1844 Naît à Metz le 30 mars





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date de publication26.04.2017
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Paul Verlaine.
(1844 - 1896)
Biographie

1844 - Naît à Metz le 30 mars.
1851 - La famille part s'installer à Paris
1853 - Naissance de Mathilde Mauté de Fleurville.
1862 - Reçu au baccalauréat, s'inscrit à la faculté de droit.
1864 - Nommé expéditionnaire à la mairie de l'hôtel de ville.
1865 - Publie sa première étude, sur Baudelaire, dans la revue Art. Mort de son père.
1866 - Collabore à la revue Le Parnasse contemporain.
1868 - Rencontre Anatole France et Charles Cros. Voyage en Belgique, à Bruxelles pour voir Hugo.
1869 - Fiançailles avec avec Mathilde Mauté.
1870 - Mariage avec Mathilde Mauté.
1871 - Rencontre Rimbaud à Paris. Naissance de son fils, Georges.
1872 - Brouille avec sa femme. Part avec Rimbaud pour la Belgique puis l'Angleterre. Sa mère le rejoint à Londres.
1873 - A Bruxelles avec Rimbaud. Querelle, blesse Rimbaud. Est condamné à deux ans de prison.
1875 - Sort de prison ; retrouve Rimbaud à Stuttgart ; part seul en Angleterre. Dernière lettre à Rimbaud.
1877 - Rentre en France. Enseignant à Rethel, a Lucien Léthinois pour élève.
1879 - Séjour en Angleterre avec Lucien.
1880 - Voyage à Coulommes avec Lucien. Y achète une maison. Séjour à Londres avec Lucien.
1882 - Retour à Paris. Tente d'être réintégré comme commis-rédacteur.
1883 - Mort de Lucien Létinois.
1885 - Inculpé pour coups et blessures ; incarcéré. Relâché en mai, part pour Paris.
1886 - Mort de sa mère. Remariage avec Mathilde. Hospitalisé.
1887 - Transféré à l'hôpital Cochin. Rencontre le peintre Cazals.
1889 - Cure à Aix-les-Bains.
1891 - Entre à l'hôpital Saint-Antoine. Mort de Rimbaud
1893 - Pose sa candidature à l'académie française, échec. Tournée de conférences en Angleterre.
1894 - Elu Prince des poètes à la mort de Leconte de Lisle.
1896 - Meurt le 8 janvier à Paris. Est inhumé au cimetière des Batignolles.

http://www.contes.net/contes/poesie/bio_pv.html

Poèmes saturniens

Premier recueil de Verlaine, il est aussi celui qui contient les deux poèmes sans doute les plus connus pour une majorité de personnes : le fameux 'rêve familier', invocation d'une femme aimée dont l'image se fait de plus en plus diffuse et 'chanson d'automne' dont la résistance a fait la célébrité.
Le premier recueil de Verlaine est aussi, cela n'a rien de surprenant, celui où l'imitation de ses maîtres - Baudelaire, Hugo, Banville, Leconte de Lisle - est la plus visible. Par exemple, la thématique urbaine du créateur du Spleen de Paris transparaît dans Nocturne parisien, alors que les rimes rares et le goût pour l'Orient caractéristiques de Banville se retrouvent dans un poème comme Résignation. D'ailleurs, à l'époque de la rédaction des Poèmes saturniens, soit vers 1865, Verlaine se réclamait de l'art rigoureux et peu sentimental des Parnassiens.

Cependant, ces sont les pièces qui échappent le plus au credo parnassien qu'on retient d'abord des Poèmes saturniens. Les demi-teintes de Nevermore, le bégaiement d'Un rêve familier, les vers brefs de Chanson d'automne, voilà ce qui, dans ce recueil de jeunesse, annonce le mieux ce que sera la voix de Verlaine.

Ajoutons enfin que l'allusion que le titre fait à Saturne renvoie à l'influence fatale et au poids de la mélancolie que les astrologues associaient jadis à cette planète.



Nevermore

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détonne.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant
«Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d'or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.

Ah ! les premières fleurs, qu'elles sont parfumées !
Et qu'il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !
(Melancholia, II)

Poèmes Saturniens, 1866



I) Quelle est la situation évoquée par le poème ?

La situation évoquée par le poème de Verlaine est le souvenir d'une promenade sentimentale enchâssée dans le présent de l'écriture (vers 1 et vers 12-14).

II) Quel peut être le sens du titre ?

Le titre «Nevermore» (jamais plus) peut signifier que l'émotion, lorsqu'elle a été vécue ne revient plus, ce qui est en contradiction avec ce que tente le poète, c'est-à-dire de retrouver cette émotion par l'écriture pour la faire partager au lecteur.

III) Quelles émotions retrouve-t-on dans ce poème ?

Dans « Nevermore» le trouble amoureux se marque par la métonymie qui désigne la jeune fille, ce n'est pas elle qui lui parle, il ne garde que la sensation produite par «sa voix d'or vivant» (vers 8). Le trouble se manifeste par la reprise en début du premier tercet de la fin du second quatrain. Le caractère précieux de cette voix «d'or» se retrouve en écho dans son aspect «sonore», ce que soulignent la place de l'adjectif à la césure à l'hémistiche du vers 9 et la reprise de la sonorité or présente dès «Nevermore». La répétition de «sa voix» renforce l'impression produite par le «timbre angélique» (vers 9).

Étude comparée

La lecture des quatre poèmes suivants peut aider à comprendre le poème qui nous concerne, à savoir NEVERMORE. Nous retrouvons en effet plusieurs éléments de notre poème dans chacun des textes . Les deux premiers proviennent du même recueil, Poèmes Saturniens, les autres des Fêtes Galantes.

  1. Mon rêve familier : évocation de la femme aimée, vénérée, et dont la voix revient comme un écho dans les derniers vers : lointaine, et calme et grave. (Voix d’or vivant, douce et sonore dans Nevermore.). Ici, c’est son nom qui est « doux et sonore » ! Cet amour est lointain (« que la vie exila » , rêvé (vers 1)

  2. La célèbre Chanson d’automne (citée par Serge Gainsbourg dans Je suis venu te dire que je m’en vais) utilise et abuse du thème de la mélancolie et de l’automne. Toute la pluie, la tristesse ; la souffrance dégoulinent sur le poète qui erre, âme en peine, pensant avec nostalgie aux « jours anciens » et pleurant. Il se compare lui-même à une feuille morte…

  3. Le thème des ingénus, repris cette fois par Alain Souchon (Voir sous les jupes des filles) est un thème plus alerte, traité sans aucune vulgarité d’ailleurs par Verlaine : le désir adolescent est provoqué par la vision fugitive des jambes, quand le vent, par hasard… «  Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous », dit Verlaine. De même, le personnage s’effraie de la complicité de ces jeunes filles qui se pendent « rêveuses à nos bras » et glissent à l’oreille « des mots si spécieux » que les esprits des –trop jeunes- garçons en sont tous retournés. « notre âme depuis ce temps  tremble et s’étonne »… Il se demande encore, bien après : « Non, dites-moi, elle n’a pas voulu dire cela, vraiment ? Avec son air de Sainte-Nitouche ! Et dire que je n’en ai pas profité ! Que j’étais stupide ! » Vous remarquerez que la proposition amoureuse a encore lieu un soir d’automne 

  4. Enfin, le Colloque sentimental parle lui, de désir enfui, « lèvres molles », « extases anciennes » avec comme interlocuteurs deux promeneurs dont l’un refuse de se laisser aller au souvenir. Il ne veut plus rêver, à l’inverse de Mon rêve familier :  « Vois-tu toujours mon âme en rêve ? –non ». Ah, il répond, cette fois ! Et il n’est visiblement pas content ! « L’espoir a fui, vaincu… » dit-il. Lassé d’attendre pour rien, l’amoureux est parti. La jeune fille tente alors de s’accrocher à lui : « Les beaux jours(…) où nous joignions nos bouches ! » insiste-t-elle, désespérée. « C’est possible.  » rétorque le bougre froidement.

Ne plus aimer, pour ne pas souffrir, voilà la solution imaginée par Verlaine. Mais il n’est alors plus qu’une « forme », qu’un « spectre ». Ne plus aimer, c’est aussi mourir…

MON RÊVE FAMILIER



Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur transparent

Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.

Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

CHANSON D'AUTOMNE



Les sanglots longs

Des violons

De l'automne

Blessent mon cœur

D'une langueur

Monotone.
Tout suffocant

Et blême, quand

Sonne l'heure,

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure ;
Et je m'en vais

Au vent mauvais

Qui m'emporte

Deçà, delà,

Pareil à la

Feuille morte.
(Paysages tristes, V)

LES INGÉNUS



Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,

En sorte que, selon le terrain et le vent,

Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent

Interceptés ! - et nous aimions ce jeu de dupes.
Parfois aussi le dard d'un insecte jaloux

Inquiétait le col des belles sous les branches,

Et c'était des éclairs soudains de nuques blanches,

Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous.
Le soir tombait, un soir équivoque d'automne :

Les belles, se pendant rêveuses à nos bras,

Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,

Que notre âme depuis ce temps tremble et s'étonne.

COLLOQUE SENTIMENTAL



Dans le vieux parc solitaire et glacé

Deux formes ont tout à l'heure passé.
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,

Et l'on entend à peine leurs paroles.
Dans le vieux parc solitaire et glacé

Deux spectres ont évoqué le passé.
- Te souvient-il de notre extase ancienne ?

- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne ?
- Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?

Toujours vois-tu mon âme en rêve ? - Non.
- Ah ! les beaux jours de bonheur indicible

Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.
- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !

- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.
Tels ils marchaient dans les avoines folles,

Et la nuit seule entendit leurs paroles.




Nevermore

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détonne.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant
«Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d'or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.

Ah ! les premières fleurs, qu'elles sont parfumées !
Et qu'il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !
(Melancholia, II)

Poèmes Saturniens, 1866
Champs lexicaux :

Le passé - les bruits, les sons -[l'aérien - la nature]- elle - moi
Vocabulaire :

- atone : sans vitalité, sans vigueur, qui manque de dynamisme

- dardait : lançait comme un dard ou un flèche

- détonne : s'écarte du ton, choque, contraste

- dévotement : religieusement, pieusement, mystiquement

- bruit : fait entendre un son, un murmure
I) Comment peut-on reconstituer le récit sous-entendu ?

Verlaine évoque, au présent ("Que me veux-tu ?") le souvenir d'une promenade contemplative, en automne (Premier quatrain et vers 5). Cette évocation au présent encadre le souvenir du passé. Ce présent serait l'hiver du souvenir.

Lors de cette promenade automnale, la jeune fille lui a posé la question citée au vers 8, faisant ainsi indirectement allusion à leur relation et voulant peut-être le pousser à se révéler. Au lieu de répondre (v.10) il lui a souri puis lui a embrassé la main (v.11). Par pudeur ? Par timidité ? Par respect ? Parce qu'il ne faut pas ?

Le récit s'achève par l'évocation de qu'est ce "plus beau jour", situé au printemps de l'amour : printemps qui peut être réel (la saison) ou symbolique (le début), et signifiant en tous cas ici le début d'une aventure sentimentale.

On peut donc imaginer une histoire d'amour, la première du narrateur, qui aurait débuté au printemps, aurait duré jusqu'à l'automne, et se serait plus tard achevée, sans espoir de retour et peut-être même sans aboutir.

Quelques indices, d'ailleurs, sont en faveur d'une aventure sentimentale platonique : au vers 5, ce "seul à seule" n'est pas la fusion du couple que l'on pourrait imaginer, mais bien la réunion, pour une promenade commune, de deux solitudes qui "march(ent) en rêvant". Et le "soudain" serait l'initiative féminine pour briser cette solitude, pour provoquer l'aveu qui tarde... et qui ne viendra peut-être pas. Ce premier "Oui" n'est peut-être pas encore dit !
II) Quel peut être le sens du titre ?

Le titre «Nevermore» (Jamais plus) peut signifier que l'émotion, lorsqu'elle a été vécue, ne revient plus. Cependant, le poète tente de retrouver et de nous faire partager cette émotion par l'écriture, et il y parvient. En tous cas, le bruit (indications sonores) et l'ambiance (parfums, couleurs) lui reviennent avec une certaine violence.

Au début submergé (première strophe en plan large et flou partant du ciel) il parvient progressivement à concrétiser ce souvenir dans une plongée vertigineuse et de plus en plus précise jusqu'aux lèvres qui murmurent ce premier "oui", pourtant lointain dans le passé. Son trouble passé laisse la place à un désir présent, qui ne pourra plus être satisfait.

«Nevermore» induit aussi l'idée qu'il ne peut y avoir qu'une première fois, et que celle-ci sera toujours idéale, toujours restituée avec l'émotion de la découverte : "regard émouvant", "voix d'or vivant", "frais timbre angélique". C'est sans doute l'innocence de l'inexpérience qui produit cette sacralisation du sentiment amoureux, encore pur, qui pourrait devenir banal ensuite, mais qui, en ces premiers instants, fait "baiser dévotement" "sa main blanche" seulement et non ses "lèvres bien-aimées". D'ailleurs, quand Victor Hugo racontait la même promenade, mais avec Rose, c'est cette maladresse du jeune homme peu audacieux (et même vexant, finalement, car il laissant la jeune fille sur sa faim) qu'il faisait ressortir.

Le choix de l'anglais, enfin, doit provoquer un peu plus d'étrangeté dans ce lointain passé, qui devient aussi un peu "ailleurs". C'était un autre monde, celui des sentiments frais et printaniers. Et, sur le plan des sonorités, ce mot rime avec "voix d'or", "sonore", en reprenant les trois consonnes retenues par Verlaine pour réaliser ce sonnet : N et V, dans les quatrains et M, dans les tercets.
III) Champs lexicaux, figures de style et sonorités

a) Le premier champ lexical du texte est sans doute celui du son. Il apparaît dans le silence engourdi de l'air atone (vocabulaire moral mais aussi musical), dans le bruit du vent, le chant de l'oiseau au cours de la promenade bucolique. Il apparaît dans la bise, le baiser et le "oui". Ce souvenir est donc essentiellement auditif. Une promenade, des bruits, un mot, voila le souvenir qui se reconstitue...

Le mot "voix", au milieu du poème, achève les quatrains puis il est repris de façon insistante au début des tercets, à l'aide d'épithètes contrastés : "douce" et "sonore" s'opposent ainsi que "or" et "vivant". Ces deux oxymores laissent perplexe. On peut en conserver l'idée de clarté, de vivacité, qui va à l'encontre de la monotonie et de la lente mort de la nature que représente l'automne. Cette voix est comme un rayon de soleil .

C'est l'élément essentiel de la description de la jeune fille, le seul qui soit précis. Cette métonymie présente, avec les lèvres, les points de fixation du regard et des souvenirs.

"Est-elle brune ou blonde ou rousse ? Je l'ignore..." dit aussi Verlaine dans un autre de ses Poèmes Saturniens, Mon Rêve familier.

b) Le champ lexical de la nature, peu consistant, cherche à placer les personnages dans un décor pastoral : la fée, l'oiseau, l'enfant, l'émerveillement. Un cadre champêtre permet d'idéaliser cette relation, qui devient surnaturelle. Le mot "charmant" qui qualifie le "murmure" dans l'avant-dernier vers est d'ailleurs polysémique : envoûtant, fascinant. Sans parler d'hypnose, on peut dire que le jeune Paul est sous le charme de la voix magique, qu'il entend encore comme un écho, dans ses souvenirs obsédants. Il est d'ailleurs intéressant d'associer la nature et l'aérien, pour créer ce décor éthéré où sont absents l'eau et la terre. Il ne reste que l'air et le feu. Nos personnages ont la tête dans les nuages : "les cheveux et la pensée au vent". Ils ne font que rêver.

c) La double apostrophe du début lance un reproche au souvenir personnifié "Que me veux-tu ?". Le narrateur semble vouloir se débarrasser d'une obsession, qu'il va pourtant développer jusqu'à son aboutissement.

Le champ lexical du passé, est évoqué par quelques termes dépréciatifs dans le premier quatrain ("atone", "monotone","jaunissant") marquant l'apathie, le terne, l'usure du temps. Il est évident que le choix des sonorités de ces trois mots n'est pas un choix innocent. Ce sont les mêmes phonèmes que l'on retrouve dans le titre, "Nevermore", et dans le mot "Souvenir", qui se répètent tout au long des quatrains.

Cet aspect négatif des premiers vers, marqué par des voyelles obscures [o], [õ] , des consonnes constrictives [s], [v],[f] imitant le souffle du vent et par le [n] de la négation, de la souffrance, va heureusement changer de polarité dès le milieu du poème, quand retentira la question du revirement.

Quand le narrateur devra trouver le plus beau jour de son passé, avec ce "fut" qui lui donnera un côté définitif et paradis perdu, il se rendra compte que cette époque était lumineuse : les voyelles vont s'éclaircir, passant du [o] au [i] :

Un sourire discret lui donna la réplique

Le premier oui qui sort des lèvres bien aimées

et les bilabiales [p] [b] et [m] reproduiront les deux lèvres tendues dans la posture du baiser :

Et je baisai sa main blanche, dévotement.

Ah ! les premières fleurs, qu'elles sont parfumées

Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées.

On peut y ajouter le son [L], qui se fait avec la langue, mais le poème y perdra un peu de sa pureté... :-)

Le vers marquant cette évolution est très exactement celui du milieu de la volta du sonnet :

Sa voix douce et sonore / au frais timbre angélique.

Le premier hémistiche est encore sombre, utilisant des voyelles d'arrière, tandis que le second est clair, avec des vocalises plus aiguës. Les consonnes constrictives du début [s] [v] [f] se transforment en occlusives [t] [b] [g] [k]. La force, l'énergie reviennent.

Conclusion


Une technique imparable au service d’une émotion unique. Un texte d’une grande perfection formelle, à l’instar des poètes parnassiens, et pourtant qui conserve ses multiples possibilités d’interprétation. Il est certain que l’analyse faite ici est une vision personnelle car elle fait de Paul Verlaine un enfant « soumis » à une amoureuse ? maîtresse ? initiatrice ? dont il serait le jouet. Ce n’est qu’une possibilité, même si des indices biographiques (la cousine) vont dans ce sens.

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