Colloque Dim-Psy 12/02/05





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Mathème et Poème.

Colloque Dim-Psy 12/02/05

F. Nathan-Murat

On m’avait dit : « bon te décideras-tu enfin à parler, plutôt qu’à écrire et lire tes interventions ? Non point que ton style ne nous soit plaisant, mais tout de même, ce serait plus juste et plus couillu et surtout cela laisserait la place à du pas tout que l’écriture prétend saturer. » Et d’entrée j’avais sombré dans le paradoxe, plus juste et plus couillu le pas tout ? La transmission devait prendre le risque de son enseignement.

Mais voilà bien que dans le risque d’un reproche de sombrer dans l’obscène en vous révélant mon intimité, j’avais omis qu’en ce jour, l’étendue de mes facultés en tant que sujet d’énonciation avaient sérieusement besoin de se voir énoncée, si je voulais vous faire palper le contexte totalement excentré où gisait ma place de sujet de signifiant au regard de ma place de sujet de signifié et poser avec vous le contexte de mon intervention pour de là pouvoir laisser libre cours à ma verve.

Le refoulement se fit retour immédiat de refoulé. Le K.O. physique dans lequel j’étais plongé les jours précédents déferla au chaos de mes pensées, pour en induire un long suspens, terrassé de l’idéation, de l’enchaînement signifiant.
Pourtant quinze jours plus tôt je me promettais de vous présenter un exposé qui dans le désir de concilier le phonématique sonore du poème au silence visuel du mathème, aurait intriqué l’écriture au tableau noir d’un formulaire des caractères pour les mathèmata de la psychanalyse et leurs commentaires dans l’envolée poétique. Ayant toutes les difficultés du monde à concevoir les photos sourdes comme les chansons aveugles, je me serais concentré, à rendre compte des effets de signifié visuel logique du caractère assertif de la parole, tout comme des nécessités de commentaires inhérentes à l’enseignement de la moindre mathématisation de l’écriture.

Ainsi me promettais-je de vous présenter, certes sur un mode d’extensivité discursive les mathèmes de Freud, mais c’est ainsi que lui-même les avait appelés à être. For-Da, Ché Vuoï. Avant de poursuivre du « Wo es war, soll ich werden », qui nous fait toucher du doigt, la radicale excentricité du soi à lui-même qui ne cesse d’agiter les nus mains et qui fait que l’universel n’est autre qu'œdipien.

Avec la fonction du signifiant dans le statut de l’inconscient Freud avait frayé la voie à la linguistique qui allait en reconnaître la lettre, si ce n’est l’instance.

Ics, Pcs, Cs. Ça, Moi, Surmoi.

Puis, dans la visée d’écrire l’ébauche d’un organon de la psychanalyse vœu si cher à Dim- Psy et dans le désir de suivre Lacan : " là où le signifiant vient de cesser d'agir, là où il allait juste agir, moi de ce que j'introduis un nouvel ordre, je dois devenir le déchets," j’aurais poursuivi par l’exhaustion des caractères primitifs de l’algèbre Lacanienne : a, S/ , i, S2, objet, m, ( ) , mon logiciel inefficace m’interdisait d’aller plus loin.

Puis par les caractères abréviateurs des fonctionnalités, des relations, des modes de rapports : S1, Phi, Psy, ensemble vide, A …

Puis par les caractères nécessaires à la modification : non-existence, pas toute.

Et voilà que soudain au moment même où je m’apprêtais à plonger dans les questions inhérentes à la reconnaissance du désir toujours noué au désir de reconnaissance, « De là où il était avant que le sujet vint au monde » comme le disait Freud à Hans, s’était imposé à Moi, qu’en aucun cas je ne pouvais prétendre être celui que je me pensais être, et encore moins celui que je ne pouvais que supposer que vous vouliez que je sois.

Car quoiqu’il en soit, en cet instant où j’étais là à vous parler, croyez moi j’étais las. Et si je devais me vouer à venir à l’être - celui supposé vous parler de « comment je note » au gré de l’historicité de mon rapport toujours plus ascétique à la lecture des textes de la théorie analytique, je ne pouvais douter qu’a m’y perdre même, j’y étais.

Car je m’y trouvais claveté à mon désir par un refus de signifiant qui vous aurait dit comment j’étais, comme par un manque de l’être, voué à son destin d’être là où il n’était pas jusqu’à la fin de cette partie.

Mais si je n’étais pas, là où j’étais le jouet de ma pensée, je pensais à ce que j’étais, là où je ne pensais pas penser, mais où pourtant dans la circonstance je n’étais pas sans savoir que ces signifiants me venaient d’un Autre, dont je pouvais percer l’abîme puisqu’il m’était culturellement familier.

Mes deux mets de sains avaient décidé de s’occuper de « moi », celui que justement je m’efforçais en toutes circonstances de réduire dans ses facilités d’accointances avec l’être que je mesurais dans ma pensée au gré des stratégies qui exclut tout subjectivisme.

L’inconscient ne laissait aucune de nos actions hors de son champ.

Sa topique f(S) 1/a laissait la place libre, dans l’épaisseur même de la barre de résistance à la signification qui séparait le signifiant de ses effets de signifié, à la lecture d’une lettre non constituée.

Et si j’étais resté au suspend de vous livrer mon intimité dans ces circonstances publiques, ç’était sans doute dans la crainte où votre apathie pour mes deux saints ne vous eût entraîné dans la tentation d’aller me scanner pour faire l’exhaustion des régressions de mes relations d’objets et y reconnaître ma typification singulière de sujet.

Dieu merci, l’intime se voit toléré en public, s’il s’oblige à se faire littéraire.

Ainsi puis-je me risquer ici à vous écrire, ce que je me suis abstenu de vous dire, alors que mon moi jouait le symptôme maximal de mes fonctions perceptives et me plongeait dans la préoccupation d’équations physiques impossibles à résoudre.

Car là, en l’instant, ma mathèmata se réduisait à la condensation de ma métonymie, devenue omniprésente fonctionnalités à mes idéations, en deçà de toutes métaphores qui m’eut offert une visée hétéros, inventive de ma poïétique en acte de dichtung. Pour en venir au fait, il faut vous dire que mon transfert à mes deux mets de sains m’avait plié aux moyens de mise en scène des savoirs qu’ils tenaient pour vérité, jusqu’à m’abandonner au comble de l’égarement.

Il y avait déjà deux mois que les chimiothérapies de destruction massive de ma maman hépatologue avaient mis à mal ma formule sanguine, qui décompensant soudainement avait amené mon papa urologue à prendre ma vessie pour ses lanternes, au point qu’il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de me laisser sombrer dans une étrange familiarité, dans une familière étrangeté en faisant pénétrer le plus gros de mes monts blancs dans l’œil déjà aveugle de mon organe pénétrant. Ainsi j’étais resté plusieurs jours en suspend de toutes activités physiologiques, alimenté par les mathèmes de la science médicale en direct et continu dans la perfusion, éliminant leurs restes dégradés par mon métabolisme sans discontinué, à l’insu de ma volonté.

Manque de pot l’œdème était là, dans l’envahissement soudain de son installation qui succédait au trauma post opératoire. Au point que mon rein gauche se mit à hurler sa pléthore qui ne voulait plus ruisseler, me coupant le souffle, me clouant le bec, compliquant d’autant les bondissements qui me saisissaient dans l’immobilité où me tenaient les sachets stériles, à usages uniques auxquels j’étais irrémédiablement relié et dont je pouvais à tout instant craindre l’arrachement.

Compatissant à mon pitoyable état, mon dieu vivant mis en route le protocole prévu pour les cas de douleurs extrêmes, me plongeant dans l’hallucinose morphinique où la dilution des signifiants dans les méandres des déformations anamorphique de mes chaînes idéatoires, m’installait définitivement dans le suspend du manque à être.

Mon appareil urinaire avait irrémédiablement réduit mon moi à la palpation, à la sensation, incessante, obsédante, de l’omniprésence du grand Y de sa forme, supposé me rappeler celui génétique de ma sexuation.

D’abord c’était sa barre gauche qui m’avait terrassé, puis c’était son pied qui se prétendait soudain mon pied. Il faut vous dire que mon sphincter strié expérimentait la jouissance féminine, puisqu’à chaque fois qu’il voulait réintroduire de la discontinuité dans son ruissellement continu, il se heurtait à la présence insolite et virile de ce mont blanc, totalement étrangère en ces lieux.

J’oscillais entre l’érogène du péristaltisme qu’induisait la retenue des désirs d’érection et la douleur du péristaltisme qu’induisait mes besoins de miction. Quoiqu’il en soit j’en avais perdu toute faculté de jaculation.

Et dés lors me fallait-il calmer la constriction réflexe par le relâchement volontaire, qui me réclamait d’admettre que même cet endroit que je supposais le plus intime de mon être pouvait être pénétré.

Halluciné les bras en croix, les Ecrits et Autres Ecrits étaient devenus des poids et haltères et l’effet de leur signification ne franchissaient plus aucune barre pour moi. J’étais rivé à la tension de ma métonymie, éternellement tendu vers le désir d’autre chose, d’un sans cesse à exprimer dont je n’étais plus pour l’heure capable, au point que je m’interrogeais sur l’indestructibilité du désir inconscient, qui dans le transfert était une fois encore venu actualiser ma pulsion de mort.

Etait-ce la vérité de mon histoire que je criais une fois encore dans cet ultime symptôme, dialectique de cet éternel retour où mes remémorations les plus anciennes avait scellé mon sceau ?

Le signifiant Résistant semblait de nouveau lever sa voile à mon horizon sans que je puisse, au vu de l’inappréciable distance lourde de flots sombres qui m’en séparait, supposer les effets de signifiés auxquels il allait dans l’atteinte me réduire.

Car loin de vouloir tenter vous enfermer avec moi dans l’image coaptative instinctuel auquel m’avait réduit médical ment les mathèmatas de la science, mon invite, suivant en cela Freud, était plutôt de déchiffrer en partie devant vous les cryptogrammes proverbiaux de ma langue perdue, l’entstellung de ma lettre.

Et puis quoiqu’il en soit, comme le dit Lacan, la vérité ne s’évoque que dans cette dimension d’alibi, par où tout réalisme dans la création prend sa vertu de la métonymie et où le sens ne livre son accès qu’au double coude de la métaphore.

L’affaire était donc d’écriture et la métonymie était de surcroît le moyen le plus propice à lever les censures.

Et puis quoiqu’il en soit, je n’étais pas en mesure de poétisé, de virevolter de virtuosité dans l’art du mieux dire. Et puis dés lors d’en façonner grammaire dans l’art de lire et d’écrire les lettres, d’en « graphein » d’en écrire, les « gramma et les « atos » les lettres et les caractères d’écriture.

Jusqu’à atteindre aux perfections stylistiques de l’art gothique, dont Jakobson dans ces huit leçons de poétique nous révèle l’architectonique à ce point travaillé qu’elle en deviendra modèle pour la peinture et l’architecture de son temps, de son lieu.

Le schéma de l’ensemble de l’analyse d’un chant révolutionnaire hussite du treizième siècle révèle le systématisme constructiviste des similarités grammaticales unissant les trois strophes triadiques, donnant à l’ensemble une architectonique qui aurait peut-être permis aux « twins » de résister aux effets du désir d’al caïda ?

Mais la psychanalyse ne s’illusionne pas sur les modèles systématiques des Autres culturels qui imposent leurs savoirs à la subjectivité.

Car loin de s’intéresser aux signes, ces morphèmes non détachable selon A. Kojéve, véritable phénomène vital non humain, pas plus qu’aux symboles ces morphèmes sans sens ou de sens contraire, qui vaudrait phénomène silencieux non discursif, d’un mathèmata qui se passerait de tout métalangage, la psychanalyse s’attache imperturbablement à la lecture d’une lettre non constituée, celle issue d’un nom du père certes banal dans le melting pot de tous les noms du père culturel dans lequel chacun est plongé, mais qui n’en demeure pas moins exceptionnel dans sa singulière et universelle assimilation oedipienne.

Le passage était celui de la lecture d’une lettre implicite, où René Guitart nous proposait de croiser les axes du Pathos Freudien avec son étrange familiarité, à celui du Logos Cartésien avec la certitude de ses doutes, comme à celui de l’Ethos Nietzschéen avec sa vérité mensongère, pour en révéler explicitement le nouage singulier.

Quoiqu’il en soit la symbolique des pères morts du passé, se nouaient aux réels de nos maîtres actuels, pour se replier des imaginarisations où notre jugement se voyait entraîné aux projets de nos chefs.

Quoiqu’il en soit, il s’agissait d’écrire ce qui se dit en passant de trois à deux, pour dire ce que l’on écrit et retourner de deux à trois.

Métonymies et métaphores tissaient les fils associatifs où se façonneraient en acte de dichtung, la signification qui induirait un sujet Autre que celui pris dans son symptôme de fer, dans son symptôme de chair.

Mieux vaut toujours mettre la fleur au fusil !

Pour vous entretenir plus précisément du rapport temporel entre la structure et la pratique, de cette loi du processus primaire inconscient qui oscille entre le deux de l’écrit et le trois de la parole, dans ce fragments où vient se loger la causalité signifiante de la structure du langage avec sa grammaire, sa logique et sa phonologie, je voulais vous évoquer une construction d’art qu’avait réalisé le sculpteur Tinguely à Beaubourg.

Occupant tout l’espace d’une vaste pièce, une imposante structure métallique imposait les méandres des sinuosités de ces enchaînements où se succédaient rails tourbillonnants, ascenseurs, leviers, descentes aux enfers et autres mouvements de bascules, dans un véritable parcours du combattant d’un grand huit forain, à un ensemble de balle pris sous la férule d’un productivisme au systématisme industriel.

Car le statuaire imposait l’invraisemblable précision de sa métaphore propre à illustrer le sort réservé au sujet dans l’univers concentrationnaire de servitude volontaire du libéralisme de la technocratie industrielle institutionnalisé, quand soudain il recrachait les balles unes à unes, par une ultime pichenette, hors du circuit, contraignant soudain celui trop sûr de n’être que spectateur, à devoir remettre les balles dans le circuit et à se fondre rouage métonymique de la machine, contraint de réinjecter un à un les ballons dans le circuit, s’il ne souhaitait pas voir celui-ci épuisé ses ressources.

Impossible d’être spectateur sans être acteur, impossible d’être acteur sans être spectateur. Dés lors pour s’en tirer force était d’en conclure une ultime métaphore, pour transformer à tout le moins l’ensemble en jeu.

Avec un tout petit peu de distance, l’affaire se faisant dans un panier de basket levait les « olé » des coups réussit où les « bof » des coups ratés, poussant ainsi le sujet jusqu’à l’identification dernière au signifiant du désir, être un phallus phonoménologique. Phénoménale isn’t it !

Bien sûr son moi perdait sa volonté unifiée et il ne voulait plus guérir. D’autant que son surmoi se mêlant de la partie pour l’enjoindre à ne pas lâcher, participait de le river aux jouissances auto-punitives, supposé toujours plus autoérotique que celle des sadiques. De toute façon il y perdait l’algèbre de son alchimie.

Pris dans l’aliénation, il ne savait plus se séparer, car là, il y était ce manque à être privilégié qui l’attachait au phallus de sa mère, cette position imaginaire d’où le sujet aimerait être vu.

Dis-moi où est ton maître de reconnaissance de ton désir de reconnaissance ?

Où se trouve l’étalon ? Dans quel pavillon ? De quelle banlieue ?

Car le sujet ne possède pour référence à dire qui il se veut être, aucun étalon mètre déposé dans un pavillon de Breteuil à Sèvres, puisque son désir est rivé à la demande de l'Autre, tel qu'il s'y soutient en l'autre à qui il s'adresse.

Voilà bien en quoi l’analyste peut-être mis en cause, contester par principe d’occuper la place contestable d’être mis à la place de la cause.

Pourtant pas d’issue, la référence du sujet est en acte et entre le grand PHY du mathèmata et le petit « a » du poèma, il n’a d’autre issue que d’advenir analysant, jusqu’à ce que la livre de chair paye la vie pour se faire signifiant des signifiants.
Paris le 20 03 05




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