Autour de l’odeur de saintete





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Bambina, alors que l’on priait. La Sainte Vierge voulait donner de nouveaux témoignages de sa maternelle tendresse. Tout l’oratoire embaumait et l’odeur suave se répandait, sensible même au dehors, jusqu’au sommet du boulevard. […]

Au contraire, à partir du 21 mai 1913, il se répéta fréquemment. Les parfums furent continus au mois de juin et devinrent par la suite, intermittents82.
L’auteur essaie de définir ensuite les particularités de cette fragrance surnaturelle. Outre son intermittence, ce parfum est variable (encens, violette, diverses fleurs). Il imprègne la statue, des objets qui avaient touché la statue, les chapelets, tout particulièrement. Les objets n’étaient pas parfumés aussitôt, mais plus tard. Également dans des endroits éloignés où était vénérée la statue (dans les tranchées, au front).

Citons un dernier témoignage :
Je déposai mon chapelet, écrit une visiteuse, Mme de Montluisant, le 1er décembre 1916, sur le globe de verre couvrant la Vierge-enfant. Le soir, en me couchant, le lit où se trouvait mon chapelet, en fut tout embaumé. Le chapelet conserva son parfum deux ou trois mois (Gilles Lameire, p. 69).
Le parfum dominant est celui de la rose (fleur mariale par excellence). Nous n’avons pas à nous prononcer sur la réalité de ces perceptions olfactives. Dans la plupart des cas, il semble établi qu’elles ont existé, qu’elles ne sont pas le produit d’une hallucination individuelle ou collective, qu’une illusion ou une supercherie sont à écarter. Disons que ces phénomènes, avérés, restent, en général, inexpliqués. Sont-ils inexplicables ? Certains parlent de phénomène « paranormal », ce qui n’explique rien. Parler de miracle, c’est poser un acte de foi qui appartient à chacun. Les traces ne sont pas des preuves83. C’est d’ailleurs bien la signification ultime du miracle en général. Proposer au croyant ou à l’incroyant un signe84 suffisamment fort et suffisamment discret à la fois, pour qu’il puisse s’engager à croire sans y être vraiment forcé85. Les apparitions, les lacrymations, les fragrances et autres phénomènes mystiques sont à interpréter en ce sens. La Vierge les présente comme des appels à la conversion, au même titre qu’une guérison. Le miracle de la fragrance, plus que les autres, présente ce caractère très subjectif, impalpable, toujours contestable (on peut penser à une illusion personnelle, une autosuggestion, une impression). Cela laisse libre le bénéficiaire de répondre à ce signe. Apparemment, la plupart des bénéficiaires se sont laissés convaincre et ont entamé une démarche de foi, de pénitence, de prière, voire de conversion. Le second élément de ce type de message est une édification mariale. Les parfums liés à la Vierge sont une manière de célébrer ses vertus et d’encourager la dévotion envers elle. Le lys qu’elle fait sentir évoque sa pureté virginale, la violette son humilité, la rose sa charité maternelle. Ce sont les odeurs de sa sainteté. On retrouve le langage des fleurs élevé à une dimension mystique.
Certes les moralistes chrétiens mettent en garde les fidèles contre l’abus profane des parfums, qui attisent la coquetterie et conduisent à la luxure (cf. A. Le Guérer, 2005, p. 74-75). Clément d’Alexandrie, Tertullien, saint Jérôme condamnent ces usages païens. Ils reprennent d’ailleurs en cela des critiques déjà formulées par les philosophes grecs, notamment Platon et Aristote. Cependant, dans le monde chrétien il est beaucoup question de parfums. La liturgie fondée sur les Écritures en fait un grand usage, riche d’une symbolique spirituelle. Les parfums extraordinaires (« odeurs de sainteté ») figurent dans de nombreux récits anciens et modernes. La figure majeure de la sainte dans le christianisme est la Vierge Marie. Il n’est pas étonnant que ce soit par elle, en elle, autour d’elle que se diffusent le plus ces fragrances miraculeuses. Ce sont les parfums de ses vertus exceptionnelles (pour les catholiques et les orthodoxes elle est l’Immaculée). Ce sont des signes, ou plutôt des signaux, venus du Ciel, subtils, agréables et discrets, envoyés à tous, pécheurs et fidèles, pour se convertir et se tourner davantage vers Dieu. Le parfum a une origine divine, liée au souvenir et à l’espérance du Paradis.

En outre, le parfum est la marque d’un corps qui a échappé à la mort et qui est entré dans la vie éternelle. En effet, la mort sent mauvais. Nos mauvaises odeurs sont le produit de notre condition mortelle. Le parfum est, lui, signe de la Résurrection. Résurrection du Christ dans son corps glorieux, qui a libéré tous ses parfums dans le sang versé sur la croix. Résurrection anticipée de La Vierge emportée au Ciel avec son corps. C’est avec ce corps glorieux qu’elle vient communiquer avec ses enfants de la terre et les visiter. Eux aussi sont promis à cette Résurrection future. Ces connotations mystiques sont compatibles avec le caractère terrestre, charnel, sensuel des parfums86. On a beaucoup parlé de la bonne odeur du Christ, mais c’est dans un sens spirituel et métaphorique. Le seul moment où le Christ est littéralement parfumé c’est quand il reçoit l’onction de la femme de Béthanie. Ce parfum humain, féminin, signe d’un amour absolu révèle sa divinité, sa « bonne odeur » céleste. L’homme a besoin de Dieu, Dieu a besoin de l’homme. L’amour humain et l’amour divin se répondent. C’est l’Incarnation, le mystère le plus profond du christianisme : Dieu fait homme.


Jean-Louis Benoit, Université de Bretagne-Sud, Lorient, laboratoire HCTI, EA 4249


Bibliographie sommaire
Albert Jean-Pierre, Odeurs de sainteté. La mythologie chrétienne des aromates, Paris, éd. de l’EHSS, 1990.

Roch Martin, L’intelligence d’un sens. Odeurs miraculeuses et odorat dans l’Occident du haut Moyen Âge (Ve-VIIIe siècles), Turnhout, Brepols, 2009.

Le Guérer Annick, Le parfum. Des origines à nos jours, Odile Jacob, 2005.

Delumeau Jean, Que reste-t-il du paradis ? Paris, Fayard, 2000.

- Une histoire du paradis, Fayard, 1992.

Le Goff Jacques, Pour un autre Moyen Âge, Gallimard, 1999.

Clément-Royer Myriam, Contes d’arbres, d’herbes et d’épée, thèse de doctorat, université de Rennes 2, 2008.

Meloni Pietro, Il profumo dell’immortalità. L’interpretazione patristica di Cantico, Rome, Studium, 1975.

Maakaroun Elie, Saint Charbel prophète de l’amour. Le silence, la croix et le saint, Saint- Ceneré, Téqui, 2004.

Da Rippabottoni Alessandro, Padre Pio de Pietrelcina. Profilo biografico, ed. Padre Pio de Pietrelcina, SGR, 1986.

Boniface Ennemond, Padre Pio le crucifié, Paris, Nouvelles Éditions Latines, 1971.

Lesourd Paul, Benjamin Jean-Mary, Les Mystères de Padre Pio, Paris, France-Empire, 1969.

Estienne Yves, Sœur Benoîte et Notre-Dame du Laus, sanctuaire N.D. du Laus, 1959.

De La Briolle R., Benoîte la bergère de Notre-Dame du Laus, Saint-Étienne du Laus, 1977.

Lameire Gilles, La Vierge en pleurs de Bordeaux, Montsûrs, Résiac, 2011.

Chiron Yves, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Paris, Perrin, 2007.

-Padre Pio le stigmatisé, Perrin, Tempus, 2004.

Gautier de Coinci, Les Miracles de Nostre Dame, éd. V.F. Koenig, Genève, Droz, 1966-1972.

Adgar, Le Gracial, éd. P. Kuntsmann, Université d’Ottawa, 1982.

Sbalchiero Patrick (dir.), Dictionnaire des miracles et de l’extraordinaire chrétiens, Fayard, 2002.

Bouflet Joachim, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie chrétienne, Paris, Le jardin des livres, 2001.

Barnay Sylvie, Le Ciel sur la terre. Les apparitions de la Vierge au Moyen Âge, Cerf, 1999.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Brepols, 2002.

Le Gall Robert, Dictionnaire de la liturgie, Chambray, CLD, 2001.

Encyclopédie du Catholicisme, hier, aujourd’hui et demain, Letouzey et Ané, 1979.

Guide Biblia magazine, n°4, « Le cas Marie Madeleine », Cerf, novembre-décembre 2011.

Migne J.P., Patrologiae Cursus Completus Omnium SS patrum, Doctorum Scriptorumque ecclesiasticorum, Paris, Garnier, 1857 (agrégé ici PL).

La Bible de Jérusalem, Cerf, 1979.


1 W. Deonna, « Evodia. Croyances antiques et modernes : l’odeur suave des dieux et des élus », Genava 17, Turin, 1939, réédité, Turin, Nino Arragno, 2003, p. 168.

2 M. Roch, « Récits et contexte des odeurs de sainteté », Texte et contexte. Littérature et histoire de l’Europe médiévale », M.-F. Alamichel et Robert Braid (dir.), Paris, Michel Houdiard, 2011, p. 47-48.

3 P. Saintyves, Les saints successeurs des dieux, Paris, Emile Nourry, 1907. Voir plutôt sur cette question controversée J.-C. Fredouille, « Le héros et le saint », Du héros païen au saint chrétien, Paris, Institut d’études augustiniennes, 1997, p. 11-25.

4 M. Roch, L’intelligence d’un sens. Odeurs miraculeuses et odorat dans l’Occident du haut Moyen Âge (Ve-VIIIe siècles), Turnhout, Brepols, 2009, p. 145.

5 Cérémonial de la Sainte Messe selon le missel de Paul VI, André Philippe M. Mutel, sur internet. www.ceremoniaire.net d’après Mgr Peter J. Elliott, Ceremonies of the Modern Roman Rite, 1995.

6 Ibid.

7 Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, article « encens », Chambray, CLD, 2001, p. 100.

8 Mais la seule huile d’olive est déjà parfumée.

9 J.-P. Migne, Dictionnaire de liturgie, Paris, 1863, p. 1

10 Catholicisme, hier aujourd’hui, demain, article chrême, G. Jacquemet, Letouzey et Ané, 1979, p. 1076-1077.

11 Il faut attendre le XIIe siècle pour voir appliqué le terme de « chrême » seulement à cette huile mêlée de baume. Longtemps mot chrisma a désigné toutes les huiles servant à oindre (Ibid, p. 1077). Aujourd’hui dans l’Église catholique aussi on ajoute quelques parfums au baume.

12 J.-P. Albert, Odeurs de sainteté. La mythologie chrétienne des aromates, Paris, éditions de l’EHESS, 1990, p. 23.

13 E. Kant, Anthropologie du point de vue pratique, traduction Michel Foucault, Paris, Vrin, 1979, p. 40.

14 Suger, Comment fut construit Saint-Denis, éd. J. Leclerc, Paris, Cerf, 1945, p. 56.

15 Encyclopédie, Catholicisme, hier, aujourd’hui, demain, op. cit., p. 1077.

16 Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, XII, 111, Paris, Les Belles Lettres, 1956.

17 Légende rapportée par Joan Amades, Folklore de Catalunya, t. II, Rondallistica, Barcelona, Editorial selecta, 1950, p. 716.

18 J.-P. Albert a tendance à un syncrétisme contestable à ce sujet, même si les mythes qu’il présente sont intéressants. Jacques Le Goff a montré que la figure du dragon et du serpent appartient à deux cultures qui l’interprètent de manière radicalement opposée : la culture cléricale (chrétienne) et la culture populaire (préchrétienne). Cf. J. Le Goff, Pour un autre Moyen Âge, Gallimard, 1999.

19 A. Rochette, Voyage en Égypte, 1599, Le Caire, IFAO, 1974, p. 47. Cité par J.-P. Albert, op. cit., p . 137.

20 Évangiles apocryphes, t. II. L’Évangile de l’Enfance, rédactions syriaque, arabe et arménienne, édition Peeters, Paris, Picard, 1914, p. 28.

21 Anecdotes historiques, légendes et apologues, tirés du recueil inédit d’Étienne de Bourbon, édition Lecoy de La Marche, Paris, Renouard, 1877, p. 425.

22 M. Clément-Royer, Contes d’arbres, d’herbes et d’épée, thèse de doctorat, université de Rennes 2, 2008, p. 219. Voir aussi J. Delumeau, Une histoire du Paradis, (ch. « Le paradis terrestre et la géographie médiévale »), Fayard, 1992.

23 Jacques de Voragine, La Légende dorée, Seuil, 1998, p. 259-266.

24 Ibid., p. 264.

25 Hincmar de Reims, Vita sancti Remigi, PL 125, col. 1129-1187.

26 M. Bloch, Les rois thaumaturges, Paris, Gallimard, 1983, première édition 1924.

27 Chrétien de Troyes, Perceval ou Le Conte du Graal, éd. Jean Dufournet, Paris, GF, 1997, p. 200.

28 La Queste del saint Graal, éd. A. Pauphilet, Champion, 1972, p. 15, l. 22-23. M. Clément-Royer cite plusieurs plantes odoriférantes miraculeuses dans la littérature française médiévale, notamment dans Le chevalier du papegaut, roman arthurien du XVe siècle, où Arthur échappe à des revenants et à un dragon grâce à une feuille d’un arbre parfumé (op., cit., p. 244).

29 La Bible de Jérusalem, Cerf, 1979.

30 Sur cette sacralisation exclusive opérée par l’encens et l’huile sur les prêtres, l’espace et les objets du culte, voir C. Houtman, « On the Function of the Holy Incense (Exodus XXX, 34-8) and the Sacred Anointing oil (Exodus XXX 22-33) », Veterus Testamentum, 42, 1992, p. 462.

31 Le Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Brepols, 2002, article « onction », p. 929) distingue l’usage profane et l’usage religieux des parfums. Dans l’usage profane on trouve le parfum comme soin de beauté féminine (Est 2, 12 ; Jdt 10, 3 ; Dn 13, 17), comme rite d’hospitalité pratiqué sur la tête de l’hôte à qui on veut faire honneur (Ps 23, 5 ; 133, 2 ; 141, 5). Cette onction est un signe de joie (Pr 27, 9), son absence est un signe de deuil (Dt 28, 40) ou de pénitence (2S 12, 20). Dans l’usage religieux, l’onction peut être royale (1S 10, 1 ; 16, 3, 12-13, 1 R 1 34, 39-45) ou sacerdotale (Ex 29, 7, 29 ; 40, 12-15). Ajoutons l’onction des prophètes, par exemple celle d’Élisée (1 R 19, 16). Le Lévitique indique aussi le rituel de sacrifice qui permet de purifier le lépreux guéri. Une onction d’huile est nécessaire (Lv 14, 26-32).

32 Voir E.A. Mutter, The voice of My Beloved. The Song of Songs in Western Medieval Christianity, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1990. Les Pères multiplieront les gloses de ce texte inépuisable. Sur le thème du parfum, voir aussi P. Meloni, Il profumo dell’immortalita. L’interpretazione patristica di Cantico, Rome, Studium, 1975.

33 Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, Poésies, un cantique d’amour, Cerf, DDB, 1979, p. 177.

34 Saint Jean de la Croix, Le Cantique Spirituel, œuvres spirituelles, traduction R. P. Grégoire de saint Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 831-832.

35 Christ (en grec) et Messie (en hébreu) sont synonymes.

36 Déjà Lefèvre d’Etaples, au XVIe siècle, distinguait Marie de Béthanie, la pécheresse de Luc et Marie de Magdala.

37 On voit que la tentation est grande, puisque la scène de Luc est la même, malgré quelques différences, que celle racontée par les autres évangélistes, d’identifier cette femme à Marie, sœur de Marthe et de Lazare. Comme, par ailleurs, Luc la dit pécheresse, de l’entourage de Jésus, on est en droit de la confondre avec Marie Madeleine, citée aussitôt après par Luc.

38 Voir, pour la référence la plus récente, le numéro spécial qui lui est consacré dans
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