Discours sur l’origine et les





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date de publication26.04.2017
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II- Le progrès technique est-il cause de décadence morale ?

Pour les STI, cf manuel p.88 et 89
A contre-courant des Lumières Rousseau imagine un hypothétique état naturel de l’homme lui servant de contre point pour critiquer la culture de son époque, conçue alors comme une dégradation d’un état où l’homme était résistant, indépendant et relativement heureux. Or la création de faux besoins –entendez toutes les commodités dont on bénéficie maintenant- a multiplié les dépendances de l’âme. Alors que son siècle affiche une confiance inébranlable dans le progrès technique, Rousseau pose la question qui fâche : la technique rend-elle heureux ? Non, répond-il, car en s’habituant aux bienfaits techniques on en arrive à ne plus sentir de joie ; en revanche une défaillance, une absence nous rend malheureux (qui ne s’est jamais énervé à ne pas retrouver la télécommande de la télévision et, malheureux s’est résolu à revenir à l’antique méthode manuelle ? Ô rage, ô désespoir…. A croire que la télé commande !).
Pour les STI cf manuel p.95. / Pour les T .S cf Rousseau Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.

En opposant l’homme primitif et l’homme moderne Rousseau tente de montrer la portée de ce que ce dernier s’efforce de perdre dans la plus grande naïveté et illusion. Comment ignorer que la facilitation technique va affaiblir le corps et conséquemment ramollir l’âme ? Il y a décadence morale lorsque les valeurs de résistance, force de volonté face à l’adversité, indépendance (« se porter toujours tout entier avec soi ») sont remplacées par celles de confort, luxe, paresse.
Finalement, Rousseau pose la question suivante : doit-on juger de la valeur d’une société à sa valeur technique ?

Pour beaucoup c’est le facteur technique qui détermine le degré d’évolution d’une société; ainsi l’homme à l’âge de pierre est moins évolué que l’homme à l’âge informatique. C’est ce qui a permis entre autre de justifier un temps l’esclavage des indiens…

Même si Marx a raison de remarquer que «  ce qui distingue une époque économique d’une autre c’est moins ce que l’on produit que la façon dont on le produit », doit-on pour autant réduire le critère d’évolution (et d’humanité !) au seul facteur technique ? En effet, de même que les capacités de l’esprit ne se résument pas à la seule intelligence technique, de même une société peut briller pour d’autres raisons que son outillage ( par exemple on peut admirer les aborigènes qui présents depuis 70 000 ans sur le sol australien ne l’ont aucunement pollué, défiguré, épuisé). L’arme nucléaire nous rend elle supérieur ? Techniquement : oui. Mais, parce qu’elle repose sur de l’irrationnel (possibilité de destruction totale de l’humanité), il n’est guère raisonnable de se croire supérieur en bon sens. Toute évolution n’est pas un progrès…

Tagore, grand poète indien, écrit « Il faut juger et apprécier une civilisation non d’après la somme de puissance matérielle qu’elle déploie, mais d’après le degré où elle développe et manifeste, par ses lois et institutions, l’amour de l’humanité. »

III- Rôle de la TCQ
STI, cf manuel p. 76-77 / T .S texte de Descartes tiré du Discours de la méthode
Descartes place la science naissance sous l’égide de la morale dont l’objectif est de « procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les hommes ». Pour cela il s’agit de « se rendre comme maître et possesseur de la nature » avec comme instrument abstrait les mathématiques (« le grand livre de la nature est écrit en langue géométrique » Galilée) et instrument concret les inventions techniques. Ce projet de plier le monde sous le joug de la rationalité et au pouvoir humain, Heidegger (XX ème siècle) le nommera « arraisonnement » : arraisonner en termes maritimes c’est arrêter un navire pour l’inspecter ; ici c’est toute la nature qui est mise en équation, en coupe réglée par l’œil vigilant de la raison.

Bien sûr le but de la TCQ est de faciliter la vie, de décupler le pouvoir de l’homme, de dépasser les limites naturelles, de gagner en liberté ; cependant Descartes lui octroie un autre rôle final : rendre les hommes plus sages. En effet moins soumis aux impératifs naturels et sociaux grâce à la TCQ, les hommes auront davantage de temps pour méditer, penser à leur Salut. Difficile de philosopher avec une rage de dents ; le repos du corps assuré par une médecine efficace permet un repos de l’esprit propice à la réflexion.
IV- Ambivalence de la tcq


  1. Jouer avec le feu.


Le feu protège, réchauffe mais aussi enflamme et tue ; cette ambivalence n’est-elle pas aussi celle de la technique dans son déploiement moderne ?

L’homme apparaît comme un apprenti sorcier dont la baguette magique produit des merveilles mais qui peuvent dégénérer en horreur à tout instant. (CF Fantasia de Walt Disney). A transgresser la donne naturelle et donc à transformer l’ordre ne risque-t-on pas d’introduire le chaos ? Les grecs étaient attentifs à ne pas violenter la nature pour ne pas irriter les dieux. Mais la nature doit-elle être une norme pour l’action humaine alors que celle-ci n’a pas cessé de s’affirmer contre celle-là ? Quelle sera alors la norme si ce n’est pas la limite naturelle ?

Soit c’est la culture et la morale (religieuse et/ou laïque) soit c’est la technique. Le pb est que la première est dépendante de la seconde. En effet ce qui définit souvent une culture c’est son rapport avec son niveau technique. Donc il ne resterait plus que la norme technique ? En conclure ceci c’est reconnaître que désormais notre comportement est soumis à la seule faisabilité (technique). La tcq doit-elle aider une femme ménopausée à avoir un enfant ?

C’est contre-nature, soit, mais qu’est-ce que fait l’homme qui ne le soit pas ? Quand on est malade on se soigne, on ne subit pas passivement le cours naturel de la maladie ; alors pourquoi n’accèderait-on pas au désir de cette femme, dans la mesure où c’est sans danger pour elle et pour l’enfant ? Idem pour cette jeune anglaise qui voulait avoir un enfant en restant vierge : dans la mesure où la tcq d’insémination artificielle est bien maîtrisée pourquoi et au nom de quoi pourrait-on s’y opposer ? La tcq semble n’obéir qu’à une seule loi, énoncée (et dénoncée ?) par Denis Gabor « Ce qui peut être fait le sera ».

Cependant, n’oublions pas la leçon du mythe d’Icare qui pour avoir voulu trop s’élever au-dessus de sa condition en paya le prix de sa vie. Dans cette lignée, Ellul nous invite à se méfier du « discours technolâtrique proclamé scientifique ». La technolâtrie est cette confiance naïve et excessive accordée à la technoscience qui en vient de plus à obtenir le monopole de ce qu’on peut et doit faire, domaine traditionnellement réservé à la morale. C’est pourquoi existent des comités de bioéthique, censés rendre à l’homme une liberté de choix au regard de valeurs qu’il reconnaît comme façonnant son humanité. Cela reprend l’héritage de Rabelais lorsqu’il nous rappelle que « science sans conscience n’est que ruine de l’homme ».

  1. La perversion de l’être


Outre les risques, menaces et dangers au simple niveau écologique, il y a un discours omniprésent sur la tcq qui en valorisant le monde des artefacts nous rend nous-mêmes artificiels, éloignés de notre être, rythme et vie. Quelle est la machine la plus importante de notre modernité ? La montre en ce sens qu’elle conditionne tous les comportements sociaux . Mais Nietzsche ne se prive pas de remarquer ironiquement : « Depuis aujourd’hui tu possèdes une montre et c’est seulement depuis ce moment que tu as besoin de regarder l’heure ». Il stigmatise les faux besoins instaurés par la tcq. Mais la montre n’es-elle pas utile ? Si et c’est justement le pb, en ce sens q’elle en vient à utilitariser notre rapport au temps qui ne peut être que perdu ou mort s’il n’est pas utilisé. On en viendrait presque à oublier que d’autres conceptions existent ; ainsi un proverbe africain dit « Vous, occidentaux, vous avez la montre, mais nous, africains, nous avons le temps ». Qui a la montre n’a pas le temps…La lenteur, la rêverie, les détours ne sont pas bien considérées dans une culture de la montre.

Le temps de la montre est un temps spatialisé (le temps est calculé en fonction de la distance parcourue par l’aiguille ; bref le temps = espace !?), homogène (une seconde = une autre seconde) et abstrait (c’est un cadre vide) : c’est le temps de la science, quantitatif, qui lui a permis ses calculs et son efficacité. Mais Bergson nous rappelle qu’il existe un autre temps, celui du vécu où un heure peut sembler courte ou longue, ou le temps est donc hétérogène, concret (rempli de sensations) : c’est le temps de la conscience, qualitatif.

Notre organisme fixe son rythme sur la montre, l’homme ne vit plus son temps mais celui du collectif.

La tcq permet d’économiser du temps mais ne permet pas de prendre le temps de vivre : le temps « gagné » sert à faire autre chose dans in laps de temps délimité. Pour sortir de cette pbtique il nous faudrait passer du temps qui dévore, KRONOS, au temps qui éveille, KAÏROS.
L’ambivalence de la tcq devrait nous inciter à la vigilance si ce n’est à la prudence. En effet si la tcq permet une meilleure adaptation au milieu, une plus grande maîtrise et donc une sécurité et une liberté accrue, il n’est pas moins vrai qu’elle développe ses propres valeurs (utilité, rapidité, efficacité, rentabilité, etc..) au détriment de valeurs proprement humaines. Son autonomie (elle roule pour elle) alliée au fait qu’on est devenu dépendant d’elle (pour les risques extrêmes, cf Barjavel, Ravage), devraient nous inciter à réfléchir sur la liberté qu’elle est censée nous procurer. Ainsi, l’abolition des distances et du temps données par la tcq n’est peut-être pas tant producteur de liberté qu’elle le prétend. Le téléphone permet de transmettre une information en temps réel à qqn au bout du monde ; c’est pratique. Quelle différence avec une lettre papier tributaire des services postaux et du temps même où je mets à l’écrire ! Et pourtant… Il y a qqch d’irréductible dans l’intimité d’écrire, rayer, imaginer autrui me lisant, réécrire, prendre le temps de se releir à l’autre et, par là, à soi-même, que le coup de fil ne peut transmettre. L’immédiateté ne permet pas aux strates profondes de l’être de s’exprimer.

En ce sens Heidegger écrit : « La proximité n’est pas le peu de distance ». La proximité évoque une qualité du vécu alors que le peu de distance exprime seulement la quantité de mètres. Ce n’est pas parce que la technique nous rapproche q’elle nous rend proches.
V- Le destin de la tcq, le destin de l’humanité.
Doit-on retourner a 1'âge de pierre par peur de la technique,
profiter aveuglement et naïvement (=faire confiance), se résigner
ou chercher à maîtriser la technique ? Les trois premières possibilités ne semblent pas correspondre à un épanouissement de 1'homme. Reste 1a maîtrise de la technique; or, la tcnq étant déjà un effort de maîtrise du monde, quel sens y a-t-il a chercher à maîtriser 1a maîtrise ? ( et puis la maîtrise de la maîtrise, de la maîtrise...etc. ???). Vouloir maîtriser la tcnq c'est 1'aborder d'une manière elle-même tcnq (cf espaces verts contre la pollution): on ne se défait pas de la tcnq mais on s'y engonce. La science, 1a rationalité seraient elles-mêmes, d'après Heidegger, d'essence tcq (= tout penser en termes de moyens à fins). On arrive à une aporie, une voie sans issue. La bombe atomique, par ex., n'est pas 1'usage malheureux d'une tcnq neutre mais le signe que la pensée rationnelle repose sur de 1'irrationnel (puisque destruction potentielle de la nature et de 1'h.). Ce mode de pensée techno-scientifico-rationnelle est sa propre négation.

Y a-t-il un salut possible a part le cierge ? La réponse de
Heidegger est tt autant déroutante qu'originale: il faut considérer l'essence de la tcnq comme autre que tcnq. La tcnq n'est pas mauvaise en soi mais elle le devient si elle participe a la coupure de 1'homme à 1'Etre au lieu de 1'accueillir. Au lieu d'arraisonner le monde, de rétrécir 1' Etre aux étants, de mettre a nu, a plat d'exhiber, violenter la nature, de transformer pour s'assimiler, il s'agirait de retrouver 1'affinité originelle avec le monde, recueillir 1'Etre.

II ne s'agit plus de mettre en oeuvre, redouter ou ignorer 1a
tcnq, mais de renouer avec son essence qui est d'établir un contact avec 1'Etre libéré du carcan utilitaro-fonctionnel dans lequel on nous a appris à 1'enfermer. N'oublions pas la parole du poète: "1a rose est sans pourquoi" de Angelus Silesius. L'Etre est sans raison d'être. II s'agit de s'ouvrir a son mystère. L'h. est "le berger de l’Etre", à lui incombe de le recueillir quasi religieusement.

Entre le rationalisme tcnq et la superstition, Heidegger prône
une pensée symbolique, celle en qui les choses viennent se
recueillir. Penser n'est pas que calculer ou améliorer sans cesse
des outils. Penser c'est s'arrêter, savoir être là, dans un ancrage, une authenticité que le quotidien ns masque et que l'hémorragie tcnq empêche. La pensée médite; le calcul tcq doit laisser place au sens des choses (/utilité).

Face a la banalisation utilitaire et donc tcnq du monde et du
langage, Heidegger propose un chemin qui ne mène nulle part, puisque l'important est moins le but que le cheminement méditatif. On ne peut sortir de 1'orniere tcnq qu'en laissant ruisseler en ns les sensations esthétiques qui ns rapprochent de 1'Etre. L'art, le rapport poétique au monde est la porte d'accès à 1'essentiel, au fondamental et, par suite, a une certaine forme de sérénité.

Conclusion: On peut considérer exclusivement la tcnq dans sa perspective utilitariste. Mais on postulerait ainsi que sa seule essence serait la fonctionnalité, ce qui a pour effet de réduire notre rapport au monde, a 1'Etre. Pourquoi ne pas en faire 1a servante de 1'Etre, 1'amie de 1'Etre, la gardienne de 1'Etre?
Plus que jamais la tcnq exige de ns 1'éveil de la responsabilité. Que ce soit par 1'art ou 1'esthétique on peut et on doit accompagner la tcnq dans son destin.

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