Le Dadaïsme est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, pendant la Première Guerre mondiale, se caractérise par une remise en cause, de toutes les conventions et contraintes idéologiques, esthétiques et politiques





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HDA / Dadaïsme / Buthaud / 30/12/2013 /

HDA 2

Objet d’étude : le dadaïsme

Définition

Le Dadaïsme est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, pendant la Première Guerre mondiale, se caractérise par une remise en cause, de toutes les conventions et contraintes idéologiques, esthétiques et politiques.

Ce mouvement met en avant :

  • Un esprit caustique, un jeu avec les convenances et les conventions, et marque avec extravagance sa dérision des traditions. Les artistes se voulaient irrespectueux, en affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé.

  • Le rejet de la raison et de la logique.

  • La plus grande liberté d'expression possible

  • L’utilisation de tout matériau et support possible.



  1. L’Histoire du mouvement et son contexte

  1. Les faits : la création de Dada et son développement

Le terme Dada est inventé en février 1916 à Zurich (Suisse) par notamment poètes Hugo Ball, Tristan Tzara et les peintres Jean Arp, Marcel Janco et Sophie Taeuber-Arp. Ils investissent une grande taverne, la transforment en café littéraire et artistique et la rebaptisent « Cabaret Voltaire ».

Hétéroclite et spontané, Dada s'est aussi imposé comme un mouvement sans véritable chef de file. Tous les dadaïstes étaient présidents. Dada n'est « ni un dogme, ni une école, mais plutôt une constellation d'individus et de facettes libres », précisait à l'époque Tristan Tzara.

Écrivains, peintres, plasticiens, cinéastes, danseurs, photographes et même quelques musiciens, Dada a traversé toutes les expressions artistiques de son temps.

  1. Origine du mot DADA

L’explication la plus courante de l'origine du mot est celle du hasard ludique : un dictionnaire ouvert et un coupe-papier qui tombe sur le mot « dada ». En réaction à l'absurdité et à la tragédie de la Première Guerre mondiale et en opposition à tous les mouvements se finissant en -isme, ils baptisent le mouvement qu'ils viennent de créer de ce nom.

Hugo Ball, fondateur du mouvement, note dans son journal à la date du 18 avril 1916 : « Dada signifie « oui, oui » en roumain, « cheval à bascule » et « marotte » en français. Pour les Allemands, c'est un signe de naïveté un peu folle, de lien très étroit entre la joie de la procréation et la préoccupation pour la voiture d'enfant. »

  1. Développement de Dada

Un peu avant la fin de la guerre, des mouvements Dadas sont créés dans les grandes villes allemandes : Berlin, Hanovre et Cologne. Les différents « Manifestes » parviennent à Paris, malgré la censure et le « bourrage de crâne » contre tout « germanisme ».

En France, la première manifestation Dada a lieu à Paris en janvier 1920, quelques jours après l'arrivée de Tristan Tzara. Dada connaît son apogée en tant que mouvement, avec Tristan Tzara, Francis Picabia, Man Ray, André Breton, Paul Éluard, Louis Aragon, Philippe Soupault

  1. La fin de Dada

En France, à partir de 1920, Dada s'essouffle, André Breton trouve que « Dada tourne en rond ». Il rompt avec les dadaïstes et lance un mouvement : le surréalisme.

  1. Le contexte historique dans lequel le dadaïsme a trouvé naissance.

  1. L'humour et le goût de la vie pour échapper au traumatisme de la guerre

Après la Première Guerre mondiale, les jeunes ont besoin d'exprimer leur jubilation d'être en vie, la guerre finie et la paix retrouvée. La vie a vaincu la mort, la paix a vaincu la guerre, l'enfance et l'insouciance sont de retour et vont pouvoir s'exprimer.

Tristan Tzara:

« Dada n'était pas seulement l'absurde, pas seulement une blague, dada était l'expression d'une très forte douleur des adolescents, née pendant la guerre de 1914. Ce que nous voulions c'était faire table rase des valeurs en cours, mais, au profit, justement des valeurs humaines les plus hautes. »

« Dada met une douceur artificielle sur les choses, une neige de papillons sortis du crâne d'un prestidigitateur. »

« Dada reste dans le cadre européen des faiblesses, c'est tout de même de la merde, mais nous voulons dorénavant chier en couleurs diverses, pour orner le jardin zoologique de l'art de tous les drapeaux des consulats do do bong hiho aho hiho aho. », (Premier manifeste Dada).

Jean Arp

« Vous aussi, bel homme, jolie femme, vous êtes dada, seulement vous ne le savez pas. Demain dada aura un visage différent d'aujourd'hui et pour cette raison sera dada. Dada, c'est la vie. »

  1. La liberté pour contester l’ordre établi

Succédant à des révoltes individuelles et solitaires contre la civilisation occidentale — Arthur Rimbaud a « assis la beauté sur ses genoux et l'a trouvée amère » —la contestation culturelle de Dada se manifeste par la truculence provocatrice et la dérision, souvent au cours de manifestations publiques.

  1. L’art pour échapper à une existence absurde ou tragique

Francis Picabia

« Rien pour demain, rien pour hier, tout pour aujourd'hui. »

Tristan Tzara

« Dada ne signifie rien. »

« Dada est un microbe vierge. »

« Dada est la danse des impuissances de la création. »

Hugo Ball

« Ce que nous appelons dada est une bouffonnerie issue du néant. »

  1. Féminisme : les femmes acceptées comme artistes

Pour la première fois, les femmes sont acceptées comme artistes à part entière, camarades de jeu et complices des manifestations, « traitées comme des collègues » et non plus seulement comme des amantes, des « amatrices douées » ou des « objets de sublimation dans l'art ».

  1. Mais pas de discours engagé socialement ou politiquement

Kurt Schwitters

«Il n'y a pas d'art fait par les prolétaires parce qu'un prolétaire qui crée de l'art n'est plus un prolétaire mais un artiste. Un artiste n'est ni prolétaire ni bourgeois et ce qu'il crée n'appartient ni au prolétariat ni à la bourgeoisie mais à tous.

L'art est une fonction spirituelle de l'homme et vise à le délivrer du chaos de la vie (du tragique). L'art est libre dans l'utilisation de ses moyens et relève de ses lois propres et de ses lois propres seulement ; dès l'instant où une œuvre est une œuvre d'art, elle est largement au-dessus des différences de classes prolétariat-bourgeoisie. (…) Si l'art devait éveiller des instincts à tendance prolétarienne, il se servirait en somme des mêmes moyens que l'art religieux ou nationaliste. Aussi banal que cela paraisse, en vérité il revient au même de peindre une Armée rouge avec Trotsky à sa tête ou une armée impériale avec Napoléon à sa tête. Pour la valeur d'un tableau en tant qu'œuvre d'art, il n'y a pas lieu d'éveiller des instincts prolétariens ou des sentiments patriotiques. L'un comme l'autre sont, du point de vue de l'art, une escroquerie.

L'art a pour seul devoir d'éveiller par ses propres moyens les forces créatrices de l'homme, son but est la maturité de l'homme. (…) L'art que nous voulons, cet art n'est ni prolétarien ni bourgeois parce qu'il doit déployer des énergies assez fortes pour influer sur l'ensemble de la culture au lieu de se laisser influencer par les rapports sociaux. »

  1. Œuvre principale : Francis Picabia, L’œil cacodylate, 1921

Œuvres secondaires : Marcel Duchamp, Fontaine, 1917

Ben

  1. Contexte historique de création

Picabia rejoint le mouvement Dada en 1919. Il en devient vite l’une des vedettes au moment où commencent « les années folles ».

  • Les Années folles

Les années folles commencent en 1920 (1920-1929) et sont comprises entre la fin de la Première Guerre mondiale et la crise économique et sociale de 1929. Les « Années folles » se caractérisent par cette volonté de paix intérieure. Nous sommes dans la période d’après-guerre et la société veut profiter au maximum de la vie tant qu’elle le peut encore ; les années à venir étant incertaines. C’est cette société qui se réjouit d’une paix retrouvée et qui découvre dans le même temps les bienfaits de la consommation en s’efforçant au final de prolonger au maximum cette situation de stabilité intérieure.

Après la fin du conflit, une génération nouvelle rêve d’un monde nouveau. Venu d’Amérique avec les Alliés, le jazz fait son apparition mais également la danse, la radio et les sports, les industries avec les électroménagers, etc, sur fond de très forte croissance économique… Les soldats américains ont laissé derrière eux de la musique et des danses originales et très rythmées, comme le Charleston. Le cinéma muet, pour sa part, reprend de plus belle.

Le film The artist réalisé par Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin pour rôle principal donne un bon aperçu des années folles : film muet, en noir et blanc et dont les musiques, claquettes et charleston, les décors et tenues vestimentaires retracent l’ambiance du moment.

  • Le bœuf sur le toit

A Paris, le bœuf sur le Toit est un des Hauts lieux de la fête autour d’artistes venus de toute l’Europe et de dandys comme Jean Marais et Jean Cocteau. Le Bœuf sur le Toit a toujours été placé sous le signe de l’élégance et de l’impertinence. Derrière Jean Cocteau et Darius Milhaud, toute l’avant-garde des arts et des lettres s’y retrouve. « Le jazz et la mode y partagent le couvert et la bonne humeur le temps d’un « bœuf ». »

Le lieu est aussi fréquenté par les dadaïstes, le mouvement étant alors en plein essor. L’œil cacodylate était suspendu sur un des murs du cabaret. En 1967, le centre Pompidou a acquis le tableau en hommage au restaurant devenu emblématique de la culture.

  1. L’histoire de « L’œil cacodylate »

En 1921 Picabia est atteint d’un zona à l’œil et obsédé par ce mal. Il peint durant cette période un œil sur une toile, qu’il suspend dans son salon pour y inviter ses amis à y écrire. Un condensé de purs dadaïstes signé par 56 mains, dont celle de Tristan Tzara, Jean Cocteau, Marcel Duchamp, Man Ray… Une phrase très représentative du mouvement et du contexte est celle que François Hugo écrit sur la toile : « je n’ai rien fait et je signe ». Nous pouvons y voir une allusion aux ready made (déjà fait) de Marcel Duchamp et un trait d’humour typique des acteurs du mouvement.

L’œil cacodylate sera refusé au salon des Indépendants : « Un tableau, ça ? Certainement pas !» L’artiste n’y a quasiment rien fait et sa signature est perdue au milieu des autres. Picabia rétorquera : «mon tableau qui est encadré, fait pour être accroché au mur et regardé, ne peut être qu’un tableau.»

  1. Description de l’œuvre et interprétation

Dans son ‘L’œil cacodylate’, Francis Picabia fait signer tous ses amis, dans une perspective dadaïste, remettant alors en question la valeur de la signature. Il réalise cette huile sur toile en 1921 qui incorpore des collages de photographies, de cartes postales et de papiers découpés.

Concernant le titre énigmatique du tableau, l’acide cacodylique est un dérivé de l’arsenic souvent utilisé comme herbicide, pesticide, ou insecticide en particulier dans les traitements contre les fourmis ainsi qu’en chimie. Ce composant est irritable pour les yeux et la peau et toxique en cas d’ingestion.

Composition

La toile est composée d’un titre rouge, ombré et encadré dans la partie haute et centrale qui renvoie à la signature de Francis Picabia rouge et ombrée également. Le reste est constitué de 56 signatures et dédicaces ainsi que d’images collées. La partie qui attire le plus le regard de prime abord est un œil qu’a peint Picabia et qui fut le départ de la toile donnée à remplir à ses invités.

Le Bœuf sur le toit, op. 58 est une œuvre musicale de Darius Milhaud créée le 21 février 1920 à la Comédie des Champs-Élysées. Elle est un hommage au lieu du même nom que fréquentent les artistes (voir plus haut).

Francis Poulenc est un compositeur et pianiste français, né le 7 janvier 1899 à Paris où il est mort le 30 janvier 1963.

Tristan Tzara est un artiste ayant appartenu au mouvement Dada. Il est né en Roumanie en 1896 et mort en 1963 à Paris. Il est aussi l’un des fondateurs du mouvement Dada dont il sera par la suite un chef de file.

Couleurs

Les couleurs sont celles de la toile vieillie, d’images collées et des écritures qui la constituent : brun, noir, vert et rouge. Seul le titre et le nom de l’artiste sont en rouge, rappelant ainsi sa paternité. Le seul élément peint par l’artiste est un œil brun clair.

Les éléments en présence donnent-ils un sens ?

La toile pourrait être considérée comme une peinture « écriteau ». Chacun y consigne un mot et signe son passage, un peu à la manière de signer un plâtre. Témoignages, encouragements, présence, tels sont les sens que peuvent revêtir l’œuvre. La notion d’écriteau est corroborée par le titre dont le rendu rappellerait un petit panneau indicatif.

En mars 1921, Francis Picabia souffre d’un zona à l’œil. Il s’en suit plusieurs tableaux sur le thème de l’œil. 

Au départ L’Œil cacodylate est un œil peint sur une toile vierge. Puis, l’artiste invite ses visiteurs à inscrire une phrase de leur choix, un peu à la manière de faire signer un plâtre. Man Ray raconte : « Dans le salon, il y avait une grande toile couverte de phrases et de signatures laissées par les visiteurs. Des pots de peinture jonchaient le plancher. Il m’invita à signer ». En 1921, le tableau est présenté au Salon d’automne. Le tableau est complété cette même année lors du « nouvel an cacodylate » qu’il organise au domicile de la chanteuse Marthe Chanal. Les invités sont alors conviés à y ajouter leur phrase ou signature.

Une inscription presque illisible de Marcel Duchamp qui signe Rrose Selavy.

Rrose Sélavy est un personnage fictif créé par le peintre français Marcel Duchamp en 1920.

« Quand on me prend au dépourvu MOI = Je suis bête » signé Susanne Duchamp.

Portée ou influence de l’œuvre

Des questions que soulève l’œuvre :

  • Est-ce une œuvre de Francis Picabia ou une œuvre collective ?

  • En quoi l’œuvre a-t-elle marqué son temps ?

  • Comment la signature peut-elle avoir une valeur d’appropriation ou valeur ajoutée ?

  • En quoi l’œuvre de Picabia témoigne-t-elle d’une rupture artistique?

  • Cette œuvre témoigne-t-elle de son temps ?

  • · Cette œuvre a-t-elle une valeur autobiographique ? Pourquoi ?

  • · Quelle est la portée historique de l’œuvre ?

  • · L’art réside-t-il dans le simple savoir faire ?…

L’Œil cacodylate peut être considéré comme un document témoignant d’une époque festive, celle des «années folles». Il nous parle du cercle d’amis de Picabia. Les historiens de l’art y décèlent la manifestation de la révolution esthétique amorcée par les readymades de Marcel Duchamp. Il s’y trouve la signature portée à son apogée en tant que valeur ajoutée, susceptible de transmuter l’objet le plus anodin en une œuvre d’art.

Marcel Duchamp, Fontaine

L’apport de Marcel Duchamp sur L’œil cacodylate

On peut considérer que Marcel Duchamp (1887-1968) serait à l’origine de cette toile. Celui-ci s’insurge contre les peintres qu’il appelle « les intoxiqués de la térébenthine » et contre « la bêtise rétinienne » liée à cet art. Il se réclame plus proche de l’expression de Léonard définissant la peinture comme une « chose mentale ». En 1913, il expose une « sculpture » appelée Roue de bicyclette. Deux objets quotidiens sont assemblés et collés l’un sur l’autre par l’artiste : une roue de bicyclette et un tabouret. Ici rien ne sort de la main de l’artiste qui réalise un collage tridimensionnel.

Roue de bicyclette, Marcel Duchamp, 1913

En 1914, avec le fameux Porte-bouteilles, acheté au Bazar de l’Hôtel-de-ville, Duchamp élabore le concept de ready-made : « objet usuel promu à la dignité d’œuvre d’art par le simple choix de l’artiste » (définition du Dictionnaire abrégé du Surréalisme, André Breton, 1938). « La main de l’artiste n’intervient plus dans l’œuvre, tout savoir-faire ainsi que tout plaisir esthétique lié à la perception de l’œuvre s‘annulent. La trace du créateur a disparu et se réduit au seul choix et à la nomination de l’objet. Le titre qui, d’abord, nomme le plus platement l’objet, Porte-bouteilles, prendra de plus en plus d’importance. L’objet sera rebaptisé plus tard Séchoir à bouteilles ou Hérisson.
Le choix de cet objet n’était pourtant pas anodin. Les verres et les bouteilles avaient envahi la peinture cubiste de laquelle Duchamp voulait sortir comme d’une « camisole de force », disait-il. Aux bouteilles et aux verres se démultipliant en mille facettes transparentes du Cubisme analytique succède l’objet réel, opaque et en fer, qui les accueille, piquant comme un hérisson. »

Porte-bouteille, Marcel Duchamp, 1914

En 1915 Duchamp s’installe aux Etats-Unis. Poursuivant ses ready-mades il y ajoute des inscriptions comme, sur une pelle à neige, En prévision du bras cassé. Par l’humour et les jeux de mots, il transforme l’objet usuel en autre chose.

Pour Duchamp, les jeux d’esprit prévalent sur l’admiration du visuel.

En 1917 Duchamp réalise Fontaine, un urinoir retourné. Présenté au Salon des indépendants à New York sous un pseudonyme (R. Mutt), le jury dont il fait lui-même partie le refuse. Le scandale qui en découle participe du succès des ready-mades.

Les ready-mades originaux ont disparu, restent des répliques qui, comme le dit Duchamp, « transmettent le même message que l’original ». Pour lui, le seul critère esthétique ne suffit pas à définir ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas, et l’artiste est celui qui met en question, les poussant toujours de plus en plus loin, les limites de l’art. L’objet du quotidien agrémenté d’un titre perd son usage pour devenir un objet de musée, une œuvre d’art.

Ce geste radical de Duchamp est à l’origine de la remise en cause du statut de l’art au 20e siècle. Il trace ainsi les jalons de l’œil cacodylate de Picabia, une œuvre constituée majoritairement de signatures et d’images « toute faites ». Nous ne sommes pas loin des ready made.

Ben

  • · L’œuvre de Ben Vautier dit Ben découle des expériences dadaïstes. On y retrouve les jeux de mots et l’écriture qui remplace souvent la représentation. Ben reste tout aussi irrévérencieux vis-à-vis des conventions picturales et pratique la dérision à outrance. Il peint avec des mots, signe tout ce qui lui tombe sous la main, ses gestes du quotidien deviennent des performances artistiques… Pour Ben tout est art !

Ben, pseudonyme de Benjamin Vautier, est un artiste français d'origine suisse, né en 1935 à Naples. Il vit et travaille à Nice. Marié avec Annie Baricalla et il a deux enfants, Éva Cunégonde et François Malabar. Il vit une partie de son enfance à Smyrne, à Alexandrie, à Lausanne et arrive à Nice à quatorze ans.

Il fait partie de l'avant-garde artistique post-moderne. Ben est un artiste reconnu pour ses performances, installations et écritures. Il est l'un des artistes contemporain français des plus connus et l'un des plus facilement reconnaissables.

Il acquiert la notoriété auprès du public dès la fin des années 1960, à travers notamment ses «écritures» déclinées sous divers supports et diverses formes.

En 1958, il ouvre à Nice une petite boutique de disques d’occasion, « Laboratoire 32 », (alias Le Magasin) dont il décore la façade d’une accumulation d’objets hétéroclites. En 1965, il crée une galerie sur la mezzanine du magasin, qu’il nomme « Ben doute de tout ». Jusqu'en 1973 son magasin devient un lieu de rencontre pour tous les jeunes « qui font du nouveau ».

Dans sa boutique, ou plutôt sur le trottoir, se retrouvent les principaux membres de ce qui sera appelé l'École de Nice : César, Arman, etc. Ben est proche d’Yves Klein et des Nouveaux Réalistes. Pour lui, « l’art doit être nouveau et apporter un choc ».

En 1958, Ben cherche à faire du nouveau. C’est Yves Klein qui l’incite à utiliser les mots dans la peinture pour dire quelque chose, « pour y mettre (sa) recherche de la vérité ». En 1962, il va à Londres pour rejoindre le groupe Fluxus. Ben, en devient un des membres les plus actifs. Il réalise des happenings, des actions, des performances et il publie de nombreux textes.

En 1970 il ouvre un nouveau lieu, en face de son magasin « La Fenêtre » où il exposera et où il montrera les films de Christian Boltanski, d’Alain Fleitcher et d'autres artistes d'avant garde.

En 1973 Ben ferme la "Galerie Ben Doute de Tout" alias le magasin de disques d'occasion à Nice. En 1974 le magasin sera restitué comme à l'origine par l'acquisition avec un ensemble d'autres œuvres par le futur Musée le Centre National d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris, inauguré en 1977.

Au début des années 1980, au retour de Berlin, il rencontre de jeunes artistes (Robert Combas, Di Rosa, François Boisrond, Rémi Blanchard, etc), dont il baptise le mouvement « Figuration Libre »3

Il écrit régulièrement dans de très nombreuses publications auto-éditées, la news-letters et sur son site web. Il y donne pêle-mêle, son avis sur le monde de l’art, l’actualité politique ou culturelle, sa vie, etc.

Ben publie aussi plusieurs recueils poétiques, dans l’esprit de la Beat Generation. Il participe également à la rédaction de La Clef, atlas ethnolinguistique notamment rédigé par des membres et sympathisants du parti nationaliste Occitan. Ben soutient l’Occitanie Libre et le concept d’un peuple basque libre. Il est contre le « génocide » linguistique, contre la suppression des groupes linguistiques par les puissances dominantes. Il pense que son art peut promouvoir ces idées, et que l’art peut proposer des transformations radicales de la perception de la beauté ou de « l’époque dans laquelle nous vivons ».

Il vit et travaille depuis de nombreuses années sur les hauteurs de Saint-Pancrace, colline niçoise où sa maison, chef-d’œuvre personnel, se fait remarquer dans le voisinage. Ben décore sa façade avec n’importe quoi.

Il définit lui-même son art comme « un art d'appropriation » :« Je cherche systématiquement à signer tout ce qui ne l'a pas été. Je crois que l'art est dans l'intention et qu'il suffit de signer. Je signe donc : les trous, les boîtes mystères, les coups de pied, Dieu, les poules, etc. Je vais être très jaloux de Manzoni qui signe la merde et qui me volera l'idée des sculptures vivantes. »

En 2013, ouverture de la Fondation du doute à Blois. La Fondation du doute est un lieu singulier. Ben Vautier l’imagine empli de la liberté des lieux en mouvement, animé de ce flux qu’il porte avec lui depuis cinquante ans. La Fondation du doute n'est ni un musée, ni un centre d'art mais un lieu original où règne l'esprit Fluxus.

Synthèse

Le mot, la pensée, et l'écriture sont à la base de son œuvre. Ben est un artiste majeur qui récuse le qualificatif, et qui, comme pour limiter son rôle dans cette histoire, cite volontiers ses origines, ses voisinages et ses complicités artistiques : d'abord Satie, Duchamp, Cage, puis Klein, Arman et enfin Maciunas, Brecht…

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