Strophes pour se souvenir





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date de publication21.04.2017
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Strophes pour se souvenir

Vous n’avez réclamé ni gloire ni les larmes

Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant


Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

Louis Aragon, Le Roman Inachevé

Aragon, poète résistant, rédige ce poème en 1955, onze ans après le moment où la propagande nazie placarda en 150 000 exemplaires l’Affiche rouge dans les rues de France, justifiant l’exécution de 23 Résistants, en février 1944.

1)  Quelles remarques pouvez-vous faire en ce qui concerne la forme de ce poème (mètre, strophes, rimes) ?

2)   Distinguez trois situations d’énonciation différentes dans ce poème, en observant notamment les pronoms personnels et les adjectifs possessifs : qui s’adresse à qui, quand et pourquoi ? Quels moyens typographiques aident le lecteur à les repérer ?

3)     Quels éléments de l’Affiche rouge Aragon évoque-t-il ?

4)     Selon lui, quel effet cette affiche veut–elle provoquer ?

5)     Quelle est l’attitude des Français occupés vis à vis de cette affiche ? Relevez les allusions au contexte temporel et historique.

7)     Quel portrait le poète lui oppose-t-il ?

8)     Que nous apprend la lettre de Manouchian sur la personnalité du chef de réseau ? Observez les champs lexicaux développés, les répétitions.

9)     Quelle est la nature de cette lettre ? Quelle est sa fonction ?

10) Quelle est la fonction de ce poème engagé ? Comparez la 1ère et la 2ème strophes avec la dernière (répétitions, oppositions) et interrogez-vous sur le titre du poème.

 


Questions  « Strophes pour se souvenir » Louis Aragon

1)     Quelles remarques pouvez-vous faire en ce qui concerne la forme de ce poème (mètre, strophes, rimes) ?

2)     Distinguez trois situations d’énonciation différentes dans ce poème, en observant notamment les pronoms personnels et les adjectifs possessifs : qui s’adresse à qui, quand et pourquoi ? Quels moyens typographiques aident le lecteur à les repérer ?

3)     Quels éléments de l’Affiche rouge Aragon évoque-t-il ?

4)     Selon lui, quel effet cette affiche veut–elle provoquer ?

5)     Quelle est l’attitude des Français occupés vis à vis de cette affiche ? Relevez les allusions au contexte temporel et historique.

6)     Quel portrait l’Affiche rouge présente-t-elle des résistants ?

7)     Quel portrait le poète lui oppose-t-il ?

8)     Que nous apprend la lettre de Manouchian sur la personnalité du chef de réseau ? Observez les champs lexicaux développés, les répétitions.

9)     Quelle est la nature de cette lettre ? Quelle est sa fonction ?

10) Quelle est la fonction de ce poème engagé ? Comparez la 1ère et la 2ème strophes avec la dernière (répétitions, oppositions) et interrogez-vous sur le titre du poème.


  • Questions:

a) Repérez trois situations d’énonciation différentes dans ce poème. Indiquez les lignes et précisez qui s’adresse à qui, quand et pourquoi? Quels moyens typographiques vous ont permis de répondre?

b) Des vers 19 à 30, quelles qualités du poète arménien Manouchian sont mises en valeur?

c) Le poète Manouchian exprime sa douleur de quitter la vie et son espoir en l’avenir. Pour chacun de ces sentiments, repérez et relevez le champ lexical dominant, et repérez les effets de style utilisés aux vers 21, 22, 27 et 28.

d) Relevez une comparaison et une métaphore. Expliquez leur sens.

e) Quel est le but de ce poème engagé, pour les générations à venir

  • : ETUDE DU POEME DE L. ARAGON : Strophes pour se souvenir (Le Roman inachevé) : un poème commémoratif polyphonique.

  • 

Questions préparatoires : 1) Que remarquez-vous à propos de la typographie du poème ?
    
2) Relevez et classez les pronoms personnels et les adjectifs possessifs en identifiant à qui ils correspondent.

    1) Qui parle ?Mise en commun des réponses aux questions préparatoiresà 3 situations d’énonciation différentes :
    a) Le poète s’adresse directement aux résistants de l’affiche rouge
    (2ème personne du pluriel), en se situant par rapport à l’événement évoqué (" onze ans ") à commémoration pour en réactualiser le souvenir : vers 1 à 18. 


    b) Paraphrase de la lettre de Manouchian, insérée en italique dans le poème (énonciateur : 1ère personne du singulier et du pluriel; destinataire : 2ème personne du singulier) : reprise des mêmes termes et des mêmes thèmes (vœux de bonheur, absence de haine, amour pour la nature, pour sa femme) à Faire revivre et susciter l’émotion.Paraphrase qui ajoute à la poésie de la lettre originale (anaphore de " Adieu " , rythme ternaire : " Adieu la peine… ", " Ma Mélinée… ", allitérations en m : " Ma Mélinée ", " mon amour ", " mon orpheline ", expression recherchée " le cœur me fend "…) à véritable poème dans le poème : vers 19 à 30.  

 

    c) Prise de distance du poète et conclusion
    (3ème personne du pluriel, anaphore du nombre vingt-trois pour désigner les résistants, accentuée par la déstructuration du nombre " vingt et trois) + évocation de leur mort : dernière strophe.



Poème qui rappelle la mort du groupe Manouchian, résistants fusillés par les Allemands à la fin de la deuxième guerre mondiale, en utilisant la polyphonie pour donner à entendre plusieurs voix, dont celle du poète et résistant Michel Manouchian.
 

    2)
    Un poème engagé :

    a) Evocation subjective de l’affiche rouge :

    - description : portraits présentés et effet voulu, exprimé par l’insistance (" noirs ", " nuit ") et la gradation (" noirs ", " hirsutes ", " menaçants ") ;
- couleur de l’affiche, associée au sang ; 
- noms à consonance étrangère ;


Dénonciation de la manipulation que ses auteurs ont voulu exercer sur les passants.


    b) Réaction des passants : 

    - deux attitudes apparemment opposées : indifférence de la foule (" nul…vous voir ", " sans yeux ") à le jour.
reconnaissance et hommage anonymes (synecdoque " des doigts " et hypallage " errants " + inscription en majuscules " MORTS POUR LA FRANCE ") à la nuit.

- mais attitude obligée par les circonstances, traduite par le modalisateur " semblait " et la conjonction qui marque l’opposition " Mais ", en début de vers.


Echec de la tentative de manipulation exercée par l’affiche rouge sur les passants.


    c) Réhabilitation de ces résistants étrangers :

    - humilité et abnégation: opposition entre l’adverbe " simplement " et l’énumération de termes qui caractérisent les cérémonies commémoratives (" gloire ", " larmes ", " orgues ", " prière ").
- dernière strophe comme une épitaphe : expansions de " vingt et trois " qui désignent leurs qualités (jeunesse, générosité, solidarité, courage et patriotisme) et rappelle la valeur de leur sacrifice.


 
    FONCTION DE CE POEME ENGAGE : évoquée par le titre : Strophes pour se souvenir: - rétablir la vérité, afin que personne n’oublie le sacrifice de ces hommes.

.

Questions:

a) Repérez trois situations d’énonciation différentes dans ce poème. Indiquez les lignes et précisez qui s’adresse à qui, quand et pourquoi? Quels moyens typographiques vous ont permis de répondre?

b) Des vers 19 à 30, quelles qualités du poète arménien Manouchian sont mises en valeur?

c) Le poète Manouchian exprime sa douleur de quitter la vie et son espoir en l’avenir. Pour chacun de ces sentiments, repérez et relevez le champ lexical dominant, et repérez les effets de style utilisés aux vers 21, 22, 27 et 28. d) Relevez une comparaison et une métaphore. Expliquez leur sens.

e) Quel est le but de ce poème engagé, pour les générations à venir?

Réponses :

a) Outre la voix du poète, qui ouvre le poème, sur une interpellation des 23 Résistants fusillés: “Vous n’avez réclamé ni la gloire, ni les larmes...”, on distingue 3 situations d’énonciation différentes:

-v14: “MORTS POUR LA FRANCE”, est une inscription rédigée dans la nuit, malgré le couvre-feu, sous l’affiche rouge, par d’autres Résistants, ou Français refusant l’Occupation.

-v19-30, en italique, Aragon reproduit les paroles extraites de la dernière lettre que Manouchian adressa à Mélinée, juste avant son exécution. Paroles d’amour, d’une générosité et d’un courage exemplaires, loin de l’image de dangereux terroriste qu’on voulut donner de lui.

-v35, sans distinction typographique: “la France”, est le cri ultime lancé par les Résistants, au moment de leur exécution.

b) Le poète met en valeur l’esprit de fraternité du poète Manouchian, son amour immense pour ses frères et pour Mélinée, son espoir d’une paix prochaine, et son courage, sa générosité, lorsqu’il recommande à Mélinée de vivre et d’avoir un enfant, malgré sa mort.

c) Champ lexical de la lumière: “la lumière” (v22), “un grand soleil” “éclaire”, (v26) et du bonheur lié à la victoire: “bonheur” (v19), “plaisir” (v21), “sois heureuse” (v24), “toi qui vas demeurer dans la beauté des choses” (v24), “nos pas triomphants” (v28)

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses / Adieu la vie” et “Que la nature est belle et que le coeur me fend” sont des anaphores.

d) comparaison: “l’affiche qui semblait une tache de sang” (v8), métaphore: “les fusils fleurirent” (v31).

e) Dans son poème Aragon réhabilite les Résistants, il justifie leur action pour la liberté, et chante leur mémoire, leur courage et leur amour de la liberté, leur humanisme.

1)  Quelles remarques pouvez-vous faire en ce qui concerne la forme de ce poème (mètre, strophes, rimes) ?

Mètre = alexandrin

7 strophes de 5 vers = 7 quintils

abbab- cbbcb – dbbdb – ebbeb – fbbfb – gbbgb – hbbhb : répétition d’une même rime en [an] tout au long du poème

Absence de ponctuation

Vers libres malgré une certaine régularité

2)   Distinguez trois situations d’énonciation différentes dans ce poème, en observant notamment les pronoms personnels et les adjectifs possessifs : qui s’adresse à qui, quand et pourquoi ? Quels moyens typographiques aident le lecteur à les repérer ?

-          v. 1 à 18 : le poète (« nos »)  s’adresse aux résistants (« Vous », « vos ») « onze ans » après l’événement relaté, afin d’en conserver le souvenir.

-          v.19 à 30 : vers en italique, paraphrase poétique de la lettre de Manouchian, l’énonciateur est ce résistant (« je », « moi », « nos », « mon »), le destinaire est sa femme Mélinée (« toi », « ma Mélinée », « te »). Il s’agit d’une reprise de la lettre réelle écrite par Manouchian avant son exécution.

-          V.31 à 35 : narration à la 3ème personne, le poète n’est plus présent dans les vers (« Ils »), recul, conclusion.

3)     Quels éléments de l’Affiche rouge Aragon évoque-t-il ?

Aragon évoque les « portraits (…) Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants » des résistants. Souligne le choix de photos présentant des individus à l’apparence inquiétante (cf. hypallage « de barbe et de nuit » + gradation). Il fait allusion à la couleur rouge de l’affiche qu’il compare à « une tache de sang », mettant par là en relief l’objectif recherché par les propagandistes, à savoir l’association dans l’esprit des Français, entre les résistants et le sang, le crime. Il parle également des légendes présentes sous les portraits : « à prononcer vos noms sont difficiles ».

  Hypallage = construction de mots où deux termes sont liés syntaxiquement alors qu’on s’attendrait à voir l’un des deux rattaché à un troisième.

 Les habitants de l'orgueilleuse Rome » (au lieu des habitants orgueilleux de Rome).// « Un vieil homme en or avec une montre en deuil » Cortège Prévert // « Comme passe le verre au travers du soleil. » Intérieur P Valery

4)     Selon lui, quel effet cette affiche veut–elle provoquer ?

L’évocation de cette affiche est très subjective : Aragon ne se contente pas de décrire l’Affiche rouge, mais offre en même temps son interprétation, qui consiste en une dénonciation des effets recherchés par les propagandistes sur les passants. En effet, les portraits offrent des résistants des images angoissantes (ressemblent à des fous furieux). Adjectifs qui mêlent la description du visage et le trait dont il serait révélateur : l’hostilité, le danger. La couleur rouge est destinée à les associer au sang et au crime, leurs noms sont inscrits parce que leur consonance étrangère les rend antipathiques et inquiétants (inversion du verbe à l’infinitif montre comment la rhétorique nazie associe dangerosité et identité étrangère). Selon Aragon, cette affiche veut provoquer « un effet de peur » (faire peur et non convaincre par des arguments, toucher l’être humain dans ses sentiments primaires et non le faire réfléchir).

-> persuader/ Convaincre  

5)     Quelle est l’attitude des Français occupés vis à vis de cette affiche ? Relevez les allusions au contexte temporel et historique.

L’attitude des Français, désignés par des noms, des GN ou des pronoms les présentant comme un ensemble anonyme, est double :

-          durant le jour : indifférence apparente (« sans yeux pour vous le jour durant »)

-          pendant la nuit : solidarité et reconnaissance secrètes

La synecdoque et l’hypallage « des doigts errants » mettent en relief cette duplicité des Français. Combat collectif et anonyme qui contredit la « peur » des passants, voire l’hostilité à ces étrangers attendue par les occupants. L’inscription « Morts pour la France » qui figurera après la guerre sur de nombreuses plaques dans les rues des villes insurgées, confirme cette opposition entre les résistants de la nuit (cf. Editions de minuit) et les indifférents du jour, également signifiée par les conjonction « Mais » en milieu de strophe, pour marquer le basculement entre le jour et la nuit, une attitude et son contraire.

Double opposition :

-          indifférents et collaborateurs //résistants

-          résistants muets et inactifs le jour //combattant la nuit

Références au contexte historique : « les mornes matins », « Tout avait la couleur uniforme du givre », « fin février ». Evocation du moment exact : le mois et le froid qui y est associé, mais aussi de l’atmosphère propre à cette sombre période de l’histoire qu’est l’occupation (« mornes »).

Métonymie = figure de style consistant à remplacer un mot par un autre mot qui est lié au premier par un rapport logique de proximité (contenant / contenu, effet / cause, origine / objet).

Ex : Je viens de lire un Balzac = Je viens de lire un roman de Balzac.

La Maison Blanche a dédidé…

« Paris a froid, Paris a faim » P.Eluard

Synecdoque = figure de style consistant à remplacer un terme par un autre mot qui est lié au premier par une relation d’inclusion ou de contiguïté (partie pour le tout, matière pour l’objet,…).

Ex : Les voiles ont disparu à l’horizon = Les bateaux à voiles…

Ils croisèrent le fer = Ils se battirent à l’épée

« Mais à l’heure du couvre-feu, des doigts errants

Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE » L. Aragon

7)     Quel portrait le poète lui oppose-t-il ?

Individus étrangers donc dangereux, criminels, terroristes.

Strophe 1 : modestie, courage, pugnacité des résistants présentés comme des anonymes oubliés (cf. jeu de négations : répétition de « ni ») // lettre // dernière strophe.

8)     Que nous apprend la lettre de Manouchian sur la personnalité du chef de réseau ? Observez les champs lexicaux développés, les répétitions.

La lettre de Manouchian, en donnant la parole au chef de bande, met en valeur de manière directe, concrète et poétique l’humanité des résistants.

Répétition de « Adieu » + champ lexical du bonheur (« Bonheur », « plaisir », « heureuse ») et de la nature dans sa beauté (« lumière », « vent », « beauté des choses », « Un grand soleil d’hiver éclaire la colline », « Que la nature est belle ») : regret de quitter la vie « que le cœur me fend », « mon orpheline »).

Absence de haine (« sans haine ») envers ses meurtriers, grand calme (« calmement »). Répond à la haine et à la violence par l’amour et la paix.

9)     Quelle est la nature de cette lettre ? Quelle est sa fonction ?

Cette lettre est une paraphrase poétique de la véritable lettre de Manouchian (lequel était d’ailleurs poète) : poème dans le poème. Elle s’adresse à Mélinée, la femme du chef de bande, mais aussi à tous « ceux qui vont survivre », leur transmettant un message de paix, d’espoir (cf. impératifs et futurs présentant l’image d’un avenir plein de promesses).

Cette lettre constitue une réponse à l’Affiche rouge évoquée dans les 1ères strophes du poème. Elle permet en quelque sorte de donner la parole à l’accusé qui se défend non pas au moyen d’arguments, mais tout simplement en opposant à la haine des occupants une foi indestructible en l’amour et la paix. Présente une image spirituelle, poétique, humaine du chef de bande, en totale opposition avec les photos montrant des actes de violence.

10) Quelle est la fonction de ce poème engagé ? Comparez la 1ère et la 2ème strophes avec la dernière (répétitions, oppositions) et interrogez-vous sur le titre du poème.

Strophe 7 :

passage du « vous » au « ils »,

de l’anonymat à un nombre « vingt et trois » (anaphore) + relative, noms et adjectifs qui permettent de les caractériser, afin de rendre leur place aux résistants étrangers dont Aragon souligne le patriotisme.

Antithèse « étrangers » / « nos frères » : solidarité de ces résistants étrangers qui se sont battus jusqu’à la mort pour le pays qui les avait accueillis (plus courageux et plus patriotiques que certains « vrais » Français !).

Renvoie aussi à la parole évangélique. 

Ces résistants étrangers sont présentés comme des êtres généreux et courageux, des martyres qu’il faut réhabiliter, auxquels il faut rendre hommage.

Œuvre de mémoire cf. titre « Strophes pour se souvenir » = « Onze ans déjà que cela passe vite onze ans ». Poème écrit en 1955, à une période où le souvenir de la guerre et de la Résistance s’estompe. Membres de l’Affiche rouge = oubliés de l’Histoire. Volonté de les réhabiliter. Importance de la notion de temps qui passe (répétition de la durée « onze ans », adverbes « vite », « déjà », absence de ponctuation) : il faut lutter contre l’oubli.

Poème = épitaphe (cf. dernière strophe).

 Une épitaphe (du grec ἐπιτάφιος / epi, "sur" et táphios, « tombeau », par exemple des jeux funèbres ou une oraison funèbre) est une inscription funéraire, placée sur une pierre tombale ou un monument funéraire. 
 


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