Lc séquence Poésie et modernité au xixe siècle Séance 1 : la tradition poétique du xvie au xixe siècle





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date de publication26.04.2017
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LC séquence Poésie et modernité au XIXe siècle Séance 1 : la tradition poétique du XVIe au XIXe siècle


Marot, Epigrammes (1544)
Anne, par jeu, me jeta de la neige,


Que je cuidais froide certainement;


Mais c'était feu; l'expérience en ai-je,


Car embrasé je fus soudainement.


Puisque le feu loge secrètement


Dedans la neige, où trouverai-je place


Pour n'ardre point? Anne, ta seule grâce


Éteindre peut le feu que je sens bien,


Non point par eau, par neige, ni par glace,


Mais par sentir un feu pareil au mien.
Son « modèle », un poème attribué par la tradition à Pétrone, Ier siècle

Pétrone, Poèmes
Me nive cadenti petiit modo Julia. Reba

Igne carere nivem ; nix tamen ignis erat.

Quid nive frigidus ? Nostrum tamen urere pectus

Nix potuit manibus, Julia, missa tuis.
Quis locus insidiis dabitur mihi tutus amoris,

Frigore concreta si latet ignis aqua ?

Julia, sola potes nostras extinguere flammas,

Non nive, non glacie, sed potes igne pari.
Traduction :

Julia, à l’instant, m’a visé en jetant de la neige ; je croyais que la neige était dépourvue de feu. Mais la neige était du feu. Qu’est-ce qui est plus froid que la neige ? Pourtant, la neige, lancée de tes mains, Julia, a pu embraser mon cœur.

Quel lieu me sera donné, à l’abri des pièges de l’amour, si le feu se cache dans l’eau solidifiée par le froid ? Julia, tu peux seule éteindre nos flammes non par la neige, non par la glace, mais tu le peux en brûlant d’un feu pareil.

RONSARD (1524 – 1585)

Second Livre des Amours, « Sur la mort de Marie », 4 (1578)
Comme on voit sur la branche au mois de may la rose,

En sa belle jeunesse, en sa première fleur,

Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,

Quand l'Aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose
La grâce dans sa fueille, et l'amour se repose,

Embasmant les jardins et les arbres d'odeur

Mais batue ou de pluye, ou d'excessive ardeur,

Languissante elle meurt, fueille à fueille déclose.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,

Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,

La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes5.
Pour obsèques reçoy mes larmes et mes pleurs,

Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs,

Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses

Pierre de MARBEUF   (1596-1645) – Recueil de vers (1628)
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,

Et la mer est amère, et l'amour est amer,

L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,

Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,


Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,


Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,


Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.
La mère de l'amour eut la mer pour berceau,


Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau


Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.
Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,


Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,


Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

LAMARTINE - Méditation XXIII, 1819
L’AUTOMNE
Salut, bois couronnés d’un reste de verdure,

Feuillages jaunissants sur les gazons épars!

Salut, derniers beaux jours! Le deuil de la nature

Convient à la douleur et plaît à mes regards.
Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire;

J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,

Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière

Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois.
Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,

A ses regards voilés je trouve plus d’attraits;

C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire

Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.
Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,

Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,

Je me retourne encore, et d’un regard d’envie

Je contemple ces biens dont je n’ai pas joui.
[…]

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire;

A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux:

Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire,

S’exhale comme un son triste et mélodieux.
Victor Hugo (1802 – 1885) - Les Contemplations (1856)
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour sera pour moi comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

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