Le texte poetique





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2. Figures de style



La rhétorique est l’art de bien parler et de bien s’exprimer, à l’écrit comme à l’oral. Cet art est né en Grèce, avec la démocratie, au Vème siècle avant Jésus-Christ. La rhétorique fut longtemps enseignée dans ses quatre dimensions traditionnelles et fondamentales. Elle comprend :


  • L’invention ou l’art de choisir les bonnes idées, les meilleurs arguments, les exemples les plus probants.

  • La disposition ou l’art de structurer au mieux ses arguments.

  • L’éloquence ou l’art de mettre en valeur ses arguments, notamment grâce aux figures de style !

  • La prononciation ou l’art de convaincre son auditoire par une intonation adéquate.


L’étude des figures de style est donc l’étude de tous les moyens stylistiques dont dispose l’écrivain pour valoriser son propos.



Cette liste est longue et peut vous sembler un peu fastidieuse à apprendre. N’essayez pas de tout retenir en une seule fois : prenez le temps de réfléchir et d’assimiler !



2.1. Les figures de diction





Il s’agit des figures de modification de la prononciation des mots. Elles sont assez peu fréquentes dans les textes littéraires, sauf s’ils cherchent à imiter la langue parlée.



  • L’apocope résulte de la suppression d’un ou plusieurs phonèmes en fait de mot, sans que cela altère en quoi que ce soit la compréhension de ce mot :


exemple : On a fêté en 1995 les cent ans du cinématographe.

Je suis allée avec Jean au cinéma.

Veux-tu qu’on aille au ciné ce soir ?


  • L’aphérèse résulte de la suppression d’un ou plusieurs phonèmes en début de mot :


exemple : Je dois prendre l’autobus pour rentrer chez moi.

Je dois prendre le bus pour rentrer chez moi.


  • La syncope résulte de la suppression d’un ou plusieurs phonèmes à l’intérieur d’un mot, et particulièrement du « e » muet :


exemple : Sa mutation fut un boul(e)versement dans sa vie.

  • La paronomase consiste à associer de façon humoristique ou critique des « paronymes », c’est-à-dire des mots dont la prononciation est proche bien que leur sens soit différent :


exemple : La perception du percepteur n’était pas la même que celle du précepteur.


  • L’allitération consiste à jouer sur la répétition de consonnes :


exemple : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes. (répétition du –s)


  • L’assonance consiste à jouer sur la répétition de voyelles :

exemple : Le temps est long et lent.


  • La synérèse consiste à prononcer en une seule syllabe les deux voyelles d’une diphtongue :


exemple : le lion est le roi des animaux (lion et non pas li-on)


  • La diérèse consiste à prononcer en deux syllabes une diphtongue. C’est une figure essentiellement utilisée en poésie pour compter un pied de plus :


exemple : tu es mon lion superbe et généreux (li-on et non pas lion)

2.2. Les figures de style




Elles sont fondées sur la modification du sens des mots. Elles sont si fréquentes dans la langue parlée, dans la publicité en particulier, que nous ne le remarquons même plus.

Ces figures consistent à altérer, atténuer ou intensifier le sens premier du mot



  • La métaphore rapproche deux termes sans élément comparatif (cf. cours sur la métaphore)


exemple : Ses cheveux de soleil brillaient doucement


  • La métonymie rapproche deux termes contigus, par exemple elle confond le contenant avec le contenu :


exemple : Boire un verre

J’aime voir le soir tomber


  • La synecdoque remplace la partie par le tout ou le tout par la partie :


exemple : C’est un tête


  • La périphrase remplace un terme par plusieurs autres pour des raisons de variété ou d’imagination :


exemple : c’est l’auteur de La Comédie Humaine…pour dire Balzac


  • L’hyperbole exagère la portée ou la signification d’un terme ou d’une expression :


exemple : Vous viendrez me voir quand vous serez riche à millions (Desnos)

Il m’a tué avec son humour !

  • L’euphémisme cherche à atténuer une réalité jugée déplaisante en employant un mot qui ne soit pas trop choquant :


exemple : Il est mort d’une longue et douloureuse maladie (pour éviter le mot « cancer »)

Les pays en voie de développement (pour éviter les pays sous-développés)


  • La prétérition est une technique par laquelle l’auteur feint de ne pas parler de quelqu’un pour en fait en parler davantage :


exemple : Je ne vous dirai rien de ce grand homme dont chacun connaît les mérites…(suit un long développement sur le grand homme en question !)


  • L’anaphore consiste à reprendre en début de phrase ou de vers la même formule grammaticale :


exemple : Rome, unique objet de mon ressentiment..

Rome qui t’a vu naître et que ton cœur adore

Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore.


  • La gradation accumule des termes de plus en plus ou de moins en moins forts :


exemple : Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu.

Je me meurs, je suis mort, je suis enterré !


  • L’ellipse supprime des mots non indispensables à la compréhension de la phrase pour donner un rythme plus nerveux :


exemple : Il pleut : je ne sors pas (suppression de « donc »)


  • L’oxymore associe deux termes de sens contradictoire :


exemple : le soleil noir (Baudelaire)

Une boucherie héroïque (Hugo)


  • Le chiasme répond au schéma ab / ba


exemple : Il faut travailler pour vivre et non vivre pour travailler






  • L’anacoluthe est une rupture de construction qui permet de mettre côte à côte deux mots qui seraient normalement séparés si on suivait les règles de la syntaxe :


exemple : Moi, les vacances me plaisent (quand une phrase commence par moi, la règle grammaticale impose un verbe à la 1ère personne du singulier  « moi, j’aime les vacances »)


  • L’asyndète est l’absence de lien ou de liaison grammaticale entre les phrases


exemple : « Un éclair…et puis la nuit ! Fugitive beauté

Dont le regard m’a fait soudainement renaître. » (Baudelaire)


  • La redondance est un effet d’insistance par la répétition d’une même idée par des mots de sens voisins :


exemple : Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus (Victor Hugo)


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