Chapitre 1 : Là où tout commence, le début





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titreChapitre 1 : Là où tout commence, le début
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Chapitre 114 : Retour à la maison.


Le reste de la route se fit sans encombre, et pour une fois, sans rencontre étrange. Un grand sourire se dessina sur le visage de l'agneau lorsqu'il aperçut enfin la plus haute des tours du château. Il mouton se hâta donc de vérifier chacune de ses hypothèses en commençant par la plus logique : il alla voir sur le lieu de la chute si la pierre y était toujours. Elle n'y était pas. Il prit donc le chemin du lac, plongea dans ce dernier, appréhendant tout de même l'absence de cailloux. C'est alors qu'il sut enfin ce qui était véritablement advenu du « pavé vengeur », il avait été idiot d'émettre autant d'hypothèses alors qu'une seule était véritablement logique et n'omettait aucune loi naturelle ou physique. En effet, des cailloux dans ce lac, il y en avait (il y avait même des choux, des hiboux, des genoux et j'en passe), suffisamment pour bien endommager la boite crânienne d'un plongeur inconscient d'ailleurs, mais pour ce qui était des pierres maudites... La pierre, lors de sa chute, était tombée sur une pente. Mais cette pente, je vous le rappelle, était à l'époque la côte d'agneau, donc prévue pour la montée : ce qui justifie l'hypothèse numéro 3 à savoir que le caillou ait continué son ascension vers des horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques...
La question était maintenant : « Comment rejoindre ces horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques? » car si il y a une chose qui n'est pas facile, c'est bien de rejoindre des horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques. Cependant, hasard ou chance, chance ou hasard ? Le mouton avait justement une idée pour rejoindre les horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques. Pour rejoindre ces horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques, il lui suffirait d'emprunter son escabeau volant idéal pour rejoindre des horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques. Et pour cause, quoi de mieux qu'un escabeau volant idéal pour rejoindre des horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques ?
Le mouton prit donc son escabeau de Bourgogne volant idéal pour rejoindre des horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques ainsi que son courage à deux mains (soit un grand total de quatre mains) et s'envola vers ces fameux horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques.
Après quelques minutes de vol, il distingua une sorte de hameau reposant sur les nuages, il décida de s'y arrêter et pensa que l'allée principale ferait très bien office d'anuageage. Il s'y arrêta donc, et l'allée principale fit très bien office de piste d'anuageage. Un attroupement de curieux se forma autour de lui et étonnement, ils revêtaient tous d'étranges soutanes et portaient un pendentif autour du cou. Un des individus engagea la conversation :
Le Père Manganate : Qui es-tu? Nous n'avons pas l'habitude d'avoir des visiteurs!
Le GMS : Si je suis venu vers ces horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques, à l'aide de mon escabeau volant idéal pour rejoindre des horizons lointains, inconnus, célestes et paradisiaques...
La Mère Tume : ça suffit!
Le GMS : Je voulais juste vous demander si vous n'aviez pas vu, durant les 27 dernières années, passer un parpaing volant non identifié?
La Mère Ifique : Comment voulez-vous que l'on se souvienne d'un détail aussi futile?
Le Père Igrinateur : Ouais, j'suis d'accord avec la mère Ifique.
Le Père Mesant : Moi aussi
Sir Dabeille : Vive la mère Ifique!
Sir Anodebergerac : A mort le mouton, brûlons-le!
Sir Humène : Et mangeons-le en méchoui !
Le Père Péroni : Calmez-vous! Il ne sert à rien de s'énerver, ce mouton ne nous veut aucun mal, mieux vaut privilégier la discussion. Comme tu l'as compris cher mouton, nous n'avons pas vu ton parpaing ou tout du moins ne nous en rappelons plus.
Le GMS : Ah, eh bien merci de votre accueil, et au revoir.
Le Père Péroni : Maintenant nous pouvons le brûler!
Heureusement, le mouton n'avait pas éteint son escabeau et pu s'enfuir aussitôt pour aller se réfugier sur un nuage plus élevé. Cependant, il avait eu le temps de s'apercevoir que les pendentifs que portaient les religieux étaient à l'effigie d'une sorte de pavé parallélépipédique. Pouvait-il s'agir du parpaing tant espéré et était-ce pour cette raison même que les habitants se sont tout de suite énervé ou bien était-ce seulement parce qu'ils étaient complètement idiots? Ces deux hypothèses avaient très certainement toutes les deux leur part de vérité. Toujours est-il que le mouton embarqua de nouveau sur son escabeau et reparti en direction d'une grande bâtisse au toit de zinc et aux multiples colonnes.
Ce lieu semblait occuper une place très importante dans la vie de ces religieux, c'est pourquoi le mouton fit très attention de ne pas se faire repérer, d'autant plus qu'il avait déjà eu quelques conflits avec les encapuchonnés. Il décida donc d'entrer dans le temple par un petit orifice du toit qui avait été percé ici pour d'évidentes raisons scénaristiques. Il remarqua avec stupéfaction que le dit temple était absolument vide à l'exception d'un immense parpaing de taille moyenne et d'une envergure chétive entouré d'inscriptions prophétiques notées dans une langue mystique et absolument incompréhensible elle-même basée sur un système de petits oiseaux et d'avant-bras. Le mouton se hâta de tisser une corde à l'aide de sa laine, en entoura le parpaing, et l'attacha à son escabeau avant de s'en retourner sans encombre jusqu'aux plaines nordiques où il avait pour la dernière fois vu son père. Nous passerons rapidement sur certains évènements, la suite étant banale et prévisible : notre mouton se rend jusqu'à son père sans le moindre problème d'escabeau, scie la laine avec les dents de manière à ce que le parpaing cheille (choir au subjonctif ?) sur son père qui du coup, paf, se démaudit, et scande un dernier message prophétique : « Mon fils, vers la baie de Room tu dois aller, la baie de Room tu ne dois pas ingurgiter sinon tu auras la diarrhée » puis disparut, avec son armée on ne sait où. Certains disent l'avoir croisé dans les petites gruelles de Calan, mais nul ne sait si c'est vérité ou légende.
Chapitre 18: La prophétie qui existe depuis très longtemps.
S'en allant, le parpaing perdu ajouté aux autres artefacts, vers des paysages encore inconnus de lui, le GMS gambadait à travers champs. Il partait en direction de l'ouest, vers la région de Dol, quittant ainsi les plaines hyperboréennes. Il commençait à avoir l'habitude des grandes distances. Voilà donc notre brave mouton en partance pour la Baie de Room, sur le littoral, bordant la Mer Lan, d'ailleurs, la Mer Lan est très connue des pêcheurs du coin qui viennent y pêcher du... thon. C'était la région des Phares, comme on disait là-bas.
Les Phares en Dol étaient réputés dans tout le pays. Au nombre de cinq, ils étaient actuellement en la possession de la famille Pruneaux. Des touristes de Calan-Bourg et de Topinan-Bourg s'y rendaient en vacances régulièrement car c'était un endroit calme et reposant.
Il paraissait qu'il existait une baie aux vertus fantastiques se trouvant dans la Baie de Room. Ce fruit portait lui aussi l'appellation de « Baie de Room ». C'était donc la Baie de Room de la Baie de Room. Le fruit charnu, indéhiscent, contenant des graines ou pépins dispersés dans la pulpe, ne poussait que dans l'échancrure de cette côte ouverte sur le large qu'est la Baie de Room.
Après avoir quitté les froides Terres du Nord, notre endurant mouton arrivait en Dol. Les cinq Phares étaient visibles de très loin. Le GMS était certain que ces phares et cette mystérieuse Baie de Room avaient un rapport avec sa mission. Il gagna donc le plus grand et le plus près des cinq phares, celui que les habitants du coin appelaient : le Phare aux Pruneaux, car c'est dans celui-ci, lui avait on dit, que logeait la famille Pruneaux.
Une fois devant le phare le mouton un peu fatigué par tant de marche s'assit sur un banc de granit. C'est dans une profonde sieste qu'il fut réveillé par un habitant du coin. La somnolence du mouton n'inquiéta pas le moins du monde le drôle de personnage qui lança la discussion de sa forte voix :
-Eh bin s'pèce d'animal ! Qu'est c' que c'est don' qui t'amène par ici ?

-Hum... On m'a parlé d'un fruit appelé « Baie de Room » et on m'a dit qu'il se trouverait ici.

-Pour sûr jeune mouton. J'le connais bin s'fruit là ça m'irrite le détour.

-La Baie de Room mérite le détour vous dites ? Alors on m'a bien renseigné !

-C'que j'voulais dire c'est que lorsqu' je mange de c'fruit là j'ai des évacuations fréquentes de selles liquides. 'fin la diarrhée quoi, la courante !

-Ah merde...

-C'est le cas de le dire.

-Doublement !

-C'est le cas cas de le dire alors.

-Voilà...
Un peu plus réveillé le GMS se lança dans une sorte d'interrogatoire pour en savoir plus sur cet étrange fruit qu'est la Baie de Room, donnait-elle la colique à tout ceux qui osaient en ingurgiter.
-Et, cette baie, elle n'a d'effet que sur vous monsieur...

-Pruneaux, Monsieur Pruneaux.

-Ah, ravi de vous rencontrer. Alors, fait-elle aussi effet sur les autres habitants ?

-Bah figurez-vous qu'oui. La baie a été déclaré dang'reuse et exterminé. Et comme c'était le seul endroit où en trouver, elle n'existe p'u et ce malgré les inscriptions dans le second phare.

-De quoi parlez-vous ? dit le mouton intéressé.

-Bin du Phare Felu, celui là-bas, dit-il en pointant un phare du doigt.

-Vous avez parlé d'inscriptions ?

-Une sorte de prophétie avec un drôle d'animal comme vous, personne ne l'a jamais prise au sérieux m'enfin...

-Bah moi j'vais devoir y aller hein ! C'est qu' j'ai du boulot. Z'avez qu'à aller voir un coup là bas.

-Merci à vous. Bonne fin de journée.

-Merci bien jeune caracul !
Le langage du coin était plutôt bizarre. « Jeune caracul », c'est bien la première fois qu'on l'appelait ainsi. Et cette inscription alors, qu'en était-il ? Il décida de se rendre au Phare Felu de suite. Et arrivant de plus en plus près du phare, il se rendit compte que ce dernier portait bien son nom. Zigzaguant à à peine dix mètres de lui, le Phare Felu. Fêlé de part en part qui plus est.
Une fois devant l'entrée du bâtiment une pancarte s'offrait à sa vue, « Ouvert ». Bien, alors pas de problèmes, le GMS passa la porte qui était maintenue ouverte par un gros parpaing trouvé (donc pas perdu). Le phare n'était pas bien haut, le plan indiquait trois étages seulement. Une indication était lisible, aussi, pour signaler la présence dans ce phare d'une « stèle prophétique des temps anciens, 2eme étage ».
Grimpant les marches biscornues du singulier monument une par une, il finit enfin par atteindre le deuxième étage du phare. Effectivement, une grande fresque apparaissait devant lui. Au centre de celle-ci était visible un mouton coiffé d'un entonnoir, il venait chercher la baie de Room. Des inscriptions anciennes semblaient indiquer que la baie pouvait être utilisée par l'animal pour faire apparaître un objet que ce dernier cherchait.
Mais ce mouton c'était lui (l'aviez-vous deviné ?) ! Et cet objet était sans nul doute un des artefacts qu'il cherchait tant (même question) ! Le seul hic dans toute cette histoire c'est que la Baie de Room n'existait plus. Triste d'être arrivé trop tard, le mouton descendit les marches et alla s'asseoir en face de la Mer Lan.
Chapitre 19 : Les stupéfiants ingrédients prophétiques.
Et c'est là, assis à se lamenter sur son pauvre sort, que le GMS fit la rencontre inattendue de Madame Pruneaux. En effet, cette dernière avertie par son mari, savait qu'un mouton rôdait dans le coin à la recherche de la Baie de Room. Dès lors, elle décida de trouver le GMS pour lui parler. C'est ainsi qu'elle le trouva les larmes aux yeux, regardant humidement la mer, elle aussi humide.
Dans cette humidité générale, Madame Pruneaux crût bon d'amener un peu de sécheresse. Et c'est ce qu'elle fit avec son accent.
-Bin alors mon gars ! Qu'est c't'as don' à pleurnicher comme ça ?

-Vous pouvez pas comprendre, dit l'animal plein de rage.

-Bah vas y j't'écoute, qu'est c'est don' qui t'rend si malheureux ?

-Je suis envoyé sur Terre pour accomplir une mission et je viens de comprendre que j'arrive ici trop tard.

-Pou'quoi don' trop tard ?

-J'ai besoin de la Baie de Room, car je suis le mouton de la prophétie. Mais cette baie n'existe plus.

-Ah... Si c'est qu'ça jeune caracul, je peux comprendre et même mieux encore.

-Quoi donc? demanda t-il en séchant ses larmes.

-Figure toi animal que moi et seulement moi, j'connais le s'cret de la fabrication d' la Baie d' Room. La Baie d'Room je l'aime tendrement jusqu'à ses vertus et à ses tâches. J'pensais bin jamais l'révélé s'foutu s'cret mais ça à l'air d'te t'nir à coeur hein ?!
-Bien sûr que j'y tiens ! Et seriez-vous prête à m'aider ? dit l'animal vide de rage.

-Ouaip ! Ici j'ai rien à fout' de mes journées alors un peu d'excitation n'me f'ra pas d'mal !
Le sourire enfin retrouvé le GMS lui demanda le secret de la préparation de la Baie de Room. Elle lui fit alors une liste des quatre ingrédients à trouver pour confectionner une Baie de Room. Il lui fallait du Room Raisin, le « Zbogoune de Marcel, Pitoune et Toune », du Kummel et enfin une pincée de poudre de Perlimpinpin. Par la suite, elle lui indiqua les endroits où ces étranges composants pouvaient se trouver.
Ainsi, le Room Raisin se trouverait dans l'épicerie la plus proche. Il pourrait se procurer le Zbogoune chez lesdits Marcel, Pitoune et Toune. Le Kummel, selon elle, il en trouverait sans aucun problème dans la chambre de son mari. Quand à la poudre de Perlimpinpin elle n'en avait aucune idée, il devrait se débrouiller. Une fois tous les ingrédients en sa possession, il pourrait revenir la voir au Phare aux Pruneaux.
Voilà alors notre ovin préféré en quête de quatre ingrédients bien singuliers. Après une courte nuit il se leva à l'aube pour se rendre à l'épicerie la plus proche. Commençons tranquillement, se dit-il.
« L'épice Partout » c'était ce qu'indiquait en lettres majuscules la pancarte devant le magasin qu'on lui avait indiqué. En plus petit on pouvait lire : épices en tout genre (Curry Culum, Safran Sisco, etc...), Alcools en tout genre ( Room Raisin, Gin Gueule, etc...), Tout genre d'autre chose. Parfait, se dit le GMS.
Une fois dans le magasin, il se précipita vers le rayon alcool. Parmi tout ceux proposés il n'eut pas beaucoup de mal à trouver le Room Raisin qu'il désirait tant. Il se prit un paquet de chips et une pomme verte. Une fois à la caisse il dût payer la modique somme de 15 Jemans. Il songea par la suite qu'il devrait quand même trouver un moyen de se faire un peu d'argent pour continuer sa mission.
Sa récolte commençait plutôt bien, en moins d'une heure il avait déjà un des quatre ingrédients. Mais il se doutait que les autres seraient moins faciles à récupérer. Il barra de sa liste « Room Raisin». Madame Pruneaux lui avait indiqué que Marcel, Pitoune et Toune habitaient tous les trois dans le Phare Apaupière qu'ils louaient, c'était le troisième phare.
Une fois arrivé devant ce dernier, alors qu'il s'apprêtait à sonner, une question s'imposa à lui. Que pouvait bien être ce « Zbogoune » ? Quelle forme pouvait avoir cet objet, si toutefois c'en était un ? En à peine dix secondes, il se dit que le meilleur moyen de le savoir était d'aller le voir en vrai. Il sonna. Un homme lui ouvrit :
-Bonjour. Une visite si tôt? C'est important j'espère.

-Veuillez m'excuser monsieur...

-Appelez moi Marcel. Que me voulez-vous ?
A cet instant deux autres têtes apparurent.
-Ah, et voici Pitoune à gauche et Toune à droite.

-Enchanté.

-Endormis, répondirent les deux hommes en même temps.

-Pardon de vous déranger si tôt. Je cherche le « Zbogoune » on m'a dit que cet objet était en votre possession.

-C'est vrai. Et pourquoi le cherchez vous notre fabuleux Zbogoune ?

-Je suis le mouton de la prophétie du Phare Felu, dit-il en désignant son entonnoir d'une patte et le Phare Felu d'une autre patte. Et il se trouve que j'ai besoin de votre « Zbogoune » pour accomplir la prophétie. Une question me taraude l'esprit. De quelle forme est donc le très fameux « Zbogoune » ?

-Le Zbogoune n'est rien d'autre qu'un toboggan. Mais... pourquoi devrions nous vous céder notre magnifique Zbogoune ?

-Eh bien... Vous en servez vous ?

-Bien sur que non, nous n'avons plus cinq ans.

-Alors il ne vous manquera pas si je vous le prends ?

-C'est vach'ment personnel vous savez, notre enfance, tout ça tout ça...

-Je comprends. Cependant il y a sûrement un moyen de s'arranger.
Se creusant un peu plus le ciboulot le GMS se dit qu'un échange serait envisageable. Mais échanger quoi ? Absolument aucune idée. Il fallait ruser.
-écoutez, si je n'obtiens pas très vite ce Zbogoune il sera trop tard. Si ma mission échoue, évidement je serais damné, mais j'emporterai dans ma chute ceux qui m'ont empêchés d'accomplir ma divine quête ! En ne me donnant pas le Zbogoune vous risquez une mort atroce, vous serez voués à l'exécration, le châtiment suprême s'abattra fatalement sur vous, votre famille sera maudite sur plusieurs générations, vos poissons rouge se noieront étrangement, vous serez assaillis par une armée de cubitus géant munis de très grandes faux, des témoins de Jéhovah vous traqueront jusqu'à vos morts, une fois celles-ci arrivées, vous irez sûrement rôtir dans un coin reculé d'un néant innommable.
Ne sachant pas quoi répondre à ce funeste présage, les trois hommes se regardèrent béatement.
-Bien, bien ! Nous vous l'amenons de suite, dirent-ils paniqués.

-Merci de votre coopération.
Quelques instant après ils réapparurent un toboggan en plastique dans les mains, puis le donnèrent au GMS. Ce dernier les remercia du fond du coeur. Intérieurement il était désolé d'être arrivé à devoir user d'une certaine forme de menace, fut-elle bidon. Enfin ce qui compte c'est surtout le fait qu'il détenait actuellement deux des quatre ingrédients, soit la moitié.
Il était midi quand il raya de la liste « Zbogoune de Marcel, Pitoune et Toune ». Après une pause déjeuner, il se mit en route pour le Phare aux Pruneaux. Là-bas, il trouverait facilement du Kummel. Reste la question de la poudre de Perlimpinpin.
Le Kummel, liqueur parfumée au cumin, appréciée pour ses qualités digestives, ne se vendait pas en magasin. Mais certaines personnes arrivaient à s'en procurer. C'était le cas de Monsieur Pruneaux qui, nous le savons tous, a des problèmes digestifs conséquents. Obtenir quelques gouttes de ce spiritueux ne sera pas d'une grande difficulté. Après avoir longé le littoral, et dépassé le Phare Felu, il arriva au Phare aux Pruneaux.
Il trouva le maître de maison, que dis-je, de phare, occupé à la lucrative activité qu'est la cueillette des fruits de son jardin potager. L'interrompant dans la cueillette de ses doliques le GMS lui demanda poliment de bien vouloir lui donner un peu de Kummel, prétendant avoir, lui aussi, des problèmes digestifs, tout en lui tendant une petite fiole.
L'homme ne parut pas dérangé, il l'invita à monter dans le phare. Plus haut que les deux autres celui-ci comprenait six étages, et c'est évidement au sixième que se trouvait le local où Monsieur Pruneaux picolait dans la joie la plus totale, l'allégresse la plus complète et l'ivresse de la vie la plus grande. Des fioles de toutes tailles et de toutes les couleurs remplissaient les nombreuses étagères.
Montant sur une chaise à la stabilité hasardeuse, le petit homme chercha a atteindre une fiole verdâtre une étagère plus haut. N'y arrivant pas, il munit son édifice boiteux d'un vieux coffre en bois dans lequel les termites du coin avaient selon toute vraisemblance élu domicile. Du haut de son installation précaire l'homme finit par attraper la fiole contenant le Kummel.
Hélas pour lui, le monticule branlant lui faisant office d'échelle ne supporta pas très longtemps les trente dernières années de beuverie du pauvre Pruneaux qui dégringola dans un immense fracas. Le cul par terre, il saisit la premier bouteille venue pour vider d'un coup son contenu bienfaiteur.
Laissant à sa débâcle vineuse notre fort généreux propriétaire, le mouton descendit les marches du phare pour atterrir dehors, trois ingrédients en poche.
« Room Raisin.

Zbogoune de Marcel, Pitoune et Toune.

Kummel.

Poudre de Perlimpinpin »
Il décida de remettre à demain la recherche de cette mystérieuse poudre. La nuit tombait et une bonne nuit de sommeil bien mérité arrivait à point nommé.
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