A l'orée de la célébration de son centenaire, nous rendons hommage à l'homme qui a marqué des générations d'intellectuels du monde noir





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Léopold Sédar Senghor, le président-poète, s'est endormi dans l'éternité, le 20 décembre 2001, à Verson, au cœur de la Normandie (France), après avoir brillé de tout son éclat au firmament des Hommes de Lettres. De 1960 à 1980, il est le président du Sénégal. Durant cette période, il contribue à la consolidation de l’unité et de l'indépendance du continent. Avec sa disparition, le monde littéraire a perdu l′un des piliers de la poésie; l′Afrique et la Diaspora l′un de ses fils prodigieux.

A l'orée de la célébration de son centenaire, nous rendons hommage à l'homme qui a marqué des générations d'intellectuels du monde noir.



LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR: À L'ORÉE DE SON CENTENAIRE

(1906-2001)



Le fils de Ngnilane Bakhoum et de Diogoye Basile Senghor est né le 9 octobre 1906, à Joal. Léopold Sédar Senghor aurait aujourd'hui 99 ans. Le monde culturel s'incline devant celui que l'on désigne par les métaphores suivantes :

L'illustre poète, le chantre de la Négritude, l'homme de culture et de dialogue, le visionnaire, le mécène et le protecteur des Arts et Lettres, le fer de lance du mouvement de la francophonie, l'avocat du métissage culturel, le prophète la civilisation de l'universel, le Père de la nation, l’immortel de l'Académie Française. Enfin, l'humaniste a tiré sa révérence pour le royaume des ombres.

L’actuel président de la République, Me Abdoulaye Wade, avait tenu à organiser des funérailles grandioses pour Senghor, le Père de la Nation du Sénégal. Il a déclaré l'année 2006, «Année Senghor» et souhaite que le centenaire de sa naissance soit célébré avec l’éclat approprié. Les manifestations culturelles (galas, colloques, séminaires et récitals de poésie) débuteront le 1er janvier 2006 pour donner à cet événement la dimension qu'il requiert. Les hommes et femmes de lettres vont revisiter l’œuvre de Senghor. La ville de Joal, «le royaume de son enfance » sera à l'honneur.

La Galerie Nationale d'Art de Dakar a entamé une exposition sur l'œuvre et la vie de celui qui a tenu les rênes du pays durant deux décennies. Elle a pour but de faire connaître à la jeunesse son œuvre et son itinéraire exemplaires, car c'est rendre justice à celui à qui, selon les termes de M. Birame Diouf, ministre de la culture du Sénégal :

«La Nation a prouvé sa totale solidarité en honorant un homme qui avait fait de l’unité nationale son ambition première et même son leitmotiv. »
L’HOMME

Né au cœur du pays sérère, Senghor a une vision idyllique de son village natal qui symbolise le royaume de l'enfance, «le paradis de mon enfance africaine qui gardait l’innocence de l'Europe ».

Joal

Je me rappelle

Je me rappelle les voix païennes rythmant

Le Tantum ergo


Et les processions et les palmes et les arcs de

De triomphe.

Je me rappelle la danse des filles nubiles

Les chœurs de lutte- oh! La danse finale

Des jeunes hommes, buste

Penché, élancé, et le pur cri d'amour des

Femmes

Kor Siga!




Elève à la mission, sa culture animiste se heurte à sa foi chrétienne. Il est éduqué par les religieux français au séminaire de Saint-Joseph de Ngasobil (1914- 1922), puis, fréquente le collège séminaire de Libermann à Dakar, de 1923 à 1927. Là, il rencontre le Père Lalouse qui déniait aux Noirs toute culture et civilisation. Cela marque le début d'une étape décisive, car de cette rencontre germe l'idée de montrer au monde que la culture africaine est porteuse d'une civilisation différente, mais égale aux autres civilisations.
Je ne remercierai jamais assez l'ancien Père Directeur, qui, en me forçant à la contestation et à la réflexion, fut le premier à me donner non pas le nom, je dis l'idée de Négritude(1)

(Léopold Sédar Senghor „L'Accord Conciliant“. Börsenverein des Deutschen Buchhandels. Francfort am Main. 22.9.1968. p. 45)
Son esprit frondeur se heurte à la discipline du séminaire. Il se voit obligé de poursuivre ses études secondaires dans l'enseignement laïc. Après son baccalauréat, il obtient une bourse d’études pour le Lycée Louis-le-Grand, à Paris. En 1928, il entre en classe Supérieure ou Hypokhâgne, où il se lie d'amitié avec Aimé Césaire et Louis Gontran Damas avec qui il formera le triumvirat de la Négritude. Il est le condisciple de Georges Pompidou, futur président de la République française.Il le fait adhérer à l' Association des Etudiants Socialistes. En 1933, L.S.Senghor se naturalise français afin de pouvoir passer l'agrégation. Étant né à Joal, Senghor ne jouissait pas du statut de «citoyen français », réservé aux Africains, originaires des 4 communes (Dakar, Rufisque, St Louis et Gorée). Il était «sujet français » selon la politique de la période coloniale du «divide et impera » (diviser pour régner). Senghor réussit l'agrégation de grammaire française, en 1935, à la Sorbonne et le diplôme de Lettres classiques et de Lettres modernes avec un mémoire sur: „L'exotisme dans les oeuvres de Baudelaire“. Il est ainsi le premier Africain agrégé en grammaire de la Sorbonne. Il enseigne le latin et le grec au Lycée Louis Descartes, à Tours, pendant trois ans, et, à partir de 1938, au lycée Marcellin Berthelot, à Saint-Maur-des Fossés (Seine). De 1944 à l'Indépendance du Sénégal, il occupe la chaire de Langues et Civilisation négro-africaines à l′ Ecole nationale de la Fance d′ Outre-Mer.
LEOPOLD SEDAR SENGHOR, PRISONNIER DE GUERRE (1939-1942)

En 1939, Senghor est enrôlé successivement dans les 23e, puis 3e régiments d'infanterie coloniale, à titre d'officier de l'armée française. Un an plus tard, Il est arrêté et fait prisonnier par les Allemands à Charité-sur-Loire. Il est interné dans divers camps, en France, puis au Front Stalag 230 de Poitiers, un camp de prisonniers réservé aux troupes coloniales. Les Allemands veulent le fusiller le jour même de son incarcération ainsi que les autres soldats Noirs présents. Ils parviennent à échapper à ce massacre en s'écriant « Vive la France, Vive

l'Afrique noire ». Les Nazis baissent leurs armes, d′autant plus qu′un officier français leur fait comprendre qu′un tel massacre pour des raisons purement racistes entacherait l′honneur de la race aryenne et de l′armée allemande.

Durant cette période, Senghor apprend l'allemand et se familiarise avec la langue et la littérature germanique. Il réussit à lire les œuvres de Johann Wolgang Goethe Faust et Iphigenie auf Taurus en original.

Pétri de culture chrétienne, le poète pardonne à ses bourreaux dans son poème «Prière de Paix » dans Hosties noires et implore le Tout-puissant d'enlever de ses yeux: « ce masque de petitesse et de haine pour qui je n'ai que haine ». Il invoque Dieu : «Seigneur Dieu, pardonne à l'Europe blanche » [...]. Les poèmes de cette période: 1939-1942 qu′ il signe du titre «Stalag 230 » se rapporte au vécu des soldats noirs, prisonniers de guerre en France.

Beaucoup d’anciens combattants Sénégalais ont fait état de leur amitié avec L.S. Senghor dans les camps de concentration ou sur le champ de bataille, lors de nos entretiens. (2: communication personnelle). Ainsi, son compatriote, également natif de Joal, Mr. Diegane Mgouyane Ndong nous a relaté comment Senghor les encourageait à surmonter cette dure période. Le poète a vécu «en communauté de souffrances avec des paysans et des ouvriers français, traqués par la peur, le froid et le découragement »  comme le souligne Jacques Chevrier (3) mais surtout avec ses compatriotes. Au cours des veillées de contes que les « tirailleurs » organisaient Senghor découvre d′autres aspectes de la culture africaine et de la tradition orale.

À sa libération, en février 1942, Senghor milite dans le Front National Universitaire et s'engage dans la Résistance. Il cache des membres des FFL (Forces Françaises Libres).

Paradoxalement l′historiographie a pratiquement occulté la participation des Africains dans la Résistance. De Joséphine Baker à Léopold Sédar Senghor en passant par Dominique Mendy, Isidore Alpha et Raphaël Elizé, le maire martiniquais de Sarthe sur Sablé, (1929-1944) nombreux sont les Noirs qui ont fidèlement défendu la France occupée. Ils ont participé aux actes de sabotages dans la Résistance, et payé de leurs vies leurs sacrifices. (4) Durant sa captivité, Senghor fait la connaissance des 2 fils de Félix Eboué, Henri et Robert Eboué ses futurs beaux-frères. Félix Eboué, d′origine guyanaise fut gouverneur de l′Afrique Equatoriale française (AEF) Il est le premier gouverneur à avoir répondu à l′appel du Général de Gaulle, en ralliant le Tchad à la France Libre. Eboué est considéré comme premier Résistant de la France d′ Outre-Mer. Les restes de sa dépouille mortelle sont inhumés au Panthéon. Senghor lui a dédié un poème dans son recueil «Hosties Noires.»

«Au Gouverneur Eboué »

A Henri et Robert Eboué»
« Ebou-é ! Et tu es la pierre sur quoi se bâtit le temple et l'espoir,

Et ton nom signifie "la pierre ", et tu n'es plus Félix ; je dis

Pierre Eboué […]

Et trois siècles de sueur n'ont pu soumettre ton échine.

Eboué-é ! Tu es pierre qui amasse mousse, parce que tu es stable

et que tu es debout » 

Senghor reste fidèle à ses compagnons de captivité auxquels il dédie un poème «Lettre à un prisonnier». S'adressant à la France, le poète lui rappelle la participation des Tirailleurs par la citation suivante mentionnée aujourd'hui sur le mémorial de l'armée noire de Fréjus:
« Ensemble, ils sont tombés fraternellement unis, pour que tu restes Français ».

Le poète glorifie par la magie des mots, le sacrifice des tirailleurs, ses compatriotes et frères de race, dans son recueil «Hosties noires». Dans son poème, il s'insurge contre la violence et la guerre à laquelle de nombreux Noirs ont participé pour faire libérer la France.

«Assassinat

«Le chant vaste de votre sang vaincra machines et canons/Votre parole palpitante les sophismes et mensonges/Aucune haine votre âme sans haine, aucune ruse votre âme sans haine, aucune ruse votre âme sans ruse/O Martyrs noirs race immortelle, laissez-moi dire les paroles qui pardonnent». Front Stalag 230

Durant sa captivité, l'image de sa mère lui apporte le réconfort moral auquel il aspire :
Ndessé“

Mère, on m'écrit que tu blanchis comme brousse à l'extrême

Hivernage.

Je devais être, Mère, le palmier florissant de ta vieillesse,

Je te voudrais rendre l'ivresse de tes jeunes années.

Je ne suis plus qu'un enfant qui se souvient de ton sein

maternel et qui pleure.

Redis-moi les vieux contes des veillées noires, que je me


perde par les routes sans mémoire.

Mère, je suis un soldat humilié qu'on nourrit de gros mil.

Dis-moi l'orgueil de mes pères »

Hosties noires. Front Stalag 230

Face au massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944 (Sénégal), où des centaines de soldats ont été massacrés pour avoir réclamé leurs primes de démobilisation, la colère du poète éclate en ces termes :
Tyaroye

„Non, vous n'êtes pas morts gratuits ô Morts! Ce sang


N’est pas l'eau tépide. [...]

Non, vous n’êtes pas morts gratuits. Vous êtes les témoins

De l’Afrique immortelle

Vous êtes les témoins du monde nouveau qui sera demain

Dormez ô Morts! Et que ma voix vous berce, ma voix de courroux que berce l’espoir

Paris déc. 1944
De la captivité, Senghor tire la leçon suivante: il ne sera possible de bâtir un avenir serein que sur la base d'une société fraternelle. Après la victoire des alliés, il enseigne d′abord dans la banlieue parisienne, à Maur-des Fossés puis il est nommé professeur à l'École des Langues orientales et à l'École Nationale de la France d'Outre-Mer.
En 1946, Léopold Sédar Senghor épouse Ginette Eboué, fille de Félix Eboué,Guyanais et gouverneur de l'Afrique Équatoriale Française (A.E.F.) avec qui il aura deux fils: Francis-Arphang, né en juillet 1947 et Guy-Wali né en 1948. Elle lui a inspiré «Chants pour Naëtt», repris dans «Nocturnes» sous le titre «Chants pour Signares» La même année, Senghor perd sa mère, Gnilane. Après son divorce, (1956) il épouse Colette Hubert en 1957. Il lui consacrera le recueil « Lettres d'Hivernage» Leur fils, Philippe Maguilen, naît en 1958. La tragédie frappe deux fois : Philippe-Maguilen meurt à Dakar, le 7 juin 1981, des suites d’un accident tragique et Guy, en 1984, à Paris :
et j’ai dit „non“ au médecin: „Mon fils n'est pas mort, ce n'est pas possible“.

Pardonne-moi, Seigneur, et balaie mon blasphème, mais ce n'est pas possible“

Léopold Sédar Senghor « Elégie pour Philippe-Maguilen Senghor »

Son oeuvre: LA NÉGRITUDE



Durant les années 30, Senghor participe à la revue «L'Etudiant Noir» aux côtés du poète martiniquais, Aimé Césaire et du poète guyanais, Léon Gontran Damas. Aux poètes Antillais angoissés, Senghor offre l'Afrique et, en particulier celle du « royaume de l'enfance» qu'ont été les villages de Joal et de Fimla. (4) Communication personnelle de Léopold Sédar Senghor en 1983 à Dakar) près de Djilor. Lors de la commémoration de son 90e anniversaire à l'UNESCO, Aimé Césaire s'exprimait en ces termes :
«Léopold, tu restes pour moi le frère fondamental, celui qui a apporté au jeune déraciné que j'étais quand tu m'as ouvert les bras au Lycée Louis- le -Grand, en ce jour de septembre 1931, la clé de moi-même: L'Afrique, les Afriques, notre Afrique avec sa philosophie et son humanisme profond. Cette fin du siècle que nous avons cheminée ensemble y est grave, lourde et parfois triste. Mais ce n'est pas l'Afrique perdue. Refusons de le croir.e» (5)
En 1934 paraît pour la première fois, le mot « Négritude » dans le premier numéro de

«L' Etudiant Noir », une revue où les étudiants formulaient leurs revendications culturelles et politiques. Aimé Césaire, le forgeron du terme la définissait comme suit:
«Étant la simple reconnaissance du fait d'être noir, et l'acceptation de ce fait, de notre destin de noir, de notre histoire et de notre culture »
Pour Senghor, elle signifie:

«La Négritude, c'est l'ensemble des valeurs de civilisation, dont le sens de la communion, le don du rythme fait de parallélisme asymétrique. D'un moi, c'est une certaine dialectique, mieux une symbiose entre l'intelligence et l'âme, l'esprit et la matière, l'homme et la femme.

La Négritude est aussi une certaine volonté et une certaine manière de vivre les valeurs que voilà».
Les thèmes fondamentaux de la Négritude tournent autour de la nécessité de redécouvrir le passé de l'Afrique et son histoire en tant que berceau de la civilisation. Les précurseurs de la Négritude prônent les valeurs africaines et refusent la domination de l'homme par l'homme. «Homo homini lupo » (l'homme est un loup pour l'homme) Ils luttent contre les stéréotypes véhiculés par l'idéologie dominante et ses clichés à travers une publicité qui transmet une image caricaturale de l'homme noir :
«Mais je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France» Léopold Sédar Senghor.
s'exclamait alors le poète. Cette période correspond pour Senghor à une phase de révolte nourrie de son expérience d'exilé. C'est aussi une phase intense de recherche d'une identité propre. Senghor s'adonne à la lecture des ethnologues tels Maurice Delafosse, Marcel Griaule Dieu d'Eau.) Le philosophe allemand Leo Frobenius (6) Histoire de la Civilisation Africaine et son compatriote, le comte de Keyserling et le prof. Rivet vont jouer un rôle décisif dans cette quête personnelle

«L'histoire de la civilisation Africaine fait partie des livres sacrés de toute une génération d'étudiants négro-africain. Leo Frobenius, un philosophe et anthropologue allemand nous a redonné notre vérité et notre dignité.» Léopold Sédar Senghor 4ème de couverture de l'édition allemande.Ma traduction.)
Amoureux de la langue française, Senghor était rigoureux en ce qui concerne son usage. On se souvient au Sénégal de ses décrets sur l'usage de la virgule ou de la majuscule. Il n'hésitait pas à faire des remontrances au journaliste coupable d'un à-peu-près syntaxique, ou d'interdire un film pour cause de titre non conforme à la prononciation. Ce fut le cas de la gémination «cedo » ; « ceddo » film de Sembène Ousmane. Senghor est aussi un grand défenseur de la culture africaine. C'est ainsi qu'en 1937, lors de sa première conférence «Le problème culturel en A.O.F » à la Chambre de Commerce de Dakar, il préconisait un enseignement en langues nationales. Ce fut un tollé général. Senghor défend sa thèse devant un auditoire ébahi: «assimiler sans être assimilé». À une époque où toute la politique coloniale reposait sur le principe de l’assimilation à outrance, sa théorie était un acte révolutionnaire.

La même année, le poète participe au «Congrès de l'Evolution Culturelle des Peuples Coloniaux» et présente une communication sur le thème suivant «La résistance de la bourgeoisie sénégalaise à l'école rurale populaire»: Deux ans plus tard, les éditions Plon publient un ouvrage collectif «L'Homme de Couleur » Senghor y apporte sa contribution avec son essai «Ce que l'Homme noir apporte...»(1939). Il défendra les thèses contenues dans cet article aux deux Congrès des «Ecrivains et Artistes noirs » (Paris 1956, et Rome 1959). En 1945, Senghor publie son premier recueil de poèmes Chant d'ombre, où il chante la nostalgie du pays noir et célèbre à travers l'ombre, la beauté de sa race :

Femme Noire

Femme nue, femme noire

Je chante la beauté qui passe, forme que je

Fixe dans l'Eternel


Avant que le Destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir

Les racines de la vie“.
Mais c'est aussi une période intense de méditation et de réflexion. Il notera à ce propos:
Cependant la grande leçon que j'ai reçue de Paris est moins la découverte des autres que de moi-même. En m'ouvrant aux autres, la Métropole m'a ouvert à la connaissance de moi-même“. L.S.S.
Deux ans plus tard figurent certains de ses poèmes dans le recueil de Léon Damas Poètes d'Expression française. Dès lors, la Négritude prend corps dans la revue «Présence Africaine» avec son poème «Le Chant de L'lnitié». En 1947, la maison d'édition «Présence Africaine» ouvre ses portes à Paris sous la direction d'Alioune Diop que parrainent Senghor aux côtés d'Aimé Césaire, de l'Américain Richard Wright, l'auteur de Native Son (Un Enfant du pays). André Gide le présente au public. Autour de lui se regroupent Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Richard Wright, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas. En 1948 paraît le recueil de poésie Hosties noires, en mémoire des soldats Africains morts sur le champ de bataille. Léopold Sédar Senghor est l'un des premiers poètes à leur avoir rendu hommage en leur consacrant un recueil.
« Vous, tirailleurs Sénégalais, mes frères
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