Scénario : Jean-Christophe Castelli





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TriStar Pictures présente
Avec Studio 8

En association avec LStar Capital, Film4 et Bona Film Group
Une production Ink Factory/Marc Platt
Un film réalisé par Ang Lee
UN JOUR DANS LA VIE DE BILLY LYNN

(Billy Lynn’s Long Halftime Walk)
Joe Alwyn

Kristen Stewart

Chris Tucker

Garrett Hedlund

Makenzie Leigh

Avec Vin Diesel et Steve Martin
Scénario : Jean-Christophe Castelli

D’après le roman Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn

Écrit par Ben Fountain

Image : John Toll, ASC

Décors : Mark Friedberg

Montage : Tim Squyres, ACE

Musique : Mychael Danna et Jeff Danna

Costumes : Joseph G. Aulisi
Un film produit par

Marc Platt, p.g.a., Ang Lee p.g.a.,

Rhodri Thomas, p.g.a., et Stephen Cornwell, p.g.a.
Durée : 1 h 52 min
Sortie nationale le 1er février 2017


Site officiel : http://www.sonypictures.fr

Site presse : http://www.sonypicturespresse.fr


Distribution :

SONY PICTURES RELEASING FRANCE

5, rue du Colisée – 75008 Paris

Tél. 01 44 40 62 00

Fax. 01 44 40 62 01

L’HISTOIRE

En 2005, Billy Lynn, un jeune Texan de 19 ans, fait partie d’un régiment d’infanterie victime d’une violente attaque en Irak. Ayant survécu à l’altercation, il est érigé en héros, ainsi que plusieurs de ses camarades. Et c’est avec ce statut qu’ils sont rapatriés aux États-Unis par l’administration Bush, qui désire les voir parader au

pays... avant de les renvoyer au front.
NOTES DE PRODUCTION


« Depuis L’ODYSSÉE DE PI, j’ai compris que pour réaliser un film en 3D, il faut non seulement apporter une dimension supplémentaire à l’image, mais également travailler avec une meilleure résolution associée à un nombre d’images par seconde bien plus élevé que ce à quoi nous sommes habitués. La 3D ne se prête pas uniquement aux films à grand spectacle ou d’action, elle se prête aussi au drame. Cela permet de modifier notre approche du sujet et d’amener le public à s’impliquer dans un film de manière bien plus personnelle. C’est une expérience plus ambitieuse, véritablement grandiose. Le futur s’annonce passionnant. »
Ang Lee

Avec UN JOUR DANS LA VIE DE BILLY LYNN, Ang Lee, réalisateur couronné par trois Oscars, repousse les limites du cinéma moderne afin de faire vivre aux spectateurs une expérience cinématographique incomparable. Accompagné du directeur de la photographie deux fois oscarisé John Toll, il a utilisé des caméras dernier cri pour tourner en 3D native, en haute résolution et à une cadence d’images qu’il semblait jusqu’à présent impossible d’atteindre. Il offre ainsi au public une plongée au cœur du drame auquel sont confrontés de jeunes soldats sur le champ de bataille et à leur retour au pays.
Adapté du best-seller acclamé écrit par Ben Fountain et paru en France sous le titre Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn, UN JOUR DANS LA VIE DE BILLY LYNN est raconté du point de vue de Billy Lynn (incarné par Joe Alwyn), un soldat de 19 ans qui, avec ses camarades de l’escouade Bravo, est érigé en héros après avoir survécu à une embuscade en Irak et est temporairement rapatrié aux États-Unis pour une tournée de la victoire. Par le biais de flashbacks qui culminent lors du grandiose spectacle de la mi-temps du match de football de Thanksgiving, le film revient sur ce qui est vraiment arrivé à l’escouade, confrontant ainsi la réalité de la guerre à l’idée que s’en fait l’Amérique…
DU ROMAN À L’ÉCRAN
S’il s’appuie sur des atouts incontestables tels que l’utilisation de technologies dernier cri et la vision d’un réalisateur hors norme pour s’assurer une place de choix dans l’histoire du cinéma, jamais le film n’aurait pu voir le jour sans le roman fascinant et profondément humain qui l’a inspiré. Le producteur Rhodri Thomas de chez Ink Factory a lu le livre finaliste du National Book Award 2012 huit mois avant sa publication.

Rhodri Thomas raconte : « Un ami éditeur m’a remis un manuscrit en me disant qu’il fallait absolument que je le lise. ‘Il va changer ta vie’, m’a-t-il confié, ce qui s’est révélé assez prophétique. Je l’ai adoré, il recèle une magie particulière qui saisit parfaitement l’essence de notre époque. C’est à la fois un manifeste contre la guerre et une ode aux soldats, ce qui m’a profondément ému et donné envie de raconter cette histoire. Après quelques recherches, le producteur Stephen Cornwell et moi sommes entrés en contact avec Ben Fountain, l’auteur du roman. »
Stephen Cornwell déclare : « Le livre aborde le traumatisme collectif qu’a été pour les États-Unis la guerre en Irak, une période sur laquelle nous n’étions jamais vraiment revenus, à laquelle nous ne nous étions jamais vraiment confrontés. Et puis à travers le personnage de Billy Lynn, Ben Fountain a trouvé un moyen captivant et humain de parler de l’expérience de cette guerre. Mais lorsque nous avons contacté ses représentants, ils nous ont répondu que notre démarche était très prématurée – ils voulaient attendre la publication du roman. Rhodri et moi nous sommes alors rendus à Dallas, et avons réussi à convaincre Ben de nous confier les droits d’adaptation de son histoire. »
Rhodri Thomas reprend : « Ink Factory a pris une option sur le livre en 2012 et l’a développé avec Film 4, la branche production cinématographique de la chaîne télévisée britannique Channel Four qui apporte un soutien incroyable au cinéma – ils aiment prendre des risques et c’est ce qu’ils ont fait avec ce projet six mois avant la parution du roman. Par chance, le livre a reçu un accueil phénoménal. Nous avons ensuite entamé le développement du scénario, et en 2013, nous avons commencé à travailler avec TriStar. Ce sont d’ailleurs eux qui nous ont contactés car Tom Rothman, qui dirigeait alors la société, avait adoré le roman publié entretemps. Lorsque Ang Lee a accepté de réaliser le film, nous étions aux anges car personne ne pouvait raconter cette histoire avec autant de sincérité et de sensibilité. Ce que nous ignorions alors, c’est qu’il allait proposer un film révolutionnaire en utilisant la 3D et une cadence d’images jusqu’alors inédite. Si cela nous a beaucoup surpris, nous l’avons cependant immédiatement soutenu tant L’ODYSSÉE DE PI nous avait bluffés. Sa vision du film a été d’une justesse incroyable dès le départ ; Ang est un cinéaste visionnaire qui a vu dans cette histoire la possibilité de créer une expérience immersive et poignante résolument novatrice. »
Le producteur Marc Platt raconte : « J’ai reçu un coup de fil de Tom Rothman qui m’a dit qu’il travaillait sur un projet très spécial mis en scène par Ang Lee mais qu’il ne savait pas vraiment comment le mener à bien. Ang est un cinéaste que j’ai toujours tenu en très haute estime et avec lequel j’avais déjà collaboré sur CHEVAUCHÉE AVEC LE DIABLE quand j’étais président d’Universal Pictures et en charge de la production. Lorsque Tom a prononcé son nom, ma curiosité a forcément été piquée. Il m’a demandé de lire le scénario, puis le roman. J’ai donc commencé par le scénario et j’ai immédiatement été frappé par l’importance de cette histoire qui rend hommage à nos soldats en expliquant de façon incroyablement parlante ce que vit réellement un soldat – chose qu’aucun d’entre nous ne comprend vraiment au fond car nous ne pouvons qu’essayer de l’imaginer. Le meilleur moyen d’honorer nos forces armées est en réalité de comprendre qu’ils font leur métier et que ce ne sont que des soldats, mais aussi de leur donner la distance, le respect et l’espace dont ils ont besoin pour vivre cette expérience de la manière qui leur est propre. Dans UN JOUR DANS LA VIE DE BILLY LYNN, le groupe de soldats dont il est question est rapatrié aux États-Unis pour être récompensé de ses actes héroïques… ou plutôt pour être exhibé en trophée. »

Le romancier Ben Fountain déclare : « L’idée du roman est née en 2004 pendant le match de Thanksgiving des Cowboys de Dallas contre les Bears de Chicago. George W. Bush avait remporté la présidentielle face à John Kerry trois semaines auparavant et j’avais le sentiment de ne plus comprendre mon pays. Nous avions des invités à la maison pour le traditionnel dîner de Thanksgiving et nous regardions le match à la télévision. À la mi-temps, je me suis retrouvé seul devant l’écran – personne ne regarde vraiment ce qui se passe pendant la mi-temps. Mais je suis resté et j’ai commencé à regarder, et par regarder je veux dire vraiment regarder. C’était très similaire à ce que je décris dans le livre : un mélange surréaliste et assez psychotique de patriotisme, d’exceptionnalisme américain, de musique pop, de porno soft et de militarisme avec d’innombrables soldats au garde-à-vous sur le terrain, lever de drapeau et feux d’artifice. C’était le truc le plus dingue que j’avais jamais vu mais tout le monde semblait trouver ça normal, que ce soient les présentateurs télé ou les spectateurs : c’était une journée comme les autres en Amérique. La présence de tous ces soldats sur le terrain m’a conduit à m’interroger sur ce que l’on pouvait bien ressentir lorsqu’on a été au combat, qu’on a été rapatrié aux États-Unis et qu’on se retrouve confronté à une situation aussi artificielle. Que se passe-t-il dans votre tête ? Je voulais mettre les lecteurs à la place de Billy Lynn, et c’est également ce qu’a souhaité faire Ang. »
Stephen Cornwell déclare : « Adapter le roman a constitué un défi de taille. Et comme bien des adaptations, celle-ci a évolué au fil du temps. L’une des principales difficultés a consisté à trouver le moyen de placer Billy au centre de l’histoire. Comment donner chair visuellement à un personnage qui, dans le roman, se dévoile aux lecteurs grâce à son dialogue intérieur ? Comment traduit-on cela sur le plan cinématographique ? Et comment place-t-on ce personnage, ses expériences, ses observations et son point de vue au cœur de l’histoire sans avoir recours à une voix off, un procédé dont nous ne voulions pas ? Le travail d’adaptation a donc consisté à essayer de trouver le meilleur moyen d’exprimer le point de vue de Billy et de mettre en images son expérience intime. Pour ce faire, il a fallu que nous fassions évoluer le langage cinématographique afin de permettre aux spectateurs de se glisser dans la peau de Billy et de vivre son expérience à ses côtés. »
Ang Lee a avant tout été fasciné par l’histoire de Billy Lynn, son parcours physique et émotionnel, ainsi que le parallèle complexe entre son statut d’enfant chéri de l’Amérique et le caractère atroce de la guerre. C’était le genre d’histoire qui se prêtait selon lui à la nouvelle approche filmique qu’il avait en tête, une approche capable de connecter le public au personnage de manière immersive et organique – l’équivalent cinématographique du monologue intérieur ou du courant de conscience du livre.
Le réalisateur déclare : « Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn est un roman captivant. J’ai aimé les observations du jeune homme sur l’absurdité de l’accueil qui lui est réservé, la juxtaposition entre l’extravagance des célébrations de son héroïsme et ses états de service en Irak et l’ironie que cela génère. Il s’agit en quelque sorte d’un examen existentiel de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas, et le côté zen de cette comparaison m’a fasciné. J’ai également beaucoup aimé la structure de l’histoire et le parallèle entre le spectacle de la mi-temps 2004 pour honorer les soldats et les scènes de bataille. J’ai trouvé très intéressant le passage à l’âge adulte de ce jeune soldat dans des circonstances aussi complexes et dramatiques. C’était l’occasion rêvée d’utiliser la nouvelle technologie immersive à laquelle je réfléchissais. Pour moi, voir un film, c’est regarder l’histoire de quelqu’un à distance. J’espère que cette nouvelle technologie suscitera une plus grande intimité et permettra de traduire les sentiments profonds de ce jeune soldat un peu perdu. Je l’ai baptisée « nouveau cinéma » parce que c’est une nouvelle manière de faire des films, mais aussi de les regarder et de les ressentir, et cela se prêtait parfaitement à ce projet. C’est un excellent moyen de placer Billy Lynn au centre du spectacle de la mi-temps et une manière intéressante d’examiner l’humanité et notre société. C’est à peu près à la moitié du livre que j’ai su que je voulais réaliser ce film. »
LE « NOUVEAU CINÉMA » D’ANG LEE

Une technologie révolutionnaire : 3D, 4K et 120 images par seconde
La manière dont Ang Lee utilise cette nouvelle technologie crée une expérience immersive qui permet au public de partager avec une profonde intimité le parcours émotionnel, physique et spirituel de Billy Lynn.
Le producteur Marc Platt déclare : « Le film explore la réalité de l’expérience d’un soldat et la technologie nous permet d’expérimenter personnellement la manière dont il l’entend et la perçoit. Cette histoire se prête parfaitement à l’utilisation de cette technologie. En fonction de la scène, on peut choisir entre un rendu hyperréaliste grâce à la cadence d’images élevée ou au contraire, un rendu plus cinématographique en la diminuant. Lorsque les gens s’adressent à Billy, en particulier s’il s’agit d’un moment intime et qu’ils apparaissent en gros plan, ils regardent directement la caméra, ce qui est très inhabituel. Par contre, lorsqu’on adopte le point de vue de l’interlocuteur face à Billy, l’angle de la caméra est plus traditionnel, c’est-à-dire légèrement de côté. L’effet de cette réalisation, en particulier avec le High Frame Rate (HFR) (très grand nombre d’images par seconde), fait que lorsqu’un personnage s’adresse directement à la caméra, on est propulsé dans la peau de Billy, on voit et on entend ce qui se passe de son point de vue, ce qui rend l’expérience viscérale et intense. En revanche, si Billy se sent coupé du monde qui l’entoure, s’il entend ce qu’on lui dit mais n’en tient pas compte, s’il adopte une attitude défensive ou est perdu dans ses pensées, cela nous permet de l’isoler, de créer un sentiment de subjectivité. C’est un peu comme si nous, les spectateurs, étions avec lui tandis que le tourbillon de la vie se poursuit tout autour. Ce ne sont que quelques exemples de ce qui a été développé en parallèle du HFR et de la haute résolution et qui fera de ce film une expérience cinématographique particulièrement inoubliable. »
Stephen Cornwell ajoute : « Ce qui a été passionnant sur ce film, c’est qu’Ang tenait à explorer un nouveau langage cinématographique – à travers le HFR et la 3D –, non seulement pour employer au mieux les effets spéciaux mais également pour raconter une histoire émouvante et intime. Il a utilisé cette nouvelle technologie comme un outil pour créer une toute nouvelle manière de raconter des histoires sur grand écran. »
L’approche adoptée par Ang Lee a posé des défis logistiques et technologiques inédits dans l’univers du cinéma traditionnel. Par nécessité, l’équipe a développé un nouveau langage cinématographique lors du tournage mais également en postproduction, sans jamais perdre l’histoire de vue. L’utilisation minutieuse de cette nouvelle approche a permis au réalisateur d’explorer les variations de dimensions, de cadence d’images et de points de vue grâce à des outils inédits. L’équipe du film a même installé son propre laboratoire à Atlanta afin de traiter la grande quantité de données fournies par les deux caméras utilisées par Ang Lee et le directeur de la photographie John Toll, lesquelles filmaient à une vitesse cinq fois plus élevée que la normale et produisaient deux fois plus de données que des caméras classiques. Au final, le film aura nécessité le stockage quotidien de vingt fois plus de données qu’un film hollywoodien de haute qualité traditionnel.
Avant même le début du tournage, Ang Lee savait qu’il serait en terrain inconnu, mais il était également convaincu que c’était le meilleur moyen de raconter cette histoire de manière authentique. Il déclare : « Avec ce film, je suis entré dans un nouveau monde. L’utilisation du High Frame Rate et de l’imagerie à grande gamme dynamique permettra, je l’espère, de comprendre comme jamais encore les réalités de la guerre et de la paix à travers le regard du protagoniste. Il ne s’agit pas tant d’une prise de position politique que de l’occasion de faire vivre comme jamais ce que traverse le personnage sur le plan humain et émotionnel. J’ai pensé que transporter un peloton du champ de bataille au spectacle de la mi-temps du match de football de Thanksgiving, conçu comme une célébration de leur bravoure, les rendrait fous en raison du fossé entre le statut et l’image de héros que le public projette sur eux et leur expérience sur le terrain entre adrénaline, chaos et combat pour la survie. La juxtaposition de ces deux expériences diamétralement opposées semblait parfaitement se prêter à l’exploration de ce nouveau cinéma. Je n’avais pas de nom exact à lui donner mais dès le départ, j’ai pensé que le HFR allié à la 3D me permettrait d’explorer un tout nouvel aspect de la condition humaine. Dans la vie, la manière dont nous nous percevons les uns les autres et dont nous saisissons les nuances dans les attitudes d’autrui est très différente de la manière dont nous sommes représentés au cinéma. Cette approche m’a permis de souligner les sensations du soldat face à ce que nous appelons la vie ‘normale’. C’était intimidant et exaltant à la fois, et j’étais conscient que ce serait très difficile, tant sur le plan technologique qu’artistique, mais j’aime les défis et essayer de nouvelles choses. »
Marc Platt ajoute : « Ce film a présenté des difficultés à plusieurs niveaux, notamment sur le plan logistique car l’histoire se déroule principalement dans un stade et sur le champ de bataille. Le style du film, sa tonalité a aussi représenté un défi. Et pour couronner le tout, Ang tenait à employer une technologie encore jamais utilisée dans l’histoire du cinéma, c’est-à-dire tourner à 120 images par seconde (ips), en résolution 4K et en 3D afin d’explorer vraiment cette technologie et de développer une grammaire cinématographique sur mesure pour cette histoire, ce qui n’avait encore jamais été fait. Ce langage n’existait pas, nous l’avons créé jour après jour sur le tournage. »
Le nouveau cinéma immersif d’Ang Lee peut potentiellement faire évoluer le 7e art de manière audacieuse, comme l’explique Stephen Cornwell : « Je suis fasciné par la question de l’évolution et de l’originalité du cinéma et la manière de captiver les jeunes générations tout en continuant à attirer leurs parents. À certains égards, le langage cinématographique n’a pas vraiment évolué au cours du siècle dernier. La cadence de prise de vues n’a pas changé, non plus que le jeu des acteurs, le dialogue et la construction de la narration, et nous avons tous fini par accepter cette manière de faire et de raconter des histoires comme la norme. Ang en revanche s’interroge sur la manière de faire évoluer le langage cinématographique afin qu’il reste pertinent, singulier et unique à l’ère post-numérique, une ère de stagnation et de grande familiarité pour le septième art. Pour ce faire, il faut modifier la manière dont les gens perçoivent le cinéma et c’est ce que nous avons tous essayé de faire dans ce film, Ang en tête. J’ignore quelle sera la réaction du public mais personnellement, je pense que ça va être une expérience révélatrice extraordinaire. »

Le High Frame Rate et l’extraordinaire clarté des images qu’il permet d’obtenir a affecté le travail de tous les départements du film, y compris les acteurs.
Garrett Hedlund, qui joue Dime, se souvient : « Lorsque j’ai rencontré Ang pour la première fois, il m’a dit : ‘Il faut que tu te fasses à ces caméras, c’est avec elles que nous avons réalisé les tests. Le format 120 images par seconde ne ressemble à aucun autre, il va révolutionner le cinéma. Les images sont tellement nettes et limpides que l’on peut tout voir, même ce qui se trouve en arrière-plan, loin dans ton dos. Tu ne peux pas faire semblant : si tu essaies de jouer la comédie, cela se verra tout de suite. »
Steve Martin, qui incarne Norm, déclare : « Je n’avais encore jamais tourné de film en prises de vues réelles en haute définition, ni de film en prises de vues réelles en 3D, mais la clarté et la dimension que cela apporte au film sont tout simplement extraordinaires. Quand Ang Lee m’a dit qu’il s’agissait d’un film dramatique en 3D, j’ai immédiatement trouvé l’idée formidable. Et puis le film est véritablement basé sur les personnages. Certains films auxquels j’ai pris part l’étaient également mais ils étaient aussi basés sur la comédie, alors que celui-ci s’appuie uniquement sur les personnages et la sincérité de leurs interactions. Ang a beaucoup insisté sur le fait qu’il ne devait y avoir aucune fausse note dans les interprétations car on ne peut rien cacher à la caméra. Elle nous a tous mis à nu. Ang a filmé les scènes avec beaucoup de talent, qu’il s’agisse de scènes dramatiques ou d’action. C’était pour moi un honneur de participer à ce film après toutes ces années. »
Tim Blake Nelson, qui apparaît dans une scène clé au Lone Star Dome à Thanksgiving, souligne les exigences techniques liées à l’éclairage du film. « Le décor était baigné de lumière. En raison de la cadence d’images et de la 3D, la caméra absorbe littéralement les informations, elle a accès à énormément de détails et pour tous les enregistrer, il faut qu’ils soient correctement éclairés. En tant qu’acteurs, on travaille généralement avec un éclairage diffus, tout en retenue alors qu’ici, c’est l’inverse, parce que la caméra capte tout ce qui se trouve devant l’objectif. John Toll, le directeur de la photographie, et son équipe ont donc inondé le décor de lumière, ce qui est très inhabituel. Ang a choisi d’utiliser la 3D dans un film dramatique afin d’explorer le caractère spectaculaire de ce qui se passe à l’intérieur de l’esprit humain. Et c’est ce qui rend ce film si intéressant. Il utilise la technologie pour nous plonger au cœur de l’histoire, pour renforcer l’intimité avec les personnages. Il va même plus loin car le film est principalement raconté du point de vue du personnage principal, il nous place directement dans la peau du héros et nous montre ce qu’il voit selon un point de vue subjectif en 3D. On est immergé dans l’univers de Billy Lynn, univers que l’on découvre à travers ses yeux. On a l’impression d’être dans la pièce à ses côtés et que les autres personnages empiètent sur notre espace. Je pense que UN JOUR DANS LA VIE DE BILLY LYNN est potentiellement un film révolutionnaire qui pourrait transformer notre vision du cinéma dramatique. »
Ce n’est pas la première fois qu’Ang Lee met des effets visuels complexes au service d’une histoire poignante – souvenons-nous notamment de L’ODYSSÉE DE PI. Le superviseur technique Ben Gervais (HUGO CABRET, 47 RONIN, PACIFIC RIM et X-MEN : DAYS OF FUTURE PAST) explique comment le travail du réalisateur sur son précédent film a mené à la technologie innovante utilisée sur UN JOUR DANS LA VIE DE BILLY LYNN. « Ang a pris conscience du besoin d’avancement technologique. Il a filmé L’ODYSSÉE DE PI en 3D mais n’était pas satisfait de ce que donnait un mouvement enregistré à la cadence normale de 24 ips. Comme la 2D est une image plate, pareille à un tableau sur un mur, on perçoit le mouvement comme réaliste, mais c’est différent pour une image en 3D : notre cerveau veut alors croire à une image réelle, il veut croire que les objets qui se déplacent se trouvent vraiment devant nous, mais à cause de la lenteur de la cadence d’images, il perçoit les interruptions dans le mouvement et celles-ci sapent la crédibilité de l’image et provoquent du stress, des maux de tête et des douleurs oculaires chez les spectateurs. C’est la raison pour laquelle Ang a décidé très tôt qu’il voulait tourner ce film avec un plus grand nombre d’images par seconde – sans vraiment savoir à l’époque ce qui serait possible. »
En effet, pour tourner en 3D, la position des deux caméras sur le support doit toujours être exactement la même. Les caméras sont plus imposantes et sont installées sur un rig fabriqué par la société allemande Stereotech. Entre elles, se trouve un miroir fait pour moitié d’argent qui permet à l’équipe de superposer les caméras. Le support est contrôlé par un système de moteurs, d’encodeurs et de robotique qui a permis à Ang Lee, John Toll et Demetri Portelli, le stéréographe du film, de manipuler la profondeur de la 3D. En d’autres termes, l’équipe pouvait aussi bien tourner en 2D qu’en 3D, il suffisait pour cela de rapprocher ou d’éloigner les caméras l’une de l’autre. Cela leur a donné une grande liberté car ils pouvaient choisir la profondeur de champ et contrôler ainsi la prégnance des images en fonction, entre autres, du contenu émotionnel de la scène.
Ben Gervais poursuit : « Ang voulait donner à l’image un effet adouci, l’atténuer très légèrement afin de passer de ce qu’il appelle « un film au sens classique du terme », proche de la 2D et de 24 ips, à quelque chose de plus réaliste, tangible et solide en augmentant la profondeur de la 3D et le réalisme de l’image. Cela lui a permis de manipuler les images pour créer un impact émotionnel et faciliter l’identification avec les personnages. De cette façon, au lieu d’être des observateurs passifs, les spectateurs sont d’une certaine manière investis émotionnellement dans le film. »
Cette implication émotionnelle des spectateurs est précisément ce qu’Ang Lee veut provoquer avec son nouveau cinéma immersif. Il déclare : « Ces soldats sont des adolescents qui sont plongés au cœur de la guerre sans vraiment savoir ce qui les attend, malgré la formation qu’ils ont reçue. Ils découvrent le champ de bataille et l’hostilité, mais aussi la camaraderie et la fraternité. Lorsqu’ils sont érigés en ‘héros’ à leur retour, même si les gens les remercient, ceux-ci continuent à projeter leurs espoirs et leurs attentes sur eux. Personne ne comprend vraiment combien ils se sentent seuls, pas à leur place et combien ils ont d’affection les uns pour les autres et besoin les uns des autres. Il s’agit d’une histoire poignante et la technologie n’a qu’un but : permettre de raconter des histoires humaines et d’exprimer des sentiments humains. Pour cela, j’ai pensé qu’il n’y avait rien de mieux que de regarder les personnages dans les yeux et d’observer leur visage avec profondeur et honnêteté de manière intime et immédiate. Je trouve que le cinéma traditionnel crée une certaine distance, c’est comme si on regardait l’histoire de quelqu’un d’autre. Avec ce film, je tenais à pénétrer au cœur des choses et à donner à voir et à ressentir l’histoire, les relations qui nous unissent et notre manière de nous identifier les uns aux autres et de partager nos émotions. C’est l’essence de ce projet. Il s’agit d’un film sur l’expérience humaine et j’espère que ce nouveau style immersif permettra aux spectateurs de la vivre avec une intensité inégalée. »
Pour l’équipe, l’augmentation du nombre d’images par seconde a été un moyen particulièrement évocateur de décrire les sensations liées aux horreurs de la guerre. La plupart des séquences de bataille réalisées jusqu’à présent rendent cette impression en utilisant le flou cinétique (flou visible sur une image dû au mouvement rapide du sujet) qui, s’il occulte les détails, transmet bien la sensation de chaos de la guerre. À 24 images par seconde, les secousses et le flou des caméras portées rendent cependant les images très chaotiques pour les spectateurs. Si le chaos existe sur le champ de bataille, nombre de soldats vivent les combats comme une expérience traumatisante et chargée en adrénaline et se souviennent de nombreux détails avec une grande précision. À 120 images par seconde, le flou cinétique n’existe plus, chaque grain de poussière suspendu dans l’air se détache clairement tandis que la caméra fait un panoramique, et les expressions faciales sont nettes malgré le mouvement de la caméra. Ce nouveau style de cinéma immersif a permis à Ang Lee de représenter la guerre avec un réalisme et une qualité visuelle exceptionnelle qui illustre son idée selon laquelle pour un soldat, la guerre est réelle tandis que tout le reste ne l’est pas. En 2010 déjà, CNN rapportait en effet qu’un soldat de retour d’Afghanistan avait de saisissants flashbacks d’un combat particulièrement éprouvant avec les Talibans.
L’approche d’Ang Lee a également permis plusieurs options pour la création de multiples formats pour la diffusion du film en salles. Et tout cela grâce aux mathématiques, comme l’explique le réalisateur : « Il y a plusieurs raisons qui expliquent qu’on ait pu créer différents formats, mais l’une des principales est que 120 est un multiple de 24, ce qui nous a donné le plus d’options. » Le film pourra ainsi être projeté dans de multiples formats, tous plus immersifs et plus nets qu’aucun autre film.
UN JOUR DANS LA VIE DE BILLY LYNN a été tourné directement en 3D native et non en 2D convertie ultérieurement en 3D. Sur le tournage, les cinéastes et l’équipe portaient des lunettes spéciales pour regarder les moniteurs 3D – Ang Lee travaillait à partir d’un écran 3D de 137,5 cm. Scot Barbour, vice-président de la production en charge de la technologie pour Sony, déclare : « Ang, qui est capable de voir les choses comme aucun autre cinéaste, a insisté pour tourner en 3D native plutôt que de convertir la 2D après le tournage. L’une des raisons de son choix, c’est que la 3D native conserve les textures. Lorsqu’on filme en 2D un film qui sera projeté en 3D, on ne voit jamais le résultat final au cours du tournage, tout ce qui se passe devant vous est en deux dimensions et personne ne sait quel sera le résultat ultérieur en 3D. »
Outre la 3D et les 120 images par seconde, la production a également utilisé le format 4K. Ben Gervais explique : « La plupart des films sont tournés et/ou finis en 2K. Le 4K permet de doubler le nombre de pixels par image, horizontalement et verticalement, par rapport au 2K – ce qui fait qu’il y a quatre fois plus d’informations. Si vous ajoutez à cela le fait que le film a été tourné en 3D, alors la quantité d’information est encore doublée, ce qui signifie qu’on est en tout à huit fois la quantité d’informations d’une image traditionnelle. En choisissant de filmer à 120 images par seconde au lieu de 24, les spectateurs reçoivent 40 fois plus d’informations que face à un film en 2D au format 2K à 24 ips. »
Les innovations technologiques du film ont eu un impact sur le travail de tous les départements, comme l’explique le chef décorateur Mark Friedberg : « Habituellement, le département artistique commence à travailler trois à cinq mois avant le tournage. Nous réalisons nos dessins et nos plans, trouvons les lieux de tournage et effectuons parfois des repérages avec le chef opérateur. Enfin, environ une semaine avant le coup d’envoi du tournage, les techniciens se joignent à nous pour faire un repérage technique des décors. Mais comme ce film a été tourné avec une nouvelle technologie et qu’Ang est un scientifique doublé d’un artiste, nous avons commencé à réaliser des tests avec l’équipe technique au complet plusieurs mois avant le début du tournage. Tous les départements ont travaillé dans un esprit de collaboration. Nous étions tous dans le même bateau, nous avions tous les mêmes contraintes, si bien que tout le monde était désireux d’aider les autres. L’alliance de la 4K et de la 3D à 120 ips a agi en véritable « sérum de vérité visuel ». La caméra voyait au moins aussi bien, sinon mieux, que nos yeux. À 24 images par seconde, tout n’a pas besoin d’être parfait car le flou cinétique et les intervalles noirs entre chaque image limitent le degré de détail que l’on doit atteindre. J’ai l’habitude de dire que l’élément de décoration le plus utile est le gaffer noir car il peut faire disparaître ce qu’on ne veut pas voir à l’image, mais à 120 ips tout se voit – y compris le gaffer... Nos décors ont donc fait l’objet d’une extrême attention. Nous avons travaillé dur pour améliorer nos techniques afin qu’elles soient aussi réalistes et invisibles que possible. Comme nous étions en territoire inconnu, il a fallu effectuer beaucoup de tests pendant la préparation. Nous avons tourné des tas d’images puis avons analysé ce qui fonctionnait ou pas en laboratoire. »
L’éclairage s’est lui aussi révélé particulièrement compliqué pour Mark Friedberg et le directeur de la photographie John Toll. Le chef décorateur explique : « Le principal défi auquel nous avons été confrontés a été l’éclairage parce que tourner à 120 ips nécessite cinq fois plus de lumière qu’à 24 ips. Il a donc fallu que notre chef opérateur, John Toll, trouve le moyen de travailler avec une luminosité intense. Cela a également eu un impact sur le travail de mon département car nous avons dû intégrer des sources lumineuses aux décors et fabriquer des supports pour l’éclairage de John. Il fallait toujours plus de lumière ! »
Mark Friedberg et son équipe ont travaillé en étroite collaboration avec le directeur de la photographie pour résoudre le problème de l’éclairage sans pour autant dénaturer les décors. Il déclare : « Le moindre éclairage stylisé donnait un résultat extrême dans le format que nous utilisions, c’est pourquoi nous avons choisi d’intégrer énormément de LED aux décors. Les problèmes de taux de rafraîchissement d’image sont si spécifiques que nous ne pouvions utiliser que certains types de LED. Nous avons par conséquent fabriqué des boîtiers et éléments électriques pour qu’ils ressemblent à des luminaires afin de pouvoir intégrer l’éclairage aux décors et à la décoration. »
L’équipe du film s’est ensuite rendue au Maroc où elle a tourné les séquences de bataille sous une lumière naturelle idéale. Le chef décorateur raconte : « Nous pensions initialement filmer ces scènes dans l’Ouest américain, mais cela ne fonctionnait pas. Les paysages se devaient d’être les plus authentiques possible. C’est ainsi que nous avons atterri au Maroc. Toujours dans l’optique de rester aussi fidèles que possible à la réalité, nous avons embauché des villageois locaux pour construire le village où se déroule notre bataille et ils ont fait un travail formidable. Mais plus important encore, la présence constante du soleil de juillet dans le ciel du Sahara nous a fourni suffisamment de lumière pour permettre à cette nouvelle technologie de s’exprimer dans toute sa splendeur. »
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