Homme libre, toujours tu chériras la mer !





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L’Odyssée poétique



20 11 - 2012

Sommaire des poésies

2011 – 2012
L’homme et la mer, Charles Baudelaire 12

L’albatros, Charles Baudelaire 12

Iles, Blaise Cendrars 4

L’aventure, Raymond Queneau 8

Offrande, Esther Granek 6

Forte mer, Pierre Reverdy 8

La colère, Monique Müller 8

Le petit bonheur, Géo Norge 6

Comme il est bon d’aimer, Jean Pierre Siméon 6

Amitié, Jean Pierre Voidies 10

Pour la liberté, Philippe Soupault 4

Partir, Cécile Chabot 10

Ma bohème, Arthur Rimbaud 12

Liberté, Maurice Carême 8

Imaginons, Eugène Guillevic 4

J’attends, Hubert Mingarelli 8

La mouche et la crème, Pierre Gamarra 8

La catastrophe, Istvan Csukas 4

Le loup et l’agneau, Jean de la Fontaine 14

Les mouches, Raymond Queneau 10

Deux pigeons, Michel Besnier 4

La cigale et la fourmi, Jean de la Fontaine 12

Soleil, Mohamed Azizlahababi 8

L'homme et la mer
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur 12 points
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables!
Charles Baudelaire
L’albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches 12 points
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire

Iles

Iles
Iles
lles où l’on ne prendra jamais terre
Iles où l’on ne descendra jamais
Iles couvertes de végétations
Iles tapies comme des jaguars 4 points
Iles muettes
Iles immobiles
Iles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais
bien aller jusqu’à vous

Blaise Cendrars,

Feuilles de route, 1924

L’aventure
Les mâts qui se balancent

dans ce grand port de la Manche

n’emporteront pas l’écolier

vers les îles des boucaniers
jamais, jamais, jamais

il n’eut l’idée de se glisser

à bord du trois – mâts qui s’élance

vers le golfe du Mexique 8 points
il le suit sur la carte

qui bellement se déplace

avant les longitudes

vers Galveston ou Tampico
il a le goût de l’aventure

l’écolier qui sait regarder

de si beaux bateaux naviguer
sans y mettre le pied

sans y mettre le pied
Raymond Queneau




Offrande

Au creux d’un coquillage
Que vienne l’heure claire
Je cueillerai la mer
Et je te l’offrirai.

Y dansera le ciel
Que vienne l’heure belle.
Y dansera le ciel
Et un vol d’hirondelle
Et un bout de nuage 6 points
Confondant les images
En l’aurore nouvelle
Dans un reflet moiré
Dans un peu de marée
Dans un rien de mirage
Au fond d’un coquillage.

Et te les offrirai.

Esther Granek,

Je cours après mon ombre, 1981

Forte mer
Devant le bateau immobile

Quelqu'un qui attend

C'est le port qui bouge

Il fait trop de vent

le niveau de l'eau change

tant la mer est lasse

tout devient plus grand

Le marin qui passe arrive en retard 8 points

D'où vient l'air qu'il a

Et sa tête basse

la sortie du bar

tout l'équipage est dans les mâts

Un oiseau s'efface

Sur le ciel plus plat

Tout le monde a peur

Quand la casquette l'air et les nombreux visages

le vent a tout mêlé dans un même nuage.
Pierre Reverdy

La colère
Ce matin, j'ai mangé de la colère
à la petite cuillère.
J'ai mis plein de mauvaise humeur
sur ma tartine de beurre.
Toute la journée, je l'ai passé à grogner,
à donner des coups de pieds,
et à dire "C'est bien fait !".
8 points
Mais maintenant, ça suffit,
J'ai envie que ce soit fini.
Et avant d'aller me coucher,
je voudrais vous apporter
une salade de baisers
bien frais, bien doux, bien sucrés.
C'est très facile à préparer.
Qui veut la goûter ?

Monique Müller
Au petit bonheur

Rien qu'un petit bonheur, Suzette,
Un petit bonheur qui se tait.
Le bleu du ciel est de la fête;
Rien qu'un petit bonheur secret.
Il monte ! C'est une alouette
Et puis voilà qu'il disparaît; 6 points
Le bleu du ciel est de la fête.
Il chante, il monte, il disparaît.
Mais si tu l'écoutes, Suzette,
Si dans tes paumes tu le prends
Comme un oiseau tombé des crêtes,
Petit bonheur deviendra grand.

Géo Norge
COMME IL EST BON D'AIMER

 

Il suffit d'un mot

Pour prendre le monde

Au piège de nos rêves

 

Il suffit d'un geste

Pour relever la branche

Pour apaiser le vent

  6 points

Il suffit d'un sourire

Pour endormir la nuit

Délivrer nos visages

De leur masque d'ombre

 

Mais cent milliards de poèmes

Ne suffirait pas

Pour dire

Comme il est bon d'aimer

 

Jean-Pierre Siméon

Amitié

Ce qui est beau, c'est un visage
Ce qui est beau, c'est l'amitié
Une robe qui s'en va un peu plus loin et volage
Laisse autour d'elle les oiseaux gazouiller.

Ce qui est beau, c'est le passage
De la brume à l'aurore et du cep au raisin
Ce qui est beau, c'est le ramage
Car tout ce qui vit sur la terre est du bien. 10 points

Ce qui est beau, c'est tout le monde
Ce qui est beau, c'est les filets
Du pêcheur qui s'en va près des rives profondes
Cueillir la sardine et le nacre des fées.

Ce qui est beau, c'est comme une onde
La marche en avant de l'homme et l'été
Qui revient tous les jours car toujours il triomphe.
Ce qui est beau, c'est l'amitié.

Jean Pierre VOIDIES

Pour la liberté
Laissez chanter

L’eau qui chante

Laissez courir

L’eau qui court

Laissez vivre

L’eau qui vit 4 points

L’eau qui bondit

L’eau qui jaillit

Laissez dormir

L’eau qui dort

Laissez mourir

L’eau qui meurt.

 

Philippe Soupault

Partir
Partir !
Aller n'importe où,

vers le ciel ou vers la mer,

vers la montagne ou vers la plaine !

Partir !
Aller n'importe où,

vers le travail,

vers la beauté ou vers l'amour !
Mais que ce soit avec une âme pleine

de bonté, de force et de pardon !


S'habiller de courage et d'espoir, 10 points

et partir,

malgré les matins glacés,
les midis de feu,

les soirs sans étoiles.

Raccommoder, s'il le faut,

nos coeurs comme des voiles trouées,

arrachées au mât des bateaux,

mais partir !

Aller n'importe où et malgré tout !

Et accomplir une oeuvre !
Et que l'oeuvre choisie soit belle,

et qu'on y mette tout son coeur,

et qu'on lui donne toute sa vie
Cécile Chabot



Ma Bohème ( Fantaisie)
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;
Oh! là! là! que d'amours splendides j'ai rêvées!


Mon unique culotte avait un large trou.
-Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. 12 points
-Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.


Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;


Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
Des mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
Arthur Rimbaud


Liberté

Prenez du soleil
Dans le creux des mains,
Un peu de soleil
Et partez au loin !

Partez dans le vent,
Suivez votre rêve;
Partez à l'instant,
La jeunesse est brève ! 8 points
Il est des chemins
Si aériens !

Ne regrettez pas
Ce que vous quittez.
Regardez, là-bas,
L'horizon briller.

Loin, toujours plus loin,
Partez en chantant.
Le monde appartient
A ceux qui n'ont rien.
Maurice Carême

Imaginons

Le temps que met l’eau à couler de ta main

Le temps que met le coq à crier le soleil

Le temps que l’araignée dévore un peu la mouche

Le temps que la rafale arrache quelques tentes 4 points

Le temps de ramener près de moi tes genoux

Le temps pour nos regards de se dire d’amour

Imaginons ce qu’on fera

de tout ce temps.

Eugène Guillevic

J’attends

J’attends la pluie
Dit le désert.
J’attends la paix
Dit le soldat.
J’attends demain
Dit aujourd’hui
J’attends la nuit
Dit la luciole
Moi aussi dit l’astronome
Moi aussi dit l’étoile
J’attends le vent 8 points
Dit la fleur de pissenlit
Moi aussi dit l’oiseau
J’attends mon heure
Dit le prisonnier
Moi aussi dit la liberté
J’attends la paix
Dit le soldat
Tu l’as déjà dit
Je sais dit le soldat
J’attends un enfant
Dit la mère

J’attends tout
Dit l’enfant.

Hubert Mingarelli

La mouche et la crème
Une mouche voyant une jatte de crème

S'écria : « Quelle chance ! Ah ! Que cela me plaît !

Ô délice ! Ô bonheur extrême !

Des oeufs frais, du sucre et du lait,

un tendre arôme de vanille;

rien ne met plus de douceur en mon coeur. »
Elle volette, elle frétille,

elle s'approche, elle gambille

sur le rebord

et c'est alors 8 points

que sur la faïence trop lisse,

la mouche glisse

et succombe dans les délices

de cette crème couleur d'or.
Parfois, les choses que l'on aime

sont des dangers.
Il n'est pas toujours sûr que l'on puisse nager

dans la meilleure des crèmes.
Pierre Gamarra


LA CATASTROPHE

Quel malheur ! Ca me désole :
On vient de fermer l'école !
On a tout cadenassé !
Que je suis bouleversé

Au soleil ou sous la pluie, 4 points
Mon Dieu, que cela m'ennuie !
J'ai beau rire et m'amuser;
J'en ai le cœur brisé.

Quant finiront les vacances,
Si j'ai survécu par chance,
Epuisé de tant souffrir,
C'est moi qui viendrai rouvrir

Istvan Csukas

Le Loup et l'agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure:

Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait

Dans le courant d'une onde pure ;
Un Loup survint à jeun,

qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi de troubler mon

breuvage?

Dit cet animal plein de rage ;

Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'Agneau, que Votre Majesté

Ne se mette pas en colère;

Mais plutôt qu'elle considère 14 points

Que je me vais désaltérant

Dans le courant,

Plus de vingt pas au-dessous d'elle;

Et que par conséquent,

en aucune façon,

je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle ;

Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né?

Reprit l'Agneau,

je tête encor ma mère.

- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.

- Je n'en ai point.

- C'est donc quelqu'un des tiens

Car vous ne m'épargnez guère,

Vous, vos bergers et vos chiens.

On me l'a dit: il faut que je me venge.»
Là-dessus, au fond des forêts

Le Loup l'emporte, et puis le mange,

Sans autre forme de procès.
Jean de La Fontaine









Les mouches

Les mouches d'aujourd'hui

ne sont plus les mêmes que les mouches

d'autrefois

elles sont moins gaies

plus lourdes, plus majestueuses, plus graves

plus conscientes de leur rareté

elles se savent menacées de génocide

Dans mon enfance elles allaient se coller

joyeusement

par centaines, par milliers peut-être 10 points

sur du papier fait pour les tuer

elles allaient s'enfermer

par centaines, par milliers peut-être

dans des bouteilles de forme spéciale

elles patinaient, piétinaient, trépassaient

par centaines, par milliers peut-être

elles foisonnaient

elles vivaient

Maintenant elles surveillent leur démarche

les mouches d'aujourd'hui

ne sont plus les mêmes que les mouches

d'autrefois.
Raymond Queneau


Deux pigeons
Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre

Deux corbeaux s’aimaient d’amour noir

Deux mésanges s’aimaient d’amour bleu

Deux pies s’aimaient d’amour bavard 4 points

Deux autruches s’aimaient d’amour lourd

Deux pinsons s’aimaient d’amour gai

Deux vautours s’aimaient eux aussi
Michel Besnier

La Cigale et la Fourmi
La Cigale, ayant chanté

Tout l'été,

Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue :

Pas un seul petit morceau

De mouche ou de vermisseau.

Elle alla crier famine

Chez la Fourmi sa voisine,

La priant de lui prêter

Quelque grain pour subsister 12 points

Jusqu'à la saison nouvelle.

«Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l'oût, foi d'animal,

Intérêt et principal.»

La Fourmi n'est pas prêteuse ;

C'est là son moindre défaut.

«Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

- Nuit et jour à tout venant je chantais, ne

vous déplaise.

- Vous chantiez ? j'en suis fort aise :

Eh bien! dansez maintenant.»
Jean de La Fontaine
Soleil
O Soleil ! Que fais-tu là-haut,

L’air fatigué ?

Tu rougis !

Est-ce colère ou timidité ?

Allons tu te couches déjà,

Sans même attendre que la lune

T’apporte des étoiles avec lesquelles avant de dormir 8 points

Tu joueras ?

Non ! Ne boude pas la fête !

Pourquoi ces coups de soleil ?

Est-ce fantaisie ou coup de tête ?

T’as chaud !

Ton crâne chauve n’est pas beau, gros insecte va !

Couvre-toi la tête , avec un joli bonnet de nuit,

Veux-tu ?
Mohamed Azizlahababi

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