Mémoires d’Outre-tombe, René de Chateaubriand, 1848. Document e : Les Chimères, «El Desdichado»





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date de publication30.05.2017
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Séquence 2. L’entreprise autobiographique. Objets d’étude : l’autobiographie et le romantisme.

Corpus d’entraînement n°2. 1ere LA.

  • Évaluation obligatoire : la question et un travail d’écriture au choix pour le 06 décembre 2010

  • Évaluation(s) libre(s) : un ou deux des travaux d’écriture ( /20) qui n’ont pas été traités pour l’évaluation obligatoire. À rendre le 08 décembre.


Document A : Les Confessions, Saint Augustin, 398.

Document B : Les Confessions, Jean-Jacques Rousseau, 1782.

Document C : Le Désespéré, Gustave Courbet, 1843.


Document D : Mémoires d’Outre-tombe, René de Chateaubriand, 1848.

Document E : Les Chimères, « El Desdichado », Gérard de Nerval (1808-1855), 1854.

Document F : Histoire de ma vie, George Sand, 1855.

Document G : L’Âge d’homme, Michel Leiris, 1939.

Document H : Autoportrait au radiateur, Christian Bobin, 1997.
(Un corpus de bac est constitué normalement d’un maximum de cinq documents.

Huit sont ici proposés afin de faire apparaître la diversité des formes proches de l’entreprise autobiographique.)



I. Question, 4 points. (La présentation introductive des documents n’est pas demandée).
Quels documents peut-on directement mettre en relation avec le mouvement du romantisme ? Vous justifierez votre réponse.

II. Travail d’écriture, 16 points.

Commentaire.

Vous ferez le commentaire du texte de Christian Bobin.

Dissertation.

L’autobiographe ne crée-t-il que pour sa postérité ? En vous appuyant sur le corpus (au moins cinq références à ce corpus sont imposées) et vos connaissances personnelles, vous proposerez une réflexion organisée.

Écriture d’invention.

Imaginez un échange épistolaire entre deux écrivains célèbres. Le premier évoquera son projet d’entamer la rédaction de mémoires. Le second répondra qu’il considère que toute entreprise autobiographique lui semble vaine et pénible. Chacun proposera une argumentation organisée. Deux lettres sont donc attendues pour un ensemble de trois pages au minimum.







Document A : Les Confessions, Saint Augustin (354-430), 398. Livre deuxième. Chapitre 2. « Augustin a seize ans. Ses débauches à seize ans ».
Ma plus vive jouissance n’était-elle pas d’aimer et d’être aimé? Mais je ne m’en tenais pas à ces liens d’âme à âme, sur la chaste lisière de l’amitié spirituelle. D’impures vapeurs s’exhalaient des fangeuses convoitises de ma chair, de l’effervescence de la puberté; elles couvraient et offusquaient mon coeur: la sérénité de l’amour était confondue avec les nuages de la débauche. L’une et l’autre fermentaient ensemble, et mon imbécile jeunesse était entraînée dans les précipices des passions et plongeait dans le gouffre du libertinage.

Votre colère s’était amassée contre moi, et je l’ignorais. Au bruit des chaînes de ma mortalité, j’étais devenu sourd, j’expiais la superbe de mon âme. Et je m’éloignais de vous, et vous me laissiez; et je m’élançais, et je débordais, et je me répandais, et je me fondais en adultères, et vous vous taisiez! O ma tardive joie, vous vous taisiez alors, et, toujours plus loin de vous, je m’avançais dans les aridités fécondes en douleurs, avili dans l’orgueil, agité dans la fatigue!

Qui eût alors modéré ma peine? Qui m’eût borné à l’usage légitime de la fugitive beauté des créatures éphémères et de leurs délices, pour que les flots de ma jeunesse ne débordassent pas du moins la plage conjugale, s’ils ne pouvaient s’apaiser dans le but de la procréation des enfants, selon la prescription de votre loi, Seigneur, qui réglez la génération de notre mortalité, et pouvez étendre une main adoucie pour émousser des épines inconnues au paradis? Car votre toute-puissance est tout près de nous, lors même que nous sommes loin de vous. […]

Où étais-je, et dans quel lointain exil des délices de votre maison, à cette seizième année de l’âge de ma chair, qui prit alors le sceptre sur moi; esclave volontaire, livré sans réserve à la frénésie de cette passion, que notre dégradation affranchit de tout frein, mais que votre loi condamne? On ne se mit point en peine d’offrir le mariage au-devant de ma chute; on n’avait à coeur que de me faire apprendre à bien dire, à persuader par ma parole.


Document B : Les Confessions, Livre III, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), parues en 1782, rédigées de 1765 à 1769).

Deux choses presque inalliables s’unissent en moi sans que j’en puisse concevoir la manière ; un tempérament très ardent, des passions vives, impétueuses, et des idées lentes à naître, embarrassées et qui ne se présentent jamais qu’après coup. On dirait que mon coeur et mon esprit n’appartiennent pas au même individu. Le sentiment, plus prompt que l’éclair, vient remplir mon âme ; mais au lieu de m’éclairer, il me brûle et m’éblouit. Je sens tout et je ne vois rien. Je suis emporté, mais stupide ; il faut que je sois de sang-froid pour penser. Ce qu’il y a d’étonnant est que j’ai cependant le tact assez sûr, de la pénétration, de la finesse même, pourvu qu’on m’attende : je fais d’excellents impromptus à loisir, mais sur le temps je n’ai jamais rien fait ni dit qui vaille. Je ferais une fort jolie conversation par la poste, comme on dit que les Espagnols jouent aux échecs. Quand je lus le trait1 d’un duc de Savoie qui se retourna, faisant route, pour crier : « À votre gorge, marchand de Paris », je dis : « Me voilà. »

Cette lenteur de penser, jointe à cette vivacité de sentir, je ne l’ai pas seulement dans la conversation, je l’ai même seul et quand je travaille. Mes idées s’arrangent dans ma tête avec la plus incroyable difficulté : elles y circulent sourdement, elles y fermentent jusqu’à m’émouvoir, m’échauffer, me donner des palpitations ; et, au milieu de toute cette émotion, je ne vois rien nettement, je ne saurais écrire un seul mot, il faut que j’attende. Insensiblement ce grand mouvement s’apaise, ce chaos se débrouille, chaque chose vient se mettre à sa place, mais lentement, et après une longue et confuse agitation. N’avez-vous point vu quelquefois l’opéra en Italie ? Dans les changements de scènes il règne sur ces grands théâtres un désordre désagréable et qui dure assez longtemps ; toutes les décorations sont entremêlées ; on voit de toutes parts un tiraillement qui fait peine, on croit que tout va renverser : cependant, peu à peu tout s’arrange, rien ne manque, et l’on est tout surpris de voir succéder à ce long tumulte un spectacle ravissant. Cette manoeuvre est à peu près celle qui se fait dans mon cerveau quand je veux écrire. Si j’avais su premièrement attendre, et puis rendre dans leur beauté les choses qui s’y sont ainsi peintes, peu d’auteurs m’auraient surpassé.



Document C : Le Désespéré, Gustave Courbet, 1843
huile sur toile (45x54). Autoportrait de l’artiste alors qu’il a 24 ans.



Document D : Mémoires d’Outre-tombe, Livre XI, chapitre I, « Londres, d’avril à septembre 1822. Revu en 1846 », René de Chateaubriand (1768-1848), parus en 1848 mais rédigés de 1810 à 1841.
Personne ne saurait affirmer sans mentir que j’aie raconté ce que la plupart des gens racontent dans un moment de peine, de plaisir ou de vanité. Un nom, une confession de quelque gravité, ne sort point ou ne sort que rarement de ma bouche. Je n’entretiens jamais les passants de mes intérêts, de mes desseins, de mes travaux, de mes idées, de mes attachements, de mes joies, de mes chagrins, persuadé de l’ennui profond que l’on cause aux autres en leur parlant de soi. Sincère et véridique, je manque d’ouverture de cœur : mon âme tend incessamment à se fermer ; je ne dis point une chose entière et je n’ai laissé passer ma vie complète que dans ces Mémoires. Si j’essaye de commencer un récit, soudain l’idée de sa longueur m’épouvante ; au bout de quatre paroles, le son de ma voix me devient insupportable et je me tais. Comme je ne crois à rien, excepté en religion, je me défie de tout : la malveillance et le dénigrement sont les deux caractères de l’esprit français ; la moquerie et la calomnie, le résultat certain d’une confidence.

Mais qu’ai-je gagné à ma nature réservée ? d’être devenu, parce que j’étais impénétrable, un je ne sais quoi de fantaisie, qui n’a aucun rapport avec ma réalité. Mes amis mêmes se trompent sur moi, en croyant me faire mieux connaître et en m’embellissant des illusions de leur attachement. Toutes les médiocrités d’antichambre, de bureaux, de gazettes, de cafés m’ont supposé de l’ambition, et je n’en ai aucune. Froid et sec en matière usuelle, je n’ai rien de l’enthousiaste et du sentimental : ma perception distincte et rapide traverse vite le fait et l’homme, et les dépouille de toute importance. Loin de m’entraîner, d’idéaliser les vérités applicables, mon imagination ravale les plus hauts événements, me déjoue moi-même ; le côté petit et ridicule des objets m’apparaît tout d’abord ; de grands génies et de grandes choses, il n’en existe guère à mes yeux. Poli, laudatif, admiratif pour les suffisances qui se proclament intelligences supérieures, mon mépris caché rit et place sur tous ces visages enfumés d’encens des masques de Callot. En politique, la chaleur de mes opinions n’a jamais excédé la longueur de mon discours ou de ma brochure. Dans l’existence intérieure et théorique, je suis l’homme de tous les songes ; dans l’existence extérieure et pratique, l’homme des réalités. Aventureux et ordonné, passionné et méthodique, il n’y a jamais eu d’être à la fois plus chimérique et plus positif que moi, de plus ardent et de plus glacé ; androgyne bizarre, pétri des sangs divers de ma mère et de mon père.

Les portraits qu’on a faits de moi, hors de toute ressemblance, sont principalement dus à la réticence de mes paroles. La foule est trop légère, trop inattentive pour se donner le temps, lorsqu’elle n’est pas avertie, de voir les individus tels qu’ils sont. Quand, par hasard, j’ai essayé de redresser quelques-uns de ces faux jugements dans mes préfaces, on ne m’a pas cru. En dernier résultat, tout m’étant égal, je n’insistais pas ; un comme vous voudrez m’a toujours débarrassé de l’ennui de persuader personne ou de chercher à établir une vérité. Je rentre dans mon for intérieur, comme un lièvre dans son gîte : là je me remets à contempler la feuille qui remue ou le brin d’herbe qui s’incline.

Je ne me fais pas une vertu de ma circonspection invincible autant qu’involontaire : si elle n’est pas une fausseté, elle en a l’apparence ; elle n’est pas en harmonie avec des natures plus heureuses, plus aimables, plus faciles, plus naïves, plus abondantes, plus communicatives que la mienne. Souvent elle m’a nui dans les sentiments et dans les affaires, parce que je n’ai jamais pu souffrir les explications, les raccommodements par protestation et éclaircissement, lamentation et pleurs, verbiage et reproches, détails et apologie.



Document E : Histoire de ma vie, George Sand (dont le vrai nom est Amandine Aurore Lucile Dupin, 1804-1876), ouvrage écrit de 1847 à 1854, il paraît en 1854 (dans la presse) puis 1855.
J'étais fortement constituée, et, durant toute mon enfance,
j'annonçais devoir être fort belle, promesse que je n'ai point
tenue. Il y eut peut-être de ma faute, car à l'âge où la beauté
fleurit, je passais déjà les nuits à lire et à écrire. Etant fille de
deux êtres d'une beauté parfaite, j'aurais dû ne pas
dégénérer, et ma pauvre mère, qui estimait la beauté plus
que tout, m'en faisait souvent de naïfs reproches.
Pour moi, je ne pus jamais m'astreindre à soigner ma
personne. Autant j'aime l'extrême propreté, autant les
recherches de la mollesse m'ont toujours paru
insupportables.
Se priver de travail pour avoir l'oeil frais, ne pas courir au
soleil quand ce bon soleil de Dieu vous attire
irrésistiblement, ne point marcher dans de bons gros sabots
de peur de se déformer le cou-de-pied, porter des gants,
c'est-à-dire renoncer à l'adresse et à la force de ses mains,
se condamner à une éternelle gaucherie, à une éternelle
débilité, ne jamais se fatiguer quand tout nous commande de
ne point nous épargner, vivre enfin sous une cloche pour
n'être ni hâlée, ni gercée, ni flétrie avant l'âge, voilà ce qu'il
me fut toujours impossible d'observer. Ma grand'mère
renchérissait encore sur les réprimandes de ma mère, et le
chapitre des chapeaux et des gants fit le désespoir de mon
enfance ; mais, quoique je ne fusse pas volontairement
rebelle, la contrainte ne put m'atteindre. Je n'eus qu'un
instant de fraîcheur et jamais de beauté. Mes traits étaient
cependant assez bien formés, mais je ne songeai jamais à
leur donner la moindre expression.
L'habitude contractée, presque dès le berceau, d'une
rêverie dont il me serait impossible de me rendre compte à
moi-même, me donna de bonne heure l'air bête. Je dis le
mot tout net, parce que toute ma vie, dans l'enfance, au
couvent, dans l'intimité de la famille, on me l'a dit de même,
et qu'il faut bien que cela soit vrai.
Somme toute, avec des cheveux, des yeux, des dents et
aucune difformité, je ne fus ni laide ni belle dans ma
jeunesse, avantage que je considère comme sérieux à mon
point de vue, car la laideur inspire des préventions dans un
sens, la beauté dans un autre. On attend trop d'un extérieur
brillant, on se méfie trop d'un extérieur qui repousse. Il vaut
mieux avoir une bonne figure qui n'éblouit et n'effraye
personne, et je m'en suis bien trouvée avec mes amis des deux sexes.



Document F : Les Chimères, « El Desdichado », Gérard de Nerval (1808-1855), 1854.

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,


Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :


Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé


Porte le Soleil noir de la Mélancolie.


Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,


Rends-moi le Pausilippe2 et la mer d’Italie,


La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,


Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.


Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron3 ?


Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;


J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…


Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron4 :


Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée


Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


Document G : L’Âge d’homme, Michel Leiris (1901-1990), 1939.
Je viens d’avoir trente-quatre ans, la moitié de la vie. Au Physique, je suis de taille moyenne, plutôt petit. J’ai des cheveux châtains coupés court afin d’éviter qu’ils ondulent, par crainte aussi que ne se développe une calvitie menaçante. Autant que je puisse en juger, les traits caractéristiques de ma physionomie sont : une nuque très droite, tombant verticalement comme une muraille ou une falaise, marque classique (si l’on en croit les astrologues) des personnes nées sous le signe du Taureau ; un front développé, plutôt bossué, aux veines temporales exagérément noueuses et saillantes. Cette ampleur de front est en rapport (selon le dire des astrologues) avec le signe du Bélier ; et en effet je suis né un 20 avril, donc aux confins de ces deux signes : le Bélier et le Taureau. Mes yeux sont bruns, avec le bord des paupières habituellement enflammé, mon teint est coloré ; j’ai honte d’une fâcheuse tendance aux rougeurs et à la peau luisante. Mes mains sont maigres, assez velues, avec des veines très dessinées ; mes deux majeurs, incurvés vers le bout, doivent dénoter quelque chose d’assez faible ou d’assez fuyant dans mon caractère. Ma tête est plutôt grosse pour mon corps ; j’ai les jambes un peu courtes par rapport à mon torse, les épaules trop étroites relativement aux hanches. Je marche le haut du corps incliné en avant ; j’ai tendance, lorsque je suis assis, à me tenir le dos voûté ; ma poitrine n’est pas très large et je n’ai guère de muscles, j’aime à me vêtir avec le maximum d’élégance ; pourtant, à cause des défauts que je viens de relever dans ma structure et de mes moyens qui, sans que je puisse me dire pauvre, sont plutôt limités, je me juge d’ordinaire profondément inélégant; j’ai horreur de me voir à l’improviste dans une glace car, faute de m’y être préparé, je me trouve à chaque fois d’une laideur humiliante.



Document H : Autoportrait au radiateur, Christian Bobin (1951- ), 1997.
Mardi 17 décembre.

 

Très tôt j'ai su ce que je ne voulais pas. Cela correspondait à l'ensemble de ce qui m'était proposé comme avenir. Un mariage, un travail. Des objets, des horaires. Les vivants qui s'accommodent d'aussi peu font semblant de vivre: voilà ce qu'alors je pensais. Aujourd'hui il m'est aussi évident que les morts font semblant d'être morts. Ni les uns ni les autres ne m'apparaissent absolument réels. Aux vivants comme aux morts, il manque quelque chose. Écrire donne parfois une vue imprenable sur cette chose. Je ne peux écrire que contraint, sous la pression d'une joie. Toutes les écritures ne sont pas ainsi. Beaucoup sont comme les roues d'un vieux moulin, mises en mouvement par les eaux moussues du ressentiment. Quand, par des détails minuscules et de plus en plus nombreux, m'a été signifiée la sortie de l'enfance, j'ai commencé à simuler - seule manière de survivre en société. Dans les années où je faisais semblant d'étudier, j'ai beaucoup lu les philosophes. Que m'est-il resté de ces lectures? Que reste-t-il des nuits joliment perdues à lire ? Peu de clarté. Dans la rue où j'ai grandi, sur un trottoir près de la maison d'enfance, quelques fissures. Elles s'y trouvent encore aujourd'hui. J'ai passé des heures à rêver leurs formes, à y lancer des billes. J'ai pour ces lézardes plus d'amour que pour la plupart des grands auteurs. Je donne mon amour à qui me donne de la joie. En lisant Spinoza5, j'ai connu presque autant de joie qu'à jouer aux billes. Je ne me souviens plus de cette lecture dans le détail. Je me souviens seulement avec gratitude du souffle de cet homme et de quelque chose qu'il pense à propos de la joie - ou plutôt qu'il raconte: penser n'est jamais qu'une manière un peu austère de raconter. Il dit que dans la joie nous augmentons notre être. Eh bien je n'écris que dans ce seul dessein: accroître - par le chant et l'amour. Ce que la pluie, la neige et le soleil font à un trottoir, en le fissurant et en laissant passer une petite herbe à travers les fissures, c'est ce que j'aime faire avec du papier blanc. Et pour le reste, indifférence, abstention. Pour le reste, je fais comme tout le monde: semblant.



1 Remarque, parole spontanée.

2 Colline proche de Naples dont la vue sur le Vésuve enchantait le poète.

3 Amour : fils de Vénus, déesse de l’amour. Phébus : nom grec latinisé d’Apollon, c’est le dieu de la lumière, de la beauté, de la musique et de la poésie. Lusignan et Biron : référence à une filiation du poète avec une famille du Périgord.

4 Fleuve des Enfers.

5 Philosophe hollandais du XVIIe. Il montre, par exemple, que la Nature, comme force d’organisation de l’infini des êtres et des choses, est source de joie. De plus, la connaissance intellectuelle permet d’entrer en harmonie avec celle-ci.

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