Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique





télécharger 20.12 Kb.
titreLe texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique
date de publication21.11.2017
taille20.12 Kb.
typeDocumentos
l.20-bal.com > économie > Documentos
Clydie Renard

Le texte libre

1- Le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique

Déjà des pédagogues comme Decroly parlent d’écriture libre de textes, et les impriment. Freinet met le texte libre en place dans sa classe dès 1924. Les enfants écrivent librement des textes, pour la plupart récits de vie, qui sont tirés à l’imprimerie, lus à la classe, exposés. Très vite, ils servent de support à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, et de l’étude de la langue.

Freinet trouve une autre finalité à ces écrits quand il instaure, en 1926, la correspondance avec la Bretagne. Chaque jour, des textes sont écrits et envoyés aux correspondants. Naît ensuite “La Gerbe”, les écrits de la semaine sont regroupés pour des questions d’économie et envoyés une fois par semaine. C’est ainsi que naît le journal scolaire.

Freinet fait alors du texte libre une véritable méthode d’apprentissage, et un des piliers de sa pédagogie. En développant la pratique de l’écriture, et sa valorisation par la correspondance et le journal, Freinet observe auprès de ses élèves une véritable démarche naturelle d’apprentissage. De plus, cette démarche “de bas en haut” lui convient bien : par le texte libre, c’est la vie des enfants qui entre dans la classe, et la prise en compte de ces écrits est une véritable reconnaissance par le maître de la culture d’origine des élèves.

La place du maître en est d’ailleurs changée, puisqu’il n’est plus là pour inculquer des savoirs de façon frontale, mais devient celui qui conseille, qui apporte les outils nécessaires pour vaincre une difficulté, qui permet d’acquérir des savoirs par la pratique, comme le fait le maître-artisan.

Tout l’esprit de la classe en est aussi changé : cette pratique n’est possible que si un esprit coopératif existe dans le groupe.

- Pas de jugement de valeur sur les textes écrits, donc pas de notes ni de classements, et pas de compétition “malsaine”.

- Ecoute et respect des autres : la lecture de son texte n’est possible devant le groupe que si cela ne menace pas votre personne.

- Entraide coopérative : le maître n’est plus le seul à pouvoir aider, et ne peut être disponible partout à la fois. Les compétences acquises par chacun sont utiles à tous.
Le texte libre est donc une pratique fondatrice de la pédagogie Freinet.


2- Définition et présentation du texte libre - nos pratiques.
A/ Le texte libre : quand ? Où ? Comment ? Les invariants :
Le texte libre n’est pas seulement l’écriture d’un texte dont le sujet est libre. L’enfant a la liberté d’écrire ou de ne pas écrire (même si nous le sollicitons, le respect de sa démarche et de son rythme doit nous rester à l’esprit). L’enfant peut écrire plusieurs textes par jour ou écrire rarement.

Il peut écrire quand il veut, dans la limite du respect des activités collectives programmées : on ne peut pas écrire pendant la séance collective de lecture, ou de maths, ou pendant l’EPS. Il peut écrire sur le temps de Travail Individualisé, pendant les récréations, quand il a terminé un travail, à la maison, à la cantine … Cela dépend un peu des situations de classe et des règles établies en groupe. De toute façon, cette écriture est institutionnalisée, et reconnue comme une activité valorisante.

Il peut écrire ce qu’il veut, dans la limite aussi du respect des autres : texte de fiction, récit de vie, compte-rendu libre de visite… Il est complètement libre du choix du thème.

Il peut écrire sous la forme qu’il veut : prose, poésie, bande dessinée, scénario, calligramme … Texte court ou texte long …Il peut utiliser le support qu’il veut, les outils qu’il veut.

Il décide de ce qu’il veut en faire : envoi aux correspondants, lecture à la classe, affichage, support de lecture ou d’étude de la langue pour le groupe, ou simple rangement dans son cahier de textes libres (écrit « pour soi »), envoi pour parution à un magazine…. Le maître ne décide pas de la finalité d’un texte sans l’accord de l’auteur.

Le texte libre n’est pas évalué, n’est pas noté. On ne porte pas de jugement de valeur dessus. Eventuellement, on encouragera seulement l’auteur à améliorer son écrit, à continuer son histoire, à dépasser un peu le stade de la facilité, à se renouveler dans le choix de ses thèmes ou dans la forme …

Le texte libre n’est pas la seule pratique d’écriture dans la classe. De nombreuses autres occasions sont proposées aux enfants.

B/ Le texte libre : une pratique d’expression de l’enfant.
Le texte libre s’inscrit dans une démarche de liberté d’expression regroupant plusieurs pratiques : dessin libre, créations mathématiques, expression orale et lieux de paroles, expression corporelle, expression musicale... L’enfant y a la liberté totale d’expression puisqu’il a l’assurance que son texte n’aura d’autre finalité que celle qu’il lui aura choisie, qu’il ne sera pas noté, qu’il ne sera pas critiqué de façon humiliante par le maître ou par le groupe. Cette optique nous met quelquefois face à des situations difficiles : l’enfant peut exprimer dans ses textes ses angoisses, ses souffrances, dévoiler des choses préoccupantes, voire graves. Cela reste un problème marginal qui mérite cependant que nous l’ayons à l’esprit. Cette expression peut aussi permettre à l’enfant de trouver dans le texte libre le moyen d’exorciser ses fantômes, pour pouvoir les mettre ensuite de côté et accéder aux apprentissages. Elle permet au moins à l’enseignant de comprendre pourquoi cet élève rencontre des difficultés dans son parcours scolaire, son comportement…
C/ Le texte libre : une démarche de communication.

Si on écrit, ça peut être quelquefois pour soi-même, mais c’est le plus souvent pour être lu. L’expérience montre que, dans une classe où l’on propose le texte libre sans autre finalité que de le mettre au propre dans le cahier réservé à cet effet, les enfants n’écrivent pas longtemps. L’écrit est fait pour être lu, relu, montré, c’est un instrument de communication, et c’est ce que nous voulons leur transmettre pour leur donner envie d’apprendre à lire et à écrire.
Dans nos classes, il y a plusieurs finalités possibles :

¤ On peut écrire seulement pour soi, cela arrive, le texte est alors mis au propre, éventuellement illustré et consigné dans le cahier de textes libres.

¤ On peut écrire pour dire quelque chose de grave au maître, qui doit rester un secret entre soi et lui. Le texte peut alors être seulement lu et corrigé par le maître, et ensuite disparaît. (Cas rares)

¤ On peut écrire pour lire à toute la classe, ou à un petit groupe.
¤ On peut écrire pour que ce texte soit choisi pour le journal scolaire, et diffusé auprès des parents, des élus, du village, du quartier, dans d’autres écoles (réseaux d’échanges).

¤ On peut écrire pour envoyer aux correspondants (le fax ou le mail est, chez les plus jeunes, un excellent stimulant, si les correspondants répondent aux envois et font de même)

¤ On peut écrire avec l’envie que son texte serve de support à une séance d’étude de la langue.

¤ On peut écrire et réaliser une présentation artistique pour affichage.


D/ Le texte libre : un moyen d’apprentissage

Les enseignants qui se réclamant de la Pédagogie Freinet utilise l’écriture au quotidien dans leurs classes. L’écrit accompagne l’apprentissage de la lecture et même le précède. L’enfant qui voit le maître écrire son texte fait le lien entre sa parole et la transcription écrite qui en est faite. Il découvre l’aspect social de l’écriture en emportant son texte à la maison et en découvrant que les autres peuvent lire exactement ce qu’il a dit. Dès la maternelle l’écriture est proposée à l’enfant, l’enjeu est double, cognitif et psychologique.

  • Apprentissage de la langue orale et de la langue écrite

    • Dictée au maître dès la maternelle : savoir exprimer son idée, la dire de manière compréhensible, la transformer du langage oral au langage écrit. Au début l’enfant va dire « Tu écris que j’ai été à la foire et même, tu sais, j’ai fait du manège trois fois… » pour aboutir, assez vite à la dictée à l’adulte : « Dimanche, je suis allé à la foire et j’ai fait trois tours de manège. »

– Apprentissage de la lecture : Méthode Naturelle de Lecture-Ecriture (MNLE), il y a écriture dedans et c’est très important. L’écriture est un formidable moyen de progresser en lecture. L’enfant mémorise les mots de base des textes, il se forge un véritable lexique orthographique, et est obligé, en écrivant, de décomposer les mots en petites unités, de rentrer dans le code. C’est un premier apprentissage du fonctionnement de la langue (structure et construction des phrases et des textes, grammaire, conjugaison,…)

L’écriture (orthographique) inventée est bannie de la classe, l’enfant doit soit être sûr de son orthographe, soit aller rechercher le mot dont il a besoin dans un outil (cahier, carnet…), soit demander à quelqu’un qui sait. Plus l’enfant écrit d’erreurs orthographiques, plus il aura du mal à bien mémoriser le bon mot. (voir à ce sujet les écrits de Laurence Rieben sur « les écritures inventées ».
E / Le texte libre : une pratique coopérative
Pour que l’enfant écrive, il faut que ce soit « pour de vrai » ? Pour cela l’écriture doit être socialisée, c’est-à-dire servir à transporter un message qui sera lu par d’autres. C’est pourquoi en classe Freinet, l’apprentissage de la lecture-écriture est indissociable d’activités telles que la correspondance, le journal scolaire, les exposés d’enfants, les projets de sortie, de séjour… Les écrits sont toujours mis au propre, illustrés, valorisés.

Si ses écrits ne servent à rien, l’enfant se lassera. C’est pourquoi en classe Freinet on ne fait jamais d’exercice d’expression écrite du genre « imaginez que vous écrivez… » sauf en cas de nécessité lors d’évaluations, mais alors c’est expliqué à la classe.

Très important aussi : pour que l’enfant écrive, il faut lui en laisser le temps.

similaire:

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconCas d’un élève en grande difficulté
«du texte libre». Elle a commencé une première séance avec un dessin et dictée à l’adulte. Et après comment faire ?

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconRéunion des Musées Nationaux, Coll. Enfance de l'Art «libre et pas libre»
«cirque, les arts de la rue, la fete», projet départemental de l’Action Culturelle

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconL. A. 1 : «J’ai tant rêvé de toi», Robert Desnos
«A la mystérieuse», adressé à Yvonne George qui toujours se refusa à l'amour de Desnos. Versification «libre» : associe le vers libre...

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconLe texte libre selon Célestin freinet
«scolastiques» tiennent encore beaucoup de place dans les pratiques de classe. Les élèves écrivent des textes qui la plupart du temps...

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconComment étudier un texte dans le détail
«je» dans un texte argumentatif montre l’implication personnelle de celui qui parle, dans un texte poétique, elle peut indiquer le...

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconUne liste de site proposée par le crdp d’Amiens où on peut télécharger...
«auteur contemporain», le texte n'est pas libre de droit et son utilisation, autre que privée, est soumise à une demande d'autorisation...

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconDurée : 2 h 30 texte 1 : Les Saisons de passage, Andrée chedid, 1996....

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconSéance 3 : texte I. Arthur rimbaud
«illumination» écrit par l’auteur a l‘âge de 17 ans est une œuvre majeure de sa carrière. IL est composé de 57 poèmes en prose ou...

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconLe poème «Lisette quitté la plaine» que l’on donne comme «le premier...
«J’en présente, en même tems, la traduction versifiée par un créol, qui, aux dépens de son amour-propre, n’a cherché qu’à conserver,...

Le texte libre 1- le texte libre : historique, et ancrage éthique et pédagogique iconSituer le texte dans son contexte historique





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com