Manuel jour de colère





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Lecture analytique n°2 «  Hymne de la liberté » Pierre EMMANUEL Jour de colère 1942
La Résistance a vu naître des poèmes condamnant l’oppression nazie ou la collaboration, vantant la liberté et le courage des opposants au régime de Vichy ou des déportés. Ecrit pendant la seconde guerre mondiale, le poème de Pierre Emmanuel «  Hymne de la Liberté »porte la trace de son engagement : en effet ce dernier, universitaire et poète, entre dans la Résistance pour s’opposer au Nazisme. Le poème est un vibrant hommage rendu par le poète à ses frères de souffrance. En quoi cet hommage aux Résistants est-il aussi un hymne à la Liberté ? Nous verrons d’abord l’hommage aux Résistants puis le rêve que le poète fait d’un monde parfait.
I. L’hommage aux Résistants :

1. Un poème lyrique :

  • Le poème est en vers libres et c’est sous cette forme que le lyrisme est exploité avec notamment l’apostrophe lyrique «  O mes frères » qui exprime l’admiration du poète pour les Résistants.

  • Aucune ponctuation ne vient rythmer le poème mais des répétitions de la 2PP «  Vous êtes » au vers 4, «  votre » donnent vie et consistance à ces figures anonymes de Résistants. On note aussi que pour les faire vivre, Pierre Emmanuel leur donne un visage et donc une âme, comme on le voit par « leur regard » ou le mot « visage ».

  • Enfin, le poète utilise de façon répétée des structures hyperboliques telles que « plus puissants » ou « sans limites » ou « terrible » : elles soulignent le caractère exceptionnel de ces hommes qui ont donné leur vie pour la liberté.

2. Martyrs :

  • Les résistants sont tout d’abord des martyrs qui supportent sans gémir des souffrances physiques : ils sont privés de liberté et enfermés, avec les mots «  enchaînés » et « prisons ». mais cela n’est rien comparé aux mauvais traitements physiques qu’ils subissent : les participes passés « mutilés » « torturés » mis en valeur à la rime soulignent les sévices physiques qui sont infligés aux prisonniers. Les Résistants ne cèdent pas sous la torture.

  • De plus, la Résistance est héroïque par le silence « silence » et « silencieuse ». La souffrance ne les avilit pas mais les grandit et les renforce. Ainsi les termes « puissants » et « violents » et le verbe « croître » du vers 5 et la locution adverbiale « sans limites » viennent les désigner et les magnifier comme des héros.

3. Des saints :

  • Les Résistants transcendent l’ordre du monde pour le dépasser. Ces hommes d’abord se sacrifient pour la patrie, comme un saint pour Dieu. Ils sauvent « tout le pays » pour des souffrances consenties et acceptées.

  • En outre, les Résistants ne sont pas soumis aux faiblesses du monde : en effet, leur force d’âme les élève au-dessus de contingences et des misères humaines « enchaînés » ils restent « libres », de même par l’analogie de l’arbre : quand on les coupe, ils croissent. Ils se taisent aussi.

  • Comme des saints, ils dépassent et transcendent par leurs valeurs et leur force » l’ordre dérisoire » du monde. L’anaphore de l’adverbe »par-dessus » marque cette ascension : leur royaume est celui de l’infini, de l’au-delà, un champ lexical de l’infini parcourt le poème «  sans limites » « cieux vastes », le monde dans lequel ils évoluent est celui des valeurs absolues.

Ce poème est un hommage au courage des Résistants ainsi qu’à leurs souffrances et à leur martyre.
II. Le rêve universel d’un monde parfait :

1. Elévation :

  • Tout d’abord, les cadres spatiaux sont dépassés : il n’y a pas de lieux ou de noms précis dans le poème. Seuls des termes génériques tels que « pays » ou « prisons » sont utilisés.

  • De plus, l’usage d’articles définis à valeur généralisante « les prisons » « les tyrans » et l’emploi de termes abstraits «  la paix » « la liberté » marquent cette indétermination spatiale. Le traitement temporel est identique : les indices de temps plongent dans une durée infinie, non limitée. Il n’est fait nulle mention de date mais l’évocation « lointain[e] » du devenir. Le poème est une réflexion sur un idéal à bâtir.

2. Le triomphe de la Liberté :

  • Le poète construit un monde utopique et il dessine dans ses vers un monde qu’il voudrait voir triompher : c’est un univers humaniste où triomphent la fraternité, la liberté et la paix. L’apostrophe «  O mes frères » souligne cette aspiration au partage et à la communion des cœurs. De plus, le mot « liberté » est présent plusieurs fois dans le poème et encadre les vers. Dès le titre, le mot est usité avec une majuscule qui le rend noble, dans le dernier vers il est répété pour dire son caractère fondamental.

  • Enfin, l’idée de paix traverse tout le poème : le mot est employé au vers 8 « paix terrible » mais il est décliné à travers le paysage apaisé que dessine le poème les « cieux vastes » « les nuées » les « libres lointains » et les « monts très bleus » esquissent un monde placé sous le signe de la quiétude et de l’apaisement. Cette vie, ce souffle, cette respiration tendent à anéantir ces « tyrans enroués de mutisme ».

3. L’espoir d’un monde meilleur :

  • Le poète, optimiste, clame l’espoir d’un monde meilleur : l’anaphore de « il y a » souligne cette volonté de construction, un désir de bâtir sur les ruines d’un ancien monde. Les « moissons » germeront.

  • En outre, l’écriture en vers libres et la récurrence des structures anaphoriques rapprochent ce poème d’une chanson. Le poète invite l’humanité à entonner après lui ce chant d’espoir : la 2 PP est une apostrophe au destinataire qui peut s’identifier à « ces hommes vrais », à ces bâtisseurs de paix que sont les Résistants. Ils construisent métaphoriquement un bateau « nef » du futur « devenir ». Le poème est donc bien un hymne universel.


Nous avons donc vu que le poème en vers libres « Hymne de la Liberté » est un hommage rendu aux héros de la Résistance qui se battent et donnent leurs vies tels des saints pour la liberté. Mais le poème se mue en un hymne universel : son auteur appelle à un monde meilleur et à la paix. Nous pouvons rapprocher ce poème de celui d’Eluard « Liberté »

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