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Sélection de témoignages de combattants de la Grande Guerre

(merci de ne pas diffuser ce fichier pour des questions de droits)

Pour une présentation de chacun des témoins, vous pouvez vous reporter au site du crid14-18, base « témoins et témoignages ».

Nom et prénom du témoin :

Âge en 1914 :

Situation familiale en 1914 :

Situation professionnelle avant-guerre :

Combattant ou non-combattant :

A quelle arme appartient-il ?

Le témoignage

Nature du témoignage :

Période rapportée :

Porte-t-il, en dehors de son témoignage, un intérêt particulier à l'écriture (romans, poésie, articles de journaux, etc.) avant ou après la guerre ?

NB : les questions sont ici à titre indicatif.

Sommaire




Sommaire 1

Marcel Papillon 2

Lucien Papillon 6

Dominique Richert 9

TUCOO-CHALA Jean-Ernest 13

Carossa Hans 17

Rodewald Hans 21

PIERREFEU Jean de 25

GALTIER-BOISSIERE Jean 28

Bousquet Joseph 32

Paul Clerfeuille 41


Marcel Papillon


20 août 1914 (à ses parents) Metz : « je ne peux rien vous raconter de la guerre, nous n'en avons pas le droit. Ma lettre n'arriverait pas. Si on en revient, on en parlera. Ne vous faites pas de bile, moi je ne m'en fais guère. »

27 août 1914 (à ses parents) Pont-à-Mousson/Toul : il n'a pas encore reçu le baptême du feu et reste un peu en arrière. « Pour le moment, c'est la veillée des armes, toutes les troupes se concentrent et au moment opportun, il y aura un choc terrible et qui sera décisif. Ça a l'air de marcher pour nous. Espérons que cela ne durera pas trop longtemps. »

14 septembre 1914 (à ses parents) bataille du Grand Couronné, près de Nancy : « nous venons d'en voir de grises. Nous avons été 4 jours au combat nuit et jour dans les bois, avec la pluie sur les reins et défense de faire du feu. Il m'est passé plus de 1500 obus sur la tête. Quel sifflement ! J'ai les genoux brisés à force de se coucher à plat ventre. J'en ai tiré cette conclusion, c'est que l'artillerie allemande est loin de valoir la nôtre. Nous les avons repoussés chez eux, ils sont en débandade. [...] On commence d'en avoir assez. Vivement la fin. »

18 septembre 1914 (à ses parents) « j'ai vu l'appel de la classe 1915. Pour Lucien, le meilleur pour lui serait je crois le Génie. » C'est une arme moins exposée que l'infanterie.

25 septembre 1914 (à ses parents) Lironville : Le régiment auquel appartient Marcel se lance à l'attaque de Lironville. Les tranchées allemandes sont dissimulées au ras du sol. Le premier assaut est repoussé dans la panique sous un feu d'artillerie et de mitrailleuses. « Je viens encore de passer au travers une fois. Je croyais bien ne jamais vous revoir. Le régiment a beaucoup souffert pendant deux jours. Quelles tristes journées ! Nous n'avons presque plus d'officier, le 1/3 du régiment (plutôt la ½) manque à l'appel. Tous morts ou blessés. [...] Pauvre infanterie, c'est un carnage. Les autres armes n'ont presque pas de pertes. Les Allemands ont reculé, mais à quel prix ! [...] Pour Lucien, quoi de neuf ? Qu'il s'évite d'aller dans l'infanterie, car ce n'est pas encourageant. »

22 novembre 1914 (à ses parents) : « Nous sommes dans les tranchées depuis un mois et demi en première ligne. Ces temps derniers, nous n'étions pas à a noce. La pluie, qui est tombée pendant plusieurs jours, a fini par traverser la toiture de nos tranchées. On était dans l'eau et la boue jusqu'à la cheville, mais depuis, le temps a changé. Depuis la nouvelle lune, il fait un froid terrible, si bien qu'on a fini par allumer un peu de feu dans les tranchées. [...] Je ne peux plus écrire, j'ai les mains gelées. »

25 novembre 1914 (à ses parents) : « tout à côté de nous, au Bois-le-Prêtre, où les tranchées ne sont guère qu'à 50 mètres les unes des autres, on devient sociable. Il paraît que les sentinelles se donnent des pipes de tabac. Il est vrai que ces Boches sont Alsaciens, Lorrains. »

6 décembre 1914 (à ses parents) : bois à l'Est de Limey, « depuis les premiers jours d'octobre [...], dans les bois où nous sommes, on y est toujours resté. On a creusé des tranchées et nous sommes toujours là. Il n'y a rien entre nous et les tranchées Boches (à part des pieux et des fils de fer) »

10 janvier 1915 (à ses parents) : « du 167e qui est près de nous, il y en a un grand nombre qui ont les pieds et les mains gelés. Leurs tranchées sont plus exposées et moins confortables que les nôtres. »

15 janvier 1915 (à ses parents) : « l'eau suinte de partout dans ces fameuses tranchées, on s'en pare comme on peut avec des toiles de tentes, des gamelles et des plats. C'est très curieux à voir nos installations, mais je vous assure que cela n'a rien d'agréable. Quant aux chemins, je n'en parle pas. On a de la boue jusqu'aux genoux  [...] La paix ne vient pas vite. Je me demande si jamais on en sortira. Tout de même, depuis le temps qu'on mène cette vie, on s'en lasse, on se fatigue et on s'épuise. »

25 janvier 1915 (à ses parents) toujours Bois-le-Prêtre : à propos d'une connaissance qui a obtenu un poste d'infirmier : « tant mieux pour lui. Mais le maniement du fusil et un peu de vie dans les tranchées lui auraient appris à vivre. Il passera la guerre à faire la bombe, tandis que nous autres, depuis déjà 6 mois de souffrance, n'apercevons pas encore la fin de nos peines. [...] La nuit d'avant-hier, les Boches ont attaqué et contre-attaqué nos positions 5 fois de suite, sans résultat. Que de vies sacrifiées pour des lambeaux de terrain ! Et les blessés : quelle position, dans la neige, sur la terre gelée ! Ce n'est pas une guerre qui se passe actuellement, c'est une extermination d'hommes. »

30 janvier 1915 (à ses parents) : « cette nuit, on a fait un prisonnier, c'est un Saxon, il était pris dans les fils de fer, il gueulait « Kamarad Franzious » [« camarade français »]. Ils sont comme nous, ils auraient grand besoin d'être rétamés à neuf. [...] Le prisonnier Boche nous a dit qu'il y avait des Autrichiens avec eux. Il avait bien peur qu'on le fasse capout. [Kapout = tué] »

20 février 1915 (à ses parents) : « Puisque l'on parle de la guerre, eh bien moi je n'en vois pas la fin de cette guerre. Je prends les jours comme ils viennent... et un petit bonheur au jour le jour. »

13 mars 1915 (à ses parents) : à propos d'un camarade : « les poux commencent à nous dévorer. Ça n'a rien d'étonnant, depuis 8 mois que l'on dort habillé et que l'on couche un peu partout. »

1er avril 1915 (à ses parents), Bois le Prêtre : « notre artillerie a bombardé pendant 10 heures les positions de l'ennemi. Quel vacarme, c'est incroyable ! L'odeur de la poudre nous suffoquait, la plaine paraissait en feu. On se demande comment des hommes peuvent faire pour rester au milieu d'un pareil enfer. »

7 avril 1915 (à ses parents) : Bois le Prêtre « depuis quelques jours, ça chauffe fort, pis que jamais, bombardement nuit et jour, sans arrêt, c'est incroyable [...] C'est la boucherie qui recommence, plus acharnée que jamais. Il n'est pas possible que l'on puisse encore passer au travers d'un pareil massacre. [...] Voilà trois nuits que l'on ne dort pas, et dans l'eau et la boue jusqu'à mi-jambe, c'est affreux. On est littéralement enduit de boue. »

13 avril 1915 (à ses parents) : Bois le Prêtre « Nous avons passé une semaine terrible, c'est honteux, affreux ; c'est impossible de se faire une idée d'un pareil carnage. Jamais on ne pourra sortir d'un pareil enfer. Les morts couvrent le terrain. Boches et Français sont entassés les uns sur les autres, dans la boue. On marche dessus et dans l'eau jusqu'aux genoux. [...] Ceux qui veulent la guerre, qu'ils viennent la faire, j'en ai plein le dos et je ne suis pas le seul. [...] Enfin, il ne faut pas désespérer, on peut être blessé. Quant à la mort, si elle vient, ce sera une délivrance. Il n'est pas croyable qu'on puisse faire souffrir et manœuvrer des hommes de pareille manière pour avancer de quelques mètres de terrain. [...] Tas d'embusqués et de planqués, qu'ils viennent un peu prendre notre place, ensuite ils auront le droit de causer. »

7 juillet 1915 (à ses parents) : Bois le Prêtre « les Boches nous ont attaqué brusquement à 2 heures de l'après midi. Ils ont fait irruption dans la tranchée après avoir fait sauter deux de nos petits postes et répandu des gaz asphyxiants. Nous étions au repos, couchés dans la 2e tranchée. [...] munis de notre masque protecteur, nous les avons refoulés aussitôt. [...]

Un Boche a eu le culot de rentrer dans ma cabane et de se sauver avec un de mes souliers (j'étais en savates). Je lui ai envoyé trois coups de fusil dans les fesses. [...] je n'étais pas fier avec une paire de savates trempée dans les pieds et plus qu'un soulier. [...]

[À propos d'un violent bombardement] On ne peut rien voir de plus terrible : le canon, les fusils, les éclairs, le tonnerre et... la pluie à torrents – les râles des mourants, les plaintes des blessés. Beau spectacle de civilisation pour le 20e siècle. »

19 juillet 1915 (à ses parents) : Bois le Prêtre « Quand donc finira cette misère ? Je commence à être dégoûté singulièrement. C'est la guerre de cent ans. »

24 septembre 1915 (à ses parents) : Bois le Prêtre « Vous me demandez quel filon j'ai, c'est bien simple : je suis dans la tranchée avec les copains. Seulement, je suis tantôt près du capitaine, tantôt au téléphone pour transmettre les ordres. Et au lieu de rester dans les tranchées à me faire geler la nuit et le jour, je suis dans une solide cabane et j'ai l'avantage de pouvoir dormir une partie de la nuit. »

4 octobre 1915 (à ses parents) : « je viens de recevoir votre lettre m'apprenant que Lucien [son frère, également dans l'infanterie] était légèrement blessé. J'en suis très heureux pour lui. C'est tout ce qu'il pouvait attendre de mieux de ce massacre. »

9 novembre 1915 (à Lucien, remis de sa blessure et au dépôt) : « renseigne-toi tâche de te tirer d'affaire. [...] Si étant au dépôt, on demandait des hommes pour le génie (pour rester en France) ou pour apprendre la mitrailleuse (la mitrailleuse, c'est un bon filon) tu n'as qu'à demander. »

27 novembre 1915 (à ses parents) : Marcel apprend que son frère Joseph a été tué : « quel malheur. Je ne m'attendais pas à une pareille nouvelle. Je suis consterné. Je n'ose pas y penser. [...] Son silence ne m'inquiétait pas outre mesure, car j'avais reçu une carte de lui datée du 22 [octobre] dans laquelle il me disait : « je monte aux tranchées pour quelques jours seulement, car je dois aller au dépôt pour travailler. Je passerai l'hiver tranquille. » Et voilà, maintenant il n'a plus besoin de rien ! Ignoble race de boches. Je ne sais ce que l'avenir me réserve. Mais si l'occasion s'en présente, il n'y a pas de pardon, je le vengerai. »

25 décembre 1915 (à ses parents) : « les belles péroraisons et les fameux articles de journaux, c'est beau à lire au coin du feu, mais ça ne remplit pas le ventre de ceux qui se morfondent depuis 17 mois dans la tranchée. Triste année qui va se terminer. Quel sera l'avenir ? Les souhaits de bonne année n'existent plus, ce qu'il nous faut, c'est la fin de ce massacre. »

5 octobre 1916 (à ses parents) : « nous avons des voisins dont on se passerait bien, je veux parler des rats. Ils sont gros comme des petits lapins et, dame, on les compte par douzaines. Ils nous dévorent tout, ils défoncent les musettes, mangent le pain, le fromage, le chocolat, le savon, etc. jusqu'à nos lacets de souliers. La nuit, c'est toute une histoire pour dormir, ils nous courent partout sur le corps. C'est pire que les Boches ! »

17 mars 1917 (à ses parents) : « les Russes ont plein le dos de la guerre, le Tsar a plaqué le métier [a abdiqué le 15 mars], je suis de son avis, j'en ferais bien autant. »

Si je reviens comme je l'espère”. Lettres du Front et de l'Arrière. 1914-1918, Paris, Grasset, 2003

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