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Collège Camille Claudel CHEVIGNY SAINT SAUVEUR (21)

dans le cadre du projet STARTER financé par le Conseil Général

  • La Compagnie L’Eclaircie

Claire SIMARD, metteur en scène

Michaël SANTOS, percussionniste

  • La classe de 5°7 et leur professeur de Français, Mme VALLOO


ont accueilli l’auteur des pièces jouées en matinée :


En attendant le Petit Poucet
Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu

Rencontre avec PHILIPPE DORIN

21 février 2012

En présence de :
Mme ACHARD, IPR-IA de Lettres

Delphine LAFOIX , représentante du Conseil Général,

Mme THOMASSIN, Principale du Collège

M. SALAHUB, Principal-adjoint du Collège




  1. « MERCI »

 Je voulais vous remercier de ce que vous avez fait pour moi, je ne m’attendais pas à cela, c’est vraiment très agréable. Je vois ce que ça représente comme investissement pour vous de présenter les choses devant les autres, non seulement devant ses camarades, mais devant des personnes que vous ne connaissez pas et même devant l’auteur, mais le théâtre ce n’est que ça et en même temps, c’est énorme de franchir cette limite, de venir dire quelque chose aux autres , c’est un gouffre, c’est un précipice, ça fait peur, vous aviez peur, mais en même temps vous avez fait ce passage-là , c’était vraiment très beau.

  1. IL Y A …….. IL Y A …….. IL Y A …….. IL Y A …….. IL Y A …….. IL Y A …….. une question de style………

En écriture, au moment de la relecture de nos textes, notre professeur nous donne comme consigne de modifier les phrases contenant des expressions comme «  il y a ». Vous, vous avez dit : «  Je ne peux pas m’empêcher de dire Il y a… et c’est ce qui crée mon style. »

Les « il y a » peuvent être interdits à l’école mais ce n’est pas la règle quand on écrit …. A l’école, vous apprenez à écrire correctement la langue. Un écrivain développe un style. Un philosophe a écrit : « Un écrivain, c’est quelqu’un qui est un étranger dans sa propre langue. »

début22.47Un écrivain, c’est quelqu’un qui doit inventer une façon de dire les choses, en maniant les mots d’une certaine façon, une façon qu’on n’a pas l’habitude d’entendre, c’est ça qui va créer de l’émotion, qui va créer des personnages, qui va créer une musique, qui va créer de la poésie, du rythme. Quand on est écrivain, il ne faut surtout pas écrire comme les écrivains que l’on aime bien, comme les grands écrivains, parce que ça a déjà été fait, donc si ça a déjà été fait une fois, ce n’est pas la peine de copier, il faut inventer une façon de raconter une histoire comme elles n’auraient jamais été entendues. C’est ce qui est difficile dans l’écriture, c’est trouver sa façon de raconter qui n’appartient qu’à soi.

Avant d’écrire En attendant le petit Poucet, j’avais écrit beaucoup d’autres pièces, mais qui ne m’appartenaient pas, je les faisais d’après des modèles d’écrivains ou d’histoires que j’aimais bien, mais ce n’était pas ma langue. Quand j’ai écrit En attendant le petit Poucet, c’est la première fois que je me suis dit : « Tiens, c’est ma façon d’écrire les histoires » une façon qui montrait bien que je n’ai pas beaucoup de mots, je n’ai pas une façon d’employer la langue qui est très riche, très variée parce que ça tient à ma vie…. je n’étais pas bon en français, comme vous l’avez dit. Quand j’avais votre âge, je ne lisais pas encre, j’ai commencé à lire quand j’étais plus âgé que vous, ce n’était pas ma culture, je n’ai pas une façon de manier la langue qui est extrêmement brillante, mon travail, quand j’écris, en plus, c’est très besogneux ; quand j’arrive à faire une petite scène de cinq répliques, je suis très content de moi. Je n’arrive pas à développer les choses, je n’arrive pas à écrire une histoire, une histoire qui commencerait par « Il était une fois », et qui se terminerait par « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants »….une vraie histoire. Moi, mon rêve ce serait plutôt d’écrire des romans de cinq cents pages, ce serait ça mon rêve mais je n’arrive pas à le faire.

Je suis ce que je suis, je vous le dis parce que vous si vous avez des velléités d’écrire, de faire de la peinture, de la musique, il faut que ça vous sachiez ça, c’est qu’il faut que ça vous appartienne complètement, il faut que ce soit quelque chose qui vous ressemble quand vous le faites. Bien sûr c’est fait sur un modèle, il y a des écrivains qu’on aime bien, qu’on admire….C’est ça qui vous aide à écrire. Les écrivains vous aident Pus ça sera sincère, plus cela aura un écho chez d’ autres personnes, forcément parce que votre façon de raconter une histoire sera liée à vous et on est tous différents des uns des autres. On a tous des parcours extrêmement différents.

Par contre, si vous êtes très bons en français, si vous lisez très jeunes, si vous avez l’habitude de côtoyer la langue, cela va vous donner beaucoup de facilités, c’est sûr, cela va vous donner une palette de travail qui sera beaucoup plus grande que celle que j’ai. Moi, j’ai peu de champ. Quelqu’un avait calculé que dans une pièce «Bouge plus ! » il y avait 700 mots, 700 mots, c’est très peu, d’habitude dans un texte il y a 5000, au minimum 5000 mots différents… mais ce n’est pas ça qui fait un écrivain, ce n’est pas l’épaisseur, ce n’est pas l’actualité, le fait de passer à la télé, d’être relayé dans les médias…. Ce n’est pas ça qui fait le poids d’un écrivain.

  1. ECRITURE : origines, singularités

On raconte avec son histoire, on pense toujours que les gens qui écrivent ou qui chantent ont toujours des histoires ….des parcours fabuleux qu’ils vivent dans un conte de fées, non, on a chacun son histoire, et ça, c’est du solide, ce qui est sa singularité, à chacun. C’est comme se présenter… qui a le bras cassé ? C’est une chance parce que vous êtes tout de suite remarqué… Pourquoi le petit frère a le bras cassé ?

Par exemple, les acteurs qui ne sont pas beaux ont beaucoup plus de chance de séduire qu’un acteur qui est beau parce qu’il a quelque chose de singulier dans le fait de n’être pas spécialement beau, pas lisse, comme les personnages qu’on voit dans les magazines ou à la télé qui sont comme ça, toujours beaux, bien peignés… c’est plus difficile pour quelqu’un qui a une beauté lisse de donner quelque chose de lui-même que quelqu’un qui a déjà un défaut soit de bégayer ou de zozoter ou d’être gros ou de boiter. Le théâtre valorise toujours, ce que dans la vie on a comme défaut. Moi j’ai toujours trouvé ça. Des fois, il ya des choses dont on n’est pas très fier dans la vie, eh bien, au théâtre, ça vous valorise, tout de suite, ça vous donne une singularité qui va attirer l’attention.

4. TOM

Toi, t’es plutôt quelqu’un de lent. Si tu as une façon de parler qui est lente, ça peut t’aider.

Il y a un merveilleux comédien que j’aime bien qui s’appelle Jean-Quentin Châtelain qui a des origines suisses donc il traîne un petit peu quand il parle et cela beaucoup de charme à sa façon de jouer. Ca pourrait être un handicap. Dans un conservatoire, c’est un handicap d’avoir un accent mais lui a fait en sorte que cela devienne une façon de jouer, du coup quand il raconte les choses, il les raconte comme jamais on ne les a entendues. Quand il va jouer un personnage du répertoire connu, on n’a jamais entendu Don Juan ou Jason dans Médée parler avec l’accent suisse. Ca, on n’a jamais entendu donc ça va donner une particularité.

Vous êtes extrêmement documentés, je ne sais pas où vous avez trouvé tout cela …

5 LES OBJETS … je fais parler les objets …

Moi, j’aime bien les objets, j’aime beaucoup les objets, par exemple il y a la chaise, c’est très important, la table est un objet très important pour moi, j’aime beaucoup ça. Dans la pièce que je suis en train d ‘écrire, il y a un fusil, le fusil est très connoté mais c’est une fille qui le porte. J’aime beaucoup les objets parce que les objets racontent des choses et des fois, dans certaines de mes pièces, ils parlent, je fais parler les objets. Les objets ne se posent pas de questions.

Claire : Le rôle du caillou peut être donné à un comédien.

P. Dorin : J’ai déjà vu des travaux d’élèves en particulier où c’est le plus petit de la classe qui joue le caillou.

Pour moi, c’est important de mettre les personnages en rapport avec les objets, ils ont une fonction un peu symbolique. Dans ma maison de papier…, les chaussures, c’est le passage de l’enfance à la vieillesse, cette dame avec cette petite fille, c’est ses chaussures. Dans En attendant le petit Poucet, aussi, c’est vraiment l’endroit, c’est là où ils seront chez eux, c’est vraiment l’endroit pour mettre les chaussures, les enlever, les poser quelque part mais dans d’autres de mes pièces, les objets sont vraiment comme les personnages c'est-à-dire un objet ne se pose pas la question de pourquoi il est là. Les chaises généralement … Il y a une vieille dame, une fois, qui avait la maladie d’Alzheimer, je ne la connais pas directement mais on m’a raconté cette histoire, elle s’est tournée vers la chaise et elle a dit «  C’est quoi, ça ?», quelqu’un lui a dit : «  Une chaise. » Elle a dit : «  C’est joli comme nom. »Après, tout de suite, elle a été extrêmement angoissée : «  Ca sert à quoi ? » Quelqu’un a répondu : « C’est fait pour s’asseoir.. » « Ah ! » Pour elle, ça a été une découverte que quelqu’un ait pu inventer une idée pareille, un objet qui serve pour s’asseoir. Ca donnait tout d’un coup une importance à cet objet, qui était incroyable, c’est des choses qu’on voit tous les jours mais on s’assoit et les chaises généralement, on ne les regarde pas puisqu’on est assis dessus mais si on leur posait la question… qu’est-ce qu’elles en disent ? Elles auraient des choses à dire et en même temps, c’est important pour les personnages par contre qui sont vivants c’est à dire les vivants, pour moi, ils ne comptent pas plus que les objets, pour moi, ils ont des fonctions. Dans En attendant le Petit Poucet, le grand, la petite qui marchent, ils n’ont pas d’avant et pas d’après, ils ne sont là qu’au moment où on les voit sur scène et où ils partent, après, ils n’existent plus, il n’y a pas de lien entre eux, j’aime bien que les personnages vivants ne comptent pas plus que les objets, ils ont des fonctions un peu comme des objets, puis les objets pourraient émettre un certain nombre de commentaires sur leur existence, j’aime bien ça.

6) Le jeu de WALID 

Je vais te dire. Toi, c’était très beau, ta façon de dire les choses parce que tu avais un certain détachement, justement par rapport à ce que je disais, tu avais une façon de dire qui était un peu extérieure, comme ça, presque les mains dans les poches, qui faisait qu’on avait l’impression que tu t’en foutais complètement et en même temps, tu étais complètement là, c'est-à-dire tu disais cela comme si tu avais vraiment une grande habitude de dire cela et j’ai bien aimé ta façon de dire parce que je trouve que pour mes personnages, ça correspond très bien, ils sont entièrement là mais en même temps, ils pourraient dire : « Je vous dis cela mais moi, je m’en fous. » ça, c’était assez joli.

7) Et le temps ? …………. une écriture pas à pas ……..

Sur le temps, c’est toujours une question que l’on pose. Le temps, c’est relatif. Il me faut beaucoup de temps pour écrire mes histoires même si au bout du compte il n’y a pas beaucoup de mots parce que je suis assez lent et comme je vous le disais au début, j’ai du mal, c’est assez besogneux. Si vous me voyiez travailler, c’est très besogneux, je ne suis pas très fier de la façon dont j’écris, c’est besogneux. Il faut avancer, une phrase après l’autre, je n’ai pas de liberté, je le regrette beaucoup donc ça me prend beaucoup de temps pour écrire des choses, au bout du compte, très ordinaires. Dans En attendant le petit Poucet, quand le personnage dit : « Qu’est-ce que tu dis ? » « Rien. » « J’espère. »

Il faut que ça me surprenne moi-même. Quand j’écris, très souvent, tout ce que j’écris, c’est très attendu, je ne me surprends pas mais, à un moment donné, tout d’un coup, il y a quelque chose qui va venir qui n’est pas attendu, pas prévu. J’ai une idée qui surgit. Quelque chose s’écrit et ça va très vite et la scène existe très vite et en dix minutes, la scène va s’écrire vite. Mes scènes ne sont pas très longues mais par contre, j’ai peut-être passé trois, quatre jours à essayer d’écrire quelque chose mais qui ne comptera pas au bout du compte mais d’écrire ça, c’est ce qui permet de faire surgir l’idée qui vient comme ça, sur le côté, à laquelle je n’ai pas pensé et qui m’étonne. « Qu’est-ce que tu dis ? » « Rien. » « J’espère. » Voilà, moi, quand j’ai trouvé ça, je me suis dit, c’est étonnant. Ca m’étonne donc peut-être que ça étonnera les spectateurs. Voilà, vous sautez du coq à l’âne c'est-à-dire tout d’un coup on est dans quelque chose et tout à coup, quelqu’un va dire : « Moi, si je voyais   là, un gars, une fille, ça ne me ferait pas rire du tout. » Ils se commentent eux-mêmes.

Essayer toujours de créer des surprises, de se surprendre soi-même, ça, c’est difficile. Quand ça fait longtemps que vous écrivez, c’est difficile d’arriver à ne pas construire, de ne pas être dans la construction.

8 – QUESTIONS -REPONSES

Saviez-vous qu’une compagnie qui s ‘appelle O’Navio avait joué une de vos pièces ?

Oui, je savais. Le metteur en scène, je l’ai rencontré après. Je sais, oui, qu’il avait monté une de mes pièces.

Est-ce qu’il faut de la patience pour écrire un livre ou est-ce que ça vient naturellement ?

Pas de la patience mais de la persévérance. Quand vous écrivez, vous êtes tout seul. Personne ne peut vous aider. Personne donc c’est ça qui est dur, c’est accepter d’être tout seul à se débrouiller avec ça. C’est dur parce qu’il n’y a personne qui vous oblige à vous mettre à une table et à écrire. Faut y croire, quoi…Pas de la patience mais beaucoup de persévérance parce que les choses ne viennent pas comme ça, faut être toujours au rendez-vous, oui, il faut être vraiment là puis insister, insister…

D’où vient votre goût pour l‘écriture ?

En voyant des gens écrire. Mon premier travail, c’était dans un théâtre à Grenoble et je travaillais avec quelqu’un qui écrivait, qui était romancier. Et des fois, il était da ns le bureau en face de moi, il corrigeait ses textes, il corrigeait ses manuscrits, il sortait ses manuscrits…

Rencontre avec Philippe DORIN 21 février Collège Camille Claudel CHEVIGNY 21800 Page

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