Séquence 4 – Séance 1 : la n°1 : «Le Buffet» d’Arthur Rimbaud





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date de publication22.10.2016
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    Séquence 4 – Séance 1 : LA n°1 : « Le Buffet » d’Arthur Rimbaud

    Arthur Rimbaud (1854-1891) :

    Issu d’une famille bourgeoise de Charleville, Rimbaud est un jeune homme brillant mais indiscipliné et fugueur. Révolté par la guerre (celle de 1870 contre la Prusse), l’Eglise et la bourgeoisie, il se lance très jeune dans l’écriture poétique, poussé par son professeur Georges Izambard (ses premiers vers connus datent de 1869 : il n’avait alors que 15 ans). Il se fait alors remarquer par des poètes célèbres, dont Verlaine, avec lequel il fuguera et aura une liaison qui s’achèvera de manière violente (1871-1873). A vingt ans, après une crise existentielle très grave, il arrête définitivement d’écrire. Il erre ensuite en solitaire, s’engage dans l’armée, déserte, puis devient agent commercial, et enfin trafiquant d’armes en Afrique. C’est là que s’arrêtent ces pérégrinations, dans la mesure où, atteint par la gangrène, il est rapatrié d’urgence en France, où il décèdera après avoir été amputé d’une jambe, en 1891.

    Ses œuvres sont toutes extrêmement célèbres :

  • Poésies (1868-1871) : des poèmes d’adolescence, écrits selon des formes, des rythmes et des vers réguliers.

  • Une Saison en enfer (1873) : récit poétique en prose de la « saison » vécue par le poète en compagnie de son ami Verlaine

  • Illuminations (1886) : il s’agit d’un recueil regroupant une cinquantaine de poèmes en prose.

    Rimbaud est célèbre par son génie fulgurant et ses innovations poétiques, ce qui en fait un poète de la modernité.

    Séquence 4 – Séance 1 : LA n°1 : « Le Buffet » d’Arthur Rimbaud

    Arthur Rimbaud (1854-1891) :

    Issu d’une famille bourgeoise de Charleville, Rimbaud est un jeune homme brillant mais indiscipliné et fugueur. Révolté par la guerre (celle de 1870 contre la Prusse), l’Eglise et la bourgeoisie, il se lance très jeune dans l’écriture poétique, poussé par son professeur Georges Izambard (ses premiers vers connus datent de 1869 : il n’avait alors que 15 ans). Il se fait alors remarquer par des poètes célèbres, dont Verlaine, avec lequel il fuguera et aura une liaison qui s’achèvera de manière violente (1871-1873). A vingt ans, après une crise existentielle très grave, il arrête définitivement d’écrire. Il erre ensuite en solitaire, s’engage dans l’armée, déserte, puis devient agent commercial, et enfin trafiquant d’armes en Afrique. C’est là que s’arrêtent ces pérégrinations, dans la mesure où, atteint par la gangrène, il est rapatrié d’urgence en France, où il décèdera après avoir été amputé d’une jambe, en 1891.

    Ses oeuvres sont toutes extrêmement célèbres :

  • Poésies (1868-1871) : des poèmes d’adolescence, écrits selon des formes, des rythmes et des vers réguliers.

  • Une Saison en enfer (1873) : récit poétique en prose de la « saison » vécue par le poète en compagnie de son ami Verlaine

  • Illuminations (1886) : il s’agit d’un recueil regroupant une cinquantaine de poèmes en prose.

    Rimbaud est célèbre par son génie fulgurant et ses innovations poétiques, ce qui en fait un poète de la modernité.

    Séquence 4 – Séance 1 : LA n°1 : « Le Buffet » d’Arthur Rimbaud

    « Le Buffet » est un sonnet en alexandrins écrit par Arthur Rimbaud en 1870. Il n’appartenait pas à l’origine à un recueil précis, le poète l’ayant rédigé, comme ses autres poèmes de l’époque, sur un feuillet volant, qu’il avait remis à Paul Demeny, poète et éditeur, espérant ainsi être publié. Ce n’est que bien plus tard que tous les poèmes de cette époque ont été réunis et publiés en recueil. Ce poème met en scène un objet banal, qui se transforme progressivement en un objet extraordinaire, sous le regard du poète. Mais comment le poète parvient-il à donner vie à l’objet pour en faire le témoin du temps qui passe ? Tout d’abord, nous verrons comment le buffet s’anime peu à peu sous les yeux du lecteur. Puis nous étudierons dans quelle perspective le regard du poète le transfigure.



  1. Un objet banal, mais qui prend vie sous les yeux du lecteur

  1. Un objet banal et ancien

    Un buffet est « un meuble de salle à manger ou de cuisine servant à ranger la vaisselle, l’argenterie, le linge de table ainsi que certaines provisions ». C’est donc un objet du quotidien, et la description qui est faite de l’objet dans le poème ne révèle au premier abord rien d’insolite : « « large buffet sculpté » (v.1) ; précision sur la matière : il est en « chêne » (v.1). > ce meuble est semblable à de nb buffets rustiques.

    Cependant, il renferme des objets très variés : on constate l’absence de provisions ou de vaisselle, au profit du linge mais aussi de vêtements : accumulation de compléments du nom (v.5-8).

    Cet objet n’a donc plus sa fonction initiale, mais il est devenu une sorte de fourre-tout (v.5 : « un fouillis ») où l’on place tous les objets devenus inutiles (« voir adjectifs : « linges jaunes » (v.6) ; « dentelles flétries » (V.7)).

    Cela trahit l’ancienneté du meuble, aspect sur lequel insiste le champ lexical de la vétusté (« Très vieux », « des vieilles gens » (v.2) ; « vin vieux » (v.4) ; « vieilles vieilleries » (v.5)…).

  1. Un objet associé cependant à de nombreuses sensations

    Trois sens sont évoqués :

  • L’odorat (sens dominant) :

  • « verse […] comme un flot de vin vieux » (v.3-4) : comparaison qui semble signaler que le buffet a gardé la trace de ce qu’il a contenu autrefois.

  • « linges odorants » (v.6)

  • Répétition du mot « parfum » (v.4, 11).

  • Le toucher : différente matières sont évoquées : des tissus (chiffons, dentelles, fichus), ainsi que des cheveux (v.9-10)

  • La vue : à travers l’évocation des couleurs (« jaunes » (v.6) ; « sombre » (v.1) ; « blancs » et « blonds » (v.10) ; « noires » (v.14), mais aussi des motifs peints sur les fichus (« où sont peints des griffons », v.8).

  • Impression que le buffet renferme en réalité tout un monde, comme le montre aussi l’abondance de mots au pluriel. La répétition du verbe « ouvrir » (v.3 et v.14) semble alors être une invite faite au lecteur à s’y plonger pour découvrir toutes les richesses qu’il contient.



  1. Un objet qui s’anime sous les yeux du lecteur

    On remarque une personnification assez rapide de l’objet : passage du verbe d’état utilisé pour décrire (« c’est », v.1) à un verbe d’action (« verse », v.3) dont le buffet est le sujet. De même, à la fin, le GN « les portes »est sujet du verbe « s’ouvrent » (v.14).

    Le buffet devient alors un être agissant, et se dote d’une personnalité : comparaison entre le « chêne sombre » et les « vieilles gens » (« le chêne sombre […] / a pris cet air si bon des vieilles gens », v.2-3) > ce meuble se caractérise par sa gentillesse : le regard du poète transforme l’objet en personne sympathique.

    De plus, on peut noter la manière dont le poète s’adresse à lui : tutoiement (dernière strophe) > complicité, familiarité entre le poète et l’objet.

    Le poète se fait alors l’interprète du buffet : il assimile le bruit qu’il fait à sa volonté de parler (v.13) > on peut remarquer les allitérations en [v] et en [f] dans les deux premières strophes, et celles en [t] dans la dernière : elles donnent l’impression au lecteur que le meuble cherche à s’exprimer.

  • Grâce à un emploi particulier du langage, le buffet se transforme alors en personne sympathique qui déborde de vie. Mais quel sens le poète veut-il donner à cette personnification ?



  1. Un objet transfiguré par le regard du poète

  1. Le buffet comme support d’une rêverie

    Existence d’un contraste entre les deux premières strophes et les deux dernières, comme le montrent les deux tirets, qui semblent signaler une sorte de rupture temporelle : on passe en effet de l’indicatif présent (« c’est » à valeur descriptive) au conditionnel présent (« c’est là qu’on trouverait », v.9).

    Le conditionnel, mode de l’irréel, indique qu’à partir du vers 9, le poète laisse libre cours à son imagination : il semble faire pénétrer le lecteur dans un monde fantastique comme le suggère l’emploi du mot « griffons » (v.8) > cf note : une des définitions du mot « griffon » est celle d’un « animal fantastique, ailé, à corps de lion et à tête d’oiseau ».

    Dès lors, le buffet change de statut : de fourre-tout, il devient une sorte de témoin du temps qui passe.

  1. Le buffet : un témoin du temps qui passe

    Insistance sur l’ancienneté du buffet (voir champ lexical) : idée qu’il est non seulement plein d’objets, mais aussi que ces objets sont chargés d’une mémoire. Le buffet est en réalité plein de souvenirs : association progressive des objets aux personnes auxquelles ils ont appartenu (« chiffons/de femmes ou d’enfants », v.6-7 ; « fichus de grand’mère », v.8).

    Le poète met en évidence les générations qui se sont succédées dans l’utilisation du meuble (« les mèches/De cheveux blancs ou blonds »), et ce que chacune y a laissé (« chiffons », « fichus »,…).

  • Le buffet apparaît comme un objet lourd de secrets (strophe 4) qu’il ne peut cependant pas délivrer tout seul.

  1. Le rôle du poète

    Le poète est celui qui est capable de voir au-delà de la banalité des objets quotidiens et qui s’en fait le porte-parole : il est à l’écoute des objets, et sait traduire leur « humeur », livrer leurs secrets.

    Séquence 4 – Séance 1 : LA n°1 : « Le Buffet » d’Arthur Rimbaud

    Répondez de manière détaillée aux questions suivantes, à partir de l’observation du poème de Rimbaud :

  1. Quelle est la structure de ce poème ? A quelle genre poétique très connu appartient-il ?

  2. Dans la première strophe, quelle image le poète donne-t-il du buffet ?

  3. A quelles sensations ce meuble est-il associé ? Pourquoi ?

  4. Grâce à quels procédés le meuble prend-il vie ? Pensez à évoquer aussi les sonorités.

  5. A votre avis, pourquoi le poète emploie-t-il le conditionnel au vers 9 ?

  6. Etudiez la manière dont le poète fait ici référence au temps : quelle image veut-il donner du buffet ?

    Séquence 4 – Séance 1 : LA n°1 : « Le Buffet » d’Arthur Rimbaud

    Répondez de manière détaillée aux questions suivantes, à partir de l’observation du poème de Rimbaud :

  1. Quelle est la structure de ce poème ? A quelle genre poétique très connu appartient-il ?

  2. Dans la première strophe, quelle image le poète donne-t-il du buffet ?

  3. A quelles sensations ce meuble est-il associé ? Pourquoi ?

  4. Grâce à quels procédés le meuble prend-il vie ? Pensez à évoquer aussi les sonorités.

  5. A votre avis, pourquoi le poète emploie-t-il le conditionnel au vers 9 ?

  6. Etudiez la manière dont le poète fait ici référence au temps : quelle image veut-il donner du buffet ?

    Séquence 4 – Séance 1 : LA n°1 : « Le Buffet » d’Arthur Rimbaud

    Répondez de manière détaillée aux questions suivantes, à partir de l’observation du poème de Rimbaud :

  1. Quelle est la structure de ce poème ? A quelle genre poétique très connu appartient-il ?

  2. Dans la première strophe, quelle image le poète donne-t-il du buffet ?

  3. A quelles sensations ce meuble est-il associé ? Pourquoi ?

  4. Grâce à quels procédés le meuble prend-il vie ? Pensez à évoquer aussi les sonorités.

  5. A votre avis, pourquoi le poète emploie-t-il le conditionnel au vers 9 ?

  6. Etudiez la manière dont le poète fait ici référence au temps : quelle image veut-il donner du buffet ?

    Séquence 4 – Séance 2 : LA n°2 : « Le Cageot » de Francis Ponge

    Francis Ponge (1899-1988) :

    C’est poète français, auteur du Parti pris des choses, qui dans sa poésie tenta d'abolir la distinction entre le mot et la chose qu'il désigne.

    Né le 27 mars 1899 dans une famille protestante aisée de Montpellier, Francis Ponge passe pour avoir eu une enfance facile. Après un double échec à la licence de philosophie et à l'École normale supérieure, il adhéra au communisme. Il commença à écrire, mais se tint à l'écart du monde littéraire. En 1931, il entra comme employé aux messageries Hachette, et il dut dès lors se discipliner pour préserver un temps quotidien consacré à l'écriture. Délégué syndical, militant communiste, il perdit son emploi lors des grèves de 1936, et, en 1940, quitta Paris pour s'engager dans la Résistance.

    La publication, en 1942, du Parti pris des choses le fit reconnaître comme un écrivain de grande valeur. Ce recueil posait les principaux éléments de son projet poétique : Ponge choisit en effet d'être le poète du quotidien, du matériel, des objets et des choses (« l'Huître », « le Savon », « l'Orange », « la Cruche », « l'Appareil du téléphone »…). Loin de percevoir et de montrer le monde à travers sa subjectivité de poète, Ponge prend le parti des choses, et cherche à leur donner par les mots la possibilité d'une expression. Le poème, sorte d'équivalent neutre de l'objet, devient alors un véritable objet littéraire. Par une savante et complexe utilisation de l'étymologie, de la graphie, des sons, des jeux de mots, des figures, la poésie de Ponge devient une sorte de redoublement du réel, qui cherche à abolir la distinction entre le mot et la chose.

    De retour à Paris après la guerre, Ponge se mit à enseigner tout en poursuivant son œuvre poétique (Proêmes, 1948, la Rage de l'expression, 1952, le Grand Recueil, 1961, Nouveau Recueil, 1967). Il écrivit également des essais qui éclairent sa pratique poétique : Pour un Malherbe (1965), Méthodes (1971), la Fabrique du pré (1971), Comment une figue de paroles et pourquoi (1977). Salué par Jean-Paul Sartre, puis par Philippe Sollers et le groupe de Tel Quel, qui voyait en lui un des auteurs majeurs de la poésie contemporaine, Ponge, longtemps lu par un groupe restreint d'initiés, fut consacré, tardivement, par le grand prix de poésie de l'Académie française en 1984. Il mourut à Bar-sur-Loup le 6 août 1988 à 89 ans.

    Séquence 4 – Séance 2 : LA n°2 : « Le Cageot » de Francis Ponge

    Francis Ponge (1899-1988) :

    C’est poète français, auteur du Parti pris des choses, qui dans sa poésie tenta d'abolir la distinction entre le mot et la chose qu'il désigne.

    Né le 27 mars 1899 dans une famille protestante aisée de Montpellier, Francis Ponge passe pour avoir eu une enfance facile. Après un double échec à la licence de philosophie et à l'École normale supérieure, il adhéra au communisme. Il commença à écrire, mais se tint à l'écart du monde littéraire. En 1931, il entra comme employé aux messageries Hachette, et il dut dès lors se discipliner pour préserver un temps quotidien consacré à l'écriture. Délégué syndical, militant communiste, il perdit son emploi lors des grèves de 1936, et, en 1940, quitta Paris pour s'engager dans la Résistance.

    La publication, en 1942, du Parti pris des choses le fit reconnaître comme un écrivain de grande valeur. Ce recueil posait les principaux éléments de son projet poétique : Ponge choisit en effet d'être le poète du quotidien, du matériel, des objets et des choses (« l'Huître », « le Savon », « l'Orange », « la Cruche », « l'Appareil du téléphone »…). Loin de percevoir et de montrer le monde à travers sa subjectivité de poète, Ponge prend le parti des choses, et cherche à leur donner par les mots la possibilité d'une expression. Le poème, sorte d'équivalent neutre de l'objet, devient alors un véritable objet littéraire. Par une savante et complexe utilisation de l'étymologie, de la graphie, des sons, des jeux de mots, des figures, la poésie de Ponge devient une sorte de redoublement du réel, qui cherche à abolir la distinction entre le mot et la chose.

    De retour à Paris après la guerre, Ponge se mit à enseigner tout en poursuivant son œuvre poétique (Proêmes, 1948, la Rage de l'expression, 1952, le Grand Recueil, 1961, Nouveau Recueil, 1967). Il écrivit également des essais qui éclairent sa pratique poétique : Pour un Malherbe (1965), Méthodes (1971), la Fabrique du pré (1971), Comment une figue de paroles et pourquoi (1977). Salué par Jean-Paul Sartre, puis par Philippe Sollers et le groupe de Tel Quel, qui voyait en lui un des auteurs majeurs de la poésie contemporaine, Ponge, longtemps lu par un groupe restreint d'initiés, fut consacré, tardivement, par le grand prix de poésie de l'Académie française en 1984. Il mourut à Bar-sur-Loup le 6 août 1988 à 89 ans.

    Séquence 4 – Séance 2 : LA n°2 : « Le Cageot » de Francis Ponge

    « Le Cageot » est un poème en prose paru en 1942 au sein du recueil Le Parti pris des choses, écrit par Francis Ponge. Conformément aux principes d’écriture de ce recueil, ce poème en prose tente de rendre compte de l’objet et de ses particularités en prenant pour point de départ le mot qui le désigne, pour montrer en quoi ce mot entretient une étroite parenté avec l’objet réel. Mais comment le poète métamorphose-t-il cet objet du quotidien en objet poétique ? Tout d’abord, nous verrons en quoi ce poème est une sorte de définition-description valorisante du de cet objet banal qu’est le cageot. Puis nous étudierons la manière dont le travail poétique sur le mot est ici un moyen de transfigurer un objet du quotidien.

  1. Un poème qui définit et décrit les différentes caractéristiques de l’objet



  1. La structure du poème



    Il s’agit d’un poème en prose dont la structure a été très étudiée :

  • 1ère strophe : à partir de l’évocation du nom de l’objet, le poète donne sa définition (« simple caissette… fruits ») en mettant l’accent sur son apparence (« caissette à claire-voie ») et sur sa fonction (« vouée au transport de ces fruits »).

  • 2e strophe : insistance sur la dimension éphémère de cet objet > nombreuses expressions de temps : « au terme de son usage », « il ne sert pas deux fois », « ainsi dure-t-il moins… ».

  • 3e strophe : mise en évidence de la banalité de cet objet, comme le montre l’évocation des lieux où on le trouve (« A tous les coins de rue qui aboutissent aux halles »), mais aussi de sa destination finale, à savoir les poubelles : « à la voirie jeté sans retour ».

  • La structure du poème met donc en évidence les principales caractéristiques de l’objet. Et l’on pourrait même considérer que la disposition des strophes sur la page pourrait faire référence à l’apparence de l’objet, un peu à la manière d’un calligramme : les strophes seraient les planches de la caissette et blancs feraient penser aux jours existant entre chaque planche…

  • Autrement dit, le poème épouserait la chose.



  1. Un objet banal de la vie quotidienne, mais auquel le poète accorde une certaine importance



  • Le poète met en évidence la banalité de l’objet > adjectif « simple » (l.1) + référence à sa dimension très courante à travers l’emploi du pluriel et de l’adjectif indéfini « tout » : « A tous les coins de rue qui aboutissent aux halles » (l.7)

  • D’où l’idée qu’il ne faut pas lui accorder trop d’importance : « « sur le sort duquel il convient toutefois de ne pas s’appesantir » (l.10-11).

  • Mais on constate, étant donné la place que le poète accorde à son évocation, qu’il est bien loin de mépriser cet objet, bien au contraire.

  1. Un objet valorisé et personnifié

  • Dès la première strophe, le poète donne une image valorisante de l’objet en insistant sur le rôle protecteur qu’il joue, à travers l’emploi du vocabulaire de la médecine : « suffocation » (l.2) et « maladie » (l.3).

  • Puis il l’associe à la notion de plaisir à travers l’évocation de son contenu : « les denrées fondantes et nuageuses qu’il enferme » (l.5-6).

  • Enfin, le poète énonce un jugement mélioratif sur l’objet en guise de conclusion du poème : « cet objet est en somme des plus sympathiques » (= superlatif ; l.9-10). Cette dernière affirmation met en évidence la personnification du cageot opérée au fil du poème :

  • celui-ci en effet est présenté par le poète comme animé d’une sorte de vie > verbe d’action : « il luit » (l.7)

  • le poète dresse son portrait moral, signalant ainsi l’humilité de l’objet : « l’éclat sans vanité du bois blanc » (l.7-8).

  • Et il le dote de sentiments > adjectif « ahuri » (l.8) pour évoquer sa surprise et sa peur face au sort qui l’attend.



  1. Le travail ludique avec les mots

  1. Le mot « cageot », support de la transfiguration de l’objet

  • Ce mot est le point de départ du poème, c’est donc ce qui fait naître l’écriture poétique. On remarque que pour Ponge, le mot tire son existence de sa graphie et de ses sonorités, puisqu’il se situe entre « la cage » et le « cachot » (l.1). Mais il ne s’agit pas d’un jeu de mot gratuit : le rapprochement des mots par leurs sons est porteur d’une vérité, parce que la cage, comme le cachot et le cageot, sont tous des contenants (la cage contient des animaux ; le cachot des hommes, et le cageot des fruits/légumes).

  • La parenté phonique entre ces mots révèle une parenté sémantique : idée que le mot révèle l’essence de la chose, conformément à ce que croit Ponge.

  • D’ailleurs, la 1ère strophe est construite uniquement à partir de sonorités qui semblent se propager, ce qui fait penser à des rimes : « cachot » trouve un écho dans « cageot », et « fruits » dans « maladie », ce qui est souligné par les juxtapositions, qui créent un rythme en 10/7/8/8/9/8.

  1. La dimension ludique de l’écriture (=l’écriture poétique conçue comme un jeu)

    Le lecteur peut sentir le regard amusé que le poète porte sur l’objet :

  • C’est sensible dans la syntaxe > l.8-9 : l’ordre des mots est bouleversé de manière à rendre compte de manière frappante de la pose inconfortable du cageot jeté aux ordures, mais aussi sa surprise de se trouver là étant donné qu’il est « neuf » : « légèrement ahuri d’être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour ».

  • Emploi humoristique du verbe « ne pas s’appesantir » : il ne signifie pas seulement « ne pas insister sur », il peut aussi être interprété dans le sens de « ne pas peser de tout son poids sur » ; en effet, le cageot est un objet fragile, en s’appuyant dessus on risque donc de le casser…

    Par conséquent, ce poème permet au lecteur de découvrir cet objet qu’est le cageot avec un regard complètement neuf : non seulement il permet de prendre conscience de tout le potentiel poétique contenu par cet objet, mais le lien entre le mot « cageot » et l’objet qu’il désigne semble totalement justifié, même si cette justification n’est pas rationnelle. Autrement dit, Ponge nous prouve qu’un objet, même le plus banal, est susceptible de contenir tout un monde pour qui sait être à son écoute.

    Séquence 4 – Séance 3 : LA n°3 : « La bicyclette » de Jacques Réda

  • Présentation de Jacques Réda : voir photocopie du poème

  • Introduction du commentaire :

    « La bicyclette » est un poème de Jacques Réda, un poète contemporain, paru en 1989 dans un recueil intitulé Retour au calme. Conformément au titre du recueil, ce poème se caractérise par sa rupture avec l’agitation quotidienne ; ce changement de rythme rend alors possible l’observation du réel par le poète, dont le regard est susceptible de métamorphoser ce qui l’entoure. D’où la transformation subie par la bicyclette dans notre poème. Mais comment s’opère cette métamorphose et quel rôle y joue le poète ? Tout d’abord, nous verrons comment l’on passe progressivement d’une simple description de l’objet à sa métamorphose. Puis nous évoquerons de quelle manière le poète se met en scène et dote son poème d’une atmosphère pleine d’harmonie.

  1. De la découverte de l’objet à sa métamorphose

  1. Un cadre et des circonstances réalistes

  2. Le rôle joué par la lumière

  3. La métamorphose de la bicyclette



  1. Le rôle du poète

  1. Une présence discrète

  2. Celui qui perçoit et celui qui rêve

  3. Une écriture privilégiant l’harmonie sonore



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