Épreuve de français séries s-es durée de l'épreuve : 4 heures Coefficient : 2





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BACCALAUREAT GÉNÉRAL SESSION 2005

ÉPREUVE DE FRANÇAIS




SÉRIES S-ES



Durée de l'épreuve : 4 heures Coefficient : 2


L'usage des calculatrices est interdit.

Objet d'étude : La poésie


Le sujet comprend :

Texte A : J. Du Bellay (1522-1560) – Les Regrets (1558)– Sonnet XII.

Texte B : A. de Musset (1810-1857) – Poésies nouvelles – "Le mie prigioni"

Texte C : G. Apollinaire (1880-1918) – Alcools (1913) "A la Santé"

Texte D : A. Sarrazin (1937-1967) Poèmes (1969)
Le candidat s'assurera qu'il est en possession du sujet correspondant à sa série.

Texte A – Joachim Du Bellay (1522-1560) – Les Regrets (1558) Sonnet XII,



[En 1553, Joachim Du Bellay accompagne à Rome son cousin, le cardinal Jean Du Bellay, parti négocier avec le pape Jules III au nom du roi de France Henri II.]
Vu le soin ménager dont travaillé je suis,

Vu l'importun souci qui sans fin me tourmente,

Et vu tant de regrets desquels je me lamente,

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u t'ébahis souvent comment chanter je puis.
Je ne chante, Magny(1), je pleure mes ennuis,

Ou, pour le dire mieux, en pleurant je les chante,

Si bien qu'en les chantant, souvent je les enchante :

Voilà pourquoi, Magny, je chante jours et nuits.
Ainsi chante l'ouvrier en faisant son ouvrage,

Ainsi le laboureur faisant son labourage,

Ainsi le pélerin regrettant sa maison,
Ainsi l'aventurier en songeant à sa dame,

Ainsi le marinier en tirant à la rame,

Ainsi le prisonnier maudissant sa prison.
(1) Magny est un de ses amis, poète comme lui.

Texte B – A. de Musset (1810-1857) Poésies nouvelles "Le mie prigioni" ("Mes prisons")



[En 1841, Musset s'étant dérobé au service de la Garde Nationale, passa plusieurs jours en prison. Cette mésaventure sera renouvelée en 1843, puis en 1849.]



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On dit : "Triste comme la porte

D'une prison."

Et je crois, le diable m'emporte !

Qu'on a raison.
D'abord, pour ce qui me regarde,

Mon sentiment

Est qu'il vaut mieux monter sa garde,

Décidément.
Je suis, depuis une semaine,

Dans un cachot,

Et je m'aperçois avec peine

Qu'il fait très chaud.
Je vais bouder à la fenêtre,

Tout en fumant ;

Le soleil commence à paraître

Tout doucement.
C'est une belle perspective,

De grand matin,
Que des gens qui font la lessive

Dans le lointain.
Pour se distraire, si l'on bâille,

On aperçoit

D'abord une longue muraille,
Puis un long toit.

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Ceux à qui ce séjour tranquille

Est inconnu

Ignorent l'effet d'une tuile

Sur un mur nu.
Je n'aurais jamais cru moi-même,

Sans l'avoir vu,

Ce que ce spectacle suprême

A d'imprévu.
Pourtant les rayons de l'automne

Jettent encor

Sur ce toit plat et monotone

Un réseau d'or.
Et ces cachots n'ont rien de triste,

Il s'en faut bien :

Peintre ou poète, chaque artiste

Y met du sien.
De dessins, de caricatures

Ils sont couverts.

Çà et là quelques écritures

Semblent des vers.


20 septembre 1843

Texte C – Guillaume Apollinaire (1880-1918) – Alcools (1913) "A la Santé"



[En 1911, Apollinaire fut mis en cause dans une affaire de vol de statuettes au musée du Louvre et incarcéré pendant quelques jours à la prison de la Santé, à Paris.]



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I

Avant d'entrer dans ma cellule


Il a fallu me mettre nu

Et quelle voix sinistre ulule

Guillaume qu'es-tu devenu
Le Lazare(1) entrant dans la tombe

Au lieu d'en sortir comme il fit

Adieu adieu chantante ronde

Ô mes années ô jeunes filles
II
Non je ne me sens plus là

Moi-même

Je suis le quinze de la

Onzième
Le soleil filtre à travers

Les vitres

Ses rayons font sur mes vers

Les pitres
Et dansent sur le papier

J'écoute

Quelqu'un qui frappe du pied

La voûte
III
Dans une fosse comme un ours

Chaque matin je me promène

Tournons tournons tournons toujours

Le ciel est bleu comme une chaîne

Dans une fosse comme un ours

Chaque matin je me promène
Dans la cellule d'à côté

On y fait couler la fontaine

Avec les clefs qu'il fait tinter

Que le geôlier aille et revienne

Dans la cellule d'à côté

On y fait couler la fontaine

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IV
Que je m'ennuie entre ces murs tout nus

Et peints de couleurs pâles

Une mouche sur le papier à pas menus

Parcourt mes lignes inégales
Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur

Toi qui me l'as donnée

Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur

Le bruit de ma chaise enchaînée
Et tous ces pauvres cœurs battant dans la prison

L'Amour qui m'accompagne

Prends en pitié surtout ma débile raison

Et ce désespoir qui la gagne
V
Que lentement passent les heures

Comme passe un enterrement
Tu pleureras l'heure où tu pleures

Qui passera trop vitement

Comme passent toutes les heures
VI
J'écoute les bruits de la ville

Et prisonnier sans horizon

Je ne vois rien qu'un ciel hostile

Et les murs nus de ma prison
Le jour s'en va voici que brûle

Une lampe dans la prison

Nous sommes seuls dans ma cellule

Belle clarté Chère raison

Septembre 1911

  1. Les Evangiles racontent la résurrection par Jésus de son ami Lazare.

Texte D – Albertine Sarrazin (1937-1967) – Poèmes (1969)



[Arrêtée en décembre 1953, après un hold-up commis à seize ans dans une boutique de confection, elle est emprisonnée à Fresnes.]

Il y a des mois que j'écoute

Les nuits et les minuits tomber


Et les camions dérober

La grande vitesse à la route

5 Et grogner l'heureuse dormeuse

Et manger la prison les vers

Printemps étés automnes hivers

Pour moi n'ont aucune berceuse

Car je suis inutile et belle

10 En ce lit où l'on n'est plus qu'un

Lasse de ma peau sans parfum

Que pâlit cette ombre cruelle

La nuit crisse et froisse des choses

Par le carreau que j'ai cassé

15 Où s'engouffre l'air du passé

Tourbillonnant en mille poses

C'est le drap frais le dessin mièvre

Léchant aux murs le reposoir

C'est la voix maternelle un soir

20 Où l'on criait parmi la fièvre

Le grand jeu d'amant et maîtresse

Fut bien pire que celui-là

C'est lui pourtant qui reste là

Car je suis nue et sans caresse

25 Mais veux dormir ceci annule

Les précédents Ah m'évader

Dans les pavots ne plus compter

Les pas de cellule en cellule

Fresnes 1954-1955

ÉCRITURE


I – Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez à la question suivante :
(4 points)

Les textes du corpus ont de nombreux points communs. Vous en dégagerez quatre avec précision.
II – Vous traiterez ensuite, au choix l'un des sujets suivants : (16 points)


  1. Commentaire


Vous ferez le commentaire du poème d'Albertine Sarrazin (texte D)


  1. Dissertation


Pensez-vous comme Du Bellay que le poète qui "chante" son mal "l'enchante"?
Vous répondrez à cette question en un développement argumenté qui prendra appui sur les textes du corpus, ceux que vous avez étudiés pendant l'année et vos lectures personnelles.


  1. Invention


Dans son journal intime, un détenu exprime l'expérience bouleversante qu'a constituée pour lui la découverte de la poésie.

Vous rédigerez quelques passages de ce journal, situés à des dates différentes, qui rendent compte de cette rencontre.




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