Mémoires d'outre-tombe





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Les Feuillantines
En définitive, le seul poème réellement écrit aux Roches dans les années 1830 est "Bièvre", poème des Feuilles d'automne dédié "A Mademoiselle Louise B." (c'est-à-dire à Louise Bertin, la fille de Bertin l'Aîné). C'est dans ce poème, écrit en juillet 1831, qu'apparaît pour la première fois le détail des "collines vertes" encadrant les Roches :
Une rivière au fond, des bois sur les deux pentes.

(...)

Et pour couronnement à ces collines vertes,

Les profondeurs du ciel toutes grandes ouvertes,

(...).22
"Bièvre" évoque encore, cinq strophes plus loin, la "colline" du haut de laquelle on descend, le soir, vers la maison, et, à la fin du poème, le "ruban" de "collines bleues" derrière lequel se cache Paris. Dès lors, l'image des "collines" que propose le livre IV des Contemplations - "Quand nous habitions tous ensemble / Sur nos collines d'autrefois…"23 - constitue une citation des Feuilles d'automne. Cette image apparaît encore dans le poème du livre V dédié, comme "Bièvre", "A Mademoiselle Louise B." : "Vous souvient-il (...) / (...) du soir qui tombait des collines prochaines ? / (…) / Quelquefois, je voyais, de la colline en face, / Mes quatre enfants jouer, tableau que rien n'efface!"24. Ces deux poèmes, écrits à vingt-quatre ans d'intervalle ("Bièvre" en 1831, "A Mademoiselle Louise B." en 1855) s'adressent tous deux à leur dédicataire, Louise B. Celle-ci est décrite au présent dans "Bièvre" :
Si c'est un des moments, doux et mystérieux,

Où la musique, esprit d'extase et de délire,

Dont les ailes de feu font le bruit d'une lyre,

Réverbère en vos chants la splendeur de vos yeux…
Elle est invoquée comme garante du souvenir dans Les Contemplations, exactement dans les mêmes termes que dans Les Feuilles d'automne (esprit ou temps "d'extase et de délire", rime "lyre" / "délire"), si bien que le souvenir dont elle est la garante est d'ordre intertextuel plutôt que référentiel :
Ô vous l'âme profonde! ô vous la sainte lyre!

Vous souvient-il des temps d'extase et de délire,

Et des jeux triomphants,

Et du soir qui tombait des collines prochaines ?

Vous souvient-il des jours ? vous souvient-il des chênes

Et des petits enfants ?
De même, "Bièvre" évoque le "noble père" de Louise, "dont la jeune pensée / Se couronne de cheveux blancs", tandis que le poème des Contemplations décrit les oiseaux désireux d'avoir, "pour augmenter la douceur du nid sombre, / Un de ses cheveux blancs". C'est, plus largement, le livre IV dans son ensemble, en tant que livre du souvenir, qui est uni par un lien intertextuel à la poésie des Feuilles d'automne, qui cristallise le passé. Les souvenirs de Hugo sont avant tout textuels.

C'est aussi le poème "Bièvre" qui esquisse, le premier, le lien entre les Roches et la maison d'enfance de Victor Hugo, les Feuillantines :
Oui, c'est un de ces lieux où notre cœur sent vivre

Quelque chose des cieux qui flotte et qui l'enivre ;

Un de ces lieux, qu'enfant j'aimais et je rêvais,

Dont la beauté sereine, inépuisable, intime,

Verse à l'âme un oubli sérieux et sublime

De tout ce que la terre et l'homme ont de mauvais!25
Ce lien entre les Roches et les Feuillantines est rappelé, quelque vingt ans plus tard, dans le poème des Contemplations "A André Chénier", daté des "Roches, juillet 1830" (mais écrit en exil, le 14 octobre 1854), et dans les premiers vers duquel le poète évoque un souvenir des Feuillantines :
Tout jeune encore, tâchant de lire

Dans le livre effrayant des forêts et des eaux,

J'habitais un parc sombre où jasaient des oiseaux,

(...).26
Le travail du souvenir est doublement textuel : Hugo, en exil, date fictivement un poème des Roches et des années 1830, et, dans ce poème, établit une analogie entre la villégiature des jours heureux et la maison de son enfance, les Feuillantines. Le référent du souvenir s'éloigne dans le temps, dans une remontée vers les origines qui situe le bonheur perdu dans un passé toujours plus lointain. Mais ce référent est, en réalité, encore un texte. En effet, les Feuillantines sont, dès Les Feuilles d'automne, un souvenir textuel : la périphrase que propose "Bièvre" - "Un de ces lieux, qu'enfant j'aimais et je rêvais…" - renvoie à la nomination explicite et à la description détaillée que l'on trouve dans le dernier poème des Orientales :
Entre mes souvenirs je t'offre les plus doux,

Mon jeune âge, et ses jeux, et l'école mutine,

(...).

Je te raconte aussi comment, aux Feuillantines,

Jadis tintaient pour moi les cloches argentines,

Comment, jeune et sauvage, errait ma liberté,

Et qu'à dix ans, parfois, resté seul à la brune,

Rêveur, mes yeux cherchaient les deux yeux de la lune,

Comme la fleur qui s'ouvre aux tièdes nuits d'été.27
Ce poème des Orientales date de novembre 1828. Son écriture est donc contemporaine de celle du Dernier Jour d'un condamné, roman paru en 1829, au narrateur duquel Hugo a prêté ses souvenirs des Feuillantines. Si le nom de la maison n'apparaît pas, sa nature (un "ancien enclos de religieuses") et sa localisation (au pied du "sombre dôme du Val-de-Grâce") ne permettent aucun doute :
Je me revois enfant, écolier rieur et frais, jouant, courant, criant avec mes frères dans la grande allée verte de ce jardin sauvage où ont coulé mes premières années, ancien enclos de religieuses que domine de sa tête de plomb le sombre dôme du Val-de-Grâce.28
Les Feuillantines acquièrent donc d'emblée - dès les écrits poétiques et romanesques des années 1830 - un statut quasi mythique : de simple souvenir d'une expérience individuelle, Les Feuillantines se transforment en représentation idéalisée d'un passé qui n'est pas seulement celui de Hugo (il le prête au condamné à mort anonyme à l'origine de l'énonciation du roman de 1829), mais celui de l'humanité (d'où l'assimilation récurrente des Feuillantines, ce "jardin sauvage", au "paradis", sur laquelle nous reviendrons). La matrice du souvenir est, déjà, textuelle.
La Terrasse
Mais l'image des "collines" qui scande le discours du souvenir dans Les Contemplations ne renvoie pas exclusivement aux Roches - et, par rebond, aux Feuilles d'automne et aux Feuillantines. Elle renvoie également à un autre lieu de villégiature, le château de la Terrasse, où la famille Hugo a séjourné dans les années 1840.
Ô souvenirs! printemps! aurore!

Doux rayon triste et réchauffant!

- Lorsqu'elle était petite encore,

Que sa sœur était tout enfant... -
Connaissez-vous sur la colline

Qui joint Montlignon à Saint-Leu,

Une terrasse qui s'incline

Entre un bois sombre et le ciel bleu ?
C'est là que nous vivions. - Pénètre,

Mon cœur, dans ce passé charmant! - 29
Léopoldine Hugo avait passé le mois de juin 1839 chez une amie à Saint-Prix, dans la vallée de Montmorency, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris30. Elle convainquit son père de louer, dès l'année suivante, le château de la Terrasse, grande demeure entourée d'un vaste parc située sur le coteau dominant le village de Saint-Prix - ou, pour reprendre les termes de Hugo, "sur la colline / Qui joint Montlignon à Saint-Leu". Le château fut vendu aussitôt après le séjour qu'y fit la famille Hugo en 1840 : pendant les deux étés suivants, les Hugo durent se contenter d'un appartement meublé à Saint-Prix. Il est d'autant plus surprenant que trois poèmes des Contemplations, tous situés dans le livre I, soient censés avoir été écrits à la Terrasse. Si "Mes deux filles"31, daté de "La Terrasse, près Enghien, juin 1842", a réellement été écrit à cette date, il ne peut l'avoir été à La Terrasse : le château avait déjà été vendu. Les deux autres poèmes sont datés d'avril et d'août 1840, mais ces dates sont fictives : le premier a été écrit en exil32, le second, "La vie aux champs"33, en août 1846, trois ans après la mort de Léopoldine. Hugo se sert donc de la Terrasse, où il n'a pourtant séjourné qu'un été, pour reconstruire des souvenirs heureux ; et l'on peut faire l'hypothèse que ce nom a été choisi - parmi tous ceux qui s'offraient à Hugo : Fourqueux, Auteuil, Boulogne, autres lieux de villégiature dans les années 1830 - pour sa symétrie avec celui de la maison d'exil, Marine-Terrace. Hugo construit donc le recueil des Contemplations en miroir, rendant symétriques, de part et d'autre de la coupure de 1843, le passé ("Autrefois, 1830-1843") et le présent ("Aujourd'hui, 1843-1855"), la villégiature (la Terrasse) et l'exil (Marine-Terrace), les "beaux mois" (juin, juillet, août) et l'hiver de la vie.
On peut ainsi remarquer que "La vie aux champs", poème du livre I daté de "La Terrasse, août 1840", décrit la même scène qu'un poème du livre IV daté de "Villequier, 4 septembre 1846" : les enfants se réunissent autour du poète, qui leur raconte des histoires de géants. Dans le poème daté de 1840, la scène est racontée au présent :



Les petits - quand on est petit, on est très brave -

Grimpent sur mes genoux ; les grands ont un air grave ;

Ils m'apportent des nids de merles qu'ils ont pris,

Des albums, des crayons qui viennent de Paris ;

On me consulte, on a cent choses à me dire,

On parle, on cause, on rit surtout ; (...)

Puis, lorsqu'ils ont jasé tous ensemble à leur aise,

Ils font soudain, les grands s'appuyant à ma chaise,

Et les petits toujours groupés sur mes genoux,

Un silence, et cela veut dire : "Parle-nous."
Je leur parle de tout. (...)
Je leur raconte (...)

Rome ; l'antique Egypte et ses plaines sans ombre,

Et tout ce qu'on y voit de sinistre et de sombre.

Lieux effrayants! tout meurt ; le bruit humain finit.

Tous ces démons taillés dans des blocs de granit,

Olympe monstrueux des époques obscures,

Les Sphinx, les Anubis, les Ammons, les Mercures,

Sont assis au désert depuis quatre mille ans ;

(...)

Le voyageur de nuit, qui passe à côté d'eux,

S'épouvante, et croit voir, aux lueurs des étoiles,

Des géants enchaînés et muets sous des voiles.34
Le poème daté de 1846 évoque la même scène au passé :
Nous jouions toute la journée.

Ô jeux charmants! chers entretiens!

Le soir, comme elle était l'aînnée,

Elle me disait : "Père, viens!
"Nous allons t'apporter ta chaise,

Conte-nous une histoire, dis!" -

Et je voyais rayonner d'aise

Tous ces regards de paradis.
Alors, prodiguant les carnages,

J'inventais un conte profond

Dont je trouvais les personnages

Parmi les ombres du plafond.
Toujours, ces quatre douces têtes

Riaient, comme à cet âge on rit,

De voir d'affreux géants très bêtes

Vaincus par des nains pleins d'esprit.35
Six ans sont censés séparer ces deux poèmes : la même scène est racontée au présent puis au passé, du point de vue de l'expérience immédiate puis de celui du souvenir. Le lecteur est donc en droit d'imaginer que le poème de 1846 réécrit celui de 1840, ce qui cause la joie du poète en 1840 étant devenu, en 1846, objet de nostalgie ; effet de symétrie, donc. Or, ces deux poèmes sont en réalité contemporains : "La vie aux champs", daté dans le recueil de "La Terrasse, août 1840", a été achevé le 2 août 1846, tandis que le poème IX du livre IV date de l'automne 1846. Un ou deux mois les séparent, et non six années marquées par le deuil d'un enfant - preuve que le souvenir n'est, le plus souvent, qu'un effet de lecture très concerté.

De l'automne 1846 date également le poème VI du livre IV : daté dans le recueil de "Villequier, 4 septembre 1844", il a été, en réalité, achevé le 16 octobre 1846. Il est donc contemporain du poème IX du livre IV, censé lui aussi avoir été écrit à Villequier un 4 septembre, date anniversaire de la mort de Léopoldine Hugo. Cette contemporanéité explique que les deux poèmes semblent évoquer le même lieu avec la même nostalgie : "Quand nous habitions tous ensemble / Sur nos collines d'autrefois…" (IV, 6), "Connaissez-vous sur la colline / Qui joint Montlignon à Saint-Leu, / Une terrasse qui s'incline / Entre un bois sombre et le ciel bleu ? / C'est là que nous vivions." (IV, 9) - alors même que, d'un point de vue strictement biographique, le premier se réfère aux Roches et l'autre à la Terrasse (si Léopoldine "avait dix ans" lorsqu'elle y séjournait, c'est bien la maison des Roches qui est décrite dans le poème VI ; si elle se dresse sur la colline qui "joint Montlignon à Saint-Leu", la maison décrite dans le poème IX est bien la Terrasse). Cela prouve la non-pertinence, ici, du strict point de vue biographique : les souvenirs des Roches et de la Terrasse se superposent, avatars d'un même Eden perdu.

Du même automne 1846 date enfin le poème IV du livre IV, daté dans le recueil de "Jersey, Marine-Terrace, 4 septembre 1852". L'opération, ici, est inverse : Hugo post-date un poème écrit six ans plus tôt qu'il ne le dit. Pourquoi ? Sans doute parce que cela lui permet de dater deux poèmes dont l'écriture est contemporaine, l'un, de "La Terrasse" (I, 6, "La vie aux champs"), l'autre, de "Marine-Terrace" (IV, 4). La villégiature, départ heureux, et l'exil, départ subi, se construisent en miroir. On peut dès lors se demander si, de manière analogue, le nom des Roches, la propriété des Bertin où séjourna à plusieurs reprises la famille Hugo, n'est pas cité dans le recueil pour produire un effet de symétrie avec les rochers de l'exil. Rappelons, à l'appui de cette hypothèse, que deux des trois poèmes datés des "Roches" ont été écrits les 14 et 15 octobre 185436 ; or, le long poème intitulé "Ce que dit la bouche d'ombre", dont le manuscrit atteste qu'il a été achevé le 13 octobre 1854, s'ouvre sur les vers suivants :
J'errais près du dolmen qui domine Rozel,

A l'endroit où le cap se prolonge en presqu'île.

Le spectre m'attendait ; l'être sombre et tranquille

Me prit par les cheveux dans sa main qui grandit,

M'emporta sur le haut du rocher, et me dit : (...).37
Venant d'achever, la veille, le poème qui clôt le livre VI, dans lequel la "bouche d'ombre" s'adresse à l'exilé du "haut du rocher" qui domine Rozel, Hugo se consacre, les 14 et le 15 octobre, à l'écriture de deux poèmes du livre I qui font pendant à "Ce que dit la bouche d'ombre". A la leçon métaphysique délivrée par le "spectre" (VI, 26) répondent les conseils d'ordre poétique donnés par le "bouvreuil" (I, 5), le "lierre" et le "bluet" (I, 27) ; à l'explication des fins dernières (VI, 26) correspond le souvenir des origines, aux Feuillantines (I, 5) ; enfin, au traitement apocalyptique de la théorie de la métempsycose (VI, 26) fait écho son traitement bucolique : "Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit / La nature aux soupirs ineffables. Je cause / Avec toutes les voix de la métempsycose" (I, 27). Pour souligner cet effet de symétrie, Hugo date fictivement les deux poèmes du livre I des "Roches", nom choisi pour son signifiant autant que pour son référent. Le rocher est comme l'emblème des îles anglo-normandes, et, plus largement, comme l'emblème de l'exil : "Je suis sur un rocher qu'environne l'eau sombre", lit-on dans "Écrit en 1855"38. La dédicace des Travailleurs de la mer réactualise la même image :
Je dédie ce livre au rocher d'hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l'île de Guernesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable.
Les Roches font donc pendant aux rochers de Jersey et de Guernesey, selon une structure en miroir qui signifie que le passé et le présent ne se suivent pas seulement de façon linéaire, mais se contiennent aussi l'un l'autre. Aussi les Feuillantines, paradis perdu auquel se rapportent, en dernière analyse, tous les poèmes du souvenir, ont-elles pour pendant le "paradis" auquel travaille le juste dans "Ce que dit la bouche d'ombre" :
Les enfers se refont édens ; c'est là leur tâche.

Tout globe est un oiseau que le mal tient et lâche.

Vivants, je vous le dis,

Les vertus, parmi vous, font ce labeur auguste

D'augmenter sur vos fronts le ciel ; quiconque est juste

Travaille au paradis.
Dès lors, le paradis est à l'origine et à l'horizon du discours poétique hugolien. Les Feuillantines sont un éden perdu, un mythe construit, de roman en roman, de recueil en recueil, avec les mêmes mots. C'est un "jardin sauvage" (Le Dernier Jour d'un condamné39), comme est "sauvage" la "liberté" de l'enfant de dix ans qui y rêve (Les Orientales40). C'est une "grande allée verte" où le poète se revoit "jouant, courant, criant avec (ses) frères" (Le Dernier Jour d'un condamné), sous l'autorité de leur mère disant : "Jouez, mais je défends / Qu'on marche dans les fleurs et qu'on monte aux échelles" (Les Contemplations41), et dont il se souvient, plus tard, comme de la "verte allée aux boutons d'or" (Les Rayons et les Ombres42) ; aussi Eugène, le frère devenu dément, est-il sommé de se souvenir lui aussi : "Tu dois te souvenir des vertes Feuillantines, / Et de la grande allée où nos voix enfantines, / (…) / Ont laissé (…) / Tant d'échos si charmants" (Les Voix intérieures43). C'est un jardin où les yeux de l'enfant "cherchaient les deux yeux de la lune, / Comme la fleur qui s'ouvre aux tièdes nuits d'été" (Les Orientales), et dont il se souvient, plus tard, comme d'un jardin "semé de fleurs s'ouvrant ainsi que des paupières" (Les Rayons et les Ombres). L'enfant y avait "le paradis dans le cœur" (Le Dernier Jour d'un condamné), et évoque plus tard le jardin comme un "radieux paradis" (Les Rayons et les Ombres). Ce "paradis" est foudroyé, en janvier 1871, par une bombe, "reptile de la guerre au sillon tortueux" qui sort "de l'enfer" (L'Année terrible44). La métaphore du serpent réactive celle du jardin édénique :
L'homme que tout à l'heure effleura ta morsure,

S'était assis pensif au coin d'une masure.

Ses yeux cherchaient dans l'ombre un rêve qui brilla ;

Il songeait ; il avait, tout petit, joué là ;

Le passé devant lui, plein de voix enfantines,

Apparaissait ; c'est là qu'étaient les Feuillantines ;

Ton tonnerre idiot foudroie un paradis
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