité semble plus chaud qu'aucun autre feu...

Chevauchant les flammes qui sautillent, mes pen­sées vont une à une sur des sentiers que bordent et envahissent les souvenirs.

Soudain, les flammes deviennent les rouges reflets d'un soleil couchant sur les vagues qui ondulent. Les flots fendus forment, sur le fond qui fuit, des feux follets furtifs. Las de sa longue course, le paquebot contourne paresseusement la Pointe des Almadies...

— Ce n'est que ça les Mamelles ? avait demandé une voix ironique à côté de moi...

Eh ! oui ! Ce n'était que ça, les Mamelles, le point culminant du Sénégal. A peine cent mètres d'alti­tude. J'avais dû le confesser à cette jeune femme qui avait été si timide et si effacée au cours de la traversée, que je n'avais pu résister à l'envie de l'ap­peler Violette. Et c'est Violette qui demandait, en se moquant, si ce n'était que ça les Mamelles, et trou­vait mes montagnes trop modestes.

J'avais eu beau lui dire que plus bas, puisqu'elle continuait le voyage, elle trouverait le Fouta-Djal­lon, les Monts du Cameroun, etc., etc. Violette n'en pensait pas moins que la nature n'avait pas fait beaucoup de frais pour doter le Sénégal de ces deux ridicules tas de latérites, moussus ici, dénudés là...

Ce n'est que plus tard, après ce premier retour au pays, bien plus tard, qu'au contact d'Amadou Koumba, ramassant les miettes de son savoir et de sa sagesse, j'ai su, entre autres choses, de beaucoup de choses, ce qu'étaient les Mamelles, ces deux bosses de la presqu'île du Cap-Vert, les dernières terres d'Afrique que le soleil regarde longuement le soir avant de s'abîmer dans la Grande Mer...

Quand la mémoire va ramasser du bois mort, elle rapporte le fagot qu'il lui plaît...

Ma mémoire, ce soir, au coin du feu, attache dans le même bout de liane mes petites montagnes, les épouses de Momar et la timide et blonde Violette pour qui je rapporte, en réponse, tardive peut-être, à son ironique question, ceci que m'a conté Amadou Koumba.
Birago Diop, Les Contes d’Amadou Koumba, éditions Présence Africaine, 1961

Questions de lecture analytique (à conduire en classe)
1. Dégagez la structure en 3 parties de texte : pour ce faire

  • observez le cadre spatio-temporel

  • observez les personnages en présence

  • observez les articulations temporelles


* 1ère partie : 5 premiers paragraphes :

Birago Diop adulte est en Europe. C’est l’hiver, il fait froid, et il essaie, assis auprès de la cheminée, de se souvenir des paysages de son pays natal

* 2ème partie : 4 paragraphes suivants (rupture temporelle  « Soudain… »)

Birago Diop adulte est sur le navire qui le ramène au Sénégal, au large de la Pointe des Almadies, en compagnie d’une autre passagère

* 3ème partie : 2 derniers paragraphes (rupture temporelle « Ce n’est que plus tard… ») 

Birago Diop adulte est de nouveau en Europe, assis auprès de sa cheminée, mais il a beaucoup appris d’Amadou Koumba et compris l’importance sentimentale et poétique qu’ont pour lui ces deux « mamelles » dont il va ensuite raconter l’origine (conte étiologique).
2. Expliquez le sens de la phrase qui est répétée deux fois dans le texte: « Quand la mémoire va ramasser du bois mort, elle rapporte le fagot qu'il lui plait…”
* la mémoire est capricieuse, mais elle permet de rapporter du bois (des souvenirs) qui sont source de chaleur et de bonheur.

* le texte est un récit autobiographique, qui présente une structure poétique. L’écriture tisse des liens entre différents lieux et différentes époques, au gré des souvenirs que lui propose sa mémoire (les liens contenus dans l’image des fagots qui apparaît à 3 reprises), et à travers les thèmes de la chaleur (la présence de la cheminée), et de la lumière (les flammes de la cheminée, et celles du soleil couchant). La mémoire lui permet de se réchauffer grâce aux souvenirs du passé.
3. Qu’est-ce qui montre que Birago Diop n’aime pas l’hiver? Observez plus spécialement les adjectifs qualificatifs et les participes passés. A qui est comparé l’hiver?

* ils sont tous dépréciatifs ( bouché, dépouillés, sombres, vieux, abattus, mauvais, molle, gris, froid, pâle)

* l’hiver est comparé à un “mauvais tisserand”; il est personnifié: c’est un artisan qui ne sait pas travailler.
4. Quel est le point de vue de Violette sur “Les Mamelles”? Relevez une tournure qui est répétée trois fois.

* “ce n’est que ça”: Violette est surprise par la petitesse des collines.

* son point de vue est objectif: Birago Diop lui-même l’admet dans sa description “ces deux ridicules tas de latérites, moussus ici, dénudés là…”
5. Que représentent, néanmoins, “Les Mamelles” pour l’écrivain? Quel sens symbolique peut-on donner à ce nom?

* ces collines sont le symbole de sa terre natale, les premières qu’il voit en arrivant en bateau; elles ont donc beaucoup d’importance pour lui.

* le nom renvoie à l’image du sein maternel, la terre natale étant assimilée à une véritable mère.
Ecriture d’imitation:
Consignes:

En vous inspirant des paragraphes 2 et 3 (page 31), vous décrirez une saison que vous n’aimez pas. Vous personnifierez la saison, et vous décrirez un paysage pendant cette saison.

Vous pouvez aussi, si vous préférez, choisir une saison que vous aimez.
Votre devoir comportera 2 parties:

  • une description générale de la saison et de ses caractéristiques

  • la description d’un paysage ( campagne, jardin, montagne) pendant cette saison


Travail de préparation en classe:


  • Choix d’une saison et de ses caractéristiques: lexique utile, puis travail sur les adjectifs péjoratifs (ou mélioratifs) à employer dans la description; choix d’une comparaison, métaphore et/ou personnification adaptée. Inscription au tableau des résultats du travail. On peut aussi s’inspirer de la saison en cours, faire rechercher des images représentant des paysages à différents moments de l’année.

  • Choix d’un paysage: travail sur l’organisation de la description (choix des éléments du paysage et ordre de présentation), et lexique utile (couleurs, odeurs par exemple); Inscription au tableau des résultats du travail.

  • Elaboration d’un brouillon, relevé et corrigé du brouillon;

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