Tu sais tu vas voir à quel point je suis ringard, dis-tu à’ la fille de Treize. Remember est repartie, sur coussin d’air, soucoupe volante gris argent





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Tu sais.., tu vas voir à quel point je suis ringard, dis-tu à’ la fille de Treize. Remember est repartie, sur coussin d’air, soucoupe volante gris argent, silver ghost en pilotage automatique. Fouille la nuit de ses yeux intelligents, à droite à. gauche en remontant Belleville, les boucheries hallal les’ poissonneries les chocolats français les traiteurs asiatiques le tabac « La Gitane » les volailles les produits régionaux CADEAUX TORTOLA SERRURERIE CHEZ PETIT LOUIS CAFÉ une fille noire dans une cage de verre téléphone dirait qu’elle prend sa douche dans la lumière, on vole silencieux (pas toi) hydropneumatiques. A travers l’épaisseur nocturne de la ville. Silencieux, pas toi, flot de paroles au contraire, toi, d’histoires, de considérations la va-comme-j’te-pousse, à l’emporte- à la mords-moi-le-nœud. Ecoute, dis-tu à la fille de Treize: tu vas voir à quel point je suis ringard. Ce que je crois, c’est qu’on à été la dernière génération à rêver d’héroïsme. Maintenant ça paraît ridicule, ça vous paraît bon pour des cloches, et à vrai dire vous ne voyez même plus ce que ça veut dire, je sais. Mais le monde n’a ‘pas toujours été, si ennemi du romantique. Le monde n’a pas toujours été si cynique, si malin. Si averti, ricaneur, « on ne me la fait pas »… Auparavant, les jeunes gens avaient volontiers ce genre d’imagination. Il fallait que la vie soit épique, sinon à quoi bon? II fallait côtoyer les gouffres, affronter le mystère. C’est un vieux désir humain, il y a tout un tas de mythes et de poèmes qui racontent ça. Se mesurer aux dieux, aux monstres, découvrir des terres insoupçonnées, explorer cette région inconnue qu’on est soi-même devant la mort. L’Iliade et L’Odyssée, quoi. Depuis deux mille ans, pas mal .de jeunes gens ont rêvé d’être Achille, ou Hector ; ou Ulysse. Et contrairement à ce - qu’on croit à présent ce désir pouvait très bien se conjuguer avec celui d’écrire, de penser. Même, il arrivait que l’un aille difficilement sans l’autre. Il y avait une commune racine de rejet de la monotonie. Il y a eu des poètes, À des romanciers, des philosophes soldats, agents secrets, et ça n’était pas les plus minables, tu sais. Sans remonter jusqu’à Camoes, Faulkner qui n’était quand même pas, parmi .les écrivains du siècle, le plus ballot, le moins profond, Faulkner a été terriblement déçu que l’armistice de novembre 1918 l’empêche d’aller faire le moderne chevalier dans les ciels d’Europe. C’est comme ça. Et Hemingway, plus rapide, avait filé sans hésiter vers les champs de bataille. Cendrars n’est plus très à la mode, ça n’empêche qu’il a inventé la poésie française moderne avec Apollinaire, et il était légionnaire, engagé volontaire. Et Apollinaire, on pourrait en parler ‘aussi... Je sais que vous êtes tous pacifistes, à présent. Et moi aussi, si tu veux que je te dise que c’est plus agréable de vivre en paix. Et eux aussi, ceux qui ont connu la guerre et qui y ont survécu, ils le disent. Mais voilà, on n’écrit pas avec ce qui est agréable, on ne pense pas avec ça. On écrit, on pense avec ce qui blesse, ce qui tue. Et même c’est avec ça qu’on vit vraiment. Pas avec le « principe de précaution ». Ecrire (ou peindre, etc.) n’est pas intrinsèquement philanthropique. Progressiste, encore moins. Un grand écrivain vert, tiens, j’aimerais voir ça. Et même un grand peintre. Bon, alors la Révolution ça a été la dernière épopée occidentale, après quoi tout le monde est allé se coucher. La Révolution, à présent, c’est devenu un gadget, une pacotille bourgeoise. Une fanfreluche. Regarde, écoute, lis autour de toi, Marie: nos élites se ‘disent’ toutes « révolutionnaires », à présent. Je parle de la bourgeoisie moderne, celle qui fabrique des images, des histoires, pas les attardés qui s’obstinent à fabriquer des rails ou des tôles, bien sûr. Je parle des vrais maîtres, ceux que ma génération a inventés, hélas. La Révolution, c’est devenu leur décor, leurs beaux atours. La bourgeoisie moderne est « révolutionnaire », elle a inventé ce formidable trompe-l’oeil pour dissimuler ses privilèges.

Olivier Rolin Tigre de papier Le Seuil 2002

Marie Ndiaye La sorcière

Jeune romancière ayant débuté très tôt avec Quant au riche avenir et surtout Comédie classique (folio 1934), roman constitué d’une phrase unique et commençant devant la Gare St Lazare comme un clin d’œil à Queneau. Elle est assez inspiré par le modèle du conte mais on le verra aussi avec Hilda (voir dans le dossier) met en valeur les rapports sociaux.

Résumé : La narratrice et héroïne du roman vit dans une zone pavillonnaire non loin d'Orléans. Son mari, Pierrot vend des semaines de vacances dans des lieux divers. Il gagne bien sa vie, ce dont profitent sa femme et surtout Maud et Lise, ses deux filles. Jusqu'au jour où il quitte la maison. La narratrice doit alors se débrouiller pour élever ses enfants, en tentant vaille que vaille, de monnayer ses dons surnaturels. Le fantastique n’est pas le contraire, mais le prolongement du réel.

Mon mari rentrait du Garden-Club situé à trente kilomètres de chez nous, où il passait la journée à tenter de convaincre des couples aisés et respectables d’acheter pour l’éternité une semaine de vacances annuelle en des lieux aussi variés qu’idylliques du monde entier, une toute petite semaine par an, certes, mais dont Pierrot se chargeait de montrer qu’elle serait inoubliable et de faire comprendre qu’elle s’ajouterait à d’autres semaines inoubliables au cours des années, ce qui, au bout du compte, offrait aux clients quelques centaines de journées merveilleuses pour une somme, assenait alors Pierrot, presque indignement dérisoire. Au Garden Club, la stratégie de conquête était soigneusement minutée. Invités par un courrier flatteur quinze jours auparavant, les clients potentiels arrivaient pour le déjeuner, dans le grand parc artificiel du Garden Club, ceint de hautes grilles, en pleine campagne. Il étaient reçus par Pierrot, qui leur faisait les honneurs du vaste buffet de charcuterie et de salades exotiques, en profitait pour glisser déjà quelques mots de son affaire, puis les conduisait à la piscine, au sauna, au salon de massage, attendant toujours non loin, toujours à portée de vue dans son costume gris clair à l’écusson du Garden-Club, et avançant toujours un peu davantage, chaque demi-heure, dans l’exposé des inconcevables privilèges que donnait l’achat pour la vie entière d’une semaine de prélassement annuelle à Bora Bora, à Miami, à Trouville, presque partout où la fantaisie la plus retorse pouvait dicter d’aller. Ensuite, il dînait de façon intime avec ses proies, dont la peau était toute rosie et odorante, l’âme toute reconnaissante qu’on les eût si bien traitées, qu’un personnage important comme Pierrot, avec son costume parfait, un peu large, son visage coupant et sévère, ne les eût pas lâchées d’une semelle, et la fin du repas devait le persuader d’avoir emporté le morceau, ou bien c’était manqué, il le savait par expérience. Voilà ce que faisait Pierrot, il était payé à chaque contrat signé. Comme il était, jusqu’à présent, le seul vendeur du Garden-Club qui avait su convaincre plus d’un couple sur deux, il avait acquis au parc un agréable petit prestige, dont l’auréole ne lé quittait pas dès les grilles franchies mais l’enveloppait jusqu’à la maison, jusque chez nous, d’une vague atmosphère de réussite et de satisfaction générale, concrétisée par de bonnes rentrées d’argent. Sitôt qu’il avait passé une heure à la maison, sa morosité le reprenait, sa rancune diffuse et chagrinement entretenue. Mais la modeste gloire dont le paraient ses jolis coups au Garden-Club suffisait à nourrir la prétention sociale de Maud et Lise, même si elles visaient maintenant bien plus haut que le Garden-Club pour leur propre destinée. Nos filles avaient d’ailleurs l’habitude d’une aisance quotidienne car, à fréquenter les couples argentés du Club, les invités comme ceux qui y venaient avec une carte d’abonnement, mon mari n’ignorait plus grand-chose de leurs goûts en matière d’objets et de nourriture, et ces connaissances toutes neuves gouvernaient toujours le moindre achat de la maison, le choix du moindre vêtement pour Maud et Lise.

Marie N’Diaye La Sorcière Double Minuit 1996

Axes

  • La stratégie de vente décrite par le détail mais avec ironie (voir le rôle des adjectifs hyperboliques)

  • Un type de réussite professionnelle et sociale reposant sur l’apparence (le costume à l’écusson du Garden Club) et la conviction par la parole.

  • Pierrot prénom emprunté à la Commedia dell’Arte : double face sourire et mélancolie.

  • L’effet sur les filles : consommation par mimétisme « prétention sociale »

  • Satire très subtile d’un certain modèle de consommation (l’achat de semaines de vacances, les stratégies de marketing mises en œuvre, l’image du « vendeur ») et ses effets sur la vie de l’individu dans son intimité dualité mal assumée.

Une écriture très déliée rendant à la fois la stratégie et le parcours des personnages, avec, à la fin, le résultat de cette stratégie.
4 premières pages de romans de Christian Oster

L’homme auquel j’aimerais donner ici quelque importance, banalement je l’appellerai Louis. Ou Charles. Ou Julien. A la mi-journée d’un samedi, donc, Louis, je crois que pour cette fois ce sera Louis, je préfère Louis, marchait d’un pas forcément lent aux côtés de Pauline, sa fille, cinq ans, dans un environnement forestier proche de Paris, à une saison qu’on choisira belle encore, fin d’été, par exemple, ou tout début d’automne, de manière qu’aux arbres la forme des feuilles, et non les nuances de leurs teintes, prenne un tour caractéristique. Ainsi, en l’absence du chatoyant et parfois subtil dégradé chromatique qu’offre leur sénescence, la sensation s’imposera d’abord d’une forme, d’un dessin.

Le Pique-nique
Exagérons. Disons qu’il fut un temps, pas si éloigné, du reste, où je vivais avec une mouche.

Ce n’est pas une métaphore. C’était une vraie mouche, et, quant à prétendre que je vivais avec elle, qu’on me pardonne, mais, à l’époque, j’ignorais ou j’avais oublié que l’existence de ce diptère n’excède jamais quarante-huit heures. En outre, vivant fort peu depuis nombre d’années — nous y viendrons —, il était parfaitement vraisemblable que j’eusse, confronté à une mouche — j’entends une mouche opiniâtre, bien sûr, une mouche solidement installée dans sa brève persistance de mouche, car je n’ignorais pas, malgré tout, que certaine brièveté présidait à ses jours —, éprouvé la sensation que je partageais sa vie, ou qu’elle partageait la mienne.

Loin d’Odile
Je m’appelle Gavarine, et je voudrais dire quelque chose.

Un soir que je rentrais chez moi, je me suis arrêté devant ma porte. Au vrai, ce n’était pas exactement ma porte. Vitrée, elle se contentait de fermer le couloir de mon immeuble,

Je disposais ce jour-là de cinq poches, pas une de plus, dont je ne ferai pas ici l’inventaire. Je les fouillai, enflant les unes, dégonflant les autres, bossuant laidement celle-ci ou faisant saillir celle- là, invaginée, à la perpendiculaire de ma hanche. Rien. Tout, si l’on préfère, sauf des clés.

C’était normal. Je mettais rarement mes clés dans une poche. Je les rangeais plutôt dans ma serviette. Mais j’avais, quelque part, oublié ma serviette. Or, jusque-là, je n’avais jamais égaré ma serviette. C’est ce qui m’avait arrêté, devant ma porte.

Mon grand appartement
Je voulais m’installer à Bordeaux. Je n’avais pas spécialement l’intention de vivre, au sens de ce que ça implique, comme énergie. Je recherchais plutôt le calme, avec un emploi du temps souple, des réveils doux, un peu de travail pour faire le liant, que je trouverais toujours, me disais-je, s’il y a une chose qui ne fluctue pas chez moi ce sont bien les compétences. Et Bordeaux, à cet égard, m’avait semblé idéale. Plus que Toulouse, par exemple. Encore que Lille, m’étais-je dit un temps, pourquoi pas Lille, au fond. Mais je m’étais fixé sur Bordeaux en regardant le guide, à cause de la photo de la place du Parlement. Tout de suite je m’étais dit qu’il m’agréerait d’arriver sur cette place, d’en repartir, de constater, le cas échéant, en fouillant mes poches, que j’y avais perdu quelque chose, sur cette place, peut-être au café, cité dans le guide pour la qualité de son service. Et, de fait, Bordeaux, j’avais commencé à tourner un peu autour. D’abord en pensée, dans mon appartement parisien, puis, ce jour-là, en empruntant la rocade qui cerne la ville, au volant de ma voiture.

J’avais emporté quelques bagages. Mais je ne m’étais jamais résolu à prendre la direction du centre. La peur, bien sûr, de la réalité de Bordeaux, de sa dureté, soudain. Et, tournant autour de Bordeaux sur la rocade, j’avais fini par m’habituer à cette autre idée, assez rassurante, et qui naissait des circonstances, de m’attarder à la périphérie de la ville. Pour finir, j’avais quitté la rocade en direction de Saint-Girons-Plage, où j’avais heureusement des amis qui m’attendaient.

Sur la dune 2007

On évaluait les personnes en fonction de leur sociabilité. Il fallait être simple, franc et poli. Les enfants « en dessous », les ouvriers « mauvais coucheurs » contrevenaient à la règle de l’échange correct de paroles avec les autres. Il était mal vu de rechercher la solitude, sous peine de passer pour un ours. Vouloir vivre seul - mépris pour les vieux garçons et les vieilles filles -, ne parler à personne était ressenti comme un refus d’accomplir quelque chose relevant de la dignité humaine : ils vivent comme des sauvages ! C’était aussi montrer ouvertement qu’on ne s’intéressait pas à ce qui est le plus intéressant, la vie des autres. Donc, manquer d’usages. Mais fréquenter des voisins, des amis, de manière trop assidue, « être toujours pendu » chez tel ou telle, était tout aussi répréhensible: une absence de fierté.
La politesse était la valeur dominante, le principe premier du jugement social. Elle consistait, par exemple, à :

rendre, un repas, un cadeau — observer strictement les préséances d’age dans les voeux du Nouvel An —, ne pas déranger les gens, en allant chez eux sans prévenir, en les questionnant directement, ne pas leur faire affront, en n’acceptant pas une invitation, le biscuit tendu, etc. La politesse permettait d’être bien avec les gens et de ne pas donner prise aux commentaires: ne pas regarder à l’intérieur des maisons quand on passe dans la cour commune signifiait non qu’on ne voulait pas voir mais ne pas être vu en train de chercher à voir. Les salutations dans la rue, le bonjour donné ou refusé, la façon avec laquelle ce rite était ou non accompli — distance ou jovialité, en s’arrêtant pour serrer la main, dire un petit mot ou en passant son chemin — étaient l’objet d’une attention pointilleuse, de supputations il ne m’aura pas vu, il devait être pressé. On ne pouvait pardonner à ceux qui niaient l’existence des autres en ne regardant personne.

Barrière de protection, la politesse était inutile entre mari et femme, parents et enfants, ressentie même comme de l’hypocrisie ou de la méchanceté. La rudesse, la hargne et la criaillerie constituaient les formes normales de la communication familiale.
Être comme tout le monde était la visée générale, l’idéal à atteindre. L’originalité passait pour de l’excentricité, voire le signe qu’on en a un grain. Tous les chiens du quartier s’appelaient Miquet ou Boby.

Annie Ernaux La Honte Gallimard 1997

CHRONOLOGIE

15 juillet 1934. Naissance de Thomas Jean - Julien Pilaster à Joinville, village de pêcheurs sur la côte Atlantique. Il est le fils unique de Charles Pilaster, voyageur de commerce (cosmétiques), et de Marie Pilaster-Alimen. Le couple ne s’entend pas. L’enfant est chétif et légèrement macrocéphale, malgré quoi ses parents aveuglés par l’amour se demandent s’il a bien toute sa tête. A trois ans, il ne parle toujours pas. De telles périodes de silence et de stérilité seront d’ailleurs fréquentes tout au long de la carrière de l’écrivain, alternant avec des phases de prolixité non moins alarmantes.

En 1938, Charles Pilaster meurt des suites de son alcoolisme. Marie trouve un travail à la pêcherie. Thomas reste le plus souvent seul. Il prétendra avoir commencé dès cette époque à inventer des histoires, ce qui nous autorise à tenir cette déclaration pour mensongère. Toute sa vie, soit dit en passant, il aura ainsi à coeur de se bâtir une légende conforme à ce qu’il imagine devoir être le destin d’un écrivain, avec des passions force nées, des expériences limites, des manuscrits brûlés. D’un paisible voyage organisé en Andalousie, en 1976, il rapportera un récit haletant que la revue Loin n’osera pas lui refuser, où l’on découvre avec une certaine stupeur que l’Espagne, berceau des conquistadores, dont les services du cadastre ne nous semblaient pas moins scrupuleux qu’ailleurs, est en réalité un pays mal connu, quasi inexploré, bouillonnant de mers intérieures contenues dans les vallées de massifs montagneux volontiers volcaniques, où jungles et déserts se disputent un sol régulière ment dévasté par des tremblements de terre, où le voyageur pour survivre doit affronter des fauves incessants comme les mouches, ingérer d’âcres racines et se prémunir du froid de la nuit en se pelotonnant dans des terriers d’ours (une espèce non recensée auparavant d’ours souterrains).

On cherchera en vain une allusion à la guerre et à l’occupation dans l’oeuvre de Pilaster (maréchaliste en 40, il acclame de Gaulle à la Libération).

1946-52. Thomas est interne au collège de garçons Saint-Anselme de Saint-Sernin-sur-Lormes grâce au soutien financier de ses oncles Alimen. Années difficiles. Il n’est guère apprécié de ses camarades qui blâment sa conduite irréprochable. On ne veut pas de lui dans les équipes qui se forment sur le terrain de sport, cet ostracisme n’étant pas dû uniquement à l’antipathie qu’il inspire, restons justes, mais encore à son manque de dis positions pour la course, le dribble et l’effort physique. Ses gros genoux contiennent aussi la cuisse et le mollet. Il n’est pas haut, avec de grands pieds, et s’attire le surnom d’Angle droit. Il achète cependant la clémence des plus forts et son calvaire hebdomadaire ne commence vraiment qu’au milieu de la semaine quand les provisions de confiserie dont sa mère emplit son sac le lundi matin sont épuisées. Il a pour condisciple Marc Antoine Marson, le futur auteur de Le Chant des astres (1959), Les Oursins (1962), Bellérophon (1965), Façons d’être (1966), Le Garde-malade (théâtre, 1969), Autres façons d’être (1971), Forcinal ne veut pas mourir (1973), Cailloux cailloux (poèmes, 1975), Sang noir (1975), Onze petits drames (théâtre, 1977), Nouvelles façons d’être (1979), Machine arrière (essai, 1982), Et autres nouvelles (1984), Remko (1986), Lingeries (poèmes, 1989), Le Premier Pin des Landes (1992), Sentiments contraires (1994), L’Eau du robinet (1995), Préoccupations (1996), La Gloire de Camille (à paraître), Codicilles I et II (à paraître), qui prendra sur lui un ascendant certain et exercera une influence bénéfique sur son oeuvre dès l’origine en critiquant sévèrement ses premiers poèmes. Car Angle droit écrit dès cette époque (1948) et tente sans succès de faire publier des odes, des élégies, des stances et des sonnets, hélas détruits ou perdus.

En 1952, il obtient son baccalauréat et s’installe à Paris où il commence des études de lettres qu’il ne poussera pas loin. Le 16 mai, par l’entremise de Marc-Antoine Marson, il a rencontré Lise Combes. Cette jeune femme vive et ironique dont tout le monde redoute l’esprit, le rire et la beauté, et qui n’a pas pour habitude de ménager la candeur des imbéciles, s’éprend de lui contre toute attente. En septembre, elle le rejoint à Paris. ils ne se quitteront plus.

1954. Pilaster publie Mots confits mots contus à compte d’auteur. Ce recueil de petites proses est suffisamment obscur pour autoriser les gloses intrépides. On ne risque rien à écrire en noir sur fond noir. C’est encore le vieux réflexe humain de fermer les yeux dans la nuit qui joue ici : le livre connaît un vague succès critique.

Eric Chevillard L’œuvre posthume de Thomas Pilaster Minuit

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