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c:\users\alain\desktop\lacan séminaires\ressources\l\'instance de la lettre\illustrations\covery.jpgLACAN L’instance

de la lettre

Ce document de travail a pour sources principales :

  • L’instance de la lettre , in La Psychanalyse n°3, PUF 1957, pp. 47-81.

  • L’instance de la lettre, sur le site de l’E.L.P. (1957-05-09).


Ce texte nécessite l’installation de la police de caractères spécifique, dite « Lacan », disponible ici :

http://fr.ffonts.net/LACAN.font.download (placer le fichier Lacan.ttf dans le répertoire c:\windows\fonts)

Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.

N.B.  Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.

(Contact)



Table

I. LE SENS DE LA LETTRE

II. LA LETTRE DANS L’INCONSCIENT

III. LA LETTRE, L’ÊTRE ET L’AUTRE

L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis FREUD

Des enfants au maillot
O cités de la mer, je vois chez vous vos citoyens, hommes et femmes, les bras et les jambes étroitement ligotés dans de solides liens par des gens qui n’entendront point votre langage,

et vous ne pourrez exhaler qu’entre vous, par des plaintes larmoyantes, des lamentations

et des soupirs, vos douleurs et vos regrets de la liberté perdue. Car ceux-là qui vous ligotent ne comprendront pas votre langue, non plus que vous ne les comprendrez.
(Carnets de Léonard DE VINCI, trad. Louise SERVICEN, Gallimard, t. II, p. 400).

Si le thème de ce volume 3 de La Psychanalyse [Psychanalyse et Sciences de l’Homme] me commandait cette contribution, je dois

cette déférence à ce qui va s’y découvrir, de l’introduire en la situant entre l’écrit et la parole : elle sera à mi-chemin.

L’écrit se distingue en effet par une prévalence du texte, au sens qu’on va voir prendre ici à ce facteur du discours,

ce qui y permet ce resserrement qui à mon gré ne doit laisser au lecteur d’autre sortie que son entrée,

que je préfère difficile. Ce ne sera donc pas ici un écrit à mon sens.
La priorité que j’accorde à nourrir mes leçons de séminaire d’un apport à chaque fois inédit, m’a empêché

jusqu’à ce jour d’en donner un tel texte, sinon pour l’une d’entre elles, quelconque au reste dans leur suite,

et à quoi il ne vaut ici de se reporter que pour l’échelle de leur topique. Car l’urgence où je prends maintenant prétexte de laisser là cette visée, ne fait que recouvrir la difficulté qu’à la soutenir à l’échelle où je dois ici présenter mon enseignement, elle ne passe trop loin de la parole, dont les mesures différentes sont essentielles

à l’effet de formation que je cherche.
C’est pourquoi j’ai pris ce biais d’un entretien qui me fut demandé à cet instant par le groupe de philosophie

de la Fédération des étudiants ès-lettres 1, pour y prendre l’accommodation propice à mon exposé : sa généralité nécessaire trouvant à s’accorder au caractère extraordinaire de leur audience, mais son objet unique rencontrant la connivence de leur qualification commune, la littéraire, à quoi mon titre fait hommage. Comment oublier en effet que FREUD

a maintenu constamment et jusqu’à sa fin l’exigence première de cette qualification pour la formation des analystes, et qu’il a désigné dans l’Universitas litterarum de toujours, le lieu idéal pour son institution2.
Ainsi le recours au mouvement restitué à chaud de ce discours marquait-il de surcroît par ceux à qui je le destine, ceux à qui il ne s’adresse pas. Je veux dire : personne de ceux qui, pour quelque fin que ce soit dans la psychanalyse, tolèrent que leur discipline se prévale de quelque fausse identité. Vice d’habitude et tel en son effet mental

que la vraie même puisse y paraître un alibi parmi les autres, dont on espère au moins que le redoublement raffiné n’échappe pas aux plus subtils.
C’est ainsi qu’on observe avec curiosité le virage qui s’amorce concernant la symbolisation et le langage dans l’International Journal of Psycho-analysis, à grands renforts de doigts humides remuant les folios de SAPIR et de JESPERSEN.

Ces exercices sont encore novices, mais c’est surtout le ton qui n’y est pas. Un certain sérieux fait sourire à rentrer dans le véridique. Et comment même un psychanalyste d’aujourd’hui ne s’y sentirait-il pas venu, à toucher à la parole,

quand son expérience en reçoit son instrument, son cadre, son matériel et jusqu’au bruit de fond de ses incertitudes.


I. LE SENS DE LA LETTRE

Notre titre fait entendre qu’au delà de cette parole, c’est toute la structure du langage que l’expérience psychanalytique

découvre dans l’inconscient. Mettant dès l’abord l’esprit prévenu en alerte, de ce qu’il peut avoir à revenir sur l’idée que l’inconscient n’est que le siège des instincts. Mais cette lettre comment faut-il la prendre ici ? Tout uniment, à la lettre.
Nous désignons par « lettre » ce support matériel que le discours concret emprunte au langage.

Cette simple définition suppose que le langage ne se confond pas avec les diverses fonctions somatiques et psychiques qui le desservent chez le sujet parlant. Pour la raison première que le langage avec sa structure préexiste

à l’entrée qu’y fait chaque sujet à un moment de son développement mental.
Notons que les aphasies, causées par des lésions purement anatomiques des appareils cérébraux qui donnent

à ces fonctions leur centre mental, s’avèrent dans leur ensemble répartir leurs déficits selon les deux versants

de l’effet signifiant de ce que nous appelons ici la lettre, dans la création de la signification3.

Indication qui s’éclairera de ce qui va suivre.
Le sujet aussi bien, s’il peut paraître serf du langage, l’est plus encore d’un discours, dans le moment universel duquel sa place est déjà inscrite à sa naissance, ne serait-ce que sous la forme de son nom propre. La référence à l’expérience de la communauté comme à la substance de ce discours, ne résout rien. Car cette expérience prend sa dimension essentielle dans la tradition qu’instaure ce discours. Cette tradition, bien avant que le drame historique ne s’y inscrive,

fonde les structures élémentaires de la culture. Et ces structures mêmes révèlent une ordination des échanges qui, fût-elle inconsciente, est inconcevable hors des permutations qu’autorise le langage. [Cf. Claude Lévi-Strauss : Les structures élémentaires de la parenté ]
D’où résulte qu’à la dualité ethnographique de la nature et de la culture, est en passe de se substituer une conception ternaire : nature, société et culture, de la condition humaine, dont il se pourrait bien que le dernier terme se réduisît au langage, soit à ce qui distingue essentiellement la société humaine des sociétés naturelles. Mais nous ne prendrons ici ni parti ni départ, laissant à leurs ténèbres les relations originelles du signifiant et du travail. Nous contentant,

pour nous acquitter d’une pointe avec la fonction générale de la praxis dans la genèse de l’histoire, de relever

que la société même qui aurait restauré dans son droit politique avec le privilège des producteurs, la hiérarchie causatoire des rapports de production aux superstructures idéologiques, n’a pour autant pas enfanté un esperanto dont les relations au réel socialiste eussent mis dès la racine hors de débat toute possibilité de formalisme littéraire4.
Nous ne nous fierons quant à nous qu’aux seules prémisses, qui ont vu se confirmer leur prix de ce que le langage

y a effectivement conquis dans l’expérience son statut d’objet scientifique. Car c’est là le fait par quoi la linguistique5 se présente en position pilote dans ce domaine autour de quoi un reclassement des sciences signale, comme il est

de règle, une révolution de la connaissance : les nécessités de la communication seules nous le faisant inscrire

au chapiteau de ce volume sous le titre de « sciences de l’homme », malgré la confusion qui peut trouver à s’y couvrir. Pour pointer l’émergence de la discipline linguistique, nous dirons qu’elle tient, comme c’est le cas de toute science au sens moderne, dans le moment constituant d’un algorithme qui la fonde. Cet algorithme est le suivant :
c:\users\alain\desktop\lacan séminaires\ressources\l\'instance de la lettre\2.jpg

qui se lit : signifiant sur signifié, le « sur » répondant à la barre qui en sépare les deux étages.

Le signe écrit ainsi, mérite d’être attribué à Ferdinand de SAUSSURE, bien qu’il ne se réduise strictement à cette forme en aucun des nombreux schémas sous lesquels il apparaît dans l’impression des leçons diverses des trois cours des années 1906-07, 1908-09, 1910-11, que la piété d’un groupe de ses disciples a réunies sous le titre

de « Cours de linguistique générale » : publication primordiale à transmettre un enseignement digne de ce nom,

c’est-à-dire qu’on ne peut arrêter que sur son propre mouvement. C’est pourquoi il est légitime qu’on lui rende hommage de la formalisation S/s où se caractérise, dans la diversité des écoles, l’étape moderne de la linguistique.

La thématique de cette science est dès lors en effet suspendue à la position primordiale du signifiant et du signifié, comme d’ordres distincts et séparés initialement par une barrière résistante à la signification. C’est là ce qui rendra possible une étude exacte des liaisons propres au signifiant et de l’ampleur de leur fonction dans la genèse du signifié.
Car cette distinction primordiale va bien au delà du débat concernant l’arbitraire du signe, tel qu’il s’est élaboré depuis la réflexion antique, voire de l’impasse dès la même époque éprouvée qui s’oppose à la correspondance

biunivoque du mot à la chose, fût-ce dans l’acte de la nomination. Ceci à l’envers des apparences qu’en donne

le rôle imputé à l’index pointant un objet dans l’apprentissage par le sujet infans de sa langue maternelle

ou dans l’emploi des méthodes scolaires dites concrètes pour l’étude des langues étrangères.
Dans cette voie les choses ne peuvent aller plus loin que de démontrer 6qu’il n’est aucune signification qui se soutienne sinon du renvoi à une autre signification : touchant à l’extrême la remarque qu’il n’y a pas de langue existante pour laquelle

se pose la question de son insuffisance à couvrir le champ du signifié, étant un effet de son existence de langue qu’elle y réponde à tous les besoins. Allons-nous serrer dans le langage la constitution de l’objet, nous n’y pourrons que constater qu’elle ne se rencontre qu’au niveau du concept, bien différent d’aucun nominatif, et que la chose, à se réduire bien évidemment au nom, se brise en le double rayon divergent

  • de la cause où elle a pris abri en notre langue, [causa]

  • et du rien à qui elle a fait abandon de sa robe latine (rem) [res…].


Ces considérations, si excitantes qu’elles soient pour le philosophe, nous détournent du lieu d’où le langage

nous interroge sur sa nature. Et l’on échouera à en soutenir la question, tant qu’on ne se sera pas dépris de l’illusion que le signifiant réponde à la fonction de représenter le signifié, disons mieux : que le signifiant ait à répondre de son existence au titre de quelque signification que ce soit. Car même à se réduire à cette dernière formule, l’hérésie est la même. C’est celle qui conduit le logico-positivisme à la quête du sens du sens, du meaning of meaning comme on en dénomme,

dans la langue où ses fervents s’ébrouent, l’objectif. [Cf. C. K. Ogden and I. A. Richards : The meaning of meaning, 1923 ]

D’où l’on constate que le texte le plus chargé de sens se résout à cette analyse en d’insignifiantes bagatelles,

seuls y résistant les algorithmes mathématiques qui sont eux, comme de juste, sans aucun sens7.
Reste que l’algorithme [S/s], si nous n’en pouvions retirer que la notion du parallélisme de ses termes supérieur

et inférieur, chacun pris seulement dans sa globalité, demeurerait le signe énigmatique d’un mystère total.

Ce qui bien entendu n’est pas le cas. Pour saisir sa fonction je commencerai par produire l’illustration fautive

par quoi l’on introduit classiquement son usage. La voici :



Où l’on voit quelle faveur elle ouvre à la direction précédemment indiquée pour erronée. Je lui en substituai

pour mes auditeurs une autre, qui ne pouvait être tenue pour plus correcte que d’attiger dans la dimension incongrue à quoi le psychanalyste n’a pas encore tout à fait renoncé, dans le sentiment justifié que son conformisme

n’a de prix qu’à partir d’elle. Voici cette autre :

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Où l’on voit que, sans beaucoup étendre la portée du signifiant intéressé dans l’expérience, soit en redoublant seulement l’espèce nominale par la seule juxtaposition de deux termes dont le sens complémentaire paraît devoir

s’en consolider, la surprise se produit d’une précipitation du sens inattendue : dans l’image de deux portes jumelles qui symbolisent avec l’isoloir offert à l’homme occidental pour satisfaire à ses besoins naturels hors de sa maison, l’impératif qu’il semble partager avec la grande majorité des communautés primitives et qui soumet sa vie publique aux lois de la ségrégation urinaire.
Ceci n’est pas seulement pour sidérer par un coup bas le débat nominaliste, mais pour montrer comment le signifiant entre en fait dans le signifié ; à savoir sous une forme qui, pour n’être pas immatérielle, pose la question de sa place dans la réalité. Car à devoir s’approcher des petites plaques émaillées qui le supportent, le regard clignotant

d’un myope serait peut-être justifié à questionner si c’est bien là qu’il faut voir le signifiant, dont le signifié

dans ce cas recevrait de la double et solennelle procession de la nef supérieure les honneurs derniers.
Mais nul exemple construit ne saurait égaler le relief qui se rencontre dans le vécu de la vérité. Par quoi je n’ai pas lieu d’être mécontent d’avoir forgé celui-ci : puisqu’il a réveillé chez la personne la plus digne de ma foi ce souvenir

de son enfance qui, heureusement ainsi venu à ma portée, se place au mieux ici. Un train arrive en gare.

Un petit garçon et une petite fille, le frère et la sœur, dans un compartiment sont assis l’un en face de l’autre du côté où la vitre donnant sur l’extérieur laisse se dérouler la vue des bâtiments du quai le long duquel le train stoppe :


  • « Tiens, dit le frère, on est à Dames !

  • Imbécile ! répond la sœur, tu ne vois pas qu’on est à Hommes ».


Outre en effet que les rails dans cette histoire matérialisent la barre de l’algorithme saussurien sous une forme

bien faite pour suggérer que sa résistance puisse être autre que dialectique, il faudrait, c’est bien l’image qui convient, n’avoir pas les yeux en face des trous pour s’y embrouiller sur la place respective du signifiant et du signifié, et ne pas suivre de quel centre rayonnant le premier vient à refléter sa lumière dans la ténèbre des significations inachevées.
Car il va porter la dissension - seulement
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