La quatrième partie est consacrée à l’aspect socio-culturel, c'est-à-dire à l’évolution de l’enseignement et de l’aide sociale depuis le Moyen Âge ainsi qu’aux différentes associations culturelles





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la quatrième partie est consacrée à l’aspect socio-culturel, c'est-à-dire à l’évolution de l’enseignement et de l’aide sociale depuis le Moyen Âge ainsi qu’aux différentes associations culturelles 

Dans un premier temps, cette partie approfondira l’enseignement depuis les temps modernes : son évolution, son personnel, ses méthodes et matières ainsi que ses résultats.

Ensuite, l’aide sociale sera analysée au niveau de son évolution, de ses institutions et des associations propres à Silenrieux.

Enfin, nous passerons en revue toutes les activités et associations culturelles, sportives et patriotiques qui ont existé au village.

  

CHAPITRE 1 : L’ENSEIGNEMENT

 

§ 1.  L’évolution de l’enseignement

 

1.  Les temps modernes

 

Depuis le néolithique jusqu’à la fin du Moyen Âge, l’enseignement à la campagne se fait par les parents. Les enfants apprennent le métier des parents (paysans, artisans, commerçants, etc…). A la fin du Moyen Âge et au début des temps modernes, certains prêtres ou chapelains décident de leur propre initiative d’enseigner les enfants qui le désirent (lecture, écriture et les principes de la religion).

Au pays de Liège, suite aux décisions arrêtées lors de la 5ème session du concile de trente (1545-1563), les paroisses sont obligées d’enseigner aux enfants les rudiments et les principes de la religion chrétienne, le catéchisme, la lecture, l’écriture, l’orthographe et les 4 opérations de calcul. Les curés ou/et chapelains recevaient ainsi dans leurs attributions le devoir de donner l’instruction aux enfants qui le désiraient car l’enseignement n’était pas obligatoire. A la fin du 16ème siècle, Silenrieux se dotait d’une école du jour autorisée par l’évêque.

 

« Nicolas Joneau attestait en 1665 que la maison de la cure était en bon état en 1618 et d’avoir été à l’école en ladite maison sous la discipline de messieurs François Goffin chapelain de ce lieu pendant que sir David Thiriau était pasteur (1581-1618) » .

« En 1612, Materne De Fontenelle a travaillé à la chambre de dessus l’école et à ladite école ».

 

Durant ces temps modernes, l’enseignement paroissial de Silenrieux était donné par un auxiliaire du curé, le chapelain au 17ème siècle, puis le vicaire au 18ème siècle. L’enseignement se donnait de Toussaint à Pâques de 8 heures à 11 heures et de 13 heures à 16 heures ; il acceptait les enfants de 7 à 14 ans ; les écoliers étaient répartis entre « escrivans » et « non escrivans » ; c’est-à-dire entre ceux qui voulaient apprendre à écrire et lire et ceux qui voulaient seulement apprendre à lire ; l’enseignement était ainsi individualisé, mixte, mêlant tous âge et tous niveaux.

L’apprentissage de la lecture se faisait au moyen d’un abécédaire appelé depuis le 15ème siècle « croix de par(t) Dieu », au nom de dieu en tête duquel était imprimé une petite croix (il n’y avait qu’un livre d’alphabet pour tous). Quand les enfants connaissaient les éléments de la lecture, ils venaient en classe avec un autre livre comme la vie des saints, l’ancien testament, etc…. Les enfants n’avaient pas tous le même livre ; et en raison des rentrées de classe échelonnées tout au long de l’année, et l’irrégularité de la fréquentation quotidienne, l’absentéisme était courant à cause du travail agricole ; le maître d’école appelait donc chaque élève tour à tour.

La mémoire se formait avec le catéchisme.

Le maître (magister) était rémunéré par les élèves : 3 sous (patars) pour apprendre à lire et 4 sous (patars) par mois pour apprendre à lire et écrire. La table des pauvres (voir partie sur l’aide sociale) prenait en charge les dépenses des pauvres ; à la fin de l’année, les maîtres d’école dressaient la liste des enfants pauvres, listes qu’ils adressaient au curé, mayeur et à la cour de justice ; ceux-ci ordonnaient ensuite au mambour des pauvres de payer l’instituteur. 

 

« En 1756 liste pour les écolages des pauvres de Silenrieux : les enfants de Jacques Gilcart, les 3 enfants de Vve Scohy, les 3 enfants de Jacques Simon et pour ceux de Laurent Lecomte, pour François Montigny, pour les enfants de Marc, pour Jean Hansene, pour Jean Deloge, pour le fils de Sébastien Derene, pour Marie Jacque, pour les enfants de Spalart, pour Jean Dasset, pour le fils de Jean Poucet. Le curé donnera l’ordre au mambour des pauvres de payer le présent état au vicaire pour ces enfants ».

 

En 1702, l’archidiacre de Hainaut constate que les maîtres employaient leur temps surtout à enseigner l’oraison dominicale, la salutation angélique, le symbole de la foi, le chant grégorien, la manière de servir la messe, etc… ; il insista donc pour que le magister apprenne aux enfants la connaissance des lettres, le calcul, les éléments de la doctrine chrétienne et l’éducation aux bonnes mœurs.

Au 18ème siècle, les pouvoirs publics liégeois autorisent des particuliers à ouvrir des écoles, mais assurent cependant la surveillance de l’enseignement donné.

Des écoles privées furent donc fondées à Silenrieux en plus de l’école paroissiale (voir Jean Jos Hilart de 1747 à 1753 et Pierre Jos Hilart à la fin du 18ème siècle). On y enseignait aussi la religion, la lecture, l’écriture, l’orthographe et l’arithmétique élémentaire ; les écoliers étaient aussi assujettis au paiement d’une rétribution.

Après l’école paroissiale ou privée, les plus érudits allaient suivre des études dans les écoles collégiales (Thuin, Walcourt, Florennes) ou monastiques (Lobbes).

  

2. L’époque française

 

A partir de la révolution française, l’enseignement va être organisé différemment et cesse d’être dirigé par le clergé. La constitution du 22 août 1795 et le décret du 25 octobre 1795 rendu applicable en Belgique par l’arrêté du 24 juillet 1797 organisèrent l’école primaire. La liberté de l’enseignement permettait aux écoles privées de continuer (voir Pierre Hilard). Mais la nouvelle législation organisait un enseignement primaire, républicain et laïc ; chaque école primaire devait être divisée en 2 : garçons et filles ; il n’y avait pas d’obligation scolaire ; les écoles primaires devaient être surveillées par les administrations municipales ; les matières enseignées étaient la lecture, l’écriture, le calcul et la morale républicaine ; les instituteurs publics étaient nommés par les administrations des départements sur présentation des municipalités ; les pouvoirs publics devaient fournir à l’instituteur un local tant pour lui servir de logement que pour recevoir les élèves pendant la durée des leçons ; les instituteurs recevaient de chacun des élèves une rétribution annuelle fixée par le département ; la municipalité pouvait exempter les indigents.

Sous Napoléon, la loi sur l’instruction publique du 1er mai 1802 changea un peu la législation précédente en donnant plus de pouvoir aux communes : il y aura une école primaire par paroisse ; les instituteurs seront choisis par les maires et les conseils municipaux et confirmés par le sous préfet qui est chargé de l’organisation des écoles primaires ; le traitement des instituteurs est le logement fourni par la commune et la rétribution des parents déterminée par les conseils municipaux ; les conseils municipaux exemptent les pauvres ; les écoles privées restent autorisées ; le programme était laissé aux communes, mais les cours comprennent au minimum la lecture, l’écriture et les éléments de calcul.

  

3. Le régime hollandais

 

A la période hollandaise, l’enseignement fit de grands progrès. En effet, le roi Guillaume s’intéressa de près à l’instruction populaire. L’école primaire communale était placée sous le contrôle de l’état ; les écoles privées ne furent plus reconnues ; l’enseignement devait être neutre et donné par des instituteurs diplômés (« Nul ne peut exercer l’état d’instituteur s’il n’est pas muni d’un brevet de capacité délivré par la commission provinciale d’instruction et d’un acte de nomination ») ; une commission d’inspection fut créée en 1821 ; les instituteurs étaient nommés par les conseils communaux.

Au niveau pédagogique, l’instituteur de Silenrieux utilisa l’enseignement simultané pour tous, plus économique ; l’enseignement individuel est banni ; tous les élèves garçons ou filles sont dans une même salle face au maître sur de longs bancs de 15 à 20 places ; le mobilier devait être en suffisance : les tableaux sur les murs pour la lecture, la grammaire et le calcul, les ardoises, les bancs et les pupitres. D’après un rapport d’inspection, l’école de Silenrieux était bien meublée le 15 novembre 1822.

Au niveau des sanctions, les punitions « cruelles » étaient considérées comme dangereuses et violentes et sont remplacées par la retenue en dehors de la classe, l’effacement des bonnes notes ou la mise sur le banc de la honte.

Au programme, il était prévu le catéchisme, la lecture, l’écriture, le calcul et le calcul mental, le nouveau système de poids et mesure (le système décimal arrive à l’époque française) et parfois l’histoire et la géographie.

En ce qui concerne le traitement, si l’instituteur a un brevet et un local et des meubles convenables, il sera pris en charge par le trésor (l’état) ; on essaiera dans la mesure du possible d’éviter de faire payer les parents. Un logement et un local d’école chauffés et éclairés doivent être fournis par la commune (si pas, une indemnité équivalente sera payée à l’instituteur pour trouver logement et local).

Depuis 1819, l’instituteur de Silenrieux était payé par le trésor ; mais son traitement était encore insuffisant pour permettre à une personne de vivre ; c’est pourquoi, les parents devaient encore payer une rétribution fixée par le conseil municipal de Silenrieux à 40 centimes pour ceux qui veulent lire et à 60 centimes pour ceux qui veulent écrire et lire. Contrairement à la période française, le recouvrement de celle-ci fut à charge du receveur communal afin que l’instituteur soit déchargé de ces préoccupations et puisse mieux s’occuper de ses élèves.

Pour les indigents et pauvres, cette rétribution était prise en charge par le bureau de bienfaisance.

 

Voici la liste des 12 écoliers indigents pris en charge pour l’année scolaire 1821-22 : « Félix Delloge, François Hautier, Alexandrine Hautier, Grégoire Lottelin, Philippe Lottelin, Joseph Lottelin, Dominique Lottin, Crisole Lottin, Thèrèse Lecomte, Dieudonné Lecomte, Jean Baptiste Maudoux, Charlotte Nihoul. »

 

Règlement d’ordre pour les écoles primaires de Silenrieux en 1821 :

1.         L'instruction aura lieu pendant toute l’année, le temps de vacances ordinaires excepté.

2.         L’instituteur devra assister à son école depuis le commencement jusqu’à la fin de chaque classe.

3.         Il veillera à ce que les élèves ne sortent point inutilement, à ce qu’ils soient tranquilles et attentifs pendant toute la durée de la classe et à ce qu'ils se conduisent dans les rues ou les chemins avec décence, modestie et honnêteté.

4.         Dans les écoles où le nombre est plus de 70, on prendra un sous-maître.

5.         On n’admettra de nouveaux élèves qu’à des époques fixes de l’année.

6.         Les classes commenceront et finiront par une courte prière à la portée des élèves et récitée avec respect et dévotion.

7.         Les élèves seront partagés en 3 divisions qui recevront alternativement l’instruction pendant la durée de chaque classe.

8.         Les élèves d’une même division seront toujours instruits simultanément et l’instituteur aura soin que ceux des autres classes soient occupés pendant ce temps là.

9.         Chaque division aura sa planche noire sur laquelle l’instituteur donnera les diverses explications.

10.     L’instituteur récompensera les élèves les plus avancés en les chargeant de donner quelques instructions aux débutants.

11.     Le maître exigera que les enfants se présentent toujours propres et bien lavés. Il prendra le plus grand soin de leur santé.

12.     Les salles d’école doivent toujours être entretenues proprement ; elles seront aérées pendant les récréations, et nettoyées 2 fois par semaine.

13.     Il y aura dans chaque école au moins un examen par an. Il sera distribué des prix à ceux qui se seront distingués par leur application et leur bonne conduite.

14.     Ceux qui se seront bien comportés et qui auront fait des progrès satisfaisants, recevront à leur sortie de l’école un certificat honorable.

15.     Il sera formé pour chaque école un tableau de distribution du travail indiquant la répartition du temps des classes de toute une semaine entre toutes les parties de l’enseignement. 

 

Le 28 septembre 1825, un rapport nous apprend que l’instruction a fait de grands progrès dans la commune de Silenrieux : « la salle d’école est garnie de 2 machines typographiques utiles pour le grand nombre d’élèves ; il y a 3 planches noires (une pour chaque division) et 15 pupitres longs ; il y a aussi 20 casses à lettres, 40 ardoises, la collection de tableaux de lecture, d’arithmétique et d’histoire sainte et des objets pour la géographie ; tous ces objets sont nécessaires dans les classes à grand nombre d’élèves car ils facilitent beaucoup les moyens d’accélérer les progrès de la classe inférieure en les occupant davantage et un plus grand nombre à la fois ; ils donnent aussi les moyens de diversifier les exercices de manière à les présenter toujours sous l’aspect d’une nouveauté, chose essentielle aux jeunes enfants de cette classe inférieure pour éviter l’ennui ; le vieil enseignement individuel est oublié à Silenrieux depuis l’arrivée de Mr Piret ; les pupitres sont disposés en 3 rangs de 5 de manière que les élèves ont tous la face tournée du même côté ; les élèves de la 1er classe se placent à 6 sur chaque pupitre, la 2èmeclasse à 7 et la 3ème classe à 8 ; ce qui fait un nombre de 105 qui est à peu près le nombre d’élèves que peut fournir la commune ; on peut placer quelques bancs simples pour mettre 20 élèves en plus ; selon la méthode suivie par Mr Piret, tous les élèves écrivent sur papier ou sur ardoise ; l’école est tenue régulièrement et sans interruption pendant toute l’année ; l’instituteur reçoit une indemnité pour son logement et sa classe ; la contribution pour les élèves est de 18 centimes pour apprendre à lire ou 28 centimes pour apprendre à lire et écrire et comme tous les élèves savent écrire, c’est la commune qui détermine moitié-moitié ceux qui paient 28 centimes ou 18 centimes ».

De 1827 à 1828, les revenus fixes (la pension allouée par l’état) de Mr Piret sur la caisse publique passent de 94 florins à 280 florins ; ce qui a permis par la suite à tous les enfants de la commune de fréquenter l’école toute l’année gratuitement.

 

 

4. La Belgique

 

Depuis l’indépendance belge de 1830, les administrations communales devinrent seules juges de l’opportunité des dépenses à faire pour l’instruction publique dans les limites de leur budget ; cependant le gouvernement continua à subsidier celle-ci par le paiement d’un revenu fixe à l’instituteur et les parents devaient de nouveau participer aux frais de l’enseignement par une rétribution sauf pour les indigents qui étaient aidés par le bureau de bienfaisance.

L’instituteur était nommé ou/et révoqué uniquement par l’administration communale. Il avait toujours droit à un logement payé par l’administration communale.

De 1837 à 1841, les rétributions dues par les parents seront prises en charge par la commune.

 

Règlement pour l’école primaire de Silenrieux de 1830 :

Art 1 :  pour qu’un enfant puisse être admis à fréquenter l’école de Silenrieux, il faut qu’il ait atteint sa 6è année.

Art 2 : il faut qu’il ait été vacciné ou qu’il ait eu la petite vérole.

Art 3 : s’il n’est pas indigent, il devra être muni ou il devra se munir de tous les objets qui peuvent lui être nécessaires en classe et qui lui seront prescrits par l’instituteur.

Art 4 : les élèves de la classe supérieure et ceux de la classe moyenne devront avoir chacun 2 cahiers de papier blanc, composés au moins de 12 feuilles chaque, ceux de la classe inférieure pourront n’avoir qu’un semblable cahier.

Art 5 : lorsque l’administration communale distribue des prix, les élèves qui se seront fréquemment absentés de l’école pour autre cause que pour maladie, n’auront aucun droit à y prétendre.

Art 6 : l’instituteur devra révoquer ceux des élèves qui seraient atteints d’une maladie contagieuse, telle que la galle, etc… ainsi que ceux sur lesquels on apercevrait souvent de la vermine.

Art 7 : il pourra aussi révoquer ceux qui s’absenteraient fréquemment de l’école sans cause légitime de même que ceux qui ne se conformeraient pas à ce qu’il leur prescrira.

Art 8 : l’instituteur est invité à se conformer au présent règlement et à y faire conformer ses élèves.

Art 9 : le présent règlement sera affiché dans la salle d’école et sera mis en exécution à partir de ce jour.

 

Au niveau pédagogique, il n’y eut pas de changement important ; la matière était un peu plus étoffée avec la doctrine chrétienne, la lecture, l’écriture, la grammaire, l’orthographe, l’arithmétique, le système métrique, les éléments d’histoire, la géographie, le dessin linéaire et les chants (cours de musique dans les années 1870). Les élèves avaient à leur disposition un manuel de doctrine chrétienne, histoire sainte, grammaire française, arithmétique et un traité de géographie ainsi qu’un manuel de civilités (politesse). Ces livres étaient distribués gratuitement aux élèves par la commune. A la fin de l’année scolaire, la commune distribuait aussi des prix aux élèves méritants.

La loi du 23 septembre 1842 organise officiellement l’enseignement primaire en Belgique : elle impose aux communes l’ouverture d’une école primaire au moins avec l’enseignement obligatoire de la religion ; aucune nomination ne se fait sans l’aval de l’inspecteur religieux ; il y a une inspection cantonale qui visite les écoles au moins 2 fois l’an et une inspection ecclésiastique cantonale.

Mais le changement le plus important concerne les moyens financiers ; les frais d’instruction (y compris le traitement de l’instituteur qui sera fixé par le conseil communal sous l’approbation de la députation permanente) sont maintenant à charge des communes (la province et l’état ne subsidiant le traitement de l’instituteur qu’à certaines conditions). Pour subvenir à ces frais supplémentaires, les parents devront de nouveau payer une rétribution par élève. La commune fera la distinction entre les enfants solvables et ceux admis gratuitement (les indigents pris en charge par le bureau de bienfaisance et les enfants de journaliers sans ressources importantes pris en charge par la commune) ; en 1845, la commune donnait aux enfants indigents un syllabaire, une ardoise, un livre de lecture, un petit catéchisme et des cahiers ; pour les plus grands une grammaire, un exercice orthographe, traité arithmétique, traité de géographie, manuel de politesse, cahiers, crayons, plumes, encres, et le nécessaire pour la couture et le tricot pour les filles. Pendant tout le 19ème siècle, la commune fournira le matériel didactique nécessaire aux indigents.

L’instituteur a toujours droit à une habitation ou indemnité de logement.

Au niveau pédagogique, les classes sont ouvertes pendant 10 mois.

Les sanctions sont mieux détaillées : 1. La réprimande particulière ou publique. 2. La privation de récréation. 3. La privation de bonne note. 4. La perte d’une place d’honneur. 5. La mise au banc. 6. L’inscription de l’élève au tableau noir. 7. L’exclusion provisoire pour 2 ou 3 jours et avertissement aux parents. 8. L’exclusion définitive.

En 1850, la commune décide d’ouvrir une école pour filles car un seul instituteur ne suffit plus pour enseigner à un potentiel de 180 enfants en âge d’aller à l’école.

Le 22 décembre 1850, le conseil communal délibéra comme suit :

« considérant qu’une école de filles est très utile attendu que le nombre d’enfants de l’âge de 7 à 14 ans est trop grand pour qu’ils puissent être convenablement instruits dans la même école ; considérant que les écoles de filles dirigées par des religieuses offrent ordinairement plus de garanties principalement sous le rapport des mœurs que celles dirigées par des institutrices laïques ; que d’un autre côté, les religieuses, étant au moins 2 en classe, ont plus de facilités pour donner l’instruction qu’une seule n’en aurait, surtout pour apprendre les ouvrages manuels si nécessaires aux personnes du sexe féminin...

Le conseil communal prie l’autorité compétente d’autoriser la commune à adopter pour tenir lieu d’école des filles celle qui y a été ouverte par les religieuses de Pesche, dites Sœurs de Marie, et qui est maintenant dirigée par Victorine Pierre, en religion sœur Marie Chantal sous la condition de leur accorder un traitement fixe de 700 Frs sans aucun émolument ; de leur fournir une salle d’école convenablement meublée, un logement garni du mobilier nécessaire, un jardin et le chauffage tant pour l’école que pour la maison ».

De 1856 à 1864, une garde d’enfants avant l’école primaire fut organisée par les sœurs de Pesche ; celle-ci fut transformée en école gardienne privée de 1864 à 1878 grâce à l’appui de quelques pères de famille soucieux de l’éducation de leurs enfants. Elle était toujours tenue par les sœurs de Pesche qui ne recevaient aucun salaire fixe ; les parents leur attribuaient une somme d’argent par enfant.

Dans le but d’en finir avec l’instabilité des institutrices gardiennes souvent temporaires et apprenties envoyées par les sœurs de Pesche, l’administration communale décide de faire reconnaître l’école gardienne officiellement. L’inspecteur cantonal remettra un avis favorable vu le nombre assez élevé d’enfants (plus ou moins 50).

En 1878, l’école gardienne fut soumise au régime d’inspection établi par la loi et le 18 août Rosalie Durvaux (sœur Alix) fut nommée officiellement avec un salaire fixe.

Le mobilier se composait de l’image du Christ et de tous les objets nécessaires pour suivre la méthode d’instruction ; le programme comprenait la prière, un peu de gymnastique sous le préau et des exercices d’instruction de maximum une demi-heure.

En 1896, l’école gardienne était munie d’un tableau noir fixe, de chaises, d’un poêle, d’une collection de tableaux, d’une collection de bâtonnets, de lattes, de planchettes, de cubes, des jeux, des ardoises, du papier colorié et des bandes canevas de tissage.

La loi libérale de 1879 va créer une fracture importante au village ; les sœurs de Pesche finiront par créer une école libre concurrente à l’école communale en 1881.

Le 1er juillet 1879, les libéraux font voter une loi rompant avec la situation privilégiée des chrétiens ; les communes ont l’obligation d’ouvrir une école neutre et laïque avec un instituteur neutre et objectif dans son enseignement ; les cours de religion ne font plus partie du programme ; l’enseignement religieux est laissé au soin des familles et des curés ; un local d’école est mis à la disposition du clergé pour y donner avant et après l’heure des classes l’enseignement religieux ; l’adoption par la commune d’une école libre est interdite.

Face à cette loi, le comité diocésain réagit et envoie cette lettre au curé de Silenrieux :

« Le but de l’œuvre des écoles catholiques est de travailler à l’établissement d’une école catholique dans chaque paroisse pour assurer une éducation chrétienne à la jeunesse catholique ; le clergé est invité à ne pas paraître dans une école officielle ; il fera l’enseignement religieux dans une église ou dans un local particulier ».

Suite à la demande de l’administration communale de Silenrieux, le 28 août 1879, le directeur du couvent de Pesche annonce qu’il n’a pas pour l’instant l’intention de retirer ses religieuses de l’école communale de Silenrieux. Le conseil communal se contente de cette réponse pour laisser les religieuses en place.

Cependant, dès la rentrée, la tension monte et le 19 septembre, le curé raconte qu’il a été chassé de l’école communale par le mayeur qui lui a dit : « ce n’est pas votre place ici, vous devez parler ailleurs de religion ».

Suite à cette altercation, le collège demande le 24 septembre au curé s’il compte venir avant et après les classes enseigner la religion aux enfants dans les locaux communaux.

Le curé leur répond le 4 octobre 1879 : « je serai donc autorisé à considérer comme moins que sérieuse l’invitation à me rendre à l’école qui m’est adressée présentement ; mais fidèle aux sentiments de respect que je professe pour l’administration communale actuelle, je répondrai à cette communication en exprimant mes profonds regrets de la situation qui vous a été faite par la nouvelle loi, situation que le collège a malheureusement jugé bon d’accentuer encore à Silenrieux ; quant à l’enseignement religieux des enfants, faites moi le plaisir de vous dispenser de vous en occuper administrativement, je le soignerai de mon mieux ».

Le 16 novembre 1879, le commissaire d’arrondissement demande le renvoi des sœurs sans les payer car elles ne respectent pas la loi du 1er juillet qui exige un enseignement neutre.

Le 23 novembre 1879, les religieuses répondent aux accusations dont elles sont l’objet : « il est faux que nous soyons obstinées à ne pas observer la loi et que le directeur de Pesche n’ait jamais répondu à toutes les lettres de l’administration communale ; il avait répondu que nous reviendrions en septembre 1879 et que si nous devions quitter, il donnerait le temps de se pourvoir d’une institutrice pour nous remplacer ; nous sommes conciliantes et désireuses d’ouvrir les négociations à ce sujet ».

Pour se rassurer de la bonne volonté des sœurs, le collège leur envoie le 24 décembre 1879 une lettre leur demandant d’adhérer officiellement à la nouvelle loi. En effet, il résultait d’un rapport de l’inspection scolaire que les 2 sœurs auraient déclaré ne pas adhérer à la loi de 1879 et ne resteraient en fonction que dans le but d’avoir le temps d’organiser une école libre dont la création ne laisserait aucun doute.

Par la suite, dans un premier temps, le conseil communal du 25 janvier 1880 décide de garder les sœurs au sein de l’école communale de Silenrieux : « vu les protestations des sœurs qui n’auraient jamais dit cela, vu qu’elles suivent le programme et l’instruction officielle, vu qu’il est facile d’attribuer des mots sans fondement, vu que la conduite des soeurs est irréprochable, vu que leur travail a valu à l’éloge de l’inspection, le conseil communal émet le vœu qu’elles continuent à diriger l’enseignement primaire officiel des filles ».

Mais, dans un deuxième temps, le même conseil prit une autre décision : « vu que les sœurs continuent à enseigner dans les locaux communaux, vu l’hostilité du clergé sur la nouvelle loi scolaire, vu que le bourgmestre par la lettre du 24 décembre 1879 n’a pas reçu réponse claire et franche sur l’adhésion des sœurs à la nouvelle loi, vu que le refus de s’expliquer ne peut être qu’un refus d’adhésion, vu que les sœurs se font obéissantes du curé en surveillant les enfants des 2 sexes à l’église pendant les offices en enseignant le catéchisme à l’école à des heures indues, vu la lettre du commissaire d’arrondissement qui considère l’école comme une école libre dans des bâtiments communaux, vu que nous devons obéir aux lois, le conseil communal considère que les sœurs tiennent une école libre dans des bâtiments communaux et qu’il faudra prendre les mesures que réclame cette situation ».

Par la suite, le collège se renseignera auprès des autorités de tutelle pour connaître les démarches à suivre, mais laisseront les sœurs diriger l’enseignement communal des filles.

Finalement, sous la pression de l’église qui interdisait à tout catholique de placer leurs enfants dans une école officielle ou d’y enseigner sous peine de refus des sacrements, les sœurs de Pesche Alpeste et Durvaux remettront leur démission au conseil communal de Silenrieux le 23 septembre 1880 juste avant la rentrée d’octobre.

Elles créeront une école libre avec des moyens financiers propres à l’église : la caisse paroissiale, les subsides de l’évêché, les dons, les cotisations annuelles des enfants et les cotisations auprès de l’œuvre de la propagation de la foi ; quant au local, elles reçurent une maison de la part de Firmin François pour pouvoir ouvrir leur école car il était interdit d’utiliser les bâtiments de la fabrique d’église ou du bureau de bienfaisance vu qu’ils émargeaient aux deniers publics.

Suite à ce climat malsain, la chambre créa une commission d’enquête qui se déroula le 8 octobre 1881 à Silenrieux ; de celle-ci, on peut apprendre que : « une école libre s’est ouverte à Silenrieux en 1881 ; l’ouverture de l’école libre a coïncidé avec une mission d’après le bourgmestre Mathieu ; il n’y aurait que 12 élèves à l’école libre mixte y compris la maternelle ; les missionnaires ont dit aux enfants que l’école communale ne valait rien ; les religieuses font des visites à domicile pour recruter ; le curé se borne à lire les instructions en chaire de vérité ; il est modéré mais travaille en sous main ».

« Mr Feron dit que la 1ère tentative d’école libre a échoué ; cette école a dû fermer faute d’élèves ».

 

Pour réagir face à la création de l’école libre, la commune instaure la gratuité pour tous les enfants de la commune en 1881 et les indigents recevront tout le nécessaire.

Voici les dispositions prises par le conseil communal en1881 (acceptée par AR du 8 mars 1882) :

Art 1 : l’enseignement sera gratuit pour tous les élèves de la commune indistinctement.

Art 2 : les vacances auront lieu pendant les mois d’août et septembre.

Art 3 : il y aura 2 classes par jour qui commenceront à 8 h 30 du matin et l’autre à une heure, la durée de chaque classe est de 3 heures au moins, l’ouverture sera annoncée par la clochette au dessus de la salle d’école.

Art 4 : toutes les semaines où il n’y aura pas de fête ou de congé extraordinaire, l’instituteur pourra donner congé pour la classe de l’après midi un jour de son choix.

Art 5 : les objets de l’enseignement seront : la doctrine chrétienne au catéchisme, la lecture, l’écriture, l’orthographe, la grammaire, le calcul, le système métrique, les premiers éléments de la géographie, de l’histoire, et du dessin linéaire. L’instituteur devra en plus donner des leçons de chant aux élèves qui voudront en prendre ; ces dernières leçons devront être données hors du temps ordinaire des classes.

Art 6 : l’instituteur devra aussi donner des leçons gratuites aux personnes de la commune qui voudront en prendre les jours du dimanche ; ces leçons auront lieu depuis 10 H du matin jusqu’à midi depuis le 1er avril jusqu’au 1er novembre et depuis midi jusqu’à l’heure des vêpres pendant le restant de l’année ; il devra aussi en donner mais moyennant un salaire pendant les soirées d’hiver.

Art 7 : nul enfant ne sera admis à fréquenter l’école communale de Silenrieux s’il n’est âgé de 5 ans accomplis et s’il n’est muni de tous les objets qui lui sont indispensables en classe.

Art 8 : tous les élèves devront se conformer aux ordres de l’instituteur et celui-ci devra renvoyer sur le champ ceux qui refuseraient de lui obéir. Il devra aussi renvoyer sur le champ ceux qui seraient atteints de maladies contagieuses, telles que la galle, ainsi que ceux sur lesquels on verrait de la vermine.

Art 9 : tous les élèves d’une même division devront avoir des livres uniformes et ceux qui écriront devront avoir des cahiers composés de 8 feuilles de papier au moins et ils ne pourront se servir de feuilles volantes que pour écrire ce qu’ils devront mettre au net dans leurs cahiers.

Art 10 : la distribution du travail dans l’école sera indiquée par un tableau qui y restera constamment affiché.

Art 11 : tous les ans vers la fin de l’année scolaire, l’administration locale distribuera des prix aux élèves qui se seront distingués par leurs progrès, leur bonne conduite et leur assiduité à fréquenter l’école.

Art 12 : il sera fait de temps à autre et au plus tard tous les 15 jours des compositions dans chaque branche de l’enseignement et l’instituteur devra faire connaître tous les mois, au moyen d’un tableau affiché dans l’école, le rang qu’occupe chaque élève dans les diverses branches ; les tableaux indiqueraient les bonnes et mauvaises notes assignées à chacun d’eux et serviront pour assigner les prix qui seront distribués.

Art 13 : l’instituteur devra constamment tenir la main à ce que ses élèves soient honnêtes en tout temps et en tout lieu et à ce qu’ils se conduisent bien partout.

Art 14 : il devra renvoyer près des chefs de l’autorité locale, toutes les personnes qui voudraient lui faire des plaintes au sujet de ce qu’il aurait puni leurs enfants ou au sujet des plans qu’il leur aurait assigné.

 

Les branches obligatoires à l’école primaire en 1881 :

1er degré : exercices combinés d’écriture, de lecture et d’orthographe ; langue maternelle ; éléments de calcul et système légal des poids et mesures ; géographie ; histoire ; formes géométriques ; dessin ; notions de sciences naturelles ; gymnastique ; chant ; travaux à l’aiguille pour filles.

2ème degré : lecture courante ; langue maternelle ; élément de calcul et système légal des poids et mesures ; géographie ; histoire ; formes géométriques ; dessin ; chant ; éléments de sciences naturelles ; gymnastique ; travaux d’aiguilles pour filles

3è degré : lecture expressive ; langue maternelle ; écriture ; éléments de calcul ; géographie ; histoire ; formes géométriques ; dessin ; notions de sciences naturelles ; gymnastique ; chant ; travaux à l’aiguille.

 

En 1884, on y ajoutera les notions d’arpentage, les notions d’agriculture pour les garçons grâce au jardin de l’instituteur, l’économie domestique pour les filles et des notions d’hygiène pour tous ; mais surtout l’enseignement de la religion et de la morale du culte catholique (une demi heure au matin et une demi heure à la fin de l’après midi) (voir ci-dessous la loi de 1884). Ce programme ne variera pas beaucoup jusqu’au milieu du 20ème siècle.

En 1882, on introduit l’épargne dans les écoles primaires de Silenrieux ; les facteurs ruraux se rendaient 1 fois par semaine dans chaque école pour offrir des timbres postes et des bulletins d’épargne et recevoir les versements à faire à la caisse d’épargne.

Depuis la création de l’école libre, la tension entre catholiques (le curé et les sœurs) et laïques (la majorité du conseil communal) n’a cessé de perdurer et en 1883, la pression est à son comble quand le curé dit en chaire de vérité à Noël que les écoles communales empêchent les enfants de recevoir l’instruction religieuse de leur curé ; il ajoute que c’est une raison de ne pas les admettre à la première communion.

En juin 1884, le gouvernement libéral tombe. Il est remplacé par un gouvernement catholique qui change la loi du 1er juillet 1879 en donnant aux communes le choix de rendre obligatoire ou pas le cours de religion. Il supprime aussi le cours de morale obligatoire.

Suite à cette nouvelle loi, le 7 août 1884, le conseil à majorité libérale de Silenrieux vote une motion de méfiance contre le projet de loi abrogeant la loi du 1er juillet 1879 qui, à leurs yeux devrait « ruiner complètement l’enseignement primaire officiel, livrer les instituteurs et institutrices dans les communes rurales à la merci de conseillers communaux souvent incompétents, hostiles au développement de l’instruction populaire, jaloux des membres laïcs du personnel enseignant. Ils considèrent en outre que ce projet tend à livrer l’enseignement aux mains du clergé haineux dont le but est de tenir le peuple dans l’ignorance pour mieux l’exploiter, le faire servir à la réalisation de ses desseins de domination ».

Afin de valoriser l’enseignement communal et concurrencer l’école libre, le conseil communal inscrit l’enseignement religieux au programme des classes communales ; le curé Bodart sera désigné pour le donner. Cependant, les enfants dont les parents en feront la demande seront dispensés d’y assister.

En 1890, l’inspecteur principal a dû faire un rapport sur l’école des garçons de Silenrieux qui laissait à désirer :

« La situation déplorable dans laquelle se trouve l’école des garçons au point de vue de l’enseignement : je constate l’extrême faiblesse des élèves même dans les branches essentielles du programme, non seulement ils savent peu mais ils savent mal. C’est que la direction donnée à l’enseignement dans cette école est extrêmement défectueuse. On pourrait dire que l’enseignement y est à peu près nul car au lieu de donner des leçons, le maître trouve plus commode d’occuper ses élèves à des devoirs sans fin qui sont faits sans connaissance de cause et partant sans soin et sans profit. Mr Feron ne peut être rangé parmi les instituteurs incapables. Je suis même persuadé que cet homme qui n’a d’ailleurs à s’occuper que d’une trentaine d’élèves et qui est dans toute la force de l’âge pourrait obtenir des résultats les plus satisfaisants. La cause de la situation que je constate, je la trouve dans la négligence, dans l’indifférence coupable de l’instituteur ; les cahiers des élèves des classes supérieures établissent de la façon la plus irréfragable son impardonnable incurie. Depuis 4 ans, je connais la faiblesse de cette école qui fait contraste avec celle des filles. Si Mr Feron ne fait pas des efforts soutenus pour relever son école, je suis bien résolu après un dernier délai de 3 à 4 mois à signaler la situation au gouvernement ».

En 1894, un nouveau rapport sur l’école des garçons de Mr Feron est établi : la discipline laisse à désirer ; les cahiers sont mal tenus ; l’écriture est mauvaise ; le dessin est négligé ; la langue maternelle est passable ; les progrès des élèves sont très faibles.

Suite à la loi du 15 septembre 1895 qui rend obligatoire le cours de religion, le conseil communal demande le 22 mars 1896 au curé Henry de l’organiser dans les 2 écoles communales. Le 29 mars 1896, celui-ci répond au conseil : « il propose qu’il soit donné par le maître lui-même et désire que le petit catéchisme soit récité dans les 2 classes et par chaque division tous les matins après la prière. Il propose aussi d’inscrire au programme l’enseignement de l’histoire sainte et la lecture de la bible 4 fois par semaine pendant la demi heure de l’après midi. Dans une classe, il y a toujours au moins 3 divisions (supérieur, moyen, inférieur) ; le matin, chaque division ne peut donc avoir que 6 à 7 minutes de catéchisme, c’est-à-dire à peu près 45 minutes par semaine ; ce serait bien peu, s’il fallait encore pendant ce temps donner un peu d’histoire sainte ; je pourrai de cette manière, soit le matin, soit le soir, visiter de temps en temps les 2 classes ».

Finalement, le 12 avril 1896, le conseil communal décide de donner l’enseignement de l’histoire sainte et la lecture de la bible pendant la dernière demi heure de l’après-midi 4 fois par semaine.

Après les difficultés de Mr Feron, l’école des garçons aura à nouveau des difficultés avec Mr Cocriamont. Le 6 février 1898, des parents se plaignent au conseil communal que leurs enfants n’apprennent rien en classe. D’autres avaient déjà mis leurs enfants dans les autres villages car ils n’avaient pas confiance en l’instituteur.

Finalement, le conseil demande à l’inspecteur principal Lonay de venir faire une inspection.

Celui-ci répond : « Mr Cocriamont fait preuve de zèle dans l’exercice de ses fonctions. Il remplit avec exactitude tous ses devoirs professionnels. Ses élèves répondent correctement. Nous avons lieu d’être satisfaits de l’enseignement donné par cet instituteur. Dans sa classe, il y a une bonne discipline, ordre et propreté ; cependant l’exécution du programme est passable ; le progrès des élèves est réel ou assez satisfaisant ; le mobilier est assez convenable ».

Malgré ce rapport positif, la faiblesse de son enseignement est encore remise sur la table en 1900 suite à plusieurs plaintes des parents et un nouveau rapport négatif.

Le 3 août 1900, Mr Foucart, inspecteur cantonal fait ce rapport : la discipline est bonne ; l’ordre est bon ; par contre, l’exécution du programme est peu intelligent ; le progrès des élèves est insignifiant en français, en arithmétique et en géographie ; les élèves savent peu et mal.

Finalement, le conseil communal délibère le 12 août 1900 de la manière suivante : « vu les plaintes réitérées par les habitants sur l’école des garçons, vu le rapport de l’inspecteur cantonal du 3 août 1900 constatant que l’enseignement donné est presque nul et les élèves d’une faiblesse extraordinaire même dans les branches essentielles du programme (ils savent peu et mal), vu l’art 7a de la loi du 15 septembre 1895 sur l’enseignement primaire, le conseil prie Mr le ministre de l’intérieur et de l’instruction publique de lui faire connaître au plus tôt s’il peut être fait dans ce cas application de l’art 7a de la loi en révoquant ce fonctionnaire pour mesure d’ordre d’incapacité dument constatée (on sait que l’inspecteur principal donna un autre avis sur ceci).

Cette demande de l’administration communale n’aura pas de suite et le 15 décembre 1900, l’inspecteur principal écrit de nouveau au bourgmestre pour lui dire que son appréciation diffère de la sienne et qu’il est lui satisfait de l’ordre, la propreté, la discipline et le travail de Mr Cocriamont.

De nouveau, en 1901, les parents se plaignent ; il y a 50 élèves garçons en âge d’aller à l’école ; 10 vont à l’école libre mixte chez les religieuses et 13 vont à Boussu, Fontenelle ou Vogenée. En septembre 1901, le conseil communal redemande une enquête sur la situation de l’école des garçons. Finalement, l’inspection conclura en disant qu’il n’y a pas de raison de révoquer Mr Cocriamont. Les rapports qui suivront seront tous moyens et passables. En 1927, Joseph Sohet, bourgmestre dira : « la théorie du moindre effort appliquée actuellement par Mr Cocriamont, son manque de zèle et de dévouement nous font perdre des élèves qui s’en vont ailleurs ».

En 1910, Fernand Forthomme Halloin, professeur de coupe demande pour établir une école de coupe et de couture à Silenrieux pour une durée de 6 mois tous les jeudis de 9 H 30 à 12 H et de 13 H à 17 H ; les inscriptions seront reçues jusqu’au 22 mai 1910.

En 1914, une nouvelle loi rend l’enseignement obligatoire et gratuit pour tous les enfants de 6 à 14 ans. Les chefs de famille sont tenus de faire donner ou de donner à leurs enfants une instruction primaire convenable afin de donner à tous la même chance ; les absences doivent être justifiées. Celle-ci sera appliquée à Silenrieux à partir du 1er février 1917 et sera renforcée par la loi du 15 novembre 1919. En même temps, la loi prévoit le paiement de l’entièreté des traitements des instituteurs par l’état. De plus, la commune est tenue d’établir un service gratuit d’inspection médicale scolaire comprenant un examen des élèves au moment de leur entrée ; le médecin inspecteur des écoles communales est nommé par le conseil communal.

Pendant la guerre 14-18, les événements vont bouleverser l’enseignement communal ; les classes seront occupées par les allemands du 1er octobre au 31 décembre 1914 et l’école sera fermée ; l’inspecteur cantonal fera prolonger la présence scolaire jusqu’au 1er septembre 1915 ; en 1918, il y a pénurie de charbon et les classes seront ouvertes un jour sur 2 à partir de janvier 1918 (les mardis, jeudis et samedis pour les garçons et les lundis, mercredis et vendredis pour les filles) ; du 1er octobre au 31 décembre 1918, les classes furent occupées par les soldats et les classes furent fermées.

Après la guerre, les élèves doivent participer aux fêtes patriotiques du 28 septembre 1919 et recevoir de la commune 8 jours de repos ; mais l’inspecteur ne fut pas d’accord et demanda qu’on reprenne le travail scolaire le 1er octobre.

De 1922 à 1928, Mlle Magniette se distingue par son intransigeance catholique.

La commune écrit à l’inspecteur en 1925 : « en ce qui concerne Mlle Magniette, laquelle vous a été renseignée pour avoir été plusieurs fois rappelée à l’ordre pour ne vous citer qu’un cas : Mlle Magniette a été appelée au ministère des sciences et arts il y a 2 ou 3 ans (nous ignorons à l’instigation de qui) sur diverses plaintes de parents des élèves et aussi pour avoir, pendant le mois de mai, voulu honorer la Vierge en lui élevant un autel dans sa classe ; ceci dit au point de vue mentalité, vous pouvez vous rendre compte par vous même de ce qu’elle peut exiger de ses élèves au point de vue religieux. Il serait curieux de faire une petite enquête à ce sujet ».

Un autre cas sera présenté en 1927 : « depuis 1926, 2 filles ont été dispensées du cours de religion ; mais Mlle Magniette les oblige à la prière ; elle enfreint l’art 21 de la loi qui dit que l’institutrice s’abstient dans son enseignement de toute attaque contre les personnes ou contre les convictions religieuses des familles et des enfants confiés.

Finalement, le 18 juillet 1928, Mlle Magniette ayant enfreint l’art 21 de la loi scolaire fut suspendue pendant 6 jours sans traitement.

En 1940, lors de l’enterrement civil de Louis Lambotte, Mlle Magniette disait aux enfants de l’époque lors du passage du cortège qu’il fallait boucher ses oreilles car on enterrait un chien.

La situation à Silenrieux entre les 2 guerres est la suivante :

« on va à l’école 5 jours et demi par semaine à raison de 6 heures par jour ; on a congé le samedi après midi et le dimanche ; le samedi matin est réservé aux ouvrages manuels, dessins et bricolage ; chaque jour débute par une demi heure de religion ; la matinée et le début de l’après midi sont consacrés aux cours de français (lecture, dictée, élocution, causerie) et aux cours d’arithmétique ; la fin de journée est consacrée aux ouvrages manuels et pour les garçons aux calculs rapides, mais aussi à la géographie, l’hygiène, la politesse, le civisme et les sciences naturelles ; le wallon est proscrit.

Au cours de religion, on prépare les enfants aux fêtes religieuses (Toussaint, Noël, Pâques, l’adoration, les communions) et les grands étudient par cœur le petit catéchisme.

La causerie porte sur les fêtes et événements patriotiques (l’armistice du 11 novembre, la mort du roi Albert, la famille royale), sur les éphémérides (les saisons, le travail des agriculteurs, les jardiniers, les apiculteurs, les animaux de la ferme, la forêt et l’Eau d’Heure) et sur les règles de politesse et la morale.

Le chant comprend les chants de Noël et patriotiques.

En gymnastique, on apprend à marcher au pas en chantant.

Les récitations sont souvent poétiques, moralisatrices ou patriotiques ; on apprend aussi le compliment de nouvel an et la calligraphie.

Le dessin est libre ou par modèle ; on colle des feuilles mortes, pétales, épis, fleurs séchées, gui, houx pour décorer.

L’hygiène est un cours d’éducation à la santé, d’alimentation saine et d’hygiène corporelle.

En géographie, on étudie la terre, le soleil, les étoiles, les points cardinaux, la commune, les hameaux, la rivière, les cartes.

La lecture et l’écriture se font au début par les méthodes traditionnelles ; on voit les voyelles puis les consonnes pour faire les syllabes et ensuite les petites phrases. Par la suite, on fait de la lecture suivie de dictées et apprentissage de vocabulaires.

En arithmétique, on voit les éléments de calcul, les poids et mesures, les formes, etc…

Sous la pression démographique, Silenrieux dut créer en 1932 une classe mixte groupant les filles et garçons de 1ère et 2ème primaires au rez de chaussée de l’école des filles ; elle dura de janvier 1932 à décembre 1945. C’est le degré inférieur mixte d’Elise Masset.

Mlle Hélène Magniette enseignait aux filles des degrés moyen et supérieur à l’étage de l’école des filles. Mr Léon Benoit avait les garçons des degrés moyen et supérieur. L’école gardienne était toujours mixte.

A la Noël 1945, le départ à la retraite de Mlle Magniette coïncide avec la suppression du dédoublement de la classe mixte du degré inférieur en raison d’une baisse de la natalité ; mais aussi d’une volonté politique. L’annonce de la fermeture du degré inférieur fait partir des enfants ailleurs par crainte d’être trop surchargé.

Durant la guerre 40-45, les classes furent de nouveau perturbées : le 10 mai 1940, le registre porte la mention « guerre » et les cours ne reprendront qu’en septembre 1940.

Après le baby boom de l’après guerre, l’école primaire de Silenrieux dut ouvrir une 3ème classe de 1958 à 1963 qui regroupait les 1ère et 2ème garçons et la 1ère fille.

La mixité fut instaurée le 02/09/1965 à Silenrieux ; Mme Piret prenait les 3 premières années et Mr Georgery les 3 dernières.

En 1983, au départ de Mr Georgery, voici une lettre du comité scolaire :

« Afin de mettre un terme aux bruits qui circulent dans le village concernant la suppression de l’école primaire de Silenrieux, le comité scolaire tient à rappeler : 1. Que Mme Piret continuera comme par le passé. 2. Que nous avons le ferme espoir d’avoir l’année prochaine un nouveau stagiaire. 3. Qu’il suffirait d’atteindre 30 élèves en primaire pour sauver la 2ème classe.

Finalement, il n’y eut qu’une classe primaire ouverte après 1983 au lieu de 2 auparavant.

Actuellement, depuis l’arrivée de Mr Nihoul, une deuxième classe vient de se rouvrir en 2002.

Pour attirer les enfants à l’école communale, plusieurs initiatives furent prises à la fin du 20ème siècle : un repas de midi, puis une garderie de midi pour les enfants dont les parents travaillent ; un cours de natation à Nismes en 1969 et à Walcourt en 1972 ; un cours de couture en 1970 donné par Claudine Chauvaux, puis par Cécile Botte Léonard en 1979.

En 1970, un cours de morale est créé ; il sera donné par Jacques Piret, puis Annette Mathieu le 5/11/1977 suivi de Freddy Chartier le 3/9/1979, puis de nouveau par Annette Mathieu pour l’entité de Cerfontaine.

En 1974, la législation impose à la commune de désigner une maîtresse spéciale de religion. Ce sera Mme Eloise Huaux Gilles qui sera nommée le 29/09/1977 avec l’accord du curé Tichon.

  

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