Grobianus et Grobiana : comment les femmes parlent, comment on parle aux femmes dans une contre-civilité humaniste





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titreGrobianus et Grobiana : comment les femmes parlent, comment on parle aux femmes dans une contre-civilité humaniste
date de publication18.07.2019
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Grobianus et Grobiana : comment les femmes parlent, comment on parle aux femmes dans une contre-civilité humaniste 1
On parle à la Renaissance de civilité pour désigner tout ouvrage, en prose ou en vers, dans lequel sont énoncées les règles du savoir-vivre. Si l’on excepte le cas très particulier du Courtisan de Baldassare Castiglione, le plus célèbre de ces ouvrages fut donné par Érasme en 1530, sous le titre de Civilité puérile2. Il fit école dans l’Europe tout entière. C’est un genre riche d’enseignements, pour qui veut étudier les mentalités et les usages de l’époque, que ces civilités. Car on y apprend ce qui devait se faire. Mais c’est un genre plus riche encore d’enseignements que la contre-civilité, car on y apprend ce qui devait se faire, ce qui ne devait pas se faire, et mieux : ce qui se faisait vraiment. Nous appellerons contre-civilité un traité de mauvaises manières, par opposition aux traités de bonnes manières.

La première semble avoir été rédigée à la fin du 14e siècle en Allemagne, par un versificateur potache qui s’amusa à parodier les Vers dorés du pseudo-Caton, ancêtre des civilistes renaissants3. Mais c’est à Friedrich Dedekind, Allemand lui aussi, jeune écrivain fraîchement émoulu de l’Université, qu’on doit d’avoir poussé la veine le plus loin. En 1549 paraissent à Francfort les deux livres d’un étrange poème en distiques élégiaques latins, le Grobianus. Le substantif Grobianus dérive d’un adjectif germanique, « grob », qui veut dire « grossier » : Dedekind a voulu dépeindre le rustre par excellence. Il s’en explique en une préface roidement moralisatrice : puisque les gens n’ont jamais été aussi mal élevés que depuis qu’on leur apprend les bonnes manières, faisons mine de leur en inculquer de mauvaises ; qui sait s’ils ne s’amenderont pas4?

Le succès de son entreprise lui valut d’être traduit en allemand deux ans plus tard, par Caspar Scheidt5, et d’atteindre par l’entremise de ce dernier un très vaste public. Ce qui n’atteste pas nécessairement que l’antiphrase fut comprise, bien au contraire : mais enfin, Grobianus faisait désormais partie intégrante du folklore comique allemand ! Probablement flatté par une telle réussite, Friedrich Dedekind entreprit de donner une suite à son ouvrage : en 1552 parut une nouvelle version, augmentée d’un troisième livre, et qui consacrait aux femmes un chapitre entier, bientôt intitulé « Grobiana ». Dedekind n’invente pas la Grobiana, dont le nom apparaissait brièvement dans la libre traduction de Caspar Scheidt6. Mais son originalité est d’avoir composé pour le sexe féminin des préceptes spécifiques. A notre connaissance, on ne trouve pas trace d’une telle décision dans les civilités, du moins dans celles qui furent publiées avant 1552. Le seul auteur sur lequel Dedekind put en effet prendre exemple n’est pas un civiliste à proprement parler, mais un pédagogue : Jean-Louis Vivès, dont l’Institution de la femme chrétienne, publiée pour la première fois en 15247, fit l’objet d’une traduction allemande, par Christoph Bruno, en 15448.

Nous voudrions partir de cette question : comment faut-il parler pour être une Grobiana ? Ou encore, puisque l’auteur ironise : comment les femmes devraient-elles s’interdire de parler ? Ou enfin, si notre lecteur veut bien nous suivre : comment serait-il souhaitable qu’elles parlent ?

Comment les femmes parlent
Les caractéristiques de l’éloquence féminine, telles que les expose Dedekind, n’ont rien pour nous surprendre. Supposons que la Grobiana rencontre par hasard telle de ses connaissances – de ses connaissances féminines, s’entend. Les politesses, ces petites captations de bienveillance du quotidien, ne l’intéressent pas. Immédiatement il faut qu’elle bavarde : « si un jour, au beau milieu de la rue, une connaissance à toi (peu importe de qui il s’agit) vient à ta rencontre, pas besoin de vous saluer ! Et patati, et patata...Mets-toi tout de suite à causer »9. Et ce ne sont pas les difficultés de l’inventio qui l’arrêteront. Elle ne cesse de se plaindre :

Tant de malheurs écrasent les filles, hélas [heu] ! et des grands encore ! Et elles doivent tous les endurer, bichettes [tenero gregi, litt. : "tendre troupeau"] ! A celle-ci pèse la sévérité de son insensible de mère, qui continuellement tonne ses réprimandes en faisant un bruit terrifiant. Celle-là tolère mal l’autorité de sa tyrannique maîtresse et soumet son cou de femme libre à un joug indigne de lui. Ma pauvre dame [heu mihi] ! Combien d’entre elles un amoureux trompeur n’a-t-il pas abusé, sans craindre aucunement de violer sa promesse ni sa parole10 !

Elle parle à tort et à travers : « tu multiplieras les fadaises »11 lui est un commandement. Elle est curieuse : « tu voudras être au courant des moindres vétilles »12. Et indiscrète, avec cela :

Si la matière à brasser te fait défaut – ce qui arrivera difficilement – évoque les faits et gestes d’autres personnes que tu as épiées ; c’est un véritable champ de cancans qui s’ouvrira à toi ! De quelle manière chaque voisin gouverne les siens et mène sa vie, quels plats il fait servir, quelles coupes il prend et combien d’argent il garde dans son coffre… Qui pourrait énumérer tout ce qui est susceptible de donner à qui souhaite parler beaucoup et longtemps l’occasion de le faire13 ?

Impolie, bavarde, geignarde, curieuse et indiscrète : ainsi se trouve figurée par Dedekind la rhétorique féminine. Ces traits, sauf le premier, sont au discours masculin de ce temps des lieux communs. Ils font le sel d’une certaine littérature morale (on en trouverait mille traces dans les recueils d’exempla) et plus encore, de la littérature comique : l’auteur du Grobianus songeait probablement aux Facéties d’Heinrich Bebel, très en vogue en Allemagne dans la première moitié du XVIe siècle, et dans lesquelles se prolonge la tradition misogyne des fabliaux14. Qu’en est-il de cette misogynie ?
Un code misogyne
Friedrich Dedekind adresse sa critique aux demoiselles de bonne famille aussi bien qu’aux servantes, aux jeunes filles comme aux femmes mûres. Cette indiscrimination pourrait paraître caractéristique d’une négligence et, par conséquent, d’un mépris particuliers à l’égard du sexe féminin ; mais le Grobianus, lui aussi, était tantôt marié, tantôt vieux garçon, tantôt maître de maison, tantôt serviteur. Cela ne signifie évidemment pas que l’auteur cherche à estomper les différences entre les deux sexes : il les souligne, au contraire. Grobianus répondait, Grobiana bavarde. Il se plaignait d’avoir à travailler, elle se plaint d’avoir à obéir : ce qui n’est pas exactement la même chose. Il épiait pour nuire, elle épie pour cancaner. Leurs natures sont donc loin d’être exactement semblables. Du reste, le recours à une forme de style indirect libre, à un style discrètement féminin, accroît cette dissemblance. Écoutez le satiriste feindre l’émotion, s’essayer à l’exclamation, à la petite métaphore sucrée (« tenero gregi »), à l’interjection : « hélas ! » s’écrie-t-il, changeant de voix. A ses yeux, un homme et une femme ne parlent pas de la même manière, ne sont pas fabriqués au même tour. Et il ne s’en cache pas : « sers-toi, mignonne, de ce que t’a donné la nature [natura] ; elle a fait pipelette l’entière gent [genus] féminine »15.

Les substantifs natura et genus, lorsqu’ils sont employés ainsi, s’insèrent toujours dans un contexte péjoratif. Et il faut se reporter au début du chapitre pour comprendre pourquoi : « spontanément la nature, qui est bien faite, vous instruit à agir mal, toutes autant que vous êtes »16. Mais gardons-nous, là encore, de toute conclusion hâtive. Au Grobianus, le maître ès goujateries faisait une remarque un peu moins sévère peut-être, mais d’esprit analogue : « à toi maintenant d’utiliser tes dispositions naturelles [ingenium], tu n’as plus besoin de moi, oh que non ! de toi-même tu maîtrises assez la simplicité et la grossièreté ! »17 Sans doute le vice est-il inné chez la femme, mais il l’est également chez l’homme18. Si misogynie il doit y avoir – et misogynie il y a – elle se trouve ailleurs : dans la perpétuation d’un code coercitif. Représenter deux femmes bavardes, c’est rappeler que leur silence aurait été d’or. Les représenter dans la rue, c’est rappeler qu’elles auraient dû rester chez elles : sur ce point, Vivès est très clair19. Les représenter discutant entre elles, c’est rappeler qu’elles n’ont pas à entrer en conversation avec des hommes.

On remarquera d’ailleurs que, dans les deux cent cinquante vers environ que compte le chapitre sur la « Grobiana », cette dernière n’adresse ses propos que deux fois à un homme, dont elle aimerait faire son mari ; et c’est afin de le prier (orare) ou de le requérir (rogare). Posture bien étrangement passive : qui aurait espéré de cette jasarde une telle retenue dans le verbe ? En compagnie de ce jeune bellâtre aviné, son énergie se manifeste surtout dans les gestes et les caresses. De même, s’étant immiscée dans des meetings politiques où elle n’aurait certes rien à faire, elle restera jusqu’au bout, dût-elle souffrir des pires ennuis gastriques :

Encore un exemple, que tu ne te plaignes pas qu’il te manque quoi que ce soit. Ecoute bien : il te guidera dans ton existence. Dans une ville de l’Antiquité, les hommes s’étaient rassemblés pour une réunion publique [publicus antiqua conventus in urbe virorum erat] ; on y traitait d’affaires qui n’étaient pas de moindre importance. Une femme, qui aspirait à des changements politiques, était venue là et voyait se réaliser la plupart de ses vœux. Hélas ! La malheureuse a une envie pressante ! Son ventre se gonfle sous le poids de la nourriture digérée et, quand il est trop tendu, se soulage dans un faible murmure. Saisie par le plaisir extrême de ce qu’elle entendait, elle ne voulut pas quitter le train de l’histoire. Or, il se trouve qu’elle avait sur elle une sacoche dans laquelle elle avait coutume de porter ses livres, qu’elle lisait continuellement et scrupuleusement. Elle la prend et défèque à l’intérieur, le temps que prenne fin la discussion qui s’est engagée. Tu apprendras toi aussi à en user ainsi, jeune fille, je te le recommande : l’heure peut venir où cela te servira20.

Mais à aucun moment, il n’est dit qu’elle prendra la parole : ces assemblées (conventus virorum) sont faites pour les hommes, tout de même ! Comme s’il y avait là une transgression difficilement imaginable, même à la plus scélérate, et jusque dans le texte le plus ironiquement dévergondé.


Comment on parle aux femmes
Dans le chapitre dit de la « Grobiana », les deux sexes dialoguent donc rarement entre eux. Et c’est pourtant par un tel dialogue que se justifie, en 1552, l’ajout du chapitre en question :

Je croyais naguère en avoir dit plus qu’assez et avoir mis fin à mes recommandations. Mais de tendres demoiselles me demandent et me prient, la bouche en cœur [blando ore], de bien vouloir leur donner quelques règles, à elles aussi. Que faire ? Puis-je repousser leurs justes requêtes et, inexorable, refuser d’exaucer leurs vœux ? Certes, non ! Tournez vers moi vos esprits avides, ô foule des femmes, chœur qu’il me faut honorer21 !

Précisons que le locuteur ne peut être confondu avec l’auteur, pas plus dans ces vers que nulle part ailleurs dans le reste du poème. La voix qui se fait entendre n’est pas celle de Dedekind, mais du maître de Grobianus. Encore faudrait-il s’accorder sur Grobianus lui-même ! Car jusqu’ici, pour la commodité du discours, nous avons baptisé de ce nom le disciple qui reçoit ses leçons de grossièreté ; mais jamais l’identité du personnage éponyme n’est clairement définie22: Grobianus, ne serait-ce pas aussi le pédagogue, qui reprend ici la plume ?

Ce seul préambule commence en effet un portrait en paroles qui n’est pas vraiment à son avantage. Vaniteux, il a fallu qu’on le prie, qu’on le sollicite, qu’on le requière avec avidité pour qu’il exauce. Galant à en être grivois, il se laisse caresser de mots doux (blando ore) ; nous rappelle que ses groupies sont des tendrons (tenerae puellae) ; dit « mignonne » (puella, derechef) comme les poètes élégiaques chantent leurs belles ; se laisse aller à des confidences parfois scabreuses :

Chacun, certes, peut voir combien il est décent de s’avancer la poitrine dénudée et le sein à l’air. Ta gorge couleur de lait et tes petits tétins rondelets doivent être découverts : cela sera agréable aux amants en quête d’une belle. Personnellement, je ne serai jamais assez stupide ni assez barbare pour refuser que tu viennes ainsi à moi23.

Mais révélant sa brutalité, il traite sa jeune élève de « petite sotte », dès qu’elle doute de la validité de ses préceptes24: apostrophe pleine d’un mépris acerbe, qui avait été épargnée à son condisciple masculin.

Hypocrite ô combien ! il lui permet de commérer sur les voisins, mais lui interdit de médire :

Tu diras tout ce que tu voudras, sur ce que tu voudras, en toute liberté ! Ton sexe te le permet. Mais si tu commences à malmener la réputation d’autrui, tu iras au-delà de ce que mes livres t’ont appris25.

La différence est ténue…Il lui recommande de montrer ses genoux dans la rue, ce qui serait déjà un crime à n’importe quelle fille normalement instituée, mais se pique ensuite de scrupules :

Tu relèveras tes vêtements des deux mains, par prudence, au cas où la rue soit souillée de trop de boue, pour que l’on puisse voir tes jambes et tes deux genoux. Ô quelle honte ce serait que de les vouloir relever plus haut26 !

Il l’encourage à enivrer son amoureux pour lui soutirer de plus beaux cadeaux, mais ne voudrait pas qu’elle pousse jusqu’à le duper :

Je ne t’enseigne pas la vieille technique préconisée par Ovide : le but auquel je m’attache est différent. Si tu aimes tromper ton amant et te jouer de lui, mon livre ne peut pas t’apprendre grand-chose. Lis attentivement les vers du poète Pélignien : il sera mieux à même de te donner ce que tu me réclames27.

Sans doute cette dernière restriction signale-t-elle que les raffinements de la ruse ne font pas bon ménage avec une rustrerie épaisse28. Mais la mention d’Ovide n’est pas anodine : la « Grobiana », dans son inspiration, pastiche le troisième livre de l’Art d’aimer, rédigé lui aussi à l’intention du sexe féminin29. Or, il est permis de penser que le précédent de ce poète, dont le triste exil était souvent attribué à des vers scandaleux, fait trop peur à notre immoraliste pour qu’il ose montrer son vrai visage. Sa ruse à lui, un peu voyante, sera de proscrire toute ruse30.

Ainsi, le chapitre de la « Grobiana » nous parle de nouveau du Grobianus : car le maître, plus encore que dans les livres de la première version, est un personnage à part entière. Par un intéressant renversement de perspective, Dedekind ne satirise pas seulement la manière dont les femmes parlent, mais la manière dont on parle aux femmes. Affleure alors la sournoiserie des hommes et de leur discours : galants par grivoiserie ; tendres par brutalité ; profondément immoraux mais n’assumant pas leur immoralité, parce que le regard réprobateur de la société, et peut-être de l’autorité publique, les surveille ; ne réprimant enfin des vélléités trop émancipatrices qu’à partir du moment où elles risquent de se retourner contre la suprématie de leur sexe. Ce tout dernier trait expliquerait assez pourquoi le maître ne crut guère devoir user de telles restrictions, ni s’embarrasser de semblables scrupules, lorsqu’il s’adressait à l’homologue de la Grobiana, dont la grossièreté pourtant se colorait de teintes nettement perverses, à l’occasion31: reste à savoir si Friedrich Dedekind conteste ladite suprématie ou si, comme c’est bien plus probable, il pointe du doigt l’égoïsme qui seul peut pousser ses congénères à la retenue.
Devoirs du mari
On trouve donc dans le Grobianus, à demi-mots exprimée, une critique des mauvaises manières que les hommes de la Renaissance réservent aux femmes. Et ce, dès l’édition originale de 1549. Il suffit pour cela que le lecteur accepte d’interpréter le poème par antiphrase, comme Dedekind lui-même l’y invite. Se découvrent alors les injustices contre lesquelles trébuche tout début d’éloquence féminine.

Lorsque le mari, rentrant d’une soirée trop arrosée, réveille le voisinage et défonce la porte, son épouse risque de réagir de deux façons différentes. Soit elle attendra le déjeûner du lendemain (qu’il ait dessaoûlé !) pour l’accabler de griefs ; mais cette rhétorique de la plainte, ironiquement assimilée à une harangue sur la place publique (contio) et nécessairement excessive, ne lui vaudra que d’être violentée :

Une fois ton repas servi, ton épouse lira le Bénédicité : c’est dans le caractère des femmes. Ta démence d’hier, ton manque de raison, l’incohérence de tes propos et de tes raisonnements, les méchancetés, les horreurs que tu lui a dites, elle risque de te tisser toute une histoire [texet prolixam historiam]. Elle rappellera aussi que tu as cassé ceci, cela : la harangue [contio] qui t’attend est plutôt longue…Lorsque tu en auras assez d’entendre ce genre de jérémiades, dis-lui d’arrêter. Si elle obéit, l’affaire est close ; mais si elle refuse et si elle continue à évoquer tes exploits, empare-toi de tous les instruments que te fournit ta fureur, et envoie-les lui tout d’un coup sur la tête. Elle apprendra sans doute à faire silence et ne t’ennuiera plus avec ses scènes32.

Soit au contraire, elle fait preuve d’affabilité ; mais cette autre rhétorique aboutit à un résultat à peu près analogue :

Si par hasard ton épouse vient obligeamment [officiosa] à ta rencontre pour ouvrir la porte et qu’elle accueille son mari (aviné, elle s’en rendra compte !) avec des paroles aimables, lève la main droite et assène-lui un coup de poing ; et tant pis si elle n’avait pas mérité qu’on lui en fasse une faute ! Ajoute à la rudesse des coups un langage véhément, qu’elle apprenne à trembler au moindre signe. "La noix, l’âne, la femme ne font rien de bon quand on tarde à les fouetter sévèrement" dit le vulgaire capricieux [vulgus mobile] : eh bien, si tu veux que ta femme fasse correctement ce que tu lui commandes de faire, assurément c’est en la battant qu’il faut l’instruire33.

Ces deux extraits, dont nous avons inversé l’ordre pour la clarté de la démonstration, rappellent au lecteur que le devoir de l’épouse (officiosa, dérivé d’officium) est d’être toujours aimable avec son époux, quelque déportement qu’il ait commis : on ne s’aventurera pas trop en prêtant une telle morale à Friedrich Dedekind. Mais ils dénoncent également le comportement arbitraire de certains maris, qui battent leur femme quoi qu’elle dise et la condamnent par conséquent à un silence complet, alors qu’elle n’aurait en principe à être silencieuse qu’à l’extérieur de la maison, ou en compagnie d’autres hommes. Et l’on ne s’aventure pas non plus en prêtant cette dénonciation à Dedekind. Car le contexte religieux dans lequel baigne sa satire ne prête pas à confusion : étudiant en théologie, pasteur bientôt, il ne peut avoir que de la sympathie pour la pieuse épouse (la femme chrestienne, dirait Vivès) qui lit le Bénédicité. Du reste, la mention de cette prière lui sert justement à prendre ses distances avec les préceptes du maître en grobianisme : la grossièreté, ainsi menée jusqu’à la violence physique, est clairement à ses yeux une manifestation d’athéisme34.

L’homme lui aussi a des devoirs, parce qu’il est une créature de Dieu. – Les opinions luthériennes de l’auteur ont-elles renforcé en lui cette conviction ? Le renoncement au célibat, chez les ministres du culte, contribua-t-il à faire évoluer les points de vue sur la place de la femme dans le foyer ? Très certainement : Luther en personne s’est élevé avec vigueur contre les traditions les plus misogynes, qu’il taxe de païennes dans un opuscule de 1522 Sur la vie conjugale35. La position de Dedekind, cependant, est en tout point conforme à celle de Jean-Louis Vivès, catholique convaincu quant à lui, qui accompagnait les trois livres de son Institution d’un autre livre, sur Les Devoirs du mari36.
Comment on parle des femmes
Un mot, pour finir, sur les intentions du poète. Où commence et où s’arrête cette antiphrase dont nous entretient la préface du Grobianus ? Touche-t-elle seulement les préceptes : « bats ta femme » pour « ne la bats pas », par exemple ? Ou s’applique-t-elle aussi aux affirmations qui l’enrobent ? Soit cette proposition : « elle risque de te tisser toute une histoire ». Deux métaphores de valeur dépréciative se juxtaposent. Le verbe texere renvoie à une activité, le tissage, principalement exercée au XVIe siècle par le sexe féminin, dans la topique littéraire du moins37; s’il sert souvent à représenter une composition par écrit, il désigne ici un discours oral : c’est cette incongruité qui lui confère sa connotation péjorative. Le substantif historia, lui, évoque un récit, mais un récit historique : ou en tout cas, une narration richement circonstanciée, portant sur une matière ancienne et passée au filtre de la raison ; il paraît peu probable qu’une scène ayant eu lieu la veille mérite ces honneurs. A qui faut-il imputer ces deux figures, aussi gouailleuses qu’ironiques ? Le contexte semblerait indiquer que l’auteur dégage sa responsabilité des propos tenus par le locuteur (par le maître). Et de fait, celui-ci adopte le point de vue de son disciple : lequel, pour avoir trop bu, ne se souvient pas des proportions qu’ont prises ses frasques, et trouve par conséquent inapproprié le langage de son épouse. Mais le lecteur, pour avoir lu la « Grobiana », sait bien que Dedekind reprend à son compte les critiques habituellement adressées aux femmes à propos de leurs plaintes intempestives, de leur incontinence verbale, et de leur propension à faire des sujets les moins intéressants de véritables objets littéraires. La situation énonciative reste donc ambiguë.

Soit un autre cas : le proverbe sur « la noix, l’âne et la femme », proverbe évidemment misogyne. On aimerait l’imputer à la seule grossièreté du maître, qui emprunte au « vulgaire » ses maximes. Et l’épithète boécienne « capricieux », marqueur de distanciation ironique, irait dans ce sens. Mais si en 1552 une suite est donnée au poème, c’est qu’il a remporté un succès public important ; et donner au public se dit en latin divulgare. Voilà qui nous alerte : du jugement de ce « vulgaire capricieux », Friedrich Dedekind ne fait pas fi complètement. Or, il y a tout lieu de penser que le succès populaire de son œuvre, quoique, rédigée en vers latins, elle fût apparemment faite par un lettré pour d’autres lettrés, vint sans doute de ce qu’on y trouvait matière à se divertir plutôt qu’à pleurer38. Dedekind lui-même pouvait supposer que le plus grand nombre s’amuserait d’un proverbe comparant les femmes à un animal et à un fruit éminemment grotesques, que les coups de fouets provoqueraient des rires gras. Il devait bien penser que cela nuirait à la visée didactique du passage. Et ne l’eût-il pas d’abord prévu, qu’il n’aurait pas ensuite remis l’ouvrage sur le métier, devant l’évidence de son erreur.

Telle est donc la morale qu’il nous faut tirer de cette étude : le même humaniste qui s’interdit de rosser sa femme comme on s’interdirait de commettre une impiété fera volontiers, et dans la même phrase, un ressort comique de pareilles violences. Et cet humaniste-là ne doit pas nécessairement nous être suspect d’insincérité. Le fond du problème est peut-être ailleurs : Dedekind, pas plus que nombre de ses contemporains si l’on en juge par les civilités ou par les pédagogies, ne s’est sérieusement posé la question décisive. Non pas : comment les femmes parlent-elles ? Non pas : comment parle-t-on aux femmes ? Mais : comment parle-t-on des femmes ?
Tristan Vigliano

(Université Lyon 2 – GRAC, UMR 5037)

1 Pour citer ce texte dans sa version publiée, on voudra bien se reporter au volume Femmes, rhétorique et éloquence sous l’Ancien Régime (actes du colloque de Rimouski, réunis par Claude La Charité, Presses de l’Université de Saint-Étienne, coll. « L’école du genre », 2012, p. 25-35).

2 Érasme, De civilitate morum puerilium, Bâle, Jean Froben, 1530.

3 Ce poème, anonyme, s’intitule « Wie der meister sein sun lernet » (« Comment le maître instruit son fils »). Voir Norbert Élias, La Civilisation des mœurs, Paris, Calmann-Lévy, 2002, p. 489-490.

4 Friedrich Dedekind, Grobianus, édité, traduit et commenté par Tristan Vigliano, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Le miroir des humanistes », 2006, préface, p. 34-41.

5 Caspar Scheidt, Grobianus. Von groben sitten und un höflichen Geberden, Worms, Gregor Hoffman, 1551.

6 Caspar Scheidt, Grobianus, édité par Barbara Könneker, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1979, p. 89.

7 Jean-Louis Vivès, De institutione feminae christianae, Anvers, Michiel Hillen, 1524.

8 Christoph Bruno, Von underweysung ayner Christlichen Frauwen, drey Bücher, Augsburg, Heinrich Steiner, 1544.

9 « Quae tibi cumque venit quondam tibi nota sodalis / Obvia per mediam femina facta viam, / Nil opus est dicta prius acceptaque salute : / De rebus variis incipe multa loqui » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 183).

10 « Heu, mala multa premunt miseras et magna puellas, / Omnia quae tenero sunt toleranda gregi ! / Huic gravis est rigidae nimium censura parentis, / Iurgia terrifico quae tonat usque sono. / Imperium dominae male sustinet illa superbae / Subdit et indigno libera colla iugo. / Heu mihi, quam multas fallax decepit amator / Promissam veritus nil violare fidem ! » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 183).

11 « Ergo diu nihili de rebus multa loqueris » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, ibid.).

12 « De nihili rebus discere multa voles » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, ibid.).

13 « Interea si te (quod vix tamen accidet unquam) / Deficiet tanta res agitanda mora, / Inspectos aliorum hominum reminiscere mores : / Hic tibi dicendi campus apertus erit. / Qua ratione suos vicinus quisque gubernet / Exigat et vitam qua ratione suam, / Fercula quae ponat mensis, quae pocula sumat, / Illius et quantas arca reservet opes. / Omnia quis numeret, quae multa diuque volenti / Dicere materiam suppeditare queunt ? » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 183-185).

14 1ère édition dans Bebeliana opuscula nova, Strasbourg, Grüninger, 1508.

15 « Utere naturae dote, puella, tuae. / Femineum omne genus fecit natura disertum » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 185).

16 « Ad mala vos ultro facilis natura vel omnes / Instruit » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 181).

17 « Ingenio ipse tuo nunc utere, scilicet ipse / Me sine sat simplex esse rudisque potes » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 179).

18 Nous nous écartons ici des conclusions formulées par Barbara Correll (The End of Conduct. Grobianus and the Renaissance Text of the Subject, Ithaca, Cornell University Press, 1998, p. 128-130) et Toon Van Houdt (« Vincitis rusticitate viros. Gender, Virtue and Vice in Friedrich Dedekind’s Ironic-Didactic Poem Grobianus », dans Virtutis imago : studies on the conceptualisation and transformation of an ancient ideal, éd. par Gert Partoens, Geert Roskam et Toon Van Houdt, p. 499).

19 « Ein weib soll verborgen und nit vilen bekandt sein » (« Une femme doit vivre cachée et être connue de peu de monde », Jean-Louis Vivès, traduit par Christophe Bruno, Von underweysung ayner Christlichen Frauwen, drey Bücher, ouvr. cité, f. 33 r°).

20« Nunc etiam exemplum, ne quid tibi deesse queraris, / Accipe, quod vitae dirigat acta tuae : / Publicus antiqua conventus in urbe virorum, / Quo non exiguae res agerentur, erat. / Venerat huc mulier rerum studiosa novarum / Et quae vellet agi, plurima vidit agi. / Interea multas dum res differtur in horas, / Ah, miseram pleni corporis urget onus. / Pondere concoctae venter distenditur escae / Submissoque petit murmure tensus opem. / Illa rei auditae nimia dulcedine capta / Noluit inceptam deserere historiam. / Forte igitur peram, qua libros ferre solebat, / Quos legit assidua religione, gerit. / Accipit hanc et ventris onus deponit in illam, / Dum capiat finem fabula coepta suum. / Hunc etiam, virgo, disces, ego suadeo, morem : / Is tibi qua prosit, hora venire potest » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 191).

21 « Sat mihi iam dudum dixisse superque videbar / Et finem monitis imposuisse meis ; / Sed tenerae blando me poscunt ore puellae / Utque rogant ipsas pauca docere velim. / Quid faciam ? Iustasne preces averser et illa / Irrita difficilis vota fuisse sinam ? / Non equidem faciam : cupidas advertite mentes, / O mihi feminei turba colenda chori ! » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 181).

22 Voir les analyses de Barbara Correll sur ce point (The End of Conduct, Grobianus and the Renaissance Text of the Subject, ouvr. cité, p. 106).

23 « Non ego tam stupidus nec ero tam barbarus unquam, / Quin mihi te talem saepe venire velim » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 183).

24 « Cur moneam tali te pendere more coronam, / Stultula me causas credis habere leves ? » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 189).

25 « Quaelibet audacter dices de quolibet : illud / Est licitum sexus pro ratione tui. / Si tamen incipies aliorum laedere famam, / Plus facies, libri quam docuere mei » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 185).

26 « Inde manu vestes prudens utraque levabis, / Sordida si multo sit via facta luto, / Candida quo possint tua crura et utrumque videri / (Altius o pudeat tollere velle !) genu » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 181).

27 « Nec tamen hic veterem Nasonis tradimus artem : / Diversa est studio meta petita meo. / Ludere deceptum si delectaris amantem, / Non potes e nostro discere multa libro. / Perlege Peligni versus studiosa poetae : / Quod petis a nobis, aptius ille dabit » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 189). Si le maître interdisait à la Grobiana de tromper son mari (« maritus », dans l’Ars amatoria, III, 611), la contradiction ne serait pas patente : il établirait un distinguo entre la licence dont font preuve les jeunes filles en compagnie des jeunes gens, d’une part, et l’adultère, d’autre part. Mais il s’agit bien ici de ne pas tromper son amoureux (« amans »). L’entier livre III de l’Ars amatoria est en cause, et non seulement les vers 611 à 658 sur l’adultère.

28 La rusticité empêche par principe certaines finesses.

29 Voir Toon Van Houdt, « Vincitis rusticitate viros. Gender, Virtue and Vice in Friedrich Dedekind’s Ironic-Didactic Poem Grobianus », art. cité, p. 498-499.

30 Peut-être le jeu d’intertextualité va-t-il encore plus loin. Ovide lui-même impute en partie son exil au scandale provoqué par l’Ars amatoria (Tristes, II, 1-9). Il nie cependant que ce scandale soit justifié (II, 240) et cite les vers dans lesquels il avait pris soin de récuser, par avance, des amours illégitimes et criminels (II, 247-250). Or, Dedekind risque bien de ne pas avoir été convaincu par cette argumentation. Mais il se peut qu’il ait voulu parodier les précautions, hypocrites à ses yeux, et inutiles en tout état de cause, du poète latin. Se ferait alors jour un de ces paradoxes fort goûtés des humanistes : à l’heure même où il récuserait l’art d’Ovide, le pédagogue pervers reprendrait à son compte sa stratégie de défense.

31 Une importante exception semblerait devoir être soulevée dans la deuxième version : à la fin du livre I remanié, le maître déplore longuement l’universalité de la rusticité (voir Grobianus et Grobiana : de morum simplicitate libri III, Francfort-sur-le-Main, Hegenolff, 1558, ff. 39 r°-40 r°), et cette déploration pourrait signaler que Dedekind abandonne parfois son masque ironique ; elle ne manque pas, du reste, de faire écho aux sombre tableau de la préface sur l’état des mœurs contemporaines. Mais si le maître « se plaint » (f. 40 r°) que la « barbarie » (f. 39 v°) prolifère, c’est bien plutôt parce qu’il se sent écrasé par l’ampleur de la tâche, et craint d’avoir à composer une Iliade, tant il y aurait à dire (f. 39 r°) : or, la paresse est une des caractéristiques principales du grobianisme. – Une autre exception sera commentée dans la note 34.

32 « Appositaque tibi cena Benedicite coniunx, / Feminei moris quod solet esse, leget. / Quamque insanus heri fueris, quam mentis egenus, / Quam non constiterint linguaque mensque sibi, / Quam mala sis illi, quam detestanda locutus, / Texet prolixam forsitan historiam. / Hoc a te fractum quoque commemorabit et illud : / Illa futura satis contio longa tibi est. / Cum te res tandem tales audire pigebit, / Talia ne pergat dicere verba, iube. / Si paret, satis est, at si parere recusat / Et pergit gestas res memorare tuas, / Corripe mox, quaecumque tibi furor arma ministrat, / Illaque in uxoris mitte repente caput. / Illa procul dubio praestare silentia discet, / Nec tibi erit rixis inde molesta suis » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 157-159).

33 « Appositaque tibi cena Benedicite coniunx, / Feminei moris quod solet esse, leget. / Quamque insanus heri fueris, quam mentis egenus, / Quam non constiterint linguaque mensque sibi, / Quam mala sis illi, quam detestanda locutus, / Texet prolixam forsitan historiam. / Hoc a te fractum quoque commemorabit et illud : / Illa futura satis contio longa tibi est. / Cum te res tandem tales audire pigebit, / Talia ne pergat dicere verba, iube. / Si paret, satis est, at si parere recusat / Et pergit gestas res memorare tuas, / Corripe mox, quaecumque tibi furor arma ministrat, / Illaque in uxoris mitte repente caput. / Illa procul dubio praestare silentia discet, / Nec tibi erit rixis inde molesta suis » (Friedrich Dedekind, Grobianus, ouvr. cité, p. 157-159).

34 Un remaniement apporté en 1552 confirme cette lecture. Juste après le passage cité (« venit erudienda », « c’est en la battant qu’il faut l’instruire »), Dedekind ajoute ces vers : « Mos tamen immanes magis ille decere Cyclopas, / Barbara quos aluit Sicelis ora, queat. / Qui male consertem thalami, nil tale merentem / Tractat, et hoc fortis iudicat esse viri, / Hunc ego praescriptas a me transcendere metas, / Inque scelestorum partibus esse putem » (« Cette coutume risque cependant de convenir plutôt aux monstrueux Cyclopes nourris par le rivage de la Sicile. Je serais enclin à penser que quiconque maltraite sa concubine sans qu’elle l’ait mérité, et croit se montrer ainsi un homme fort, franchit les bornes que j’ai fixées et fait partie des criminels » (cité par Toon Van Houdt, « Vincitis rusticitate viros. Gender, Virtue and Vice in Friedrich Dedekind’s Ironic-Didactic Poem Grobianus », art. cité, p. 497). Le maître lui-même s’effraie de ses propres conseils et fait mine de les nuancer, car il sait que ses incitations à la violence sont contraires aux lois de la piété la plus élémentaire. Cette restriction intervient dans un contexte différent de celui qui a été décrit précédemment, puisque la Grobiana n’est pas ici l’allocutaire ; mais elle ressortit encore à la satire de l’hypocrisie, par Dedekind : et cette hypocrisie se manifeste, de nouveau, dans le rapport que les hommes entretiennent avec les femmes.

35 Voir Gisela Block et Margarete Zimmermann, « Die Querelle des femmes in Europa. Eine begriffs- und forschungsgeschichtliche Einführung », dans Querelles. Jahrbuch für Frauenforschung, t. 2, éd. par G. Bock et M. Zimmermann, Stuttgart / Weimar, Metzler, 1997, p. 17.

36 Jean-Louis Vivès, De officio mariti, Bruges, s. n., 1529. Cet appendice au De institutione feminae christianae fut lui aussi traduit par Christoph Bruno (Von gebirlichem Thun und Lassen aines Ehemanns, ein Buch, Augsburg, Heinrich Steiner, 1544).

37 Chez Caspar Scheidt, la Grobiana est une fileuse… « de damoiselles mal élevées et de servantes fainéantes » (« spinnerin der groben ungezognen diernen und faulen mägd », Grobianus, ouvr. cité, p. 89).

38 Voir Toon Van Houdt, « Vincitis rusticitate viros. Gender, Virtue and Vice in Friedrich Dedekind’s Ironic-Didactic Poem Grobianus », art. cité, p. 490.

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