Objet d’étude Les réécritures du xvii° à nos jours Titre





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date de publication21.07.2019
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Descriptif séquence 1V


Thème

«  »

Objet d’étude

Les réécritures du XVII° à nos jours

Titre

« »

Œuvre intégrale ou groupement

Groupement d’extraits

Problématique

«  ? »

Lectures analytiques

  1. Charles Perrault, Le Petit Chaperon Rouge

  2. Les Frères Grimm, Le Petit Chaperon Rouge

  3. Joël Pommerat, Le Petit Chaperon Rouge

Textes complémentaires



Histoire des arts

Groupement iconographique sur Le Petit Chaperon rouge : « De la gravure de Doré à la publicité Chanel N° 5, quelles représentations du Petit Chaperon rouge nous sont proposées ? »

  1. Gravure de Gustave Doré

  2. Photogrammes de la captation de la pièce de Joël Pommerat

  3. Publicité Chanel de Luc Besson

Connaissances histoire littéraire



Corpus complémentaires

  1. Le mythe de Robinson Crusoé: «? »



  1. Le thème de la peste: « ? »



  1. La fable de La Cigale et la Fourmi: « ? »



Lecture cursive

 : «  ? »

TEXTE A :Charles Perrault (1628-1703) Le Petit Chaperon rouge, 1697
Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

Un jour, sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit : « Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. » Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre Village.

En passant dans un bois elle rencontra compère le Loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques Bûcherons qui étaient dans la Forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un Loup, lui dit : « Je vais voir ma Mère-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma Mère lui envoie.

- Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le Loup.

- Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du Village. - Eh bien, dit le Loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin-ci, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. »

Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.

Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la Mère-grand ; il heurte : Toc, toc. « Qui est là ? - C’est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le Loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. » La bonne Mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. » Le Loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu’il n’avait mangé.

Ensuite il ferma la porte, et s’alla coucher dans le lit de la Mère-grand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc.
« Qui est là ? » Le Petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du Loup eut peur d’abord, mais croyant que sa Mère-grand était enrhumée, répondit : « C’est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. » Le Loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. » Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit.

Le Loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : « Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. » Le Petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé. Elle lui dit : « Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ! - C’est pour mieux t’embrasser, ma fille. - Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes ! - C’est pour mieux courir, mon enfant. - Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles ! - C’est pour mieux écouter, mon enfant. - Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux ! C’est pour mieux voir, mon enfant. - Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents. C’est pour te manger. » Et en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et la mangea.

MORALITÉ

On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le Loup mange.
Je dis le Loup, car tous les Loups
Ne sont pas de la même sorte ;
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.

Texte B :Les frères Jacob et Wilhelm Grimm, Le Petit Chaperon rouge, 1812

Il était une fois une petite fille que tout le monde aimait bien, surtout sa grand-mère. Elle ne savait qu'entreprendre pour lui faire plaisir. Un jour, elle lui offrit un petit bonnet de velours rouge, qui lui allait si bien qu'elle ne voulut plus en porter d'autre. Du coup, on l'appela « Chaperon rouge ».

Un jour, sa mère lui dit :
- Viens voir, Chaperon rouge : voici un morceau de gâteau et une bouteille de vin. Porte-les à ta grand-mère ; elle est malade et faible ; elle s'en délectera ; fais vite, avant qu'il ne fasse trop chaud. Et quand tu seras en chemin, sois bien sage et ne t'écarte pas de ta route, sinon tu casserais la bouteille et ta grand-mère n'aurait plus rien. Et quand tu arriveras chez elle, n'oublie pas de dire « Bonjour » et ne va pas fureter dans tous les coins.
- Je ferai tout comme il faut, dit le Petit Chaperon rouge à sa mère.

La fillette lui dit au revoir. La grand-mère habitait loin, au milieu de la forêt, à une demi-heure du village. Lorsque le Petit Chaperon rouge arriva dans le bois, il rencontra le Loup. Mais il ne savait pas que c'était une vilaine bête et ne le craignait point.

- Bonjour, Chaperon rouge, dit le Loup.
- Bonjour, Loup, dit le Chaperon rouge.
- Où donc vas-tu si tôt, Chaperon rouge ?
- Chez ma grand-mère.
- Que portes-tu dans ton panier ?
- Du gâteau et du vin. Hier nous avons fait de la pâtisserie, et ça fera du bien à ma grand-mère. Ça la fortifiera. - Où habite donc ta grand-mère, Chaperon rouge ?
- Oh ! à un bon quart d'heure d'ici, dans la forêt. Sa maison se trouve sous les trois gros chênes. En dessous, il y a une haie de noisetiers, tu sais bien ? dit le petit Chaperon rouge.
Le Loup se dit : « Voilà un mets bien jeune et bien tendre, un vrai régal ! Il sera encore bien meilleur que la vieille. Il faut que je m'y prenne adroitement pour les attraper toutes les eux !»

Il l'accompagna un bout de chemin et dit :
- Chaperon rouge, vois ces belles fleurs autour de nous. Pourquoi ne les regardes-tu pas ? J'ai l'impression que tu n'écoutes même pas comme les oiseaux chantent joliment. Tu marches comme si tu allais à l'école, alors que tout est si beau, ici, dans la forêt !
Le Petit Chaperon rouge ouvrit les yeux et lorsqu'elle vit comment les rayons du soleil dansaient de-ci, de-là à travers les arbres, et combien tout était plein de fleurs, elle pensa : «Si j'apportais à ma grand- mère un beau bouquet de fleurs, ça lui ferait bien plaisir. Il est encore si tôt que j'arriverai bien à l'heure. »

Elle quitta le chemin, pénétra dans le bois et cueillit des fleurs. Et, chaque fois qu'elle en avait cueilli une, elle se disait : «Plus loin, j'en vois une plus belle » ; et elle y allait et s'enfonçait toujours plus profondément dans la forêt. Le Loup lui, courait tout droit vers la maison de la grand-mère. Il frappa à la porte.

- Qui est là ?
- C'est le Petit Chaperon rouge qui t'apporte du gâteau et du vin.

- Tire la chevillette, dit la grand-mère. Je suis trop faible et ne peux me lever.
Le Loup tire la chevillette, la porte s'ouvre et sans dire un mot, il s'approche du lit de la grand-mère et l'avale. Il enfile ses habits, met sa coiffe, se couche dans son lit et tire les rideaux. Pendant ce temps, le petit Chaperon Rouge avait fait la chasse aux fleurs. Lorsque la fillette en eut tant qu'elle pouvait à peine les porter, elle se souvint soudain de sa grand-mère et reprit la route pour se rendre auprès d'elle. Elle fut très étonnée de voir la porte ouverte. Et lorsqu'elle entra dans la chambre, cela lui sembla si curieux qu'elle se dit : « Mon dieu, comme je suis craintive aujourd'hui. Et, cependant, d'habitude, je suis si contente d'être auprès de ma grand- mère! » Elle s'écria :

- Bonjour !
Mais nulle réponse. Elle s'approcha du lit et tira les rideaux. La grand-mère y était couchée, sa coiffe tirée très bas sur son visage. Elle avait l'air bizarre.
- Oh, grand-mère, comme tu as de grandes oreilles.
- C'est pour mieux t'entendre...
- Oh ! grand-mère, comme tu as de grands yeux !
- C'est pour mieux te voir !
- Oh ! grand-mère, comme tu as de grandes mains !
- C'est pour mieux t'étreindre...
- Mais, grand-mère, comme tu as une horrible et grande bouche !
- C'est pour mieux te manger !

À peine le Loup eut-il prononcé ces mots, qu'il bondit hors du lit et avala le pauvre Petit Chaperon rouge.
Lorsque le Loup eut apaisé sa faim, il se recoucha, s'endormit et commença à ronfler bruyamment.

Un chasseur passait justement devant la maison. Il se dit :

«Comme cette vieille femme ronfle ! Il faut que je voie si elle a besoin de quelque chose. » Il entre dans la chambre et quand il arrive devant le lit, il voit que c'est un Loup qui y est couché.
- Ah ! c'est toi, bandit ! dit-il. Voilà bien longtemps que je te cherche...

Il se prépare à faire feu lorsque tout à coup l'idée lui vient que le Loup pourrait bien avoir avalé la grand-mère et qu'il serait peut-être encore possible de la sauver. Il ne tire pas, mais prend des ciseaux et commence à ouvrir le ventre du Loup endormi. À peine avait-il donné quelques coups de ciseaux qu'il aperçoit le Chaperon rouge. Quelques coups encore et la voilà qui sort du Loup et dit :

- Ah ! comme j'ai eu peur ! Comme il faisait sombre dans le ventre du Loup !

Et voilà que la grand-mère sort à son tour, pouvant à peine respirer. Le Petit Chaperon rouge se hâte de chercher de grosses pierres. Ils en remplissent le ventre du Loup. Lorsque celui-ci se réveilla, il voulut s'enfuir. Mais les pierres étaient si lourdes qu'il s'écrasa par terre et mourut.

Ils étaient bien contents tous les trois : le chasseur dépouilla le Loup et l'emporta chez lui. La grand-mère mangea le gâteau et but le vin que le Petit Chaperon rouge avait apportés. Elle s'en trouva toute ragaillardie.

Le Petit Chaperon rouge cependant pensait : « Je ne quitterai plus jamais mon chemin pour aller me promener dans la forêt, quand ma maman me l'aura interdit. »
Joël Pommerat, Le Petit Chaperon rouge, 2004
LA VOIX DE L’HOMME QUI RACONTE

Et c’est donc ainsi que le loup mangea avec appétit la grand-mère de la petite fille.

En attendant que celle-ci arrive à son tour et que son tour arrive aussi.

On voit la petite fille qui frappe à la porte devant la maison de la grand-mère.

Noir.

Quelques instants plus tard, la petite fille est entrée. Le loup est dans le lit de la grand-mère caché sous le drap.

LA PETITE FILLE (effrayée)

Je peux, je voulais te dire que ça ne sent pas non plus très bon chez toi mémé, ça sent un peu le renfermé, tu devrais ouvrir un peu plus souvent ta porte quand il fait beau dehors, l’air est vraiment meilleur à l’extérieur.

LE LOUP (toujours sous le drap)

Oui c’est vrai, mais viens, j’ai hâte que tu m’embrasses, nous sommes tellement tranquilles ici tous les deux.

LA PETITE FILLE

Oui c’est vrai, mais je vais poser mon flan d’abord, c’est un flan que j’ai fait pour toi tu sais parce que ma mère me l’a demandé.

LE LOUP

Ah bon.

LA PETITE FILLE

Oui je m’assois un peu quand même sur le tabouret là.

LE LOUP

On dirait que tu n’as pas envie de t’approcher de ta grand-mère.

LA PETITE FILLE

Oh non, c’est seulement que je suis un peu fatiguée alors je fais seulement une petite pause à cause de mes jambes qui ont trop marché dehors pour venir jusqu’ici.

LE LOUP

Tu pourrais mieux te reposer les jambes en t’asseyant là sur le lit à côté de moi.

LA PETITE FILLE

C’est ma mère qui m’a demandé de faire ce flan pour toi, j’espère que tu vas en manger et que tu vas l’aimer, ma mère ne croyait pas que je serais capable de faire toute seule un flan, elle me croit encore vraiment petite, et finalement je crois qu’elle ne me croit pas encore capable d’avoir des responsabilités dans la vie, les mères c’est toujours comme ça non ? C’est pénible.

LE LOUP (impatient)

Oui, viens plus près de moi.

LA PETITE FILLE (de plus en plus effrayée)

Ma mère et moi, on s’entend bien mais des fois c’est vrai j’ai un petit peu du mal à la supporter, elle s’inquiète de tout, alors elle en devient vraiment pénible, elle me prend pour une enfant.

LE LOUP (de plus en plus impatient)

Nous les mamans on s’inquiète beaucoup oui c’est vrai, viens plus près de moi.
LA PETITE FILLE

Quand elle était petite fille aussi et que tu étais déjà sa maman, toi aussi tu t’inquiétais quand elle partait de la maison ?

LE LOUP (s’énervant)

Oh oui, mais viens.

LA PETITE FILLE

Quand je serai grande moi je ne m’inquièterai pas pour rien.

LE LOUP

Viens.

LA PETITE FILLE

Est-ce tu veux que je vienne m’asseoir sur le lit là à côté de toi ?

LE LOUP

Oui parce que sinon je crois que je vais m’endormir tellement je suis fatiguée et je ne t’aurais pas vraiment vue tellement tu es loin de moi on dirait.

LA PETITE FILLE

Alors oui j’arrive.

La petite fille se lève mais ne bouge pas.

LE LOUP (s’énervant de plus en plus)

Qu’est-ce que tu fais ?

LA PETITE FILLE

Je pense encore à ma mère.

LE LOUP

C’est pas possible !

LA PETITE FILLE

Tu as une drôle de voix mémé quand tu t’énerves.

LE LOUP

Oh oui je sais, je faisais peur à ta maman quand elle était une petite fille comme toi.

LA PETITE FILLE

Moi aussi parfois ma maman me fait peur.

LE LOUP

Viens.

LA PETITE FILLE

J’aime ma maman et je suis triste quand je ne la vois pas.

LE LOUP

Mais viens.

LA PETITE FILLE

Oui je viens.

Est-ce que tu veux que je t’amène un peu de flan ?

LE LOUP

Non, juste toi.

LA PETITE FILLE

On dirait que tu n’es pas la même mémé que je connais.

LE LOUP

On change dans la vie, viens.
LA PETITE FILLE

Moi aussi j’ai changé.

LE LOUP

Oui tu es devenue bien grande maintenant, viens.

LA PETITE FILLE

C’est que ce loup qui devait venir n’est toujours pas là, il m’avait pourtant dit qu’il viendrait.

LE LOUP

Laisse donc ce loup là où il est s’il te plaît.

LA PETITE FILLE

Ça me tracasse quand même un peu.

LE LOUP

Viens.

LA PETITE FILLE

Oui je viens.

LE LOUP

Moi je ne peux plus me lever.

LA PETITE FILLE

Je n’aime pas te voir aussi fatiguée mémé et aussi vieille.

LE LOUP

On devient tous vieux un jour.

LA PETITE FILLE

Non moi je deviendrai seulement une femme jeune et surtout belle et c’est tout.

LE LOUP

Viens.

LA PETITE FILLE

Oui je suis là, je m’assois près de toi.

La petite fille s’assoit à côté du loup. Elle est terrorisée.

LE LOUP

Oui c’est bien.

LA PETITE FILLE

Oui.

LE LOUP

Si tu as chaud tu peux enlever tes habits.

LA PETITE FILLE

Non j’ai un peu froid.

LE LOUP

Viens sous la couverture alors.

LA PETITE FILLE

Je suis déjà bien comme ça.

LE LOUP

Allonge-toi, tu seras encore mieux.

LA PETITE FILLE

J’ai peut-être entendu du bruit dehors.

Elle se lève.
LE LOUP

C’est seulement le vent.

LA PETITE FILLE

Tu as un peu des poils partout sur le corps.

LE LOUP

Tu exagères.

LA PETITE FILLE

Je suis triste.

LE LOUP

Pourquoi ?

LA PETITE FILLE

Je pense à ma maman.

LE LOUP

Viens, je vais te serrer dans mes bras.

LA PETITE FILLE

J’ai un peu chaud maintenant, je m’assois seulement.

La petite fille s’assoit à nouveau.

LE LOUP

Pose ta tête là sur moi.

LA PETITE FILLE

J’entends ton cœur qui bat et quelque chose qui gronde aussi à l’intérieur.

LE LOUP

C’est le tonnerre dehors que tu entends car il va faire de l’orage.

LA PETITE FILLE

Je n’aime pas l’orage.

LE LOUP

Je vais te protéger.

LA PETITE FILLE

J’ai encore plus peur quand je suis près de toi.

LE LOUP

C’est une idée que tu te fais.

LA PETITE FILLE

Je voudrais rentrer chez moi.

LE LOUP

Mets-toi sous la couverture.

LA PETITE FILLE

J’entends l’orage gronder de plus en plus.

LE LOUP

C’est seulement que j’ai faim.

LA PETITE FILLE

C’est cela qui fait gronder l’orage dehors quand tu as faim ?

LE LOUP

Oui.

LA PETITE FILLE

Et que voudrais-tu manger alors ?

LE LOUP

Toi, ma petite fille.

LA PETITE FILLE

Je n’en ai pas envie tellement.

LE LOUP

Ce ne sont pas les enfants qui décident.

LA PETITE FILLE

Seules les bêtes vraiment monstrueuses mangent les enfants.

LE LOUP

Moi j’ai seulement faim.

LA PETITE FILLE

Je n’ai pas peur de toi.

LE LOUP

Je vais quand même te manger.

LA PETITE FILLE

Alors mange-moi, mais si tu me manges tu n’es pas ma grand-mère.

LE LOUP

Peu importe.

LA PETITE FILLE

Mon flan est meilleur.

LE LOUP

Tais-toi maintenant.

LA PETITE FILLE

Non jamais car sinon je crois que j’aurais vraiment peur.

Le loup se jette sur la petite fille et la dévore.

Noir.


Séance 1 : Qu’est-ce que réécrire ?


INTRODUCTION :

Parce qu'un écrivain est avant tout nourri de littérature, lorsqu'il décide de prendre la plume, il est déjà imprégné des textes, des histoires et du style de ceux qui l'ont précédé. Il emprunte donc des chemins déjà parcourus, en s'abreuvant à une sorte de bibliothèque universelle que serait la littérature.

Ecrire, c'est donc réécrire, car la réécriture concerne les textes qui comportent des ressemblances, l'un s'inspirant de l'autre.

-soit parce que de façon inconsciente, tout auteur est imprégné de ceux qui l'ont précédé

-soit parce que de façon volontaire, les auteurs cherchent à rendre hommage à leurs prédécesseurs ou, au contraire, à les tourner en dérision

Ainsi , la valeur d'une oeuvre réside dans sa capacité à redonner vie à l'oeuvre ancienne, et à l'enrichir par un style propre. Dans tous les cas, la création est une inscription dans une lignée d'oeuvres, position qui est celle de la Renaissance et du XVII° siècle, avec l'humanisme et le classicisme qui redécouvrent les textes de l'Antiquité, et qui ne conçoivent pas l'écriture autrement que comme l'imitation des Anciens.

Depuis les années 1960, on appelle "intertextualité" ces échos d'un texte à l'autre et leur étude. Cette notion pose le problème de l'inspiration et de l'imitation. L'intertextualité s'appuie sur la complicité entre l'auteur et ses lecteurs.


  1. LES REECRITURES DU XVII° SIECLE A NOS JOURS

    La réécriture des textes est-elle un phénomène récent ? Quel plaisir le lecteur prend-il dans une réécriture?

    • La réécriture repose d’abord sur la volonté de rendre hommage aux Anciens : elle reprend systématiquement leurs thèmes et procédés d’écriture, puis s’affranchit en se contentant de références parfois implicites.

    • Cette chaîne littéraire relève de l’intertextualité : un texte renvoie toujours à un autre texte.

    • La réécriture crée une connivence intellectuelle dans le plaisir de reconnaître la référence et dans la découverte de nouvelle significations culturelles et symboliques liées aux emprunts.

    • Elle peut relever d’une complicité ludique dans le plaisir de la transgression quand un texte est désacralisé ou dans le plaisir esthétique du jeu avec le style d’un auteur.






    Antiquité

    Renaissance

    Classicisme

    Lumières

    Romantisme

    Littérature contemporaine

    PHENOMENES

    -L’influence culturelle grecque sur Rome

    -Le modèle culturel et littéraire italien

    -L’imitation des Anciens

    -La querelle des Anciens (Imitation de l’Antiquité) et des Modernes (défense du talent contemporain)

    -L’influence des philosophes et orateurs antiques

    -La continuité du modèle humaniste (Renaissance)

    L’affirmation de l’originalité contemporaine, mais avec des références anciennes (poésie du Moyen-Age, Shakespeare)

    L’intertextualité

    MANIFESTE THEORIES

    Aristote, Poétique (vers -350)

    Du Bellay, Défense et Illustration de la langue française (1549)

    Boileau, Art poétique (1674)

    Jaucourt, article « Littérature », encyclopédie (1751-1772)

    Stendhal, Racine et Shakespeare (1823-1825)

    Genette, Palimpsestes (1982)

    Exemples

    Homère, Illiade, Odyssée

    (vers –VIII°)

    =Virgile, Enéide(-19)

    Pétrarque, Conzoniere (1370)

    =Sonnets de la Pléiade

    Sénèque, Médée (54-62)

    =Corneille, Médée (1635)

    Rhétorique antique, Cicéron

    =Rousseau, Discours sur les sciences et les arts (1750)

    Shakespeare, Roméo et Juliette (1594)

    =Hugo, Hernani (1830)

    Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves (1678)

    =Raymond Radiguet, Le Bal du comte d’Orgel (1924)

    Quels sont les enjeux d’une réécriture ? :

    • Pour créer, l’écrivain s’appuie souvent sur des modèles plus ou moins explicitement empruntés.

    • « Soit le plagiat n’existait pas (et la littérature tout entière n’était que plagiat) ; soit il existait, mais que volait-on et à qui ? L’objet manquant, à qui manquait-il donc ? Qui est lésé et pourquoi ?

    • D’avoir été calomniée deux fois me donnait l’occasion, moi le singe psychique, de raisonner sur un objet, le plagiat, qui semble faire tournoyer la pensée littéraire comme une vis sans fin, et la déplie sur de multiples dimensions. »Marie Darrieussecq, Rapport de police, 2010.




    Myhtes antiques

    Thèmes littéraires

    Œuvres littéraires

    Au sein d’une oeuvre

    ENJEUX

    -Imiter pour rendre hommage

    -Parodier pour désacraliser

    -Réinterpréter

    -Transposer l’histoire à une autre époque

    -Travailler le style en proposant des variations (registres, points de vue…)

    -Célébrer par la référence

    -Ironiser par la parodie

    -S’approprier le style par le pastiche

    -Réécrire un texte pour l’améliorer ou ajouter une idée

    -Transposer le point de vue ou le genre

    Exemples

    Orphée

    =l’Atlantide

    -Les scènes de bal dans les romans

    -la figure du savant fou


    Le Bal du comte d’Orgel

    =La Princesse de Clèves

    La transposition du mythe d’Orphée par Cocteau, du théâtre au cinéma

    La réécriture : plagiat ou création ?

    • L’Antiquité ne connaît pas la notion d’originalité : écrire un texte, c’est hériter des maîtres anciens.

    • C’est au XIX° siècle que les romantiques font l’éloge du genre individuel, libéré des modèles anciens. Au XXI° siècle, les procès en plagiat ne sont pas rares, invoquant la propriété intellectuelle avec la loi Le Chapelier en 1791.

    • « Aucun homme ne peut se flatter raisonnablement de penser quelque chose qu’un autre homme n’ait pas déjà pensé avant lui. Il sait que les idées sont à tout le monde et qu’on ne peut dire : « Celle-ci est mienne », comme les pauvres enfants dont parle Pascal disaient : « Ce chien est à moi. » Il sait enfin qu’une idée ne vaut que par la forme et que donner une forme nouvelle à une vieille idée, c’est tout l’art, et la seule création possible à l’humanité. » Anatole France, Analogie pour le plagiat, 1891

  2. LES PROCEDES DE LA REECRITURE

Dans le cadre de la réécriture, les relations entre les textes prennent différentes formes







L’emprunt

  • l'allusion:

On fait référence de façon plus ou moins détournée à une phrase, une situation, empruntée à un auteur connu. L'auteur compte sur la culture de son lecteur, ce qui établit avec lui un line de connivence. (Mme du Châtelet et Cicéron, Dans discours sur le bonheur, à propos des plaisirs des sens et du coeur)

  • la citation:

Très visible grâce à ses codes typographiques (italiques ou guillemets, restitution fidèle du texte cité, présentation en décalé), elle est l'insertion d 'un texte dans un autre. Elle peut avoir une valeur argumentative, comme argument d'autorité, une fonction ornementale, ou au contraire faire l'objet d'une contestation. (Mme de Grancey à Molière "Du côté de la barbe est la toute-puissance", pamphlet de Voltaire, "Femmes, soyez soumises à vos maris")

  • la reprise ou la variation:

On s'approprie un personnage ou une oeuvre du passé pour en donner sa vision personnelle. ( Anouilh reprend le mythe d'Antigone dans la prière éponyme, reprise de Sophocle, la récurrence d'un motif ou d'une scène qui peut devenir un lieu commun de la littérature, un "topos": la rencontre amoureuse, la scène de repas...)

  • le plagiat:

Iil s'agit d'un emprunt à un autre tete sans que ses références soient explicitement indiquées. C'est une atteinte à la propriété intellectuelle, mais peut-être un mode de création chez certains auteurs. (Lautréamont revendique le plagiat comme nécessité poétique et intègre dans Les Chants de Maldoror un passage intégralement recopié d'une Encyclopédie scientifique)


L’imitation

  • le pastiche:

On imite, en exagérant les procédés, le style d'un écrivain, qu'en général, on admire. Il se crée une complicité avec le lecteur. L'intention peut être comique, voire satirique, mais elle peut constituer un simple jeu avec le lecteur. (Marcel Proust dans Pastiches et mélanges, s'amuse à raconter à la manière de Balzac ou Flaubert une célèbre affaire d'escroquerie contemporaine)


  • la parodie:

On imite de façon caricaturale un genre, un registre, un style, en introduisant des décalages comiques avec le modèle. Comme le pastiche, elle a un but comique, mais elle peut cependant avoir pour objectif de souligner l'écart entre le texte source et le texte actuel, afin de renouveler une réflexion. (Raymond Queneau reprend le poème de Ronsard, "Mignonne, allons voir si la rose")
a- le burlesque traite de sujets nobles ou sérieux en employant des termes comiques ou vulgaires (La Belle Hélène, opéra-bouffe de Jacques Offenbach, 1864, est une interprétation fantaisiste de la guerre de Troie)
b-l'héroï-comique traite de sujet vulgaire sur un ton noble
Petite histoire de la parodie:

Elle se constitue dès l'Antiquité: le poème grec la Batrachomyomachie raconte l'histoire d'une guerre entre les grenouilles et les rats en parodiant les combats entre les Troyens et les Grecs de l'Iliade. Rabelais parodie tous les styles dans son oeuvre en s'adressant aupublic cultivé de son époque: harangue en mauvais latin, descriptions burlesques, plaidoiries absurdes. Aux XVII° et XVIII° siècles, le burlesque d'une part, illustré par Scarron, et l'héroï-comique d'autre part, illustré par Boileau sont les deux champs qui se partagent la parodie. Depuis le XIX° siècle, les écrivains s'intéressent davantage à la réécriture des topoï, lieux communs ou clichés, et au pastiche: exercie de style qui demande une connaissance très précise des procédés d'écriture du texte source.


La transposition

  • les différentes variations d'un texte:

On change le mode de narration, le point de vue, l'énonciation, les formes de discours. (Maupassant a écrit deux versions du Horla avant d'opter pour celle du journal intime)


  • l'adaptation:

On fait passer une oeuvre d'un genre dans un autre, du roman au théâtre, du roman au cinéma...On modifie le texte en fonction du destinataire, adulte/enfant, on actualise un texte classique. (adaptation de Madame Bovary par Chabrol au cinéma)


L’amplification

  • les brouillons, les ébauches, les variantes d'un texte offrent des exemples de ces ajouts ou de ces retraits. (brouillons de Flaubert et 4000feuillets dont un peu plus de 10°/° constitue le roman final)




  • le développement d'un texte ou son résumé sont des formes de réécriture enseignées par la rhétorique classique et pratiquées aujourd'hui dans les travaux d'écriture d'invention et d'argumentation.

La traduction

  • La traduction est encore un autre modèle de réécriture :

Le passage d'une langue à une autre entraîne de nombreuses transformations, et pose des problèmes d'interprétation au traducteur, car aucune traduction n'est jamais parfaite.


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