Le surnom de poilu aurait été donné aux soldats français durant la Première Guerre mondiale car, du fait de leurs conditions de vie dans les tranchées, ils





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Lettres de poilus





Le surnom de poilu aurait été donné aux soldats français durant la Première Guerre mondiale car, du fait de leurs conditions de vie dans les tranchées, ils laissaient pousser barbe et moustache et, de retour à l'arrière, paraissaient tous poilus. Cependant cette origine est controversée, le mot poilu désignant aussi à l'époque dans le langage familier quelqu'un de courageux.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Poilu


Brev 1
Jøden Henry Lange beder om at blive sendt i skyttegravene for at kæmpe for Frankrig.
Le 6 septembre 1917

Mon Général

Je me suis permis de demander à passer dans l’infanterie pour des motifs d’ordre personnel. Mon cas est en effet assez différent de celui de la plupart des combattants.

Je fais partie d’une famille israélite, naturalisée1 française, il y a un siècle à peine. Mes aïeux2, en acceptant l’hospitalité de la France, ont contracté envers elle une dette3 sévère; j’ai donc un double devoir à accomplir: celui de Français d’abord; celui de nouveau Français ensuite. C’est pourquoi je considère que ma place est là où les « risques » sont les plus nombreux.

Lorsque je me suis engagé, à 17 ans, j’ai demandé à être artilleur4 sur la prière de mes parents et les conseils de mes amis qui servaient dans l’artillerie. Les « appelés » de la classe 1918 seront sans doute envoyés prochainement aux tranchées. Je désire les y devancer5.

Je veux après la guerre, si mon étoile me préserve, avoir la satisfaction d’avoir fait mon devoir, et le maximum de mon devoir. Je veux que personne ne puisse me contester le titre de Français, de vrai et de bon Français.

Je veux, si je meurs, que ma famille puisse se réclamer1 de moi et que jamais qui que ce soit ne puisse lui reprocher ses origines ou ses parentés étrangères.

J’espère être physiquement capable d’endurer les souffrances du métier de fantassin2 et vous prie de croire, mon Général, que de toute mon âme et de tout mon cœur, je suis décidé à servir la France le plus vaillamment3 possible.

Veuillez agréer, mon Général, l’assurance de mon profond respect et de mon entier dévouement.
Henry Lange

Brev 2 (uddrag)
For Henry Lange er det en pligt at være soldat.
5 octobre 1917

(…) Je suis décidé à être un bon soldat très brave et j’ai la prétention de m’être déjà bien comporté au feu parce que c’est mon devoir et par amour de l’idéal: depuis deux ans, je me suis mis « au service de l’idéal », au service d’un certain nombre d’idées telles que celles-ci : tout jeune homme doit s’engager, dès que son âge le lui permet, et si sa santé n’est pas trop faible, un engagé doit rester au dépôt4 le maximum de temps possible. À 19 ans, on doit être fantassin quand on est français, et qu’on est jeune et fort, on doit être heureux et fier de pouvoir défendre sa patrie. Quand on est français de date récente, et surtout quand on fait partie de cette race juive méprisée et opprimée, on doit faire son devoir mieux que personne. (...)
À vous,

Henry Lange

Brev 3
Sammen med 23 andre soldater blev Henri Blanchard dødsdømt for at have veget tilbage for fjenden. Han blev henrettet i Vingré1 den 4. december 1914. Dagen inden henrettelsen skriver han dette brev til sin kone:
3 décembre 1914, 11 heures 30 du soir

Ma chère Bien-aimée, c'est dans une grande détresse2 que je me mets à t'écrire et si Dieu et la Sainte Vierge ne me viennent en aide c'est pour la dernière fois, je suis dans une telle détresse et une telle douleur que je ne sais trouver tout ce que je voudrais pouvoir te dire et je vois d'ici quand tu vas lire ces lignes tout ce que tu vas souffrir ma pauvre amie qui m'es si chère, pardonne-moi tout ce que tu vas souffrir par moi. Je serais dans le désespoir complet si je n'avais la foi et la religion pour me soutenir dans ce moment si terrible pour moi. Car je suis dans la position la plus terrible qui puisse exister pour moi car je n'ai plus longtemps à vivre à moins que Dieu par un miracle de sa bonté ne me vienne en aide. Je vais tâcher en quelques mots de te dire ma situation mais je ne sais si je pourrai, je ne m'en sens guère le courage. Le 27 novembre, à la nuit, étant dans une tranchée face à l'ennemi, les Allemands nous ont surpris, et ont jeté la panique parmi nous, dans notre tranchée, nous nous sommes retirés dans une tranchée arrière, et nous sommes retournés reprendre nos places presque aussitôt, résultat: une dizaine de prisonniers à la compagnie dont un à mon escouade3, pour cette faute nous avons passé aujourd'hui soir l'escouade (vingt-quatre hommes) au conseil de guerre4 et hélas! nous sommes six pour payer pour tous, je ne puis t'en expliquer davantage ma chère amie, je souffre trop, l'ami Darlet pourra mieux t'expliquer, j'ai la conscience tranquille et me soumets entièrement à la volonté de Dieu qui le veut ainsi; c'est ce qui me donne la force de pouvoir t'écrire ces mots, ma chère bien-aimée, qui m'as rendu si heureux le temps que j'ai passé près de toi, et dont j'avais tant d'espoir de retrouver. Le 1er décembre au matin on nous a fait déposer5 sur ce qui s'était passé, et quand j'ai vu l'accusation qui était portée contre nous et dont personne ne pouvait se douter, j'ai pleuré une partie de la journée et n'ai pas eu la force de t'écrire, le lendemain je n'ai pu te faire qu'une carte; ce Notre-Dame de Fourvière à qui j'avais promis que nous irions tous les deux en pèlerinage6, que nous ferions la communion7 dans notre église et que nous donnerions cinq francs pour l'achèvement de sa basilique, Notre-Dame de Lourdes que j'avais promis d'aller prier avec toi au prochain pèlerinage dans son église pour demander à Dieu la grâce de persévérer dans la vie de bon chrétien que je me proposais que nous mènerions tous les deux ensemble si je retournais près de toi, ne nous abandonneront pas et si elles ne m'exaucent8 pas en cette vie, j'espère qu'elles m'exauceront en l'autre. Pardonne-moi tout ce que tu vas souffrir par moi, ma bien-aimée, toi que j'ai de plus cher sur la terre, toi que j'aurais voulu rendre si heureuse en vivant chrétiennement ensemble si j'étais retourné près de toi, sois bien courageuse, pratique bien la religion, va souvent à la communion, c'est là que tu trouveras le plus de consolation et le plus de force pour supporter cette cruelle épreuve. Oh! si je n'avais cette foi en Dieu en quel désespoir je serais! Lui seul me donne la force de pouvoir écrire ces pages. Oh! bénis9 soient mes parents qui m'ont appris à la connaître! Mes pauvres parents, ma pauvre mère, mon pauvre père, que vont-ils devenir quand ils vont apprendre ce que je suis devenu ? Ô ma bien-aimée, ma chère Michelle, prends-en bien soin de mes pauvres parents tant qu'ils seront de ce monde, sois leur consolation et leur soutien dans leur douleur, je te les laisse à tes bons soins, dis-leur bien que je n'ai pas mérité1 cette punition si dure et que nous nous retrouverons tous en l'autre monde, assiste-les à leurs derniers moments et Dieu t'en récompenseras, demande pardon pour moi à tes bons parents de la peine qu'ils vont éprouver par moi, dis-leur bien que je les aimais beaucoup et qu'ils ne m'oublient pas dans leurs prières, que j'étais heureux d'être devenu leur fils et de pouvoir les soutenir et en avoir soin sur leurs vieux jours mais puisque Dieu en a jugé autrement, que sa volonté soit faite et non la mienne. Au revoir là-haut, ma chère épouse.
Jean

Brev 4
Henri Floch blev dødsdømt i samme sag. Dette er hans afskedsbrev til sin kone:
Ma bien chère Lucie,

Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. 

Voici pourquoi :

Le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m'ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J'ai profité d'un moment de bousculade2 pour m'échapper des mains des Allemands. J'ai suivi mes camarades, et ensuite, j'ai été accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi.

Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu'il y a dedans.

Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l'âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l'embarras dans lequel je vais te mettre...

Ma petite Lucie, encore une fois, pardon.

Je vais me confesser à l'instant, et j'espère te revoir dans un monde meilleur.

Je meurs innocent du crime d'abandon de poste qui m'est reproché. Si au lieu de m'échapper des Allemands, j'étais resté prisonnier, j'aurais encore la vie sauve. C'est la fatalité

Ma dernière pensée, à toi, jusqu'au bout.

Henri Floch

Brev 5
Léonard Leymarie blev henrettet i 1914 anklaget for at have lemlæstet sig selv for at slippe for krigen. Stavefejlene er bibeholdt.
Je soussigné, Leymarie, Léonard, soldat de 2e classe, né à Seillac (Corrèze),

Le Conseil de Guerre me condamne à la peine de mort pour mutilation volontaire1 et je déclare formelmen que je sui innocan. Je suis blessé ou par la mitraille ennemie ou par mon fusi, comme l'exige le major, mai accidentelmen, mais non volontrairemen, et je jure que je suis innocan, et je répète que je suis innocan. Je prouverai que j'ai fait mon devoir et que j'aie servi avec amour et fidelitée, et je je n'ai jamais féblie à mon devoir.

Et je jure devandieux que je sui innocan.
LEYMARIE Léonard

Brev 6 (uddrag)
I et brev til sin bror beskriver Jacques Ambrosini beskriver et slag mod tyrkerne i Dardanellerne i maj 1915.
(...) Les balles avaient bien sifflé, mais personne n'avait été touché. La rage de tuer et poussés par l'odeur de la poudre1 aussi bien que par les cris des bêtes féroces2, car à ce moment-là on devient des bêtes féroces, [ne] pensant qu'à tuer et massacrer, nous nous élançons tous comme un seul homme. (...) Les camarades tombent. Presque tous blessés. Ce sont alors des cris de douleur. D'un côté, on entend « ma femme », « mes enfants » de l'autre, « ma mère », « achevez-moi3 », « ne me faites plus souffrir ». Tout ceci te déchire le cour, le sang coule à flots, mais nous avançons quand même, marchant sur les morts. Les Turcs sont couchés par centaines. Notre 75 aussi bien que les pièces de marine ont fait du bon travail. Ils sont déjà tout gonflés4. (...) Les Sénégalais qui passent sur les tranchées ennemies achèvent les blessés. On nous l'avait bien recommandé5 à nous aussi, mais je n'ai pas le courage. Tout à coup, à la troisième tranchée turque, un de ces vieux mahométans6, blessé et pouvant encore bouger ses bras hisse7 un drapeau blanc au bout d'un morceau de bois. Je m'approche pour le voir de près. Que fait-il? Il me regarde puis saisit son fusil et veut me mettre en joue8. Le malheureux. Plus leste9 que lui, je lui flanque10 ma baïonnette dans la tempe11 gauche et, instinctivement, je fais partir un coup. Les cervelles12 sautent en l'air et viennent jusqu'à ma figure. Il me crie pardon et meurt. Je repars me disant : « Tous les blessés, tu les achèveras. » C'est ce que je fis.

Brev 7 (uddrag)
Maurice Antoine Martin-Laval var feltlæge og hjalp bårebærerne med at hente de døde og de sårede på slagmarkerne. I et langt brev til sin søster Marie anklager han politikerne i Deputeretkammeret (svarer til Folketinget) og den civile befolkning for ikke at anerkende deres indsats. Han bebrejder især politikerne, at de ikke uddeler medaljer nok som erstatning for de store lidelser, soldaterne har været igennem.
Ne crois-tu pas chère Marie que tous ces morts quels qu'ils soient doivent aller droit au ciel après de semblables actes d'héroïsme et ne crois-tu pas odieux, honteux, scandaleux que Messieurs les Députés à la chambre veuillent refuser ou même discuter l'attribution d'une "croix de guerre1" à ces hommes, tous des héros (...). Tandis que vous vous promenez dans les rues ou les lieux de plaisir de Paris tandis que mollement2 assis dans un bon fauteuil de velours, au coin d'un bon feu, à l'abri de la pluie et scandalisés si un grain de poussière ou une goutte d'eau viennent ternir3 l'éclat de vos bottines4, vous discutez pour savoir si l'absinthe est un poison ou si le mot " bar " est mieux que " débit de boissons " ou " établissement " tandis que loin du danger vous vous demandez d'un air fâché et dédaigneux : " Qu'est-ce qu'ils font donc? Pourquoi n'avancent-ils pas? Si j'étais au feu je ferais cela.. " Pendant ce temps Messieurs les Députés, vos concitoyens fiançais, vos frères, les fantassins dont le nom seul évoque on ne sait pourquoi, le mépris le plus grand, les soldats en général sont en train de recommander leur âme à Dieu avant d'accomplir "dans l'ombre" sans rien attendre de la postérité5 le plus grand des sacrifices, le sacrifice de leur vie. Et c'est vous qui êtes si prompts à vous décerner6 mutuellement des décorations plus ou moins méritées par quelque beau discours ou quelque puissant appui, c'est vous dis-je qui refusez d 'accorder à nos soldats la petite " croix de guerre " si vaillamment méritée; bien petit dédommagement7, en vérité pour une jambe ou un bras de moins, qu'un petit morceau de métal suspendu à un ruban quelconque, mais ce sera pourtant tout ce qui restera dans quelques années d'ici pour rappeler la conduite sublime de ces malheureux estropiés8 que le monde regardera d'un œil dédaigneux9.
De plus c'est si simple et ça ferait tant de plaisir à ces braves, ca stimulerait tant le courage des autres. Certes, ce n est pas pour ça qu'ils se battraient; mais ce serait tout de même une juste récompense.
Alors que nos ennemis distribuent à tort et à travers des croix de fer, de cuivre ou de bronze, nous nous montrerions si parcimonieux10. Excuse mon bavardage, ma chère Marie, mais je suis écœuré de toutes ces discussions à la Chambre.
Et que penser (tant pis si la censure arrête ma lettre), je ne cite d'ailleurs pas de noms, que penser de certains chefs qui lancent des hommes sur un obstacle insurmontable, les vouant ainsi à une mort presque certaine et qui semblent jouer avec eux, comme on joue aux échecs, avec comme enjeu de la patrie s'ils gagnent, un galon1 de plus.
Ne te scandalise pas, ma chère Marie, je t'écris encore sous le coup de l'émotion d'hier et de cette nuit et bien que je n'ai pas du tout pris part à cette lutte, j'ai été très touché ainsi que d'ailleurs tous les officiers même supérieurs qui sont ici; l'un d'eux ce matin en pleurait de rage et de pitié.
Ne crois pas d'ailleurs que mon moral soit atteint le moins du monde, il est excellent.

Maurice

Brev 8 (uddrag)
Michel Toupiac skriver om ligene i skyttegravene.
Dimanche 14 février 1916

Cher ami,

Quand nous sommes arrivés par ici au mois de novembre, cette plaine2 était alors magnifique avec ses champs à perte de vue, pleins de betteraves3, parsemés de riches fermes et jalonnés de meules de blé. Maintenant c'est le pays de la mort, tous ces champs sont bouleversés, piétinés4, les fermes sont brûlées ou en ruine et une autre végétation est née : ce sont les petits monticules5 surmontés d'une croix ou simplement d'une bouteille renversée dans laquelle on a placé tes papiers de celui qui dort là. (...) J'étais l'autre jour dans les tranchées. Je n'ai jamais rien vu de si horrible. Ils avaient étayé6 leurs tranchées avec des morts recouverts de terre, mais, avec la pluie, la terre s'éboule7 et tu vois sortir une main ou un pied, noirs et gonflés. Il y avait même deux grandes bottes qui sortaient dans la tranchée, la pointe en l'air, juste à hauteur, comme des porte-manteaux8. Et les « joyeux » y suspendaient leurs musettes, et on rigole de se servir d'un cadavre boche comme porte-manteau. Je ne te raconte que des choses que je vois, autrement je ne le croirais pas moi-même. (...)"

Brev 9 (uddrag)
Gustave Berthler skriver om julen 1914.


Le 28 décembre 1914

Ma bien chère petite Alice,

Nous sommes de nouveau en réserve pour quatre jours, au village des Brebis. Le service tel qu'il est organisé maintenant est moins fatigant. Quatre jours aux tranchées, quatre jours en réserve. Nos quatre jours de tranchées ont été pénibles à cause du froid et il a gelé1 dur, mais les Boches nous ont bien laissés tranquilles. Le jour de Noël, ils nous ont fait signe et nous ont fait savoir qu'ils voulaient nous parler. C'est moi qui me suis rendu à 3 ou 4 mètres de leur tranchée d'où ils étaient sortis au nombre de trois pour leur parler.

Je résume la conversation que j'ai dû répéter peut-être deux cents fois depuis à tous les curieux. C'était le jour de Noël, jour de fête, et ils demandaient qu'on ne tire aucun coup de fusil pendant le jour et la nuit,eux-mêmes affirmant qu'ils ne tireraient pas un seul coup. Ils étaient fatigués de faire la guerre, disaient-ils, étaient mariés comme moi (ils avaient vu ma bague), n'en voulaient2 pas aux Français mais aux Anglais. Ils me passèrent un paquet de cigares, une boîte de cigarettes bouts dorés, je leur glissai Le Petit Parisien en échange d'un journal allemand et je rentrai dans la tranchée française où je fus vite dévalisé3 de mon tabac boche.

Nos voisins d'en face tinrent mieux leur parole que nous. Pas un coup de fusil. On put travailler aux tranchées, aménager4 les abris5 comme si on avait été dans la prairie Sainte-Marie. Le lendemain, ils purent s'apercevoir que ce n'était plus Noël, l'artillerie leur envoya quelques obus (...) en plein dans leur tranchée.(...)

Brev 9 (uddrag)
Emile Sautour skriver om manglen på hvile og disciplin.
31 mars 1916

Mes bons chers parents, ma bonne petite soeur,

Il me devient de plus en plus difficile de vous écrire. Il ne me reste pas un moment de libre. Nuit et jour il faut être au travail ou au créneau6. De repos7 jamais. Le temps de manger aux heures de la soupe et le repos terminé il faut reprendre son ouvrage ou sa garde. Songez que sur vingt-quatre heures je dors trois heures, et encore elles ne se suivent pas toujours. Au lieu d'être trois heures consécutives8, il arrive souvent qu'elles sont coupées de sorte que je dors une heure puis une deuxième fois deux heures.Tous mes camarades éprouvent les mêmes souffrances. Le sommeil pèse sur nos paupières9 lorsqu'il faut rester six heures debout au créneau avant d'être relevé. Il n'y a pas assez d'hommes mais ceux des dépôts peuvent être appelés et venir remplacer les évacués ou les disparus. Un renfort de vingt hommes par bataillon arrive, trente sont évacués.

Il n'y a pas de discipline militaire, c'est le bagne10, c'est l'esclavage11... Les officiers ne sont point familiers, ce ne sont point ceux du début. Jeunes, ils veulent un grade toujours de plus en plus élevé. Il faut qu'ils se fassent remarquer par un acte de courage ou de la façon d'organiser défensivement un secteur, qui paie cela le soldat. La plupart n'ont aucune initiative. Ils commandent sans se rendre compte des difficultés de la tâche, ou de la corvée à remplir. En ce moment nous faisons un effort surhumain. Il nous sera impossible de tenir longtemps; le souffle se perd. Je ne veux pas m'étendre trop sur des faits que vous ne voudriez pas croire tout en étant bien véridiques1, mais je vous dirai que c'est honteux2 de mener3 des hommes de la sorte, de les considérer comme des bêtes. (...)
Kilde: Jean-Pierre Guéno: Paroles de Poilus. Lettres et carnets du front (1914-1918), Librio, 1998.

1 naturaliser = give indfødsret

2 aïeux = forfædre

3 dette = gæld

4 artilleur = artillerist

5 devancer = komme før

1 se reclamer de = påberåbe sig

2 fantassin = fodsoldat

3 vaillamment = tappert

4 dépôt = mandskab

1 Find evt. flere oplysninger ved at søge på "Martyrs de Vingré"

2 détresse = fortvivlelse

3 escouade = deling

4 conseil de guerre = krigsret

5 déposer = afgive forklaring

6 pèlerinage = pilgrimsfærd

7 communion = altergang

8 exaucer = opfylde en bøn

9 bénir = velsigne

1 mériter = fortjene

2 bousculade = forvirring

1 mutilation volontaire = frivillig lemlæstelse

1 poudre = krudt

2 féroce = blodtørstig

3 achever = dræbe, give nådesskud

4 gonfler = svulme op

5 recommander = beordre

6 mahométan = muhamedaner

7 hisser = hejse op

8 mettre en joue = sigte på

9 leste = hurtig

10 flanquer = banke ind i

11 tempe = tinding

12 cervelles = hjernemasse

1 croix de guerre = krigskors (medalje)

2 mollement = blødt

3 ternir = plette

4 bottines = små støvler

5 postérité = eftertiden

6 décerner = uddele

7 dédommagement = erstatning

8 estropié = krøbling

9 dédaigneux = nedværdigende

10 parcimonieux = fedtet

1 galon = gradstegn

2 plaine = slette

3 betterave = roe

4 piétiner = trampe i stykker

5 monticules = jordbunke

6 étayer = afstive

7 s'ébouler = glide af

8 porte-manteau = krog til overtøj

1 gelé = frost

2 en vouloir à = være vred på

3 devaliser = plyndre

4 aménager = reparere

5 abri = beskyttelsesrum

6 crénau = skydeskår

7 repos = hvile

8 consécutif = i træk

9 paupière = øjenlåg

10 bagne = slaveanstalt

11 esclavage = slaveri

1 véridique = sandfærdig

2 honteux = skamfuldt

3 mener = lede

Anne Fonnesbech/2008 Page

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