Diagnostiquer la dyslexie





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DIAGNOSTIQUER LA DYSLEXIE
Plusieurs auteurs mentionnent les erreurs commises par les dyslexiques :

1. une incapacité à prononcer un mot nouveau avec une tendance à conjecturer au petit bonheur sa structure phonétique : substitution devient « sustilution » ;

2. une impossibilité de détecter les différences entre les sons, les lettres et les mots : ou devient on ; en devient ne ; p/b/q/d sont confondus ainsi que m/n; qu devient gu; u devient n ;

3. une difficulté à ne pas perdre le fil de la .lecture et un embarras à quitter avec précision l’extrémité située à droite d’une ligne d’écriture pour le début de la ligne suivante situé à gauche. Mosse et Daniels décrivent cette inaptitude sous le nom de « dyslexie linéaire » ;

4. des mouvements de lèvres et l’articulation à voix basse des sons pendant les exercices de lecture silencieuse ;

5. une impossibilité de lire avec une compréhension complète ;

6. une prononciation incorrecte des voyelles, par exemple flocon/flacon ;

7. une confusion entre consonne sourde et consonne sonore : bord devient por, tombe/tompe, sauve/sofe, amusante/ amusande, gâchette/cachette.

8. un déplacement de lettres, cc qui peut entraîner une inversion de sons : tir devient tri, ou tri devient tir, aéroport devient aréoport ; ou bien le mot entier peut être transformé : dans les graphies complexes notamment, ien devient ein, ion devient oin., ian devient ain ;

9. une addition de phonèmes1 inappropriés réalisant des épenthèses2 : bleu devient beleu, marteau devient mareteau;

10. une suppression de phonèmes dans un ensemble consonantique : partir devient pati ; ou une omission de syllabes: médicament devient mécament ;

11. une erreur d’un type tout à fait différent se produit lorsque l’enfant substitue un son à un autre, un mot à un autre (le pour la)

12. une addition de mots inappropriés: « une fois pendant un temps c’était vrai », à la place de « une fois c’était vrai » ;

13. une omission d’un genre particulier constatée dans le phénomène dit de « refus » : ainsi l’enfant essayant de lire « un des plus intéressants » peut dire « un des plus » et s’arrêter net ;

14. des erreurs de segmentation dans l’écriture : « larmoire » pour l’armoire ; « je remai si » pour « je remercie » ;

15. en lecture à haute voix : un non-respect du rythme, des phrases, de la ponctuation, des liaisons.

Outre les troubles de la lecture et de l’écriture, le dyslexique présente aussi des troubles du langage oral, comme le prouvent les tests de dénomination qui témoignent d’un accès déficient au lexique : le manque du mot est relativement fréquent, allant parfois jusqu’à de véritables troubles de la compréhension du langage oral.

Il faut noter aussi les difficultés d’apprentissage. Les règles de variation du g sont mal maîtrisées : garage devient garague, ou du s : faisant devient faissant, ou du c : citron devient kitron, des erreurs de segmentation et d’ordonnancement dont les plus fréquentes réalisent des inversions visant plus la facilitation que la fréquence d’usage : cla qui devient cal, sta qui devient sat. Les groupes consonantiques ou vocaliques peuvent aussi être prononcés de façon erronée.

On note aussi des troubles de la mémoire immédiate : on prononce 6, puis 5, puis 4 mots devant l’enfant en lui demandant d’être attentif, il n’en retient que 3.
Association « Puissance DYS »,

5 rue Pierre Chausson 75010 Paris – 01 40 40 90 37

CONSEILS AUX ENSEIGNANTS
• La personne dyslexique n’applique jamais les règles de lecture, les conjugaisons, la grammaire et l’usage selon notre mode de pensée : assurez-vous qu’elle connaît ces règles, et encouragez-la à trouver comment elle pourrait les appliquer. Notre mode d’application des règles du français constitue l’épreuve la plus difficile et la plus humiliante pour le dyslexique qui ne peut adhérer à notre système d’analyse dans ce domaine. Par exemple, vous lui expliquez la règle qui régit l’accord de l’adjectif avec le nom. Il la comprend, vous la récite à maintes reprises sans erreur, mais va cependant être « incapable » d’accorder l’adjectif qu’il a devant lui avec le nom. Dans la phrase « les chevaux sont verts », il peut écrire l’adjectif vert, verrent, vers ou de bien d’autres façons encore, sa créativité dans ce domaine étant illimitée. Il n’accède aucunement au principe selon lequel l’adjectif s’accorde avec le nom, même s’il en accepte la règle de bonne grâce. Tout se joue pour lui ailleurs, différemment. C’est pourquoi nous insistons sur l’urgence d’accepter ce mode différent d’apprentissage peu commun et de trouver des solutions adaptées. Il arrivera alors sans difficulté à accorder les adjectifs avec les noms, mais en passant par une logique subtile, qui nous échappe dans la plupart des cas si nous ne nous sommes pas penchés sur cette autre grille de lecture et d’analyse.

• Le dyslexique doit être encouragé, certes, mais il a besoin, comme les autres enfants, d’être noté, de pouvoir se mesurer à une norme, d’avoir des repères. Le mieux est de comparer ses résultats du moment à ceux qu’il avait précédemment.

• Copier ou recopier des, leçons, des textes, des mots doit être évité dans la mesure où cela handicape et épuise terriblement ces enfants tant qu’ils ne sont pas rééduqués.

• Il est bon de s’assurer qu’il fait bien les devoirs notés sur son cahier car, arrivé chez lui, malgré tous ses efforts, il sera dans l’incapacité de retrouver le travail qui lui est demandé (il notera une page erronée pour les exercices à faire dans le livre de mathématiques, Il confondra le cahier avec le livre, il se trompera de date pour la poésie, ne retrouvera pas l’extrait à apprendre...).

• Lui lire l’énoncé des problèmes en mathématiques peut lui permettre de les résoudre car, souvent, il ne le comprend pas ou l’interprète mal, ayant du mal à le déchiffrer.

• Lui donner des responsabilités en classe porte souvent ses fruits : délégué de classe (c’est une charge qu’il affectionne particulièrement), service tableau, teneur de porte, organisateur, chef de la discipline...

• L’encourager à lire et à écrire, même s’il fait beaucoup de fautes ; éviter de dire les notes à voix haute, surtout lorsqu’il avoisine les plus basses.

• Expliquer à toute la classe qu’il est dyslexique, comme certains sont myopes par exemple, en soulignant les qualités — souvent oubliées — particulières à ces enfants : une facilité pour le langage oral, un sens de l’organisation dans l’espace très riche, une notion du temps originale, une bonne intuition, une vision du monde à 360 degrés, une approche de la vie très créative... Ce conseil provoque des crises d’angoisse chez nos petits patients car ils ont très peur que « tout le monde sache ». Pourtant c’est une solution à de nombreuses incompréhensions, qui prévient bien des moqueries et renforce les liens entre les élèves ; d’autres dyslexiques révéleront peut-être ainsi leur identité et il ne se sentira plus isolé.

Le dyslexique est malheureux en français, mais pas seulement : il n’est pas rare que les maîtres et professeurs soient féroces pour l’orthographe quelle que soit la discipline : les sciences, l’histoire, la géographie, les maths, l’éducation civique ; le dyslexique n’est épargné que dans les matières artistiques, en éducation physique et sportive, et parfois en technologie. Cette pratique fait penser à un système pénalisant un paraplégique parce qu’il ne peut courir en gymnastique ou qu’il ne se déplace pas assez vite à l’intérieur de l’établissement...
« Vive la Dyslexie ! » par Béatrice Sauvageot et J. Métellus, 2002


SUGGESTIONS AUX PARENTS DE DYSLEXIQUES



Voici les observations que nous avons glanées au cours des années et qui permettent de « croquer » le dyslexique en dehors du tableau clinique:

— Il met deux heures à s’habiller le matin et n’arrive pas à lacer ses chaussures — quand il réussit à les mettre à l’endroit.

— Lorsqu’on lui donne rendez-vous à un coin de rue, il arrive qu’on le retrouve trois heures plus tard au croisement opposé, confondant les notions d’espace réel avec celles qui s’inscrivent dans ses jeux vidéo.

— Il ne comprend pas toujours les consignes, soit parce qu’il n’écoute pas, soit parce qu’il les interprète à sa façon ; il lui arrive de ne pas les appliquer, même s’il les comprend.

— Il adhère le plus souvent à la consigne, la généralisant aux exercices qui suivent, soit dans l’instant, soit dans un temps différé.

— Il a une écoute multidirectionnelle ne lui permettant pas de synthétiser une tâche concrète et isolée ; ceci donne une impression souvent justifiée de dispersion et génère une certaine tension, une grande fatigue, à l’école notamment.

— Il n’éprouve pas de difficulté à faire plusieurs choses à la fois, mais a du mal à s’adonner à une seule.

— Il n’écoute pas toujours lorsqu’on s’adresse à lui et se montre soit perturbé, agité et insolent, soit complètement déconnecté du monde qui l’entoure, apparemment toutefois, car il est attentif à des choses particulières : les bruits extérieurs, l’apparence physique, les vêtements, les expressions, la mélodie de la parole, qu’il transforme en ballet de couleurs, de formes, d’images infiniment variées.

— Il manque de distance et ignore l’abstraction face au langage : il ne rit pas de jeux de mots désopilants mais peut s’esclaffer à propos d’un je-ne-sais-quoi d’intraduisible, échappant à notre sens de l’humour habituel.

— Il a du mal à intégrer les structures rythmiques, principalement la notion de durée et de tempo.

— Il a un sens de l’observation visuelle déroutant alors qu’il ne peut se repérer en fonction d’informations écrites, comme les plans, les panneaux indicateurs de rues et de directions. Il fait preuve d’une mémoire extraordinaire pour retrouver un circuit déjà emprunté grâce à des détails visuels (une fleur sur un balcon, lui-même caché par une grue jaune et bleu), auditifs (le métro qui passe, le bruit d’une école), olfactifs (l’odeur d’une boulangerie), gustatifs (le bonbon qu’il avait dans la bouche à ce moment-là), émotionnels (le sentiment qu’il a éprouvé lors de son dernier passage), détails mis en scène dans de véritables histoires agrémentant ses déplacements.

Un enfant applique la règle du participe passé apprise de façon isolée à partir d’une phrase inventée : « Les pommes ont été volées par un garnement en culotte courte. » Il explique qu’il a pu accorder le participe passé car la dernière fois qu’il a volé des pommes, c’était parce que sa grand-mère avait perdu ses lentilles sur le sol. Il était allé lui chercher ses lunettes restées dans le garage de son voisin et en avait profité pour dérober quelques pommes, avait même croisé le chat qui s’était frotté contre lui en ronronnant...

— Il a une intuition remarquable et un charme filou : « Attention, le jour où vous me verrez comme je suis, vous aurez des surprises, de bonnes surprises, vous ne savez pas à qui vous avez affaire », alors qu’il ne le sait pas encore lui-même, même s’il en a l’intuition.

— Il bricole et démonte télévision, radio, moteurs de toute sorte, tout ce qu’il peut trouver dans la maison. Il adore les plans et les schémas, a tendance à vouloir décoder tout ce qu’il n’a pas appris.

— Il éprouve le besoin de s’exprimer par des biais différents de la parole et du langage, au début du moins mais, plus tard, développe une agilité linguistique à l’oral surprenante.

— Il a du mal à être attentif mais est capable d’une concentration incroyable devant un jeu, un travail artistique ou manuel.

— Il se débrouille très bien sur un ordinateur, car la multiplicité des données, des informations visuelles, des codes, des signes et des sigles, des dessins et des sons lui permet de se frayer un chemin à travers le dédale des informations fournies : il apprend comme les autres, sans difficulté particulière, les parents le savent bien et ils en sont souvent étonnés. De plus, sa vision des formes et des objets en trois dimensions l’aide à développer, à partir de certains programmes informatiques, un véritable plaisir dans l’élaboration de figures abstraites et de jeux divers. L’apprentissage de l’alphabet à partir d’une représentation corporelle des lettres, sans modèle immédiat, permet au dyslexique de développer son talent créatif, d’explorer son asymétrie, ses confusions, de faire le tour de ses erreurs, et d’intégrer sans contrainte les formes classiques et arbitraires à la fois de notre code écrit.

• En ce qui concerne les devoirs, voici quelques suggestions :

Tout d’abord, laisser l’enfant au milieu de son capharnaüm : télévision, radio, bruits ambiants, si possible dans des pièces de vie, salon, cuisine, salle à manger. Il faut éviter de le laisser dans sa chambre, au calme, assis à son bureau. Un dyslexique a besoin, pour se concentrer et apprendre ses leçons de façon autonome et efficace, d’avoir du monde et du bruit autour de lui. Cela ne sert à rien vous vous asseyiez à ses côtés des heures durant, à lui tenir le livre, à anticiper les réponses qu’il devrait vous faire, de toute façon, il en trouvera d’autres.

L’autonomie de l’enfant face aux devoirs est indispensable : il a besoin d’apprendre à s’organiser à sa façon, avec ses propres règles. Vous pouvez l’aider à corriger ses devoirs ou lui faire réciter ses leçons, mais évitez de lui expliquer comment se servir des règles, vous allez perdre patience, vous épuiser, l’épuiser, le décourager, en vain.

Le dyslexique doit gesticuler à sa guise et selon ses besoins lorsqu’il fait ses devoirs, s’accorder des pauses, varier en permanence son rythme de travail et ses tâches habituelles : un peu d’histoire et hop ! un problème de maths, trois phrases d’anglais, la suite de l’histoire...

Plus il se sert de la mélodie, des gestes et du rythme, plus il apprend avec plaisir et efficacité. L’enveloppe mélodique et rythmique des sons s’analyse dans le cerveau à divers endroits, plus ou moins spécialisés. Si nous appréhendions la langue parlée et même écrite uniquement du point de vue phonologique, sémantique et autres fonctions linguistiques du langage, nous n’arriverions pas à déchiffrer et à comprendre les mots et les phrases qui les constituent. Il a souvent besoin de sonoriser, de grommeler durant son travail ; il émet des sons le plus souvent sans signification au bien parle à voix haute pour donner du relief aux mots qu’il déchiffre et comprend souvent plus facilement grâce à ce retour (feed-back) auditif.

Il est bon d’établir une notation personnalisée dite « spécial parents », afin de lui montrer que vous appréciez ses devoirs et ses réussites à leur juste valeur : une dictée avec dix-huit fautes ne peut être jugée comme une dictée avec quarante-huit fautes, pourtant ces deux exercices conduisent à la même note zéro.

Pour qu’il apprenne des mots, n’hésitez pas à les épeler vous-même au début pour l’aider à les retenir plus facilement que s’il les épelle ou les écrit lui-même. Le nec plus ultra pour un dyslexique consiste à lui épeler les mots qu’il doit retenir en lui racontant une histoire qu’il écoutera les yeux ouverts ou fermés, selon sa préférence, allongé confortablement sur le dos.
« Vive la Dyslexie ! » par Béatrice Sauvageot et J. Métellus, 2002

Association « Puissance DYS »,

5 rue Pierre Chausson 75010 Paris – 01 40 40 90 37

1 Phonèmes : sons et bruits ou combinaisons de sons et de bruits utilisés dans la parole. Définition donnée par Fouché.

2 Epenthèse: apparition à l’intérieur d’un mot d’un phonème non étymologique. L’épenthèse se produit pour adoucir des articulations inhabituelles.

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