Gravure Quelques pistes pédagogiques pour le premier degré





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Gravure

Quelques pistes pédagogiques pour le premier degré

1 – Quelles spécificités pour cette pratique artistique ?
La gravure est difficile à définir, tant les pratiques sont diverses ; cependant on peut la ranger dans la famille des estampes qui comprend également le monotype et tous les procédés de reproduction à l’aide de tampons

Toutes ces techniques ont un deux points communs :

  • ce sont des procédés de reproduction.

  • on applique un support (le plus souvent du papier) contre une matrice et on exerce une pression ;

La gravure a pris son essor en lien avec l’invention de l’imprimerie de textes.

Dans la plupart des procédés, l’impression donne une image « en miroir ».
2 - Quelles activités peut-on mener ?
MONOTYPE

De la peinture est étalée au rouleau en couche plus ou moins épaisse sur un support non absorbant (le plexiglas est idéal). On « grave » son dessin dans la peinture, à l’aide de la pointe du manche d’un pinceau (ou avec un coton-tige), et on applique une feuille de papier (papier assez lisse souhaitable) sur la peinture, en frottant le dos de la feuille avec le plat de la main. La matière enlevée crée un sillon creux qui apparaît en manque sur la feuille.

On peut intercaler des cartons découpés entre le support « encré » et la feuille de papier : on obtient alors des « réserves » qui pourront être retravaillées après séchage. D’autres objets minces peuvent être intercalés (feuilles d’arbres par exemple)

L’impression ne peut être obtenue qu’une fois (monotype), mais on peut dans certains cas obtenir une seconde impression, très différente. L’emploi d’une encre (type « aqualac ») permet plus facilement l’obtention de cette seconde impression.

FROTTAGE

Cette technique que beaucoup ont pratiquée en plaçant sous une feuille de papier une pièce de monnaie pour en relever le relief fut réinventée par Max Ernst qui frottait au crayon les rainures du parquet de l’auberge où il logeait.

On peut de la même manière conserver l’empreinte de différents supports comportant des reliefs. Les frottages peuvent être ensuite réutilisés dans des collages.

Il est conseillé d’utiliser des papiers assez fins pour être sensibles et des craies grasses posées à plat.
EMPREINTES ET TAMPONS

Tout objet convenablement choisi peut devenir un outil destiné à laisser son empreinte sur la feuille : éponge, bouchon de liège… Le résultat sera déterminé par le forme de l’objet et par sa texture.

Certains objets produiront des empreintes extrêmement intéressantes : ne pourrait-on pas explorer les empreintes de nos semelles de chaussures ? Ne pas négliger également une empreinte très particulière : l’empreinte digitale.

On peut également avoir recours aux « tampons » présents à l’école (les débarras des écoles regorgent souvent de trésors…) pour élaborer des compositions originales…

Enfin, il est envisageable de créer soi même ses tampons : c’est la « patatogravure » ! Une pomme de terre coupée en deux et dont la surface plane est taillée avec la pointe des ciseaux devient un tampon. Les élèves comprennent rapidement, par essais / erreurs que la forme enlevée sur la surface laissera un vide sur le papier.
LINOGRAVURE

C’est la forme de gravure la plus élaborée qu’on pourra pratiquer à l’école, même si on ne dispose pas d’une presse.

Il faut se procurer du lino, des gouges, un ou plusieurs rouleaux, des encres (type « aqualac »). Tout ceci est disponible chez un fournisseur de matériels pour les beaux arts (« le chemin des arts » à Langueux par exemple).

Préparation de la matrice :

Le dessin est préparé sur le morceau de lino (éviter de se lancer sur une surface trop grande !) qui est ensuite gravé à l’aide d’une gouge : comme pour la gravure sur bois, c’est une « taille d’épargne », c’est à dire qu’on évide les blancs et qu’on garde les traits du dessin.

Il est souhaitable, pour éviter les risques de blessure avec la gouge - en maintenant le lino pendant la gravure, de le fixer sur une planche de contreplaqué à l’aide de punaises. Il faudra de toute manière insister pour que le graveur ne place pas une de ses mains devant la gouge !

Impression :

Le lino est encré à l’aide du rouleau et l’impression peut alors être effectuée.

On se facilitera la tâche en collant le lino sur un support en bois, de taille légèrement plus grande et suffisamment épais : ainsi on dispose d’un objet facile à positionner sur la feuille et sur lequel on pourra exercer une pression.

La linogravure nécessite du temps pour sa mise en œuvre, mais donne d’excellents résultats, même pour des impressions en assez grand nombre.

On peut utiliser également le « styrodur » (matériau d’isolation du bâtiment), ou la plaque de platre pour réaliser la matrice : ces matériaux sur plus tendres et donc plus faciles à graver. Le rendu sera différent.

AUTRES PROCEDES


On peut créer des matrices destinées à être imprimées de diverses manières : du bristol découpé et collé sur un support, objets plats pouvant laisser une empreinte (feuilles d’arbres, papiers froissés, textiles, papiers peintes à reliefs…). Il convient alors de faire sortir l’empreinte de la texture elle–même, en faisant de la surface une « peau réactive »…

Pour en savoir plus : une proposition des CPD du Maine et Loire :


http://appli-etna.ac-nantes.fr:8080/ia49/ecole/educ-artistique/artotheque/pages/pistes/gravure.htm

2 - Quelles pratiques pédagogiques peut–on privilégier ?
Il est intéressant de s’orienter vers des projets dans lesquels l’opération plastique « REPRODUIRE » prend tout son sens : réalisation d’affichettes, et surtout de livres (compte tenu des formats qui nous seront accessibles).

On pourra en particulier chez les élèves les plus âgés, articuler le travail autour de la gravure avec un projet en poésie (réalisation d’une anthologie, ou écriture de textes poétiques) : le travail plastique se situera dans la réalisation des illustrations, mais également dans la conception de l’ « objet livre » lui même.

Le travail est, chez les plus jeunes, d’abord celui de la trace : comment faire durer une trace ? Comment retenir le volume d’un objet ?

Un autre entrée possible est celle qui est liée à la tradition du sceau : comment attester une présence, un passage ? Le travail se fera alors sur l’idée d’appartenance, d’appropriation.

Bien entendu, toutes les compositions plastiques faisant intervenir des motifs qui se répètent, avec une exploration des variantes de cette répétition, seront justifiées par ces procédés.

On travaillera par tâtonnement pour la réalisation des matrices : il est souhaitable de réaliser une ou deux « épreuves d’essai » au fur et à mesure du processus de gravure afin que l’élève puisse constater le résultat produit par son travail. Cependant, la place du hasard, de l’imprévu fait partie de la démarche…


Doc A. Valegeas, CPD arts visuels, février 09

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