Comme je descendais des Fleuves impassibles





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date de publication06.11.2016
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Le bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs:

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,

Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.

Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,

Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,

Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,

Je courus! Et les Péninsules démarrées

N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.

Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots

Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,

Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots!
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,

L'eau verte pénétra ma coque de sapin

Et des taches de vins bleus et des vomissures

Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème

De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,

Dévorant les azurs verts; où, flottaison blême

Et ravie, un noyé pensif parfois descend;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires

Et rythmes lents sous les rutilements du jour,

Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,

Fermentent les rousseurs amères de l'amour!
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes

Et les ressacs et les courants: je sais le soir,

L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,

Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir!
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,

Illuminant de longs figements violets,

Pareils à des acteurs de drames très antiques

Les flots roulant au loin leurs frissons de volets!
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,

Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,

La circulation des sèves inouïes,

Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs!
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries

Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,

Sans songer que les pieds lumineux des Maries

Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs!
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides

Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux

D'hommes! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides

Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux!
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses

Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan!

Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,

Et des lointains vers les gouffres cataractant!
Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises!

Echouages hideux au fond des golfes bruns

Où les serpents géants dévorés des punaises

Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums!
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades

Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.

Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades

Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,

La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux

Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes

Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux.
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles

Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.

Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles

Des noyés descendaient dormir, à reculons!
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,

Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,

Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses

N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,

Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur

Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,

Des lichens de soleil et des morves d'azur;
Qui courais, taché de lunules électriques,

Planche folle, escorté des hippocampes noirs,

Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques

Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues

Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,

Fileur éternel des immobilités bleues,

Je regrette l'Europe aux anciens parapets!
J'ai vu des archipels sidéraux! et des îles

Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur:

Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,

Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré! Les Aubes sont navrantes.

Toute lune est atroce et tout soleil amer:

L'Acre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.

O que ma quille éclate! O que j'aille à la mer!
Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache

Noire et froide où vers le crépuscule embaumé

Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche

Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,

Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,

Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,

Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
A Rimbaud

Le forgeron
Palais des Tuileries, vers le 10 août 92.
Le bras sur un marteau gigantesque, effrayant

D'ivresse et de grandeur, le front vaste, riant

Comme un clairon d'airain, avec toute sa bouche,

Et prenant ce gros-là dans son regard farouche,

Le Forgeron parlait à Louis Seize, un jour

Que le Peuple était là, se tordant tout autour,

Et sur les lambris d'or traînant sa veste sale.

Or le bon roi, debout sur son ventre, était pâle

Pâle comme un vaincu qu'on prend pour le gibet,

Et, soumis comme un chien, jamais ne regimbait

Car ce maraud de forge aux énormes épaules

Lui disait de vieux mots et des choses si drôles,

Que cela l'empoignait au front, comme cela!
"Or, tu sais bien, Monsieur, nous chantions tra la la

Et nous piquions les boeufs vers les sillons des autres:

Le Chanoine au soleil filait des patenôtres

Sur des chapelets clairs grenés de pièces d'or.

Le Seigneur, à cheval, passait, sonnant du cor

Et l'un avec la hart, l'autre avec la cravache

Nous fouaillaient. Hébétés comme des yeux de vache,

Nos yeux ne pleuraient plus; nous allions, nous allions,

Et quand nous avions mis le pays en sillons,

Quand nous avions laissé dans cette terre noire

Un peu de notre chair. nous avions un pourboire:

On nous faisait flamber nos taudis dans la nuit;

Nos petits y faisaient un gâteau fort bien cuit.
."Oh! je ne me plains pas. Je te dis mes bêtises,

C'est entre nous. J'admets que tu me contredises.

Or, n'est-ce pas joyeux de voir, au mois de juin

Dans les granges entrer des voitures de foin

Enormes? De sentir l'odeur de ce qui pousse,

Des vergers quand il pleut un peu, de l'herbe rousse?

De voir des blés, des blés, des épis pleins de grain,

De penser que cela prépare bien du pain?.

Oh! plus fort, on irait, au fourneau qui s'allume,

Chanter joyeusement en martelant l'enclume,

Si l'on était certain de pouvoir prendre un peu,

Etant homme, à la fin! de ce que donne Dieu!

Mais voilà, c'est toujours la même vieille histoire!
"Mais je sais, maintenant! Moi, je ne peux plus croire,

Quand j'ai deux bonnes mains, mon front et mon marteau,

Qu'un homme vienne là, dague sur le manteau,

Et me dise: Mon gars, ensemence ma terre;

Que l'on arrive encor, quand ce serait la guerre,

Me prendre mon garçon comme cela, chez moi!

Moi, je serais un homme, et toi, tu serais roi,

Tu me dirais: Je veux!. Tu vois bien, c'est stupide.

Tu crois que j'aime voir ta baraque splendide,

Tes officiers dorés, tes mille chenapans,

Tes palsembleu bâtards tournant comme des paons:

Ils ont rempli ton nid de l'odeur de nos filles

Et de petits billets pour nous mettre aux Bastilles,

Et nous dirons: C'est bien: les pauvres à genoux!

Nous dorerons ton Louvre en donnant nos gros sous!

Et tu te soûleras, tu feras belle fête.

Et ces Messieurs riront, les reins sur notre tête!
"Non. Ces saletés-là datent de nos papas!

Oh! Le Peuple n'est plus une putain. Trois pas

Et, tous, nous avons mis ta Bastille en poussière.

Cette bête suait du sang à chaque pierre

Et c'était dégoûtant, la Bastille debout

Avec ses murs lépreux qui nous racontaient tout

Et, toujours, nous tenaient enfermés dans leur ombre!

Citoyen! citoyen! c'était le passé sombre

Qui croulait, qui râlait, quand nous primes la tour!

Nous avions quelque chose au coeur comme l'amour.

Nous avions embrassé nos fils sur nos poitrines.

Et, comme des chevaux, en soufflant des narines

Nous allions, fiers et forts, et ça nous battait là.

Nous marchions au soleil, front haut, comme cela, -

Dans Paris! On venait devant nos vestes sales.

Enfin! Nous nous sentions Hommes! Nous étions pâles,

Sire, nous étions soûls de terribles espoirs:

Et quand nous fûmes là, devant les donjons noirs,

Agitant nos clairons et nos feuilles de chêne,

Les piques à la main; nous n'eûmes pas de haine,

Nous nous sentions si forts, nous voulions être doux!

.
"Et depuis ce jour-là, nous sommes comme fous!

Le tas des ouvriers a monté dans la rue,

Et ces maudits s'en vont, foule toujours accrue

De sombres revenants, aux portes des richards.

Moi, je cours avec eux assommer les mouchards:

Et je vais dans Paris, noir, marteau sur l'épaule,

Farouche, à chaque coin balayant quelque drôle,

Et, si tu me riais au nez, je te tuerais!

Puis, tu peux y compter, tu te feras des frais

Avec tes hommes noirs, qui prennent nos requêtes

Pour se les renvoyer comme sur des raquettes

Et, tout bas, les malins! se disent " Qu'ils sont sots!"

Pour mitonner des lois, coller de petits pots

Pleins de jolis décrets roses et de droguailles,

S'amuser à couper proprement quelques tailles,

Puis se boucher le nez quand nous marchons près d'eux,

Nos doux représentants qui nous trouvent crasseux! -

Pour ne rien redouter, rien, que les baïonnettes.,

C'est très bien. Foin de leur tabatière à sornettes!

Nous en avons assez, là, de ces cerveaux plats

Et de ces ventres-dieux. Ah! ce sont là les plats

Que tu nous sers, bourgeois, quand nous somme féroces,

Quand nous brisons déjà les sceptres et les crosses!."

.

Il le prend par le bras, arrache le velours

Des rideaux, et lui montre en bas les larges cours

Où fourmille, où fourmille, où se lève la foule,

La foule épouvantable avec des bruits de houle,

Hurlant comme une chienne, hurlant comme une mer,

Avec ses bâtons forts et ses piques de fer,

Ses tambours, ses grands cris de halles et de bouges,

Tas sombre de haillons saignants de bonnets rouges:

L'Homme, par la fenêtre ouverte, montre tout

Au roi pâle et suant qui chancelle debout,

Malade à regarder cela!

"C'est la Crapule,

Sire. Ca bave aux murs, ça monte, ça pullule:

Puisqu'ils ne mangent pas, Sire, ce sont des gueux!

Je suis un forgeron: ma femme est avec eux,

Folle! Elle croit trouver du pain aux Tuileries!

On ne veut pas de nous dans les boulangeries.

J'ai trois petits. Je suis crapule. Je connais

Des vieilles qui s'en vont pleurant sous leurs bonnets

Parce qu'on leur a pris leur garçon ou leur fille:

C'est la crapule. Un homme était à la Bastille,

Un autre était forçat: et tous deux, citoyens

Honnêtes. Libérés, ils sont comme des chiens:

On les insulte! Alors, ils ont là quelque chose

Qui leur fait mal, allez! C'est terrible, et c'est cause

Que se sentant brisés, que, se sentant damnés,

Ils sont là, maintenant, hurlant sous votre nez!

Crapule. Là-dedans sont des filles, infâmes

Parce que, vous saviez que c'est faible, les femmes -

Messeigneurs de la cour, que ça veut toujours bien, -

Vous leur avez craché sur l'âme, comme rien!

Vos belles, aujourd'hui, sont là. C'est la crapule.
"Oh! tous les Malheureux, tous ceux dont le dos brûle

Sous le soleil féroce, et qui vont, et qui vont,

Qui dans ce travail-là sentent crever leur front,

Chapeau bas, mes bourgeois! Oh! ceux-là, sont les Hommes!

Nous sommes Ouvriers, Sire! Ouvriers! Nous sommes

Pour les grands temps nouveaux où l'on voudra savoir,

Où l'Homme forgera du matin jusqu'au soir,

Chasseur des grands effets, chasseur des grandes causes,

Où, lentement vainqueur, il domptera les choses

Et montera sur Tout, comme sur un cheval!

Oh! splendides lueurs des forges! Plus de mal,

Plus! Ce qu'on ne sait pas, c'est peut-être terrible:

Nous saurons! Nos marteaux en main, passons au crible

Tout ce que nous savons: puis, Frères, en avant!

Nous faisons quelquefois ce grand rêve émouvant

De vivre simplement, ardemment, sans rien dire

De mauvais, travaillant sous l'auguste sourire

D'une femme qu'on aime avec un noble amour:

Et l'on travaillerait fièrement tout le jour,

Ecoutant le devoir comme un clairon qui sonne:

Et l'on se sentirait très heureux; et personne,

Oh! personne, surtout, ne vous ferait ployer!

On aurait un fusil au-dessus du foyer.

.

"Oh! mais l'air est tout plein d'une odeur de bataille.

Que te disais-je donc? Je suis de la canaille!

Il reste des mouchards et des accapareurs.

Nous sommes libres, nous! Nous avons des terreurs

Où nous nous sentons grands, oh! si grands! Tout à l'heure

Je parlais de devoir calme, d'une demeure.

Regarde donc le ciel! C'est trop petit pour nous,

Nous crèverions de chaud, nous serions à genoux!

Regarde donc le ciel! Je rentre dans la foule,

Dans la grande canaille effroyable, qui roule,

Sire, tes vieux canons sur les sales pavés:

Oh! quand nous serons morts, nous les aurons lavés!

Et si, devant nos cris, devant notre vengeance,

Les pattes des vieux rois mordorés, sur la France

Poussent leurs régiments en habits de gala,

Eh bien, n'est-ce pas, vous tous? Merde à ces chiens-là!"

.

Il reprit son marteau sur l'épaule.

La foule

Près de cet homme-là se sentait l'âme soûle,

Et, dans la grande cour, dans les appartements,

Où Paris haletait avec des hurlements,

Un frisson secoua l'immense populace.

Alors, de sa main large et superbe de crasse,

Bien que le roi ventru suât, le Forgeron,

Terrible, lui jeta le bonnet rouge au front!


Ophélie
I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,

Flotte très lentement, couchées en ses longs voiles.

On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie

Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,

Voici plus de mille ans que sa douce folie

Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle

Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;

Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,

Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;

Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,

Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile:

Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
II
O pâle Ophélia! belle comme la neige!

Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!

C'est que les vents tombant des grand monts de Norvège

T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,

A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;

Que ton coeur écoutait le chant de la Nature

Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,

Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;

C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,

Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!

Tu te fondais à lui comme une neige au feu:

Tes grandes visions étranglaient ta parole

Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!
Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles

Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis;

Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,

La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
15 mai 1870.

Le bal des pendus
Au gibet noir, manchot aimable,

Dansent, dansent les paladins,

Les maigres paladins du diable,

Les squelettes de Saladins.
Messire Belzébuth tire par la cravate

Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel,

Et, leur claquant au front un revers de savate,

Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël!
Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles:

Comme des orgues noirs, les poitrines à jour

Que serraient autrefois les gentes damoiselles,

Se heurtent longuement dans un hideux amour.
Hurrah! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse!

On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs!

Hop! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse!

Belzébuth enragé racle ses violons!
O durs talons, jamais on n'use sa sandale!

Presque tous ont quitté la chemise de peau;

Le reste est peu gênant et se voit sans scandale.

Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau:
Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées,

Un morceau de chair tremble à leur maigre menton:

On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées,

Des preux, raides, heurtant armures de carton.
Hurrah! la bise siffle au grand bal des squelettes!

Le gibet noir mugit comme un orgue de fer!

Les loups vont répondant des forêts violettes:

A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer.
Holà, secouez-moi ces capitans funèbres

Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés

Un chapelet d'amour sur leur pâles vertèbres:

Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés!
Oh! voilà qu'au milieu de la danse macabre

Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou

Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre:

Et, se sentant encor la corde raide au cou,
Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque

Avec des cris pareils à des ricanements,

Et, comme un baladin rentre dans la baraque,

Rebondit dans le bal au chant des ossements.
Au gibet noir, manchot aimable,

Dansent, dansent les paladins,

Les maigres paladins du diable,

Les squelettes de Saladins.

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