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LA

POÉSIE CHINOISE

DU XIVe AU XIXe SIÈCLE

par Camille IMBAULT-HUART

@

à partir de :

LA POÉSIE CHINOISE

du XIVe au XIXe siècle
Extraits des poètes chinois, traduits pour la première fois, accompagnés de notes littéraires, philologiques, historiques et de notices biographiques,
par Camille IMBAULT-HUART (1857-1897)


Éditions Ernest Leroux, Paris, 1886, XXXIV+94 pages.

Ouvrage numérisé grâce à l’obligeance des

Archives et de la Bibliothèque asiatique des

Missions Étrangères de Paris



http://www.mepasie.org

Édition en format texte par

Pierre Palpant

www.chineancienne.fr

novembre 2011

TABLE DES MATIÈRES

Introduction

LÉOU KI (1311-1375)

Notice biographique

I. Le poète pense à sa belle

II. Chanson de la courte destinée

III. Arrivée du poète, le matin, au monastère de Siang-fou

IV. Le chemin de la capitale

YANG KI (vers 1400)

Notice biographique

I. Au moment de se séparer de Tch'en Che-min, son ami

II. Exhortation à boire

III. Par une nuit d'été

SOUNG CHI (15..-16..)

Notice biographique

I. L'équinoxe du Printemps

II. La mort d'un loriot

III. A la frontière

YUAN TSEU-TS'AÏ (1716-1797)

Notice biographique

I. Pris dans les glaces

II. La mousse

III. Assis au bord de l'eau au coucher du soleil

IV. La feuille sèche

V. Dans la nuit froide

VI. Les fleurs du saule

K'IEN-LOUNG (1710-1799)

Notice biographique

I. Sur une pendule

II. Capture d'un terrible tigre

TSENG KOUÔ-FAN (1811-1872)

Notice biographique

I. Sur son trente-troisième jour de naissance

II. L'orgueilleux serviteur

III. Improvisé après un emménagement

ÉLÉGIE ALLÉGORIQUE (1884)

INTRODUCTION

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Les vers furent partout les premiers enfants du génie

Cette parole de Voltaire est une vérité universelle : elle peut s'appliquer aussi bien à l'Orient qu'à l'Occident, au nouveau monde qu'à l'ancien. Dans tous les pays, l'homme a commencé d'exprimer en vers ses sentiments et ses pensées ; chez tous les peuples, la poésie a montré le chemin à la prose et lui a frayé la voie. Ce fut en vers qu'Orphée, Linus et Musée dictèrent les premières lois, qu'Hésiode donna ses premières leçons d'agriculture, qu'Homère chanta, dans un monument aere perennius, les combats de la Grèce contre l'Asie, les luttes de la civilisation contre la barbarie. Ce fut également en vers que la plupart des grands moralistes de l'antiquité classique et religieuse formulèrent leurs préceptes et leurs doctrines.

En Chine, il en a été de même, car la destinée de l'esprit humain n'a jamais varié ; là aussi, la poésie a précédé la prose : le plus ancien monument littéraire chinois que nous possédions est un recueil de vieilles et naïves chansons, le Che-King ou Livre des Odes, compilé par Confucius : ce livre canonique nous ouvre une pensée sur la vie, les coutumes, les opinions et la civilisation des anciens chinois et nous éclaire singulièrement sur l'état du pays plus de dix siècles avant l'ère chrétienne, et tout ensemble, nous montre la langue chinoise à sa naissance, presque informe et diffuse dans son berceau, embryon d'où sortirent plus tard, ciselés par Confucius et ses disciples, les modèles de la vraie prose.

Cette préséance et cette influence de la poésie sur la prose s'expliquent aisément partout ailleurs : en Chine, elle ne laisse pas que d'étonner. L'esprit chinois est avant tout positif, pratique ; il considère surtout le côté matériel de l'existence ; il ne semble nullement prédisposé aux spéculations poétiques. Le propulseur de tout Chinois, le mobile de ses actions, c'est l'auri vana fames : l'intérêt étouffe en lui les bons sentiments, il anéantirait son cœur même, s'il en avait un. Et cependant, chose curieuse, la poésie est innée chez le Chinois : des pensées élevées et nobles, des aspirations soudaines vers le beau, le bien et le vrai, coudoient en lui des principes profondément égoïstes et intéressés. Ainsi le Chinois aime la nature : il se plaît à contempler les fleurs, la neige, les nuages ; à se promener le long des ruisseaux et des rivières, à regarder l'eau couler et les poissons s'y jouer ; il prend plaisir à gravir les collines pour jouir du panorama, à boire du vin à l'ombre des bambous et des saules : à écouter les oiseaux gazouiller dans le feuillage, etc. Quelquefois. il est surpris à penser à la personne aimée et à chanter l'amour ; mais l'amour chinois n'est jamais idéal, jamais platonique : il implique toujours la possession de l'objet aimé. Plus rarement encore, le Chinois émet quelques vagues idées de patriotisme, esquisses rapides d'un sentiment qu'il ne peut comprendre dans toute sa grandeur.

Ce rapprochement bizarre, dans le même esprit, de principes si opposés ne manque pas de choquer et d'étonner le penseur : on peut se demander avec raison comment il est possible qu'il existe. Il serait peut-être donné au phrénologiste de trouver la solution de ce problème humain dans la conformation du crâne chinois, dans la quantité relativement peu considérable de cervelle qu'il renferme : Montesquieu en aurait certainement découvert la clef dans l'influence des climats, toute puissante selon lui. Quant à nous, contentons-nous de constater et de signaler cette lutte étrange de la poésie et de la prose dans l'esprit chinois.

L'instinct poétique que nous venons de mettre au jour explique l'estime en laquelle la poésie a toujours été tenue en Chine. Cinq siècles avant l'ère chrétienne, Confucius recommandait celle-ci à ses disciple et s'écriait : « Élevons notre esprit par la lecture du Livre des Odes ! » 1 Pour lui, la poésie était la base de la science : lui-même avait étudié les anciennes chansons avant que de songer à mouler en prose ses maximes de morale et de philosophie pratique. En Occident Platon et Cicéron ont de même commencé par faire des vers, et ne sont devenus prosateurs modèles qu'après avoir été poètes : leurs premiers essais poétiques, tout médiocres qu'ils aient été, ne leur servirent pas moins à élargir leur pensée et à former leur style.

Suivant religieusement le précepte du Maître des Maîtres, ainsi qu'ils appellent Confucius, les écrivains chinois ont de toute antiquité sacrifié aux Muses. En Chine, tout lettré a toujours été doublé d'un poète. A dire vrai, le temps a fait justice d'un grand nombre de ces versifications, parfois illustrés par le caprice d'un moment ou d'une génération : mais cependant, ceux qui ont mérité, aux yeux des Chinois, de passer à la postérité, composent une légion considérable.

La quantité innombrable des recueils poétiques (quelques-uns seulement ont été admis dans la Bibliothèque de K'ien-loung) ne manque pas d'étonner, et le sinologue est comme effrayé quand il voit s'étendre devant lui le vaste champ de la poésie chinoise : il ne sait trop quelles limites imposer à son étude, et, surtout, il hésite à faire un choix parmi les milliers de pièces éparses sous ses yeux. Si, dans ce dessein, il se fie au goût des indigènes, s'il n'aborde que les morceaux regardés comme sublimes par les Chinois, il fera fausse route. Trop souvent, ceux-ci ne sont appréciés que pour l'accumulation plus ou moins heureuse de difficultés et de tours de force littéraires : pour nous autres Européens, il paraissent insipides. Au lieu d'y trouver l'élévation des pensées et les délicatesse des figures qui font le charme de toute poésie, nous nous y heurtons à des idées ténébreuses, mi-voilées sous un rideau de fleurs de rhétorique difficiles à entendre. Celui qui veut s'adonner à la poésie chinoise et la faire connaître à ses compatriotes doit donc s'abandonner à son propre goût, à son propre jugement : sa tâche doit être de butiner ici et là et de se faire son bouquet à sa guise.

Les fleurs qu'il peut cueillir sont d'ailleurs des plus variées : le poète chinois aborde en effet tous les sujets ; il prend son bien où il le trouve ; tous les genres lui plaisent. Tour à tour il est Lucrèce, Catulle, Virgile, Horace ou Juvénal ; en se jouant, il passe du sérieux au plaisant, du grave à l'aimable, de la franchise à l'ironie, du badinage à la satire ; rien ne l'arrête. Aussi le poète Han Yu, de la Pléiade du T'ang, l'a-t-il comparé à l'abeille qui recueille sur toutes les plantes le suc dont elle forme le miel 1.
II

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Pour ne pas se perdre dans le dédale des poésies chinoises, il est de toute nécessité de classer celles-ci selon un ordre quelconque ; historiquement nous les diviserons en trois grandes époques : l'époque classique, l'époque de la renaissance et l'époque moderne.

A l'époque classique appartiennent le Che-King ou Livre des Odes, un des cinq canoniques ; les anciens hymnes et les vieilles chansons naïves et enfantines des premiers âges. Ces monuments impérissables forment pour ainsi dire la clef de toute la poésie chinoise.

Pendant la seconde époque, que nous appellerons l'ère de la renaissance, la poésie chinoise fut à son apogée ; la muse brilla dans tout son éclat. Ce fut le siècle d'Auguste en Chine : les plus célèbres poètes qui dominent cette époque, les Li T'aï-pé, les T'ou Fou, les Han yu, eurent la gloire de fixer définitivement les règles de la poésie chinoise 1 ; ils fleurirent sous la dynastie des T'ang dont tous les souverains puissants à l'extérieur, tranquilles à l'intérieur, ne cessèrent d'encourager les arts et les belles-lettres.

Enfin l'époque moderne embrasse un espace de près de huit siècles, de la fin de la dynastie des Soung (XIIe siècle) jusqu'à nos jours. Durant ce temps nous voyons de vrais poètes lutter contre le commencement de la décadence poétique de la Chine, et chercher à arracher la poésie à la vulgarité, à la fausse érudition, au clinquant superficiel : ceux-là sont en petit nombre, mais ils ont certes bien mérité des Muses chinoises par leur courage et leur ténacité à se débattre au milieu de leurs contemporains. Eux encore s'élèvent au-dessus de la tourbe actuelle de versificateurs qui n'ont ni inspiration, ni idée, ni imagination et qui n'ont en vue que de faire des vers corrects pour réussir aux examens littéraires 1.

De ces trois époques, les deux premières surtout ont été étudiées par les sinologues : Ainsi le Che-King a été traduit et commenté en différentes langues, en anglais, en latin, en français 1 ; les poésies de l'époque des T'ang ont été en partie rendues en français et en allemand, etc. 2 la troisième a été singulièrement négligée : à part l'insipide poème descriptif de Moukden, dû au pinceau de l'empereur K'ien-loung 3, on n'a guère fait passer dans nos langues que des chansons, des romances ou morceaux populaires 4 : ces fragments et lambeaux, épars çà et là, ne peuvent permettre d'avoir une idée juste de la Muse chinoise de notre siècle. Jusqu'à cette heure, les savants semblent avoir regardé avec le mépris le plus profond la véritable poésie moderne.

Quiconque connaît tant soit peu l'histoire littéraire de la Chine s'explique facilement ce dédain. Du petit au grand, tout dans ce pays n'est qu'un pastiche de l'antiquité. Les temps anciens constituent son âge d'or : ce qui s'est fait à l'époque de Yu le Grand, de Yaô, de Choun, de Confucius, doit se faire encore aujourd'hui 1. Ainsi raisonne et parle tout bon patriote chinois : en industrie, en mécanique, en art militaire, en diplomatie, comme en littérature, il faut s'appliquer à imiter scrupuleusement les anciens. A ce prix seul on peut réussir. On n'écrit bien en chinois, avons-nous dit ailleurs 1, que si l'on se rapproche le plus possible du style antique, et celui qui, d'expressions et d'allusions cueillies à droite et à gauche dans les canoniques, les classiques et les meilleurs ouvrages postérieurs, arrive à faire une sorte de mosaïque dont les raccords ne sont plus perceptibles à l'œil, celui-là fait preuve d'une vaste érudition et est réputé un maître dans l'art d'écrire. De même que les prosateurs se sont toujours efforcés et s'efforcent encore de modeler leurs productions sur les immortels écrits de Confucius et de ses disciples, de même les poètes ont fait et font aujourd'hui même tous leurs efforts pour imiter les vers du Livre des Odes et de l'époque des T'ang 2.

Dans le Che-King, nous voyons la poésie chinoise à peine éclose : sa voie n'est pas encore tracée ; elle est hésitante, étonnée ; parfois hardie, le plus souvent abandonnée. A travers les siècles qui suivirent le temps de Confucius, on en observe le développement progressif, mais lent et mesuré : déjà elle est plus sûre d'elle-même, déjà elle marche avec moins de crainte et laisse apparaître les principes d'où plus tard doivent naître les règles prosodiques. Sous la dynastie des T'ang, on la voit prendre tout à coup son essor et s'élever à une hauteur depuis inaccessible. Sans s'astreindre, en effet, à suivre pas à pas leurs devanciers, les chefs de l'École poétique des T'ang entrèrent plus d'une fois dans la voie de l'innovation et surent principalement donner à leurs pensées un vivant d'expression et une teinte de coloris qu'on chercherait en vain ailleurs. Ils eurent le mérite et l'honneur de fixer la poésie d'une façon définitive, de la discipliner, et d'en établir à jamais les règles. Li T'ai-Pô, Tou Fou, et les satellites moins brillants qui forment leur cortège, ont eu, chez les Chinois, le même sort que Corneille, La Fontaine et Molière chez nous : ils sont devenus classiques ; leurs œuvres sont restées de véritables modèles que les « Nourrissons postérieurs des Muses chinoises » n'ont pas cessé un seul instant de lire et d'étudier, et n'ont jamais manqué d'imiter avec plus ou moins de succès.

Sans aller jusqu'à prétendre d'une manière absolue que la poésie des T'ang a été à la poésie moderne ce que la grecque fut à la latine, on pourrait cependant, pour mieux faire sentir les attaches qui lient la première à la seconde, employer avec quelque raison la spirituelle et pittoresque expression que Victor Hugo appliquait naguères à Virgile par rapport à Homère, et dire que l'une est pour ainsi dire la lune de l'autre. Imiter le style et la facture des morceaux poétiques de T'ang a été un devoir sacré pour tous les poètes qui ont fleuri depuis cette grande époque littéraire jusqu'à nos jours. Mais entendons-nous : l'imitation n'est pas une ; elle a des degrés : si elle a été servile et infertile pour certains poètes sans inspiration, sans imagination, sans talent, destinés à être emportés sans merci, tôt ou tard, par la vague des ans, elle a été libre et fructueuse pour un grand nombre de génies poétiques qui ne se sont pas attachés à la lettre des modèles et qui, sans produire un calque plus ou moins exact, n'ont mis dans leurs vers qu'un pâle reflet des chefs-d'œuvre de la grande époque. Les premiers n'ont vécu qu'un moment ; l'engouement qui avait pu les accueillir s'est vite éteint, ils ont disparu de la scène littéraire ; les seconds, au contraire, déjà célèbres de leur vivant et dignes, en tous points de leur renommée, ont mérité des suffrages de la postérité et ont eu leurs noms inscrits au livre d'or de la poésie chinoise. Mais, qu'on ne l'oublie pas, l'influence des Maîtres des T'ang s'est fait sentir sur les uns aussi bien que sur les autres, et, si elle n'a pas toujours porté de véritables fruits, elle n'en a pas moins rayonné sur tous.

On comprend dès lors comment les savants ont été fatalement attirés vers la poésie purement classique et celle de la renaissance, et pourquoi ils en ont fait d'abord passer les principaux monuments dans les langues européennes : il fallait connaître les modèles avant que de songer à aborder les imitateurs ; il était de toute nécessité de traduire Homère avant que de feuilleter Virgile. Si on désire se livrer à l'étude de la poésie chinoise, on doit, en effet, commencer par la lecture du
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