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"LIVRES","Livres","Relevé de livres, phrases qui retiennent l'attention et dont on tente l'impossible inventaire, critiques d'écrits en tous genres, notes en bas de pages, marginalia et pense-bête, autant de marque-pages à la principale activité de l'écrivain : la lecture. Comme l'écrit Raymond Fombeuvre : C'est en lisant qu'on devient liseron.

"JOURNAL","Pline rapporte qu'Apelle se livrait avec tant de zèle à son art, qu'il ne passait pas un jour sans toucher son pinceau. ''Nulla dies sine linea''. Ecrire tous les jours pour dire quoi au juste ? Faire le récit de sa vie au quotidien ? Pas un jour sans une ligne. Donner signe de vie. La vie est un éternel recommencement."
"REPRISE"," Une {{reprise}} est un morceau existant et qu'un autre interprète que son créateur rejoue, de façon similaire ou différente. Pour la musique classique, on parle d'interprétation et non pas de reprise (ce terme étant alors synonyme de Da capo dans une œuvre musicale). Le mot ¬¨¬¥¬¨‚Ćreprise¬¨‚Ƭ¨¬™ a également une signification très spécifique en matière de facture d'orgue. On parle aussi de version (mais elle peut être interprétée par le même artiste). On utilise aussi le terme de reprise, en un sens plus littéral, lorsqu'un morceau figure une deuxième fois sur un même album. Les morceaux repris sont le plus souvent des morceaux de la musique populaire. ","4","8","9"
"PALIMPSESTE","Au jour le jour, écrire. Ecrire sur le travail des jours et des nuits. Au travail. Ce qui nous travaille dans l'écriture et comment, en travaillant, chaque jour Cette écriture, on avance, on avance, on avance. Pas une fuite en avant. Possibilité de faire machine arrière, de revenir sur ce qu'on a écrit, ou comment c'est écrit, comment a s'écrit dans le temps. Ecrire à nouveau. Travail de palimpseste. L'écriture est un travail de mémoire."
"MEMOIRE","La mémoire, c'est le lien, qui me permet de me construire en intégrant, ou rejetant, ce qui dans le fatras chaotique de l'expérience, des sensations, du rapport au réel, me permettra d'avancer, mais aussi celui qui me relie à tous les autres, qui assure la transmission : transmission des savoir-faire, mais surtout des valeurs qui les sous-tendent. Elle est enfin ce pont qui relie les morts aux vivants."
"MARELLE RADIO","MARELLE-RADIO","MARELLE Radio place la poésie sur écoute. On retrouve sur le Poetcast de Pierre Ménard, l'atelier d'écriture hebdomadaire qu'il anime en ligne sur MARELLE : Zone d'Activité Poétique, des lectures de textes, des enregistrements, toute l'actualité de la poésie, des inédits d'auteurs, de la poésie sonore, des travaux en cours : Sons, remix et Cie.","1","2","3"
Sur le point de partir

((/public/images/toulon.jpg|Départ du Port de Toulon à bord du bateau en direction de la Corse|L))"," départ du port de toulon à bord du bateau en direction de la corse
Bastia à contrejour ((/public/images/bastiacontrejour.jpg|La place Saint-Nicolas à Bastia au petit matin de notre arrivée|L))"," la place saint-nicolas à bastia au petit matin de notre arrivée ","","bastia contrejour"


Tu es bien portant et tu vas te perdre Il aurait bien voulu l'aimer dans sa langue, et par sa langue à lui ; or, au lieu de cela, il se mit à la regarder fixement, d'un air de menace. Après le premier instant d'étonnement elle se mit à avoir peur et pas seulement pour lui faire plaisir. Il jouait avec la pensée de la tuer, ou du moins de lui voler ou de lui détruire quelque chose ; personne ne savait qu'il était ici : " Je n'aime pas ce siècle ", dit-il. Et elle répondit lentement, comme si elle lisait dans son avenir : " Oui, tu es bien portant et peut-être vas-tu te perdre. " " __Peter Handke, ''Lent retour'' __


"Descente de la croix ((/public/images/tableaueglise.jpg|Tableau dans l'église de Stoppia Nova|L))"," tableau dans l\'église de stoppia nova


Un clou de cercueil
L'erreur c'est la retouche d'image niant la ralit historique maquillant une photographie pour rcrire l'histoire
service communication
rgie publicitaire
pour le tabac et l'alcool
Boyard blanche
un clou de cercueil
Cette distance au corps et Cette absence de souci de soi s'opposent l'hyginisme ambiant
tmoigner de l'histoire pas la retoucher
contre Cette banalisation de la retouche
Ce qui n'arrive pas

"Ce qui m'intresse avant tout, c'est ce qui n'arrive pas, Cette zone entre les événements que l'on peut appeler la brèche. On trouve Cette brèche dans les endroits vides et mornes que nous ne regardons jamais "

Robert Smithson

La foire aux atrocités
sonder les coulisses de la réalité au-delà des apparences les puissances qui le travaillent dans un souffle violent, nul besoin de forcer le trait, nous vivons à l'intérieur d'un énorme roman, écrit-il. Il devient de moins en moins nécessaire pour l'écrivain de donner un contenu fictif à son oeuvre. À imaginer le pire, les structures de la narration à l'épreuve du collage et de la juxtaposition brutale, allez pas d'histoire, ni par sa structure ni par des composants que seraient les personnages, des romans-condensés, au texte pur, sans trame narrative linaire, une oeuvre singulière, aux frontières de l'essai et du récit, et polymorphe, du puzzle pluridimensionnel au labyrinthe à une seule entrée et à plusieurs sorties.

un témoignage clinique de la fin du présent :

"Contentez-vous d'en tourner les pages jusqu'à ce qu'un paragraphe retienne votre attention. Si quelque idée ou quelque image vous y semble intéressante, balayer alors du regard les paragraphes voisins jusqu'à ce que vous y trouviez quelque chose qui résonne de façon à piquer votre curiosité. Et bientôt, je l'espère, le rideau de brume se déchirera pour permettre au récit sous-jacent d'en émerger. A ce moment, vous lirez enfin ce livre exactement de la façon dont il a été écrit. "

J.G. Ballard"

EXCES / ENTRER DANS UN RAPPORT D'ECHANGE Entrer dans un rapport d'échange avec ce film comme l'on se mettrait à parler avec quelqu'un qui ne veut pas nous parler parvenir le faire parler en le regardant simplement en prenant également le risque que son charme se rompe tout à coup (ce qui nous meut dans ce film un détail rien du tout) à force de le regarder à l'usure si cela arrive c'est que ce que l'on y voyait n'y était pas chimère passagère à laquelle on s'était rattaché déjà disparue sinon nous découvrirons peut-être ce que nous voyons dans ce film qui nous fascine tant pour passer tout ce temps à tenter de le comprendre l'analyser à en parler","Entrer dans un rapport d'échange avec ce film comme l'on se mettrait à parler avec quelqu'un qui ne veut pas nous parler parvenir le faire parler en le regardant simplement en prenant également le risque que son charme se rompe tout à coup (ce qui nous meut dans ce film un détail rien du tout) à force de le regarder à l'usure si cela arrive c'est que ce que l'on y voyait n'y était pas chimère passagère à laquelle on s'était rattaché déjà disparue sinon nous découvrirons peut-être ce que nous voyons dans ce film qui nous fascine tant pour passer tout ce temps à tenter de le comprendre l'analyser à en parler"
Catastrophe ! ((/public/images/poemealice.jpg|Poème écrit par Alice|L))"," poème écrit par alice ","","catastrophe"
L'envers du temps, son dos noir

Peut-être que dans ce temps qui a si souvent envahi le mien - je veux parler de celui qui m'est assigné selon l'accord des autres -, la fiction et la réalité se mêlent, en fait, ou les réalités sont non seulement improbables et invraisemblables, mais incompatibles. " C'est après avoir écrit "Le Roman d'Oxford " qu'il a mis en marche un monde qui gisait endormi dans "le dos noir du temps ". Peu d'auteur ont vu comme Javier Marias leur réalité envahie par la fiction. Il a en effet l'art de se diluer dans ses propres pages, il parvient même à s'y convertir en héritier d'un royaume légendaire qui cependant figure sur les cartes. __Titre : Dans le dos noir du temps | Auteur : Javier Marias | Editeur : Rivages__

L'art du corps

Body Art'' est le texte le plus court et le plus concis de Don DeLillo, crivain amricain d'habitude plus prolixe. C'est galement l'un des plus mticuleux. On ne peut s'empcher de relire plusieurs fois de suite la premire scne du livre, scne entre les deux personnages principaux du livre, Rey Robles, cinaste culte et sa troisime femme, Lauren Hartke, praticienne du Body art, de l'art corporel. Il ne se passe rien, et pourtant dans chacun des gestes quotidiens de ce couple dcrit par DeLillo, dans sa cuisine un matin, peu avant le suicide du cinaste, toute la suite nous apparat clairement entre les lignes, entre rvlation et lente apparition. Comme dans une nature morte. Variation blouissante de matrise sur le corps, l'art, l'amour et la mort. __Titre : Body Art | Auteur : Don Delillo | Editeur : Actes Sud__
Vice-Verso

Ce court texte de Jacques Jouet s'inscrit dans la collection Recto-Verso des ditions Stock. Il peut se lire d'un ct comme de l'autre. Deux histoires d'amour et de rupture dont l'hrone s'appelle Annette, comme nous en prvient gentiment le titre (l'auteur est prvenant), Annetête qui rencontre, au pied de l'Etna en Italie, soit Nol, soit Lon. Et les deux si vous retournez le livre page 50 pour lire la suite. Mais l'histoire n'a pas tout fait le mêmesens (c'est le cas de le dire) si vous lisez l'histoire par l'un des bouts plutt que par l'autre. Mais c'est vous d'essayer. A vous de dcider. C'est lger, c'est spirituel et drle. Ce n'est pas si courant. D'un ct comme de l'autre, c'est lire en tout cas. __Titre : Annetête et l'Etna | Auteur : Jacques Jouet | Editeur : Stock__
Il fait beau

Le monde paysan vu sous un regard potique, emaill de textes courts, justes et tendres. Chaque instant trouve un cho dans une illustration miniaturise, fige et pourtant en mouvement. L'auteur s'est servi de ses propres jouets miniatures, conservs depuis une cinquantaine d'annes et qui, au mêmetitre qu'une enfance rurale, ont peut-tre dtermin une passion pour les fermes et l'agriculture, manifeste dans ses crits comme par son levage actuel de vaches. La dmarche est la fois d'humour et de tendresse. C'est un trs beau livre parcourir encore et encore. __Titre : Les derniers paysans | Auteur : Jean-loup Trassard | Editeur : Temps quil fait (Le)__
Errer Buenos Aires Juan et Stella doivent passer un examen. La veille au soir, pour se changer les ides, ils sortent en ville. Buenos Aires est envahi par un brouillard intense. Sur la place de Mai, en un culte mystrieux qui n'est pas sans voquer les futures funrailles d'Evita Pern, la population dfile en silence devant d'tranges reliques. Certaines rues se sont effondres, entranant des catastrophes. Ce qui n'empche pas Juan et Stella et leurs comparses, un journaliste l'humour sarcastique et son amie d'une irrsistible candeur, suivis par l'ombre inquitante d'un certain Abel, dont ils fuient la prsence, d'aller de bar en bar, de tuer le temps jusqu' l'heure fatidique de l'examen, de refaire le monde en paroles, de s'inquiter aussi des vnements tranges dont le sens leur chappe, de parler littrature. Ces dambulations les mnent un tat de lente hallucination et le lecteur dans le fascinant monde parallle de Julio Cortazar. A noter, chez le mêmediteur Denol, "Le Journal d'Andrs Fava " apparat comme un jeu de miroirs l'intrieur de "L'Examen ", puisqu'il est l'oeuvre de l'un de ses principaux personnages. "Devant certaines personnes il faut faire l'idiot pour ne pas passer pour un idiot. " __Titre : L'Examen | Auteur : Julio Cortzar | Editeur : Denol__
Cours Julien

cours julien

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cours julien

","","cours julien"
SENS UNIQUE Ne pas trouver son chemin dans une ville, a ne signifie pas grand-chose. Mais s'égarer dans une ville comme on s'égare dans une fort demande toute une éducation. Il faut alors que les noms des rues parlent celui qui s'égare le langage des rameaux secs qui craquent, et des petites rues au cœur de la ville doivent lui refléter les heures du jour aussi nettement qu'un vallon de montagne. Ne pas trouver son chemin dans une ville, a ne signifie pas grand-chose. Dans une société marque par la prolifération d'images et de sons, comment trouver son chemin sinon dans le jeu et l'appropriation de ces éléments ? Dans une ville précise, dans un quartier précis. Comme on s'égare pour mieux recommencer. "Se tromper ", "s'égarer ", le mot vient du vieux français "errer " qui d'ailleurs signifie "voyager ". Comme on s'égare pour mieux recommencer. Le moment est arrivé. Et s'en aller. Loin, très loin. Comme on revient toujours. Comme on revient vers soi enfin... Alors que faut-il faire ? Ne pas trouver son chemin. L'enchantement de l'espace ne naît-il pas de ce paradoxe qui donne la proximité des lieux aimés la faculté de nous transporter ailleurs que là à nous avons càtume d'être et nous convie vers un lointain peine à discerné mais qui résonne comme un appel? Un appel lointain. Ne pas trouver son chemin dans une ville, a ne signifie pas grand-chose. Mais s'égarer dans une ville comme on s'égare dans une fort demande toute une éducation. De nombreuses rues portent des noms d'arbres, de fleurs et d'oiseaux. Qui se cache derrière le nom de nos rues ? Jamais le langage n'a été aussi méprisé qu'aujourd'hui, trait Comme quantité, et donc quantité négligeable, soustrait au mouvement général de la société, remis dans une annexe parfois luxueuse mais peu fréquente, absent même des lieux à il devrait être ft et venir apporter son renfort l'apprentissage des savoirs. Il faut alors que des expressions communes du langage utilisent le mot dans un autre sens, de ce qu'un seul exemple peut exprimer, on s'égare dans des anecdotes. Toujours la même histoire, cela demande toute une éducation. Dans une société qui vit selon un code strictement établi et met au jour les décombres d'une ville immense et les restes des chausses de pierre. Les noms de rues et les numéros de bâtiments sont des bagatelles négligeables, dites-vous ? Circule plutôt dans les rues ou prends une carte de la ville... Observe le nom des rues refléter les heures du jour comme on plane de toute ternit, et plonge dans ma vision qui s'égare. Dans une ville, son langage est fait autant de gestes verbaux que de paroles non verbales. N'est-ce pas ce que nous vivons tous chaque jour, toutes les heures du jour, ou ce quoi nous aspirons dans les différents lieux que nous fréquentons ou que nous habitons? Confrontés l'espace connu, dont pourtant tous les traits nous sont familiers, il nous arrive de ressentir une motion indéfinissable, l'intuition d'une vérité voile qui reste à découvrir. Ne pas trouver son chemin du premier coup dans une grande ville que l'on ne connaît pas (une sorte de ville dans la ville). On est tenté de passer son chemin, ce qui avec le recul est une erreur. Trouver matière dans les incidents d'une rue mal pave. Raviver accidentellement nos souvenirs. Travailler son chemin quand il pourrait, payer son chemin. Ne pas trouver son chemin dans une ville, a ne signifie pas grand-chose. Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l'écriture préalable''."," Ne pas trouver son chemin dans une ville, a ne signifie pas grand-chose. Mais s'égarer dans une ville comme on s'égare dans une fort demande toute une éducation. Il faut alors que les noms des rues parlent celui qui s'égare le langage des rameaux secs qui craquent, et des petites rues au cœur de la ville doivent lui refléter les heures du jour aussi nettement qu'un vallon de montagne. Ne pas trouver son chemin dans une ville, a ne signifie pas grand-chose. Dans une société marque par la prolifération d'images et de sons, comment trouver son chemin sinon dans le jeu et l'appropriation de ces éléments¬¨‚Ć? Dans une ville précise, dans un quartier précis. Comme on s'égare pour mieux recommencer. ¬´ Se tromper¬´ , ¬´ s'égarer¬´ , le mot vient du vieux français ¬´ errer¬´ qui d'ailleurs signifie ¬´ voyager¬´ . Comme on s'égare pour mieux recommencer. Le moment est arrivé. Et s'en aller. Loin, très loin. Comme on revient toujours. Comme on revient vers soi enfin... Alors que faut-il faire¬¨‚Ć? Ne pas trouver son chemin. L'enchantement de l'espace ne naît-il pas de ce paradoxe qui donne la proximité des lieux aimés la faculté de nous transporter ailleurs que là à nous avons càtume d'être et nous convie vers un lointain peine à discerné mais qui résonne comme un appel? Un appel lointain. Ne pas trouver son chemin dans une ville, a ne signifie pas grand-chose. Mais s'égarer dans une ville comme on s'égare dans une fort demande toute une éducation. De nombreuses rues portent des noms d'arbres, de fleurs et d'oiseaux. Qui se cache derrière le nom de nos rues¬¨‚Ć? Jamais le langage n'a été aussi méprisé qu'aujourd'hui, trait Comme quantité, et donc quantité négligeable, soustrait au mouvement général de la société, remis dans une annexe parfois luxueuse mais peu fréquente, absent même des lieux à il devrait être ft et venir apporter son renfort l'apprentissage des savoirs. Il faut alors que des expressions communes du langage utilisent le mot dans un autre sens, de ce qu'un seul exemple peut exprimer, on s'égare dans des anecdotes. Toujours la même histoire, cela demande toute une éducation. Dans une société qui vit selon un code strictement établi et met au jour les décombres d'une ville immense et les restes des chausses de pierre. Les noms de rues et les numéros de bâtiments sont des bagatelles négligeables, dites-vous¬¨‚Ć? Circule plutôt dans les rues ou prends une carte de la ville... Observe le nom des rues refléter les heures du jour comme on plane de toute ternit, et plonge dans ma vision qui s'égare. Dans une ville, son langage est fait autant de gestes verbaux que de paroles non verbales. N'est-ce pas ce que nous vivons tous chaque jour, toutes les heures du jour, ou ce quoi nous aspirons dans les différents lieux que nous fréquentons ou que nous habitons? Confrontés l'espace connu, dont pourtant tous les traits nous sont familiers, il nous arrive de ressentir une motion indéfinissable, l'intuition d'une vérité voile qui reste à découvrir. Ne pas trouver son chemin du premier coup dans une grande ville que l'on ne connaît pas (une sorte de ville dans la ville). On est tenté de passer son chemin, ce qui avec le recul est une erreur. Trouver matière dans les incidents d'une rue mal pave. Raviver accidentellement nos souvenirs. Travailler son chemin quand il pourrait, payer son chemin. Ne pas trouver son chemin dans une ville, a ne signifie pas grand-chose. Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l'écriture préalable''.
Chant d'amour

Ce livre est le journal intime du peintre Bernard Dufour, auteur de toiles que l'on aperçoit dans le film "La Belle Noiseuse " de Jacques Rivette, qui revient sur la mort de sa femêmeMartine, qui fut également son modèle. Le peintre trouve les mots pour parvenir à faire le deuil de sa femme. Au gré des saisons (qu'il décrit à merveille) et des souvenirs dont il ne parvient que difficilement à se détacher, l'auteur trouve les mots justes pour décrire l'insaisissable, une douleur que rien ne peut soulager, une souffrance qui l'empêche de peindre pendant de longues années. Ce livre n'est pas triste, au contraire, c'est un véritable chant d'amour. Et de vie. __Titre : Le temps passe quand même | Auteur : Bernard Dufour | Editeur : Christian Bourgois
L'odeur du foin

Et bien oui, il faut le savoir, James Sacré est un pote qui parle de linge, pas de l'ange. De vêtements sales qu'on lave après une dure journée de labeur aux champs, mais sans faire grands sentiments ni d'envolées lyriques :

"Ta grande chemise cache tout mais quand même on finit par être ensemble. L'odeur du foin, la sueur. "

Les mots dont il use sont simples mais il n'oublie jamais de parler de Cette usure des mots.

Mais attention, malgré l'harassant travail des champs qu'il décrit (entre autre, ce n'est pas tout), pour autant pas de "gorgées de bières " la cl (des champs). Ce n'est pas une forme poétique de "littérature-light ". Ou alors faut-il entendre "light " dans le sens de "lumière ".

Et comme l'auteur vit dans le Massachusetts depuis près de quarante ans, ce n'est pas interdit.

La lumière, c'est peut-être cela que cherche le pote. Retrouver Cette lumière de notre enfance passe dans celle du monde qui nous entoure. Mais attention, sans regret, sans nostalgie.

Cet ensemble de sept de poèmes préalablement publiés de façon séparée, réunis par son éditeur Le dé bleu, est ici mis en relation, afin de former un tableau complet d'un rapport (au monde) et d'un retour la terre (la terre natale de James Sacré, la Vende de son enfance) :

"Ni paysage ni poème, plutôt

(C'est difficile à dire) quelque chose

Comme musique, la ville dans la campagne,

Une musique, faut pas pousser !

Est-ce que c'est même un sourire ? "

Le poème comme un lopin de terre qu'on cultive patiemment, qu'on laboure avec ardeur, qu'on travaille jour après jour. "C'est vrai aussi que les deux activités, écrire, cultiver, prennent forme dans la même argile originelle (toujours là d'ailleurs, nul secret perdu). "

Quand on sème on n'est pas toujours sûr de la récolte que l'on obtiendra. La poésie c'est pareil.

Et c'est la vraie force de Cette poésie, elle n'est pas ferme sur elle-mme. Elle observe, elle commente, elle se souvient, elle est l'coute des autres, elle bafouille quand elle ne sait plus, elle se répète, elle perd la mémoire également, elle s'interroge aussi et se remet en question.

"Quelque chose a comme un gàt de catastrophe,

Ecrire s'empêtre la fin dans le radotage.

La raison, si c'est la langue ou l'air du temps,

On sait mal. En même temps que du courage s'affaisse

Des mots s'accumulent pourtant, qui font le volume du poème,

L'impression que plus rien n'allait s'y prend mesure du plaisir ;

A cela qui s'effondre, dans la banalité du sens

Et l'effritement des figures du monde,

Le rythme fait Comme rime heureuse.

(Les mots soudain comme un ciel familier.)

Ecrire est-ce que c'est pas quand même,

Plutôt qu'inventer des anges,

S'égarer dans le toujours même bleu silencieux ?

Le soleil, la terre, l'herbe, le vent. Voilà les mots qui reviennent le plus souvent dans Cette posie qui par de nombreux aspects (le principal tant sans doute son attention sensuelle aux saisons, au temps qui passe) est cousine des ha‚àö√òkus japonais.

Sa brièveté et sa volonté d'aller au cœur des choses renforcent également Cette exotique parent.

"Contre un mur, prise

Dans une ferraille rouille, des morceaux de briques,

Une touffe de mauvaise herbe

(Agrostis fin ou brome plus grossier).

Le ciel pas loin, bleu. Le silence. "

L'humilité de Cette poésie est touchante. C'est toute une vie qu'on lit dans les traces du passé qu'il évoque.

Une écriture qui s'est nourrie de la terre de son enfance. Un parcours en quelques lignes. Lignes de vie ivres de vie. Son chemin la trace. Ce qu'il en reste ? "Si peu de terre, tout ". Comme le rappelle si justement le titre de ce magnifique recueil.

{{Titre : Si peu de terre, tout | Auteur : James Sacré | Editeur : Ide bleue (L')}}
Lundi 14 mai 2007 DER GESTIRNTE HIMMEL ‚àö√∫BER MIR Air sans poignée. Un souvenir appelle l'autre, d'accord. C'est ça c'est exactement ça nous y sommes. Il convient de se méfier aussi des images, on croit qu'elles sont des raccourcis et on s'aperçoit qu'au contraire elles brouillent la pensée et nous emportent nulle part. Remplacer image par le ''mot'' image. Bonne idée. Face aux reflets les interstices opaques. Aux environs du calme. Ce sont les bulles d'avant de même qu'une bouffée. Parce que chacun, griffonnant les marges de sa peau ou son cahier de brouillon, est son propre héraut qui raconte comment et à portèrent les marques, à chaque fois que la vie a cogné. Au choix, plus de choix. Et ça signifie quoi ?
Mardi 23 janvier 2007 INVERSION Mon corps est un costume de feutre sans boutons ni passementerie. Sans aucun espoir de médaille. Faire peau neuve. Avec dans la bouche un gàt de neige. Le souffle glacé du vent, dans la rue déserte, fait grincer, grimacer les frêles tuteurs des arbres à quelques rares feuiles craquent comme de vieux parchemins. Le froid vivifiant, peau tendue. L'hiver est là. Impossible de me rappeler la traduction anglaise de ce mot. J'avance tête baissée. Se mettre dans la peau du personnage. Comme un écho à ''malade très'', ''fatigué un peu''. Un héros ? Au suivant. Par moments la surface a besoin d'être calmée. Ambivalent, vraie balance, sans cesse tourmenté par les affres de l'embarras du choix. En même temps oui et non, oui je veux bien, non je ne veux pas. Vous aimez surprendre et dérouter en intervenant là à l'on ne vous attend pas. Un vrai remède contre l'ennui. Tu parles. Le sentiment de n'exister plus qu'en surface.
Lundi 15 janvier 2007 THE SECRET MIGRATION Pour commencer le nouveau jour c'est bien mieux de caresser le temps tout doucement dans le sens du pelage. J'étais dans une posture peu commode à ne pas savoir comment revenir en arrière. Un homêmemarche dans les feuilles non loin du pavillon. Il se déplace si lentement, avec tant de précautions qu'il ne s'aperçoit pas qu'un arbre le suit. Reprendre son souffle fort heureusement en temps voulu. Et voila comment on faisait un abri de rires, de secrets et de baisers timides. Je crois me souvenir, face au miroir, cela me revient. Ici et si. Quelque chose comme cela. Il y a des voix, des rires, un crépitement de feuilles. La vàte céleste bleuie infiniment. Il n'y a qu'à voir l'état du monde pour s'en convaincre. Le temps commence à compter. L'abandon devient possible : on pourrait s'y laisser prendre. ''Je t'aime beaucoup les fleurs.
Jeudi 5 avril 2007 MOLECULE Sa lumière froide, un dernier éclat. Fausse annonce. Souvent cela sera tout. C'est après que cela pose problème. Pile c'est pli plus e. C'est plié dans la face. Mais là il n'y a que les voix et les rires étouffés. Le gouffre de la gorge et la densité de l'air. La vibration des sons et le silence. Appuyé contre ce qui se dérobe, il n'est plus possible de tenir longtemps. Mais une dérive immobile à l'intérieur de ses entassements. Là encore, écrire. Barrer la mention inutile. Tout se transforme, s'enchaîne, doit se tenir. Un exercice d'une mélancolie joyeuse : c'est revenir aux certitudes du début, aux temps de la maîtrise, des croyances et des confiances désormais abolies. C'est retomber dans la puissance et la décantation de l'aube, une aube de mots. Les chiffres parlent d'eux-mêmes
Lundi 18 juin 2007 CITY ISLAND Dresser la liste de ses ennemis. La vie s'appuie dans les formes. Chaque chose à la lumière du jour se voile à l'idée que la rue, si ce n'est sa présence, est déserte. Quelque chose de pareil et pourtant chaque forme tournée dans un tourment singulier. Vider ses poches. Le lit est gonflé de peluches. La vie s'appuie dans les formes. Jouer c'est provoquer l'inattendu, une affaire de fêlés, et parfois la fêlure donne de sacrées surprises. Penser à un ami à qui on ne pense pas assez. Dessiner des soleils. Ainsi nous naviguions parfois sans le dire.
Jeudi 10 mars 2005 COUPE D'UN SAC A DOS Les filles se couchent hier au soir. Je suis seul avec elle la maison. Je raconte Alice qui se dshabille sur la couche suprieure du lit-double, comme c'est prilleux de le faire dans les trains, en couchette. Lointains et attendrissants souvenirs de trajets nocturnes avec mes parents. L'preuve des vtements. Je les te l-haut. Plus tard aussi. Oui je sais me dit-elle d'un revers de la main. Je radote. Dans la nuit mal l'oreille qui l'empche de dormir. Elle s'agite, elle pleure. Elle finira la nuit dans notre lit et moi dans le sien. Le contact froid et douloureux des barreaux mtalliques de l'chelle sur les talons. Monter dans le noir. La peur de la chute. Je me mets sa place. Toujours prsente. Le souffle rgulier de Nina sur la couchetête en-dessous. Puis pleine nuit son rveil brutal. Mauvais rve. Persuade qu'il y a quelque chose sous la couette. Elle me montre. Quoi ? Le drap pliss et nu. Des insectes ? Elle pleure, je ne comprends pas ce qu'elle me dit. Envie de dormir. Toujours mal comme dans les trains. Souvenir charnel qui refait surface. Prend corps.
Lundi 21 mai 2007 ANTICHAMBRE Sourire serait une trop petite caresse. J'aime avoir deux mains. L'une tient l'autre. Rien à dire, c'est à la douleur de partir. Le jour n'est pas plus facile que la nuit. Si, un peu. Quand j'écris aussi je passe dessus frottant du bout, puis j'efface par une dernière trace. Oublier. D'un pas différent. La clé est un œil. On m'a tendu un piège. Là à rien ne bouge. J'entends par cela tout autre chose. On se voudrait sans comparaison. Avancer dans le noir. Pour la plupart d'entre eux c'est un travail en bordure. Il suffit d'avancer. Le noir se détache du noir. Le chemin s'arrête dans le regard. Le point qui figure la marge. Les couleurs sont enfermées. Sans mémoire de l'emplacement. L'inertie des choses épuise l'émotion.
Mercredi 3 janvier 2007 THE TIMES THEY ARE CHANGING Vouloir encore rouler des mécaniques pour se jouer de soi, se prendre à son propre jeu, et tomber dans les mailles du filet, cet espace qu'il y a entre nous et les autres, ce qu'on appelle justement du jeu. De l'air allez hop. Il faut se mettre en face de la poésie pour écrire de bonne prose ! Car la prose est une guerre contre la poésie, une guerre aimable et incessante : tout son charme consiste à échapper sans cesse à la poésie, à la contredire, constamment. Si vous ne trouvez pas, cherchez autre chose. Il faut garder la gueule ouverte, prendre son élan, remonter ses manches et ses chaussettes avant de se faire remonter les bretelles. Ouvrir l'oeil, ne rien lâcher, ni la rampe ni les mollets des fâcheux, des envieux, des pas joyeux. Rire de tout et n'avoir peur de rien. C'est écrit sur la porte de mon bureau, c'est vous dire ce que je suis sérieux. Même si l'inverse est plus probable. Mettre la probabilité là à elle devrait rester. Voir tout le monde tout nu. Confondre révolutions et résolutions. S'en foutre mais continuer à dire s'en fiche parce que ça sonne mieux. Il faut bien commencer. Commencer par le commencement. Se dire qu'au début c'est ainsi que tout commence. Pas plus ? Laisser des traces. Prendre et perdre son temps. C'est parti.
Vendredi 14 octobre 2005 HUNDERTWASSER'S RAINY DAY On perdait de la mobilit, de lintrt. L'air clair, le climat favorable et bien doux. Leffort habituel pour vaincre la rugosit du dehors. Ce rituel du noir: peine si on devinait sa prsence, une ombre dans lombre, une chaleur peut-tre puisquil y a irradiation de la chaleur ou bien que le mouvement existerait en soi et se passerait du visible. On nest plus sur la route quon souhaite, mais on ne sen est pas aperu et rien ne vous a mis en garde, et trop tard pour revenir en arrire. Le bruit, les livres, la langue. Mais ne spare pas le non du oui ta parole donne le sens aussi: donne-lui lombre. Vous avez maintenant, claire et succincte, lexplication du phénomène.
Mercredi 14 mars 2007 THE WEIRDNESS Le principe du jeu est très simple. L'importance du regard face à l'ordre apparent des choses. Question de point de vue, de découpe, d'échelles, j'en passe et des meilleures. On va trop loin dans Cette histoire. ‚àö√§tre là-bas en même temps qu'ici. Alluvions de visions, d'illusions et d'allusions. Cherchez l'échelle ! Ici autre chose survient dont il reste trace. Ce que l'on ne peut pas dire, il faut le répéter. Les véritables hallucinogènes ce sont les mots. Un ensemble de sillons et de rainures. Forme et chaos restent disctincts. C'est la vitesse, le décalage permanent. Il est là, il faut l'admettre. Je ne sais pas, quand je comprends, mais ça fait passer le présent comme un courant. Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier. Un seul élément étrange suffit à faire une bonne histoire
Mercredi 17 janvier 2007 SILENT ALARM J'aimerais prononcer des paroles définitives. Il suffit d'enlever les scories de mes questions pour entendre enfin la voix de ces femmes. Silence, respiration, soupirs et sourires. Il va falloir encore bouger ? Question suivante. Comment vous appelez-vous ? Les arbres disparaissent bien avant les noms que l'on a tracé dessus. C'est métronomique, les battements du coeur, les paroles qui s'emballent puis reviennent à la raison, les vaguelettes et les embruns, c'est bien, parle plus fort, crie contre le vent, ça donne du coeur au ventre à tes paroles, de la passion pour une fois. Dans le café, répétition improvisée dans l'indifférence générale et le bruit ambiant. Ce plaisir partagé du jeu me fait toujours envie. Pareil partage me rappelle échanges de fond de court. Tout ce qui s'est perdu, enfui, dans ce mouvement. Si pauvre mémoire, piétinements à perte. Faire sauter l'univoque en éclats, se débonder en rythmes morticoles. Un arbre cache la forêt et nous on est juste devant
Lundi 25 avril 2005 DAS BLINDE UND WEINENDE AUTOMOBIL Champs de colza perte de vue, nuages menaants, bas trs bas. Le train file vive allure. Les filles dessinent. La tache dit : c'est rvolu. Le titre d'un livre ''la mauvaise vie.'' Alterner les couleurs. Des passages de son livre dans le dsordre. Troues de bleu, les nuages s'cartent lentement comme dans les contes de fes, les champs sont moins nombreux, le vert s'claircit tendrement. Un texte dont on parle sans avoir lu le livre, dcouvrir qu'il figure dans l'ouvrage qu'on emporte avec soi en voyage, sous un autre titre, masqu, sous couvert.
Jeudi 24 janvier 2008 ASK FORGIVENESS ((/public/Journal2008/240108.jpg|Hôpital Saint-Louis à Paris dans le 10ème arrondissement)) Il est souvent plus simple de faire que de justifier pourquoi on ne fait pas. Allure régulière marcher dans la rue c'est pas simple, on marche jamais vide place gardée pour accumulations. Nous scintillons dans l'ivresse. Ce n'est pas un autre pays c'est un autre instant, un composé de croisements. Mais aussi parce que, avec le temps, j'ai compris que je n'étais plus attiré par ce qui brille dehors, par l'illusion des rencontres vaines, la valse des conversations censées changer le monde, l'artifice des échanges vaniteux. Seul, pour autant qu'on puisse en juger. Nous l'avons tout de suite reconnu, et fait entrer.
Rose la peau ose Quelque chose à dire, quelque chose formaliser Dconstruire le sujet et le sens du pome. Le lieu d'criture devient ainsi le non-lieu de l'criture ou, si l'on veut, l'espace de sa perptuelle remise en cause. Btir donc sur l'oeuvre elle-mme, c'est--dire par d'incessants retours sur ses propres crits, questionnant " la lettre " chaque pome, chaque phrase, chaque mot, chaque phonme mme. Les livres successifs donc, loin d'tre des opuscules indpendants, font corps, sont, chacun, les parties d'un tout. Quelque chose dire, quelque chose formaliser Cette obsession du mot, du langage, en vient crer une forme d'absolu. La parole est l'homme. Il possde la parole par nature et non par volont de parler. La ralit de l'homême- sa diffrence - est tout entire contenue dans l'acte de parole, l'emploi du mot, l'utilisation de la langue. Quelque chose dire, quelque chose formaliser Le pome, la posie, comme l'expression de la Ralit elle-mme, la ntre, celle de "l'homme-monde " PosieRalit La langue comme seul corps disponible Langue corps efficace Ce coeur dur de la langue est vide de sens, lui seul mrite mes yeux d'tre crit. Les mots ont tendance effacer les mots, s'arrter en cours de route de lecture le vers s'veiller au milieu du mot. Les pomes sont des phrases. Toute phrase est de la prose. Tous les mots ont un pouvoir soporifique, en posie aussi. Le sommeil oublie la forme. Passer une prose sans rythme et sans rime. Le langage est affaire d'oreille. L'oreille commande le sens : tout est l. Quand on parle on ne s'entend pas et c'est la posie qui nous permet de nous entendre. Le sens est de la mlodie. Les phrases ne disent plus rien, nagissent plus, l'ide de faire des phrases ne dit plus rien, et cest le bavardage qui meuble le vide. Il ne s'agit pas de proposer une ou des reprsentations de Cette ralit (ne pas figer, fixer, le mot dans l'espace signifiant d'un pome), mais bien plutt le suivre, le rassembler, le perdre, le rassembler de nouveau, dans la fluctuation d'un rel qui est fluctuation de la langue. Cette voix ne chante pas. Elle dit le texte. Elle est le texte. Elle ne produit que le texte, o tout a t au pralable crit : crivant un pome, j'cris des sons, un rythme, une mlodie, un espace - de l'air en somme. La voix n'ajoute pas cela plus de son, plus de rythme, plus de mlodie, plus d'espace. Simplement elle te au pome de son retranchement, en le produisant. Et le produit de la voix est une normit. Quelque chose du bruissement de la langue ou du murmure. Peut-tre mme, plutt que de parler de rythme, serait-il plus juste de dire cadence. Rptition ou profration d'une parole inninterrompue ou au contraire arrte dans son cours : mimesis d'un temps du rel consubstanciel au langage. La phrase est donc tantt absolument litanique tantt suprmement hsitante, filant comme le chien courant des frises, la tête tourne vers l'arrire : Non seulement le son mais la cadence nous est plus chre, le temps du mot qui est sa structure et l'air qui est sa matire, son volume, la lumire du mot qui est son espace nous sont plus chers que le mot, et plus chre encore nous est l'harmonie de la phrase, qui est du prsent ne s'absentant pas, mais c'est trs momentan. Faire le jeu de sa propre capacit d'ambigut et de contre-sens, usant de tous les registres grammaticaux qui la fois lui donnent sa consistance et la rongent de l'intrieur. Nologismes, jeux de mots franglais, ponctuation efface, termes tronqus, phonmes isols, apparaissent ainsi tout au long des pomes, reconduisant sans cesse l'exprience d'un "impossible " (tel que Bataille l'entendait) l'intrieur de la langue. Heidegger : La parole elle-mêmeest : la parole . Je ne pourrais pas faire mieux que rpter trois fois un seul et mêmemot : la raison est parole. Tel est l'os moelleux que je ronge et que je me crve ronger. crte des murmures menace d'clatement du murmure chose de vent le murmure arrt canon du murmure aristocratie du murmure compacit du murmure extrmits du murmure ramassement du murmure sous-vtements du murmure /.../ craie du murmure travail de posie du murmure renversement du murmure notion d'objet du murmure notion d'obstacle du murmure inusabilit du murmure /.../ fte du murmure mission d'infimes vocalits scandaleuses liquidit nervalienne du murmure /.../ La posie impose la ncessit de s'arrter ce qui est dit, d'entendre ce qu'on voit, de peser ce qui est dit, de le compter. La mnmotechnique nimpose pas seulement la posie versifie; elle prouve l'importance des mots, la prcision, l'exactitude des phrases, des enchanements. Former des phrases, cest les crire dans la tte. Le dialogue ne fait vivre que le vivant. La parole nest pas le reflet dun acte, elle est un acte impressionnant. ''Ecrire est une manire spciale de vivre'', dixit Flaubert. Ecrire encore, continuer la bibliothque. Les mots prononcs ne s'envolent pas. Ils s'impriment en quelque faon, dans la tête et dans le cur. Le pome est un lieu. Le pome oblige relire. Mettre la vie plat. Les pieds dedans. Sauter pieds joints. Mchoires serres. Dans le dsarroi, je me pose la question de savoir si ce nest pas comme a qu'a t fait tout pome. Tout pome n'est-il pas un pome rentr et non un pome sorti comme je l'avais cru jusqu'alors ? Exprience segmente de la langue / Segments de solitude pas darrt sur limage segments de la solitude ncessaire la communication fragments de communication. Absolument tout, du rel, de la vie (le tlphone, les lpiodes, la phrase de Proust, etc.) peut ''comparatre'' au prsent du pome ; l'oppos d'une certaine rarfaction volontaire, d'un resserrement calcul du lexique, la posie est accueillante l'htrogne, au lapsus, l'accident... Le travail de brouillage du sens s'effectue ds lors par des associations, des juxtapositions d'ides, de passages entiers de texte repris et relis ensemble. La dliaison premire, la fragmentation du livre cherchent se rsoudre dans un amalgame, une tentative de liaison voue l'chec du sens mais qui, par l'tablissement d'une cadence, met jour une forme de sensation du rel. Dans certains morceaux de jazz : le murmure comme la ligne d'une contrebasse, la pulsation blanche, la parole fluctuante ou soudain interrompue, comme le surgissement d'un air de saxophone ou le souffle dtimbr d'une trompette. Je chantonne, comme si je rinventais ''Blues for Blanche'' aprs que Coltrane a eu tout dtruit. Travail d'un rythme tour tour dilat et ramass, ample et htif, joyeux et d'un coup assombri, affirmatif et si sensible pourtant qu'il est au bord de la dfaillance. L les fragments sont une premire fois poss sur la page comme d'autres figent l'image d'un instant sur une pellicule photographique, puis ils se retrouvent rassembls en une suite, une acclration soudaine, une srie d'injonctions la manire, Cette fois, d'un montage filmique. Cependant, ce qui reste sur la page ce n'est pas l'ampleur de vue, le courant d'un mouvement sans faille, mais bien plutt des bouts de rel, des rushes, une faon d'apprhender l'audible ou le visible, par captation d'instantanns, de squences d'images clates, de sons entrechoqus. Temps du sujet, sujet du temps : "Je est la langue ". Et la langue est une ralit sans stabilit, elle suppose une prsence phmre prcde et immdiatement suivie d'une absence, voire, dans l'criture notamment, et l'espacement toujours existant entre les mots, une absence intgre Cette prsence. Ds lors, si le sujet nonciateur du pome est le pome lui-mme, - la langue, la parole, le mot - l'criture n'est jamais qu'une mort en instance, un ''saisir-ne-pas-saisir'' dans le mêmetemps. C'est ici qu'il faut revenir sur la question du temps, ce mode de perception du temps relatif une instantannit, et toujours vcu Comme perte. Ne jamais pouvoir que reconduire le commencement, le contemporain, et en venir signifier ainsi l'infinitude du pome. Ce qui est point d'orgue de l'instant sous-entend aussi l'incapacit d'un point final au livre : Cependant nous tentons de faire que notre livre consiste en un seul pome. Ds lors, comment ne pas se heurter un tel constat avec Cette angoisse toujours plus grandissante face au nant ? En redonnant corps son corps, c'est--dire en recherchant la chair qui chappe au langage : l'amour ? Peut-tre. Et cet gard, le fminin est probablement l'une des perspectives de l'oeuvre que l'on a parfois tendance ngliger, alors que Cette dmarche me semble bien tre une des pointes du travail potique : voix obscnement nomêmedans un foudroiement de roses j'ai joui et toi dis voix aventureuse Comme pave voix sans sperme dessoude de tout /.../ est-ce ton nom ta voix faisant le lien entre les choses ? Le corps du contemporain c'est le corps de personne. C'est un corps mort, en ce sens il est identique mon pome, un corps mort qu'une seule personne saurait reconnatre. Ainsi j'ai t reconnatre mon cadavre la morgue. Encore et-il fallu le pntrer ; je l'ai reconnu en le pntrant. La posie de Fourcade assume son propre chec, ce rapport de la langue au nant et la finitude du pote en elle, crant un livre d'o s'efface le nom. Mais, arriv l, pourquoi poursuivre ? Pourquoi crire encore ? Peut-tre simplement parce que la vie - le rel dans sa totalit - est ce corps de la langue qui ne trouve exister que dans la rconduction d'un heurt : celui d'une origine sans cesse questionne sous le regard de la mort. On ne peut lire la rature - disait-il ; mais on peut imaginer une lecture dece qui a t dfinitivement ratur. Lecture de la mort. (E.Jabs)
Dimanche 18 mai 2008 CONSOLERS OF THE LONELY ((/public/Journal2008/.DSCN5292_m.jpg|Une vieille femêmevue depuis une fenêtre de la bibliothèque de l'Alcazar à Marseille)) Des capsules de pensée soigneusement arrondies. Le résultat est comme la fumée des feux de camp, belle et éphémère en apparence. Fragile mais odorante. C'est Ga‚àö¬¥tan qui parlait hier d'extraits. Définitions cruciverbistes pour une grille imaginaire. Chaque esquive de la pensée est une porte d'entrée. Le regard ne pointe pas quelque chose, il se porte aux limites pour les éprouver, il glisse plutôt contre. Un jour les sentiers se vengeront d'avoir été battus. C'est sûr : si l'on veut savoir qui on est, il faut savoir d'à on vient. Tout est dans le presque tous. Dans le feuillage et l'ombrage obliques d'un rêve. Tu reprendras le livre à la page laissée. ''De sa toute sagesse, il ne part rien que bon, et commun, et réglé : mais nous n'en voyons pas l'assortiment et la relation.'' Le sentier que l'on rêve n'est-il pas, en effet, plus satisfaisant, de bien des façons, que cet autre qu'il faudrait se frayer dans le désordre de ce qui est ? Ne peut-on pas se donner le plaisir du rêve un moment encore, aussi lucide soit-on ?
Le Portail'' est un témoignage saisissant de François Bizot, ethnologue, d'une sensibilité et d'une intelligence remarquables. L'auteur revient sur son expérience traumatisante (prisonnier des révolutionnaires khmers rouges pendant trois mois en 1971, François Bizot fut également un interlocuteur privilégie de Douch, son tortionnaire cambodgien, qui deviendra le chef des tortionnaires du régime de Pol Pot), et sur son expulsion dramatique du Cambodge (en 1975 en même temps que des centaines d'occidentaux contraints au départ par l'arrivée des Khmers rouges au pouvoir). La vie dans ce camp tait terrible : les prisonniers y étaient enchaînés, les rations de nourriture tiques, les conditions d'hygiène lamentables, les séances de torture et les exécutions régulières. Dans cet asservissement total, une relation paradoxale s'est pourtant installe entre François Bizot et son geôlier, que tout séparait mais qui semblaient prouver une forme de sympathie. Non seulement les deux hommes ont eu de vives discussions politiques ou métaphysiques, dont François Bizot restitue bien le caractère quelque peu surréaliste, étant donné le cadre à elles se déroulent, mais Douch, était persuadé de l'innocence de son prisonnier, et réussit à le faire libérer, malgré l'opposition d'une grande partie de sa hiérarchie. François Bizot parvient démonter au plus juste les paradoxes de l'être humain, touchant du doigt l'atroce et l'innommable, il s'interroge sur les rapports ambigus entre victime et bourreau et sur la quête d'idéal, présente en chacun de nous et coupable des pires atrocités. Ce livre est le récit d'un parcours quasi initiatique, une véritable leçon de vie. L'auteur nous fait pénétrer au cœur du pays khmer, gr√¢ce à une écriture splendide et un retour mouvant sur son passé. J'ai écrit ce livre dans une amertume sans fond, prévient François Bizot, qui hait juste titre toute utopie ou ide d'une aube nouvelle, tant elles ont selon lui justifié les plus sanglantes exterminations de l'histoire. Je ne crois plus qu'aux choses ; l'esprit sait y pressentir ce que leur apparence renferme d'éternel. La philosophie la plus claire n'est-elle pas celle qui enseigne se méfier de l'homême? Un sentiment désespéré traverse tout le Portail. Le livre ressuscite en effet de manière saisissante un cauchemar enfoui depuis trente ans dans la vie d'un homme. Il aura fallu tout ce temps là, ce long silence, Cette période de réflexion et d'attente, Cette distance, pour parvenir faire remonter à la surface, avec une justesse rare, la fluidité d'une écriture sans affèteries, sans concession, sèche à certains égards, comme la pointe quon utilise pour la gravure, l'estampe, une mémoire précise des évènements, tout ce qu'il a vécu là-bas, restitué avec une honnêteté rare, une franchise impressionnante. Le succès du livre est là sans doute. Dans Cette évidente nécessitè de l'écriture. Et c'est Cette évidence même qui m'a captivé, m'a littéralement ravie. Les récits des otages de Jolo montrent contrario que la précipitation ne rend guère justice des moments douloureux vécus en captivité. La médiatisation de l'vénéement dont les ex-otages dénoncent justement l'orchestration perd malheureusement tout son poids - un coup d'épée dans l'eau - dans le choix même de la forme qu'ils ont donne leurs récits : le journal de bord. Pendant des mois, ils ont été l'objet des médias, une rubrique sensations dans les journaux télévisés du monde entier. Pendant leur captivité ils ont écrit, ils n'avaient que cela faire avouent-ils, des journées entières griffonner sur les pages des cahiers qu'on leur avait fait parvenir. Une fois rentrés, pressés encore une fois par les médias, ils ont servilement rendu leurs copies, croyant peut-être faciliter, en l'accélérant, le processus de distanciation nécessaire l'oubli de ces dramatiques moments, sans se douter qu'ils seraient l aussi l'objet des médias et que malgré leurs bonnes volontés ils allaient être manipulés, Cette fois peut-être plus gravement que lors de leur détention, car de leur plein grès, devant désormais répondre à l'attente médiatique que leur livre provoque désormais. La seule réponse qu'ils auraient pu accorder ces médias, se trouve justement dans le livre de François Bizot. Pour éviter l'inévitable écueil voyeuriste les solutions ne sont pas nombreuses. De la distance. Du recul. Du temps. Un regard. Il faut devenir écrivain. C'est-à-dire, non pas offrir au regard des autres (ici le lecteur), ce qu'il attend, sa ration quotidienne d'images préfabriquées mais, lui ouvrir les yeux. Lui apprendre à regarder. Et pour cela il faut soi-même apprendre à regarder. Prendre son temps. ''Le Portail'' écrit François Bizot dans ses remerciements, est le dénouement d'un travail enfoui en moi depuis trente ans. Un peu plus loin, il poursuit : Bien que je n'aie eu inventer aucun des évènements, des personnages, des sentiments, des dialogues, des paysages, que je rapporte ici il me fallut les faire revivre à l'aide de l'écriture et de l'imagination, créant du coup un instrument d'optique dont les effets sur le lecteur m'échappaient. J'ai écrit Le Portail par rapport son regard : c'est elle qui l'a prouvé et rapport à ce quelle savait que j'avais vu, senti ou cru. Elle y a mis son me ct de la mienne. __Titre : Le Portail | Auteur : François Bizot | Editeur : Table Ronde__","
Nuit électrique ((/public/images/IMG_0293.JPG|Vieux-port, Bastia|L))","
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