Dufays, Jean-Louis, Rosier, Jean-Maurice (sous la dir de), Récit et Poésie – Manuel- français 5e/ 6e secondaire, Bruxelles, De Boeck, Coll. Parcours et Références, 2003





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titreDufays, Jean-Louis, Rosier, Jean-Maurice (sous la dir de), Récit et Poésie – Manuel- français 5e/ 6e secondaire, Bruxelles, De Boeck, Coll. Parcours et Références, 2003
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Séquence de 10 heures de cours sur le symbolisme et

Charles Baudelaire


Cette séquence a été réalisée avec l’aide des supports suivants:

Dufays, Jean-Louis, Rosier, Jean-Maurice (sous la dir. de), Récit et Poésie – Manuel- français 5e/ 6e secondaire, Bruxelles, De Boeck, Coll. Parcours et Références, 2003.

Martinez, Michel, Les fleurs du mal. Baudelaire, Paris, Bertrand-Lacoste, Coll. Parcours de lecture, 1993.

Legros, G., Streel, I., Monballin, M., Les grands courants de la littérature française, Ed. Averbode, coll. ActualQuarto, 2003.

1ère activité:

On distribue aux élèves des peintures appartenant au courant symboliste. À ce stade, on ne mentionne pas le nom du mouvement. Les reproductions seront agrandies en format A4 et plastifiées pour inviter les élèves à les manipuler au maximum. Les œuvres choisies sont1:

  • Cortone de Maurice Denis.

  • Le baiser et La musique de Gustav Klimt.

  • Des caresses et J’ai refermé la porte derrière moi de Fernand Khnopff.

  • La dame au cochon /Pornocrates de Félicien Rops.

  • Le Budha de Odilon Redon.

  • Le sphinx de Jan Toroop.

  • Jeune fille au bord de mer de Puvis de Chavannes.

L’activité débutera par groupe de trois ou quatre. Chaque groupe est invité à réfléchir quelques minutes sur les différents dessins, ceux-ci circulent dans tous les groupes. Le professeur précisera qu’il y a un intrus, celui-ci est Au pays de la mer de Charles Cottet. En effet, le symbolisme ayant émergé en réaction (notamment) au naturalisme, il est pertinent de leur montrer une peinture ressortissant à ce courant. Grâce à cette œuvre, les élèves pourront mieux saisir ce qui sépare les deux mouvements.

On demandera alors aux élèves de décrire (oralement) ce qu’ils éprouvent face à ces représentations picturales, tant du point de vue des couleurs, de la forme, du fond, du style. Ils seront invités à dire tout ce qui leur passe par la tête. Pour l’analyse d’une peinture, on peut se reporter au site internet « fralica » qui mentionne tous les paramètres à prendre en compte.

L’enseignant regroupe ensuite au tableau les critères mentionnés. On devrait de la sorte aboutir aux grandes caractéristiques du symbolisme: sentiment d’étrangeté, de rêve, d’imaginaire, représentations lugubres, le thème de la mort. Il est évident que les élèves ne formuleront pas forcément cela en ces termes. Il incombe à l’enseignant de les guider vers de telles conclusions, tout en tenant compte de leurs réponses.

Par la suite, l’enseignant complète ce que les élèves ont découvert. Par exemple, pour Fernand Khnopff et la toile Des caresses, il est évident qu’on y rencontre deux grands thèmes mythiques que sont l’Androgyne et l’Œdipe. Par ailleurs, le personnage mi-animal, mi-femme représente la femme fatale. Cependant, l’Androgyne détient un sceptre, signe de son pouvoir et de sa capacité à apprivoiser la femme-animal. Malgré tout, cette peinture constitue une allégorie du choix de l’homme entre la puissance et le plaisir, celui-ci est même figuré par les deux poteaux en arrière-plan. En fait, cette toile suscite beaucoup de questions qui restent sans réponse et c’est bien là que réside la touche symboliste: pour Khnopff les questions sont plus intéressantes que les réponses. Une courte analyse comme celle-ci pourra être faite pour toutes les reproductions distribuées. On ne peut à l’avance prévoir les éléments qui seront avancés par les élèves, il incombe dons à l’enseignant d’être attentif.

Il sera surtout important que les élèves parviennent aux constatations suivantes concernant le symbolisme:

  • pensées et thèmes idéalistes, goût pour des atmosphères étranges, automnales, crépusculaires, personnages mythiques et idéalistes, univers imaginaires.

  • Le peintre (comme le poète) est une sorte de voyant. Il passe le monde au crible afin de percer les signes du monde invisible. De la sorte, l’essentiel étant indicible, il réclame une façon de procéder nouvelle.

On pourra pointer les différentes peintures se rapportant aux différentes caractéristiques, les oeuvres choisies si prêtent parfaitement et cela favorisera la mémorisation.

Les élèves pourront mieux comprendre pourquoi ces peintres ont voulu rompre avec ce qui se faisait à leur époque. Il faut à cet instant leur montrer la peinture naturaliste de Charles Cottet. En effet, cet artiste s’inscrit dans la veine du naturalisme instauré par Zola. On peut faire un rapide rappel des idées de celui-ci. La liste ci-dessus n’est pas à suivre « à la lettre », encore une fois tout dépend de ce qui aura été dit en classe.

En outre, l’enseignant pointera que le symbolisme s’insurge aussi contre le mouvement parnassien qui privilégiait la forme, voulant atteindre la perfection dans ce domaine. Un des grands auteurs de ce mouvement formel fut Théophile Gautier, grand ami de Baudelaire. D’ailleurs, la dédicace des Fleurs du mal lui est adressée. Cependant, il ne faut pas faire d’amalgames. Gautier était bien l’ami de Baudelaire, mais ce dernier exécrait cette volonté de perfection formelle comme seul but à atteindre, pour lui ça n’était pas le sens premier de la poésie. Charles Baudelaire2 voulait avant tout mettre en avant la synesthésie, c’est-à-dire le fait que chaque poème devait correspondre aux aspirations de son seul auteur. Il existe une réelle correspondance entre ce que l’auteur ressent et ce qu’il écrit. C’est en ce sens qu’il faut voir l’auteur des Fleurs du mal comme un auteur symboliste. Malgré tout, il aimait une écriture soutenue, il n’écrivait pas au fil de sa plume.

Avant d’entamer l’analyse proprement dite, le professeur invitera les élèves à prendre leur manuel Les grands courants de la littérature française3 afin de situer correctement Baudelaire et le Symbolisme. En effet, ce manuel est fourni avec une ligne du temps très complète.

2ème activité:

Nous allons faire découvrir l’organisation du recueil aux élèves, afin qu’ensuite, ils puissent le manipuler plus aisément. La consigne est la suivante: Lire la table des matières et relever le noms des sections (5). Pour vous, quel est le sens des différents titres? Pour étayer votre réponse, lisez au moins deux poésies de chaque section. Pourquoi un tel enchaînement des sections?

Ensuite, le professeur relèvera les réponses et leurs justifications. Les explications théoriques à donner sont:

THEORIE
On n’est pas face à un classement chronologique, ni thématique, les 6 sections sont de tailles inégales.

On a 3 éditions de ce recueil: 1857, 1861 et 1868. Cette dernière est posthume et donc inintéressante pour nous. On prendra comme référence l’édition de 1861.

L’année 1857:

L’oeuvre fait scandale. En fait, 1857 est une date à retenir dans l’histoire littéraire: elle marque le divorce entre la société bourgeoise et l’art contemporain. On instruit deux procès: celui contre Madame Bovary (Flaubert) et celui contre Les Fleurs du mal: ils inaugurent chacun une manière d’écrire moderne. Ils affirment la valeur des techniques d’écriture contraignantes: l’auteur est créateur par son inspiration, mais surtout par son art d’utiliser le langage. Flaubert gagne son procès, mais les attaques contre le recueil de Baudelaire sont plus percutantes. Baudelaire organise mal sa défense. Son avocat met en exergue la morale de son client, ce qui choque Baudelaire pour qui art et morale n’ont rien à voir. Le recueil sera condamné pour immoralité, 6 poèmes seront censurés (Les Bijoux, Le Léthé, à celle qui est trop gaie, Lesbos, femmes damnées, les métamorphoses du vampire). Le livre continuera à se vendre secrètement et au double du prix. Baudelaire ne sera réhabilité qu’un siècle plus tard (1949).

Répartition des sections:


1857

1861

I. Spleen et Idéal 77 poèmes
II. Fleurs du mal 12 poèmes
III. Révolte 3 poèmes
IV. Le vin 5 poèmes
V. La mort 3 poèmes

100

I. Spleen et Idéal 85 poèmes
II. Tableaux parisiens 18 poèmes
III. Le vin 5 poèmes
IV. Fleurs du mal 9 poèmes
V. Révolte 3 poèmes
VI. La mort 6 poèmes
126



Avec les quatre pièces condamnées dans la première édition, on a 32 nouveaux poèmes dans cette nouvelle édition.
Constatations

  • Baudelaire est indifférent aux chiffres et aux proportions.

  • 2 sections ne reçoivent rien.

  • 2 sections sont restées à la même place, Spleen et Idéal, La mort (càd, le commencement et la fin)

  • Apparition de la nouvelle section Tableaux Parisiens.

  • Dans la dernière section La Mort, on passe de 3 à 6 poèmes. Dans l’ancienne version, ça se terminait par « la mort des artistes », la finale était très symbolique. Tandis que maintenant,  « Le rêve d’un curieux » et « Voyage » offrent une fin beaucoup plus ample.


Classement

  • On va de Spleen et Idéal vers La Mort.

  • Dans Fleurs du mal, l’amour physique et la mort règnent. Tandis que dans la version de 1861, cette section passe à la 4è place, ainsi la progression est plus dramatique.

  • Vin et révolte s’inverse PQ?

  • Tableaux parisiens est une sorte de répit du drame personnelle.


Mais le cheminement est aussi SPIRITUEL

  • Tableaux parisiens: spectacle et mirage de la grande ville apportent le divertissement par rapport à l’échec personnel, mais ne font qu’irriter le désarroi d’un esprit en quête de paix intérieure.

  • Le Vin apporte un bonheur éphémère et illusoire, mais la rechute de Fleurs du Mal réduit à néant l’espoir.

  • La Révolte est une sorte d’issue, crise stérile et dernier espoir, celui que la mort apportera peut-être la guérison du Spleen.


CCL Les poèmes sont groupés autour de quelques moments privilégiés d’une quête. => 1861 est venue ménager une progression plus humaine et plus cohérente.

On constate qu’il y a aussi une certaine alternance entre Spleen et Idéal tout au long du recueil et ce à travers les différentes sections. Par ailleurs, certains poèmes comme « Tristesses de la lune » et « Les chats » sont des sortes de passerelles permettant de passer d’un thème à l’autre.

3 ème activité:

On débute l’étude de « Correspondances » en diffusant ce poème lu par Michel Piccoli (Médiathèque). On demande aux élèves de se concentrer sur les effets sonores et le sentiment qu’ils éprouvent. À cette étape, on remarque que peu d’éléments ont été livrés sur Baudelaire et son œuvre. Cette dimension est essentielle afin que les élèves aient la motivation de poursuivre l’analyse. Par ailleurs, on peut passer l’enregistrement deux fois afin d’être attentifs à un maximum d’éléments.

Les élèves seront invités à noter sur une feuille leurs commentaires en quelques lignes. Nous sommes ici dans une démarche formative. Cette étape permettra de pointer les lacunes des élèves et leur donnera l’envie d’en savoir plus afin de réaliser un commentaire plus pointu. On effectuera une mise en commun orale des différentes interprétations.

On enseignera aux élèves une démarche claire et structurée pour analyser une poésie:

  • Lecture globale (comprendre le sens général du texte sans noter).

  • Analyse tabulaire (relever les champs lexicaux).

  • Analyse linéaire (résumer chaque strophe en une phrase avec leurs propres mots).

  • Analyse complète des rimes (qualité: pauvres, suffisantes, riches, genre: féminines ou masculines et disposition: croisées, indéterminées, alternées...4)

  • Donner son interprétation du poème en s’appuyant sur les éléments précédents.

Ici, les différents champs lexicaux sont (entre autre): la nature, la lumière/ l’obscurité, les odeurs.

Pour la lecture linéaire, il s’agit de voir comment ces différents éléments s’articulent. Pour le texte qui nous occupe, on remarque la présence de ponctuation, ce qui facilite la tâche. Mais pour acquérir une certaine systématicité, on peut demander aux élèves d’analyser selon le schéma simple de SUJET-VERBE-OBJET. S’ ils sont confrontés à un texte plus hermétique, ils parviendront à l’analyser. Grâce à cette démarche, le sens général du texte émerge.

Après cette approche somme toute « grossière » du texte. On mettra en évidence quelques points théoriques importants qui se trouvent dans « Correspondances ». Ainsi, on définira le sonnet, la strophe, le quatrain, le tercet, la rime, la comparaison, la métaphore. Forts de ces connaissances, les élèves pourront mieux percevoir la richesse sémantique du poème que le professeur aidera à percer.

On analysera ensuite les rimes de façon systématique. Pour faciliter la tâche des élèves, on peut les introduire à la phonétique. En effet, certains parviennent ainsi à mieux percevoir la richesse des rimes. Ensuite, on leur distribue des extraits de poésies des Fleurs du mal pour qu’ils s’entraînent. Cet exercice se veut purement systématique. Pour ma part, je leur avais donné les poèmes « La Musique » et « Spleen » à analyser.

On peut clôturer cette analyse par une lecture externe, c’est-à-dire en relation avec des éléments extérieurs au texte comme l’esthétique à laquelle il appartient, l’auteur ... On demandera aux élèves comment ils comprennent le titre à la suite de ce qui a été dit précédemment. Ils s’apercevront ainsi que le poème est une explication du titre. En présentant des éléments apparemment distincts, Baudelaire démontre qu’en fait, ils ont une origine commune: un monde invisible. Il explicite ces correspondances dans le tercet, alors que tout n’était qu’allusions dans les deux quatrains. On constate différents types de correspondances: entre le monde que nous percevons et un arrière-monde, entre des sensations issues de différents organes du sens, entre des sensations et des notions « morales ».

4ème activité:

On passe à l’étude d’une autre poésie issue du même recueil: « L’Albatros »5. Le professeur procédera différemment que précédemment. On ne demandera plus aux élèves de noter leur commentaire sur une feuille. On distribue les strophes de la poésie dans le désordre (les élèves ne doivent plus avoir le recueil sous les yeux), ils doivent les replacer dans le bon ordre. Au-delà de l’aspect ludique de cet exercice, on permet aux élèves d’enclencher la logique du poème, tout en ayant un premier contact avec lui. Ensuite, le professeur lit la poésie et les élèves corrigent au besoin leur disposition.

Ensuite, on entamera la démarche précédente. Les élèves peuvent penser aux champs lexicaux suivants: le vol, le voyage, la mer. Les élèves devront justifier leurs réponses, pointer les indices du texte qui les ont guidés.

Quant à la lecture linéaire, elle mettra en exergue la disposition du texte: strophes, vers et rimes participent à un certain équilibre visuel. Les différentes questions posées lors de ces deux étapes proviennent du manuel Récit et poésie. De la sorte, on pourra constater les répétitions. Ensuite, les élèves disposeront d’une quinzaine de minutes afin de rédiger un nouveau commentaire (bref) sur le texte. Le modèle du manuel Récit et poésie de la page 186 constitue un excellent modèle pour la correction6.

Ensuite, on se concentrera sur le sens du poème. Les élèves décèleront la comparaison entre le poète et l’oiseau, les notions d’allégorie, de rimes et d’anacoluthe. Il me paraît vraiment indispensable de ne se borner qu’à l’étude des phénomènes rencontrés au sein des textes vus en classe. Procéder autrement se révélerait trop fastidieux et ennuyeux pour les élèves. On pourra aussi établir un tableau d’oppositions. On y trouvera d’un côté les faits se déroulant dans les airs, et, d’un autre côté, ceux se déroulant au sol. Cette présentation synoptique appuiera la notion de comparaison et viendra étayer la notion d’allégorie. Ainsi, on parviendra à pointer une caractéristique symboliste: le thème du poète maudit.

5ème activité:

Cette activité concerne les corrélations extra-textuelles. Nous entamons ici un autre pan de cette étude sur la poésie. Il s’agit de sortir du texte afin de constater ses liens avec le monde extérieur. Premièrement, nous allons voir que d’autres poètes ont utilisé la métaphore de l’oiseau afin de parler de la situation du poète. Dans une autre activité, nous constaterons que certains d’entre eux sont ce qu’on peut appeler des « poètes maudits ».

Cet exercice m’est suggéré par le manuel Récit et poésie. On distribue différents textes:

  • « L’Albatros » de Polydore Bounin.

  • « Le Saut du Tremplin » de Théodore de Banville.

  • Histoire extraordinaire de Michel Butor.

  • Baudelaire de Jean-Paul Sartre.

  • « Le Pin des Landes » de Théophile Gautier.

  • « le Pélican » d’Alfred de Musset

  • « Le Sommeil du Condor » de Leconte de Lisle.

  • Une biographie de Charles Baudelaire distribuée par le professeur.

On divise la classe en différents groupes, chaque groupe travaille un texte. Le groupe devant travailler la biographie de Baudelaire devra aussi lire les poésies « Le cygne » et « L’invitation au voyage ». Ils devront les analyser brièvement.

Ensuite, ils devront remplir le tableau suivant:


Type de lecture

Hypothèses

Indices qui étayent ces hypothèses

A. lectures externes rétrospectives
1. Lecture intertextuelle

Le poème de Baudelaire pourrait avoir été inspiré par......


Similitudes thématiques entre le poème et d’autres textes: ............
Similitudes de détail: .....

2. Lecture cotextuelle

Place dans l’oeuvre de Baudelaire des thèmes présents dans L’Albatros:



Relevé d’indices dans Correspondances et L’invitation au voyage:

3. Lecture socio-historique

Selon Sartre, le texte de Baudelaire illustre l’inaptitude de certains écrivains du XIX è à ......................

Place et rôle de l’image du poète génial mais marginal chez d’autres auteurs (du XIX à aujourd’hui)

4. Lecture biographique

La scène des marins serait un souvenir de ...........

Divers témoignages rapportent que Baudelaire ................

5. Lecture psychologique

l’inaptitude à s’intégrer dont parle Baudelaire serait le reflet de.......................



Enfance de Baudelaire, relations avec ses parents.......................................




B. lectures externes actualisantes

L’Albatros peut être lu aujourd’hui comme.......................



Récits, films, publicités qui ont renforcé et perpétué l’image de l’oiseau-roi:..................................

Place de ce poème et de Baudelaire dans les anthologies et dans la mémoire collective:........................



6ème activité:

Cette activité concerne les poètes maudits. Nous démontrons ainsi aux élèves que les thèmes utilisés par Baudelaire ont existé avant lui et après lui. Tout d’abord, on scinde la classe en différents groupes. Idéalement, on compose des groupes de quatre personnes. Ensuite, on demande aux élèves d’effectuer des recherches sur la biographie des auteurs suivants: Verlaine (Sonnet), Rimbaud (Contes et illuminations), Marceline-Desbordes Valmore (Elegies: âme et jeunessse), Musset (Le Pélican), Leconte de Lisle (Le sommeil du condor), Théophile Gautier (Le Pin des Landes). Les élèves seront invités à faire un compte-rendu de leurs recherches au reste de la classe qui prendra des notes. Ensuite, on distribue les textes de ces auteurs et on demandera aux élèves d’établir des liens avec les biographies. On établira ainsi les grandes caractéristiques de ces artistes.

7ème activité:
On clôture ce parcours par une actualisation avec Pascal Obispo et Raphaël (eux aussi poètes maudits à leur manière). On passera deux chansons de Pascal Obispo issues de son dernier album « Les fleurs du bien »: « Les fleurs du bien » et « Amen ». On retrouvera les caractéristiques du poète maudit que l’on vient de voir. On effectuera une courte analyse du texte de ces chansons. Par exemple, le titre de l’album de Pascal Obispo peut sembler être l’opposé du recueil de Baudelaire. En fait, le titre du recueil Les Fleurs du mal est un oxymore. Or, pour Pascal Obispo, on serait tenté de dire l’inverse. Si on regarde le refrain de la chanson, il est dit qu’il cultive dans « un jardin , les fleurs du bien », or, ce jardin peut être le jardin d’Eden (d’après le contexte de la chanson). Cultiver les fleurs du bien dans le lieu du péché originel se révèle dès lors être un oxymore également.

Quant aux paroles, elles peuvent être très facilement trouvées sur internet. Il conviendra aussi de distribuer les textes aux élèves, l’aspect écrit de la chanson étant trop souvent laissé de côté.

Quant à Raphaël, on se penchera sur sa chanson « être Rimbaud » pour les mêmes raisons que celles énoncées précédemment.
Interro:

La production finale concernera le poème 67 intitulé « Les Hiboux », issu du recueil Les Fleurs du mal. Les élèves devront l’analyser selon les méthodes vues en classe. Ils devront aussi mettre le poème en relation avec les caractéristiques du courant et de l’auteur. Ils devront aussi inclure les notions théoriques que l’on retrouve au sein du poème: quatrain, tercet, analyse des rimes... Une grille précise d’évaluation leur sera remise.

En ce qui concerne les champs lexicaux, ils sont assez évidents: les verbes impliquant une notion de sécurité, d’immobilité, l’opposition lumière/ obscurité. On retrouve une comparaison claire entre les hiboux et l’homme. Il y a une correspondance entre des sensations et des notions morales. Ainsi, tout ce qui a été vu précédemment leur permettra d’analyser cette poésie non vue.


LES DIFFERENTS DOCUMENTS DISTRIBUES



Charles Baudelaire

et

Les Fleurs du Mal








BIOGRAPHIE7



En 1827, son père, Charles François Baudelaire (un prêtre « défroqué »), né en 1759 à La Neuville-au-Pont, en Champagne, meurt lorsqu'il a 6 ans, et cet homme lettré, épris des idéaux des Lumières et amateur de peinture, peintre lui-même, lui laisse un héritage dont il n'aura jamais le total usufruit. Un an plus tard, sa mère se remarie avec le chef de bataillon Jacques Aupick. Le futur poète ne pardonnera jamais à sa mère ce remariage et l'officier Aupick, devenu ambassadeur, incarne à ses yeux tout ce qui fait obstacle à ce qu'il aime : sa mère, la poésie, le rêve, la vie sans contingences.

Renvoyé du lycée Louis-le-Grand pour une vétille en 1839, Baudelaire mène une vie en opposition aux valeurs bourgeoises incarnées par sa mère et son beau-père. Celui-ci, jugeant la vie de son beau-fils "scandaleuse", décide de l'envoyer en voyage vers les Indes, qu'il n'atteindra jamais.

De retour à Paris, il s'éprend de Jeanne Duval, jeune mulâtresse, avec laquelle il connaîtra les charmes et les amertumes de la passion. Dandy endetté, il est placé sous tutelle judiciaire et connaît dès 1842, une vie misérable. Il commence alors à composer plusieurs poèmes des Fleurs du mal. Critique d'art et journaliste, il défend en Delacroix le représentant du romantisme en peinture. En 1848, il participe aux barricades mais souhaite surtout, dit-on, exhorter les insurgés à fusiller... Aupick. Plus tard, il partage la haine de Gustave Flaubert et de Victor Hugo pour Napoléon III, mais sans s'engager outre mesure dans son œuvre (« L'Émeute, tempêtant vainement à ma vitre / Ne fera pas lever mon front de mon pupitre » - Paysage in "Tableaux parisiens" in Les Fleurs du mal)

Les Fleurs du mal paraissent en 1857 à 500 exemplaires, et, jusqu'à sa mort, Baudelaire ne cautionnera jamais cette version. Le recueil sera poursuivi en 1861 pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs », seul ce dernier chef d'inculpation condamnera Baudelaire à une forte amende de 300 francs, qui fut réduite à 50 francs suite à une intervention de l'impératrice Eugénie. L'éditeur, Auguste Poulet-Malassis, s'acquitta pour sa part d'une amende de 100 francs, et dut retrancher six poèmes interdits par le procureur général Ernest Pinard (Les bijoux ; Le Léthé ; À celle qui est trop gaie ; Lesbos ; Femmes damnées [le premier poème] ; Les métamorphoses du vampire). Malgré la relative clémence des jurés, relativement au réquisitoire qui visait 11 poèmes, ce jugement toucha profondément le poète qui réalisa, contraint et forcé, une nouvelle édition en 1861, enrichie de 32 poèmes. En 1866, l'auteur réussit à publier les six pièces condamnées, accompagnées de 16 nouvelles, à Bruxelles, c'est-à-dire hors de la juridiction française, sous le titre Les Épaves.





Tombe de Baudelaire

Le poète part alors pour la Belgique et se fixe à Bruxelles où il prépare un pamphlet contre ce pays qui figure à ses yeux une caricature de la France bourgeoise. Il y rencontre Félicien Rops qui illustre les Fleurs du mal. En 1866, lors d'une visite à l'église Saint-Loup de Namur, Baudelaire a une perte de connaissance à la suite de laquelle il subit des troubles cérébraux, en particulier l'aphasie. Il meurt de la syphilis en 1867 sans avoir pu réaliser le projet d'une édition définitive, comme il la souhaitait, des "Fleurs du Mal", travail de toute une vie. Il est enterré au cimetière du Montparnasse (6ème division), dans la même tombe que son beau-père le général Aupick et que sa mère.

Le Spleen de Paris (autrement appelé "Les petits poèmes en prose")sera édité à titre posthume en (1868), dans une nouvelle édition remaniée par Asselineau et Théodore de Banville. À sa mort, son héritage littéraire est mis aux enchères. Michel Lévy (éditeur) l'acquiert pour 1 750 francs. La troisième édition des "Fleurs du Mal" que préparait Baudelaire, accompagnée des 11 pièces intercalaires, a disparu avec lui.

Une première demande en révision du jugement de 1857 fut introduite en 1929 par Louis Barthou, cependant elle ne fut pas satisfaite, aucune procédure n'existant à l'époque pour ce cas. C'est par la loi du 25 septembre 1946 que fut institué un droit de révision en faveur des œuvres littéraires exerçable par le Garde des Sceaux à la demande de la Société des Gens de Lettres. Celle-ci décida l'année même de demander la dite révision pour Les Fleurs du Mal, qui fut enfin rendu le 31 mai 1949 par la Chambre criminelle de la Cour de cassation.


Exercices sur les rimes

Donnez les qualités, genres et dispositions des rimes suivantes:
1) Extrait de La Musique ( LXIX), Spleen et Idéal.

La musique souvent me prend comme une mer !

Vers ma pâle étoile,

Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther ,

Je mets à la voile,
La poitrine en avant et les poumons gonflés

Comme de la toile,

J’escalade le dos des flots amoncelés

Que la nuit me voile ;
2) Extrait de Spleen (LXXV), Spleen et Idéal.
Pluviôse , irrité contre la ville entière,

De son urne à grands flots verse un froid ténébreux

Aux pâles habitants du voisin cimetière

Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.


Interro: Le symbolisme et Charles Baudelaire

Critères d’évaluation:
Lisez ce qui suit attentivement!
Théorie: 4 points

Grammaire et orthographe: 3 points

Cohésion et continuité du texte: 3 points

Analyse d’une poésie:

  • Lecture tabulaire: 3 points

  • Lecture linéaire: 2 points

  • Analyse des rimes: 2 points

  • Interprétation du sens, y compris les éventuelles figures de style et la forme de la poésie (pourquoi utilise-t-il cette forme?): 3 points.


Questions:
1° Citez quatre thèmes abordés habituellement par les artistes symbolistes.
2° Citez deux artistes symbolistes (excepté Charles Baudelaire).
3° Analysez la poésie suivante selon la méthodologie vue au cours. N’oubliez pas d’ ajouter votre interprétation du sens de ce poème. Il n’y a pas qu’une seule réponse possible, veillez toutefois à justifier votre réponse à l’aide de mots du texte.
LES HIBOUX

Sous les ifs noirs qui les abritent,

Les hiboux se tiennent rangés,

Ainsi que des dieux étrangers,

Dardant leur oeil rouge. Ils méditent.
Sans remuer ils se tiendront

Jusqu’à l’heure mélancolique

Où, poussant le soleil oblique,

Les ténèbres s’établiront.
Leur attitude au sage enseigne

Qu’il faut en ce monde qu’il craigne

Le tumulte et le mouvement;
L’homme ivre d’une ombre qui passe

Porte toujours le châtiment

D’avoir voulu changer de place.



1Certaines œuvres ressortissent à plusieurs courants, le professeur doit insister sur le fait que les catégorisations ne sont pas hermétiques.

2Baudelaire respectait beaucoup Gautier, mais n’avait pas la même vision que lui de la poésie.

3Legros, G., Streel, I., Monballin, M., Les grands courants de la littérature française, Namur, Averbode, actualquarto.

4On peut une fois de plus se référer au site « fralica », très bien fait .

5L’approche adoptée ici s’inspire largement du manuel Récit et poésie susmentionné.

6Je suis consciente que cette étape pourrait faire partie du réinvestir. Cependant, il me semble indispensable que les élèves puissent s’entraîner une nouvelle fois avant l’interrogation.

7Biographie issue de wikipedia.org,.

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«repères» : «Encyclopédie» (manuel p. 414), «l’Esprit des Lumières» (manuel p. 434) et «Honnête homme» (manuel, p. 394)

Dufays, Jean-Louis, Rosier, Jean-Maurice (sous la dir de), Récit et Poésie – Manuel- français 5e/ 6e secondaire, Bruxelles, De Boeck, Coll. Parcours et Références, 2003 iconÉdito de Jean-Pierre simeon, directeur artistique
«J'appelle poésie cet envers du temps, ces ténèbres aux yeux grands ouverts ( )» Louis Aragon

Dufays, Jean-Louis, Rosier, Jean-Maurice (sous la dir de), Récit et Poésie – Manuel- français 5e/ 6e secondaire, Bruxelles, De Boeck, Coll. Parcours et Références, 2003 iconAdresse universitaire
«Grammaire de texte et analyse de discours» (401pages), soutenue le 26 mai 1978, à l’Université de Haute Normandie sous la direction...

Dufays, Jean-Louis, Rosier, Jean-Maurice (sous la dir de), Récit et Poésie – Manuel- français 5e/ 6e secondaire, Bruxelles, De Boeck, Coll. Parcours et Références, 2003 iconLa cigarette. Faut qu'on en parle !
«La Pomme de grossesse»; Bruno de La Salle «Le Trésor du rêve»; Jean-Louis Le Craver «Le Taël d’argent»; Leitmas Mokrane «La Femme...

Dufays, Jean-Louis, Rosier, Jean-Maurice (sous la dir de), Récit et Poésie – Manuel- français 5e/ 6e secondaire, Bruxelles, De Boeck, Coll. Parcours et Références, 2003 iconArticle paru dans Derive, Jean & Ursula Baumgardt (dir.)

Dufays, Jean-Louis, Rosier, Jean-Maurice (sous la dir de), Récit et Poésie – Manuel- français 5e/ 6e secondaire, Bruxelles, De Boeck, Coll. Parcours et Références, 2003 iconReferences liturgiques jean 21, 1-19 axes et visees theologiques





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